
Fics à Ielenna Un forum pour lire et RPG dans mes mondes en délire ! |
| | | Chapitre 42 [Déclanchement] | |
| | Auteur | Message |
|---|
Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Chapitre 42 [Déclanchement] Jeu 10 Jan - 9:46 | |
| Ahhhhhhhh j'ai pas tenu ma promesse, j'ai pas posté Rdp avant FdM :014: Quelle gourde ! Bon tant pis, voici 17 pages pour vous ! J'aurais pensé que ce chapitre aurait avancé plus rapidement, mais il y avait tellement de points importants à développer. Je sais, c'est long, mais la baston approche !! Et puis, Mancinia, la fin de ce chapitre t'est entièrement dédiée ! Chapitre 42 Partie 1Délicatement, Yûni déposa une serviette humide sur mon front bouillonnant. Je demeurai allongée dans un lit, prise d’une très forte fièvre, mon visage était aussi rouge qu’un coucher de soleil, s’étirant quelques fois en une grimace, de la sueur collait à ma peau aussi chaude que le vent désertique de Saartan. Assis juste à côté, Astiran tenait ma main qui se crispait de temps en temps, tandis que Naid, accoudé contre le mur, bougonnait en regardant le dehors par la fenêtre poussiéreuse. Hydnée et sa mère n’étaient pas dans la pièce, elles devaient être à l’extérieur. Alors, la Sorcière des Sens s’éloigna de moi pour rejoindre mon frère. - Ne rechigne pas ainsi dans ton coin, cela n’arrangera rien…lui dit-elle en rejetant une mèche de cheveux en arrière, faisant virevolter les rubans blancs à la lune noire. - J’ai des raisons à cela, grogna Naid en croisant les bras. Pour quelle raison avez-vous mis mes souvenirs détachés des autres, à disposition de ma sœur ?! - Et toi donc ? répliqua-t-elle. Pourquoi désires-tu donc autant cacher ton passé à quelqu’un d’important pour toi : ton unique sœur !? - Ce sont mes affaires personnelles…soupira-t-il alors. Yûni s’éloigna alors de lui, désespérée par son comportement, tandis qu’Astiran se tourna vers elle. - Ce n’est pas grave, j’espère… ? s’inquièta-t-il en caressant ma main. - Non…physiquement, elle n’en ressortira avec rien de spécial, répondit-elle en touchant l’un de ses multiples pendentifs. Mais, mentalement, cela reste une tout autre chose. En prononçant ses mots, elle jeta un rapide coup d’œil sur Naid, qui, sachant qu’il était inclus dans le contexte, grogna de nouveau, tel un chien mécontent qu’on le réveille. Puis, en repartant, la sorcière se saisit agilement d’une fleur dormant dans son vase entre son index et son majeur, tous deux sertis des plus belles pierres scintillantes. Lentement, elle la fit tourner sur elle-même, l’observant sous toutes ses coutures. Il s’agissait d’une affriolante marguerite, cueillie le matin même, récoltée sous la pénombre de l’aube fraîchie par la fine rosée. - Je souhaite néanmoins qu’elle guérisse le plus vite possible, soupira Astiran, qui se souciait toujours de mon état. - Elle est la déesse de la vie ! objecta mon frère en haussant indifféremment les épaules. Bien sûr qu’elle s’en remettra vite ! Anxieuse, face à un coin de la pièce, Yûni fronça les sourcils : la fleur fanait à vue d’œil entre ses doigts. Ses pétales se flétrissaient, gagnés par une teinte grisâtre, la tige desséchée se courbait petit à petit, le phénomène accompagné d’une odeur de décomposition végétale, pour tout, une marguerite morte. - Ceci n’est pas de bon augure…murmura-t-elle pour elle-même d’un ton grave et en même temps inquiet. -…Vous avez dit quelque chose ? demanda Astiran en se retournant légèrement, n’ayant pas perçu ses propos. Brusquement, elle également fit volte-face, le visage encore plus blême qu’à son habitude, elle semblait être tourmentée : quelque chose de terrible s’annonçait. - Sortez vite de cette pièce ! s’écria-t-elle alarmée. Sortez immédiatement ! - Sortir ? demanda Naid, un peu anxieux. Mais…pourquoi ? - Je vous expliquerais tout cela dehors, mais en attendant, sortez ! leur ordonna-t-elle en poussant Naid par la porte. Mais Astiran, réticent, semblait hésiter, ma main toujours dans la sienne. - On ne va tout de même pas la laisser là toute seule ! - Ah ! Ce n’est pas le moment de jouer le brave chevalier crétin ! s’exclama-t-elle en le tirant vers l’extérieur. Si tu veux revoir celle que tu aimes, mieux vaut que tu évacues cette pièce, et sur-le-champ ! Lorsqu’il ne resta que moi dans la chambre, elle claqua sèchement la porte, tandis que Naid et Astiran projetés dans la salle principale, déjà occupée par Floïn et sa fille endormie, ne comprenaient pas les évènements. Yûni pointa alors son doigt vers la descendante de Tiama. - Est-ce que Hydnée va bien ? demanda-t-elle précipitamment. Pas la moindre fièvre, rien ? Un peu étonnée, la femme s’exécuta néanmoins et palpa le front de sa petite fille, couchée sur elle. - Maintenant que vous le dites, elle est toute chaude, elle semble avoir attrapé une quelconque maladie…constata-t-elle. - C’est plus grave que ce que je n’y pensais…murmura la Sorcière des Sens. Si l’on n’intervient pas dans les quelques minutes suivantes, nous y passerons tous. Restez là, je reviens tout de suite. Alors, elle se précipita vers sa cave, disparaissant parmi les ténèbres de l’escalier. - À présent qu’elle l’a fait remarquer, j’ai l’impression qu’on me vrille de crâne…déclara Astiran en se massant la tempe dans une grimace de douleur. - Quant à moi, je me sens un peu barbouillé… avoua mon frère en s’accoudant contre une poutre. A peine quelques secondes plus tard, Yûni revint, les mains chargées d’une grosse fiole carrée remplie d’un liquide indigo et scintillant, coincé sous son bras, un couteau bien aiguisé. - Je sais pertinemment que cet élixir ne vous inspire pas confiance, mais buvez chacun une gorgée de ce breuvage, leur conseilla-t-elle en tendant la fiasque. Il vous immunisera contre le puissant pouvoir environnant. - Puissant pouvoir environnant ? demanda Floïn en versant la potion à ses lèvres. - Je vous expliquerais tout plus tard, le temps presse…Floïn, confie Hydnée à Astiran, j’ai besoin de toi pour accomplir une besogne d’une certaine importance. Astiran, réveille la petite le plus vite possible, et fais-lui boire la potion, pas de question, contente-toi d’exécuter ce que je te dis. Si jamais elle refuse, je m’en moque, tu la forces à l’ingurgiter. Naid, quant à toi, je te donne comme tâche de surveiller notre valeureux humain, au cas où il ferait des bêtises avec la gamine. Je compte sur toi. Alors, sur ces mots, elle retourna dans la chambre dans laquelle je demeurais. Floïn, sans rechigner, se leva, donna la petite Hydnée bouillante et endormie à Astiran, un peu déboussolé, avant de suivre la sorcière. Laissés seuls dans la pièce, les deux hommes s’échangèrent un regard qui ne cachait pas leur surprise face à toutes ces anicroches. - Allez, accomplis ce que tu as à faire, dit Naid en désignant la fillette ensommeillée du menton. - Mais…je ne sais pas comment m’y prendre avec les enfants…avoua-t-il un peu gêné, Hydnée dans ses bras. - Tu vas devenir papa d’ici quelques mois, cela te donne l’occasion de t’entraîner, répliqua mon frère. Alors, Astiran, d’une main un peu tremblante, caressa le visage rougi de la petite fille brune qui s’avérait être en réalité sa nièce, la fille de ce frère disparu depuis une bonne dizaine d’années. - Hého… Hydnée... il est temps de se réveiller. Hydnée… Lentement, elle se mit à remuer et commença à cligner des yeux, qui demeuraient tout endormis. Puis, à l’aide de ses petits poings d’enfant, elle se frictionna les paupières en bâillant, avant de s’étirer tel un chaton. Attendri par l’éveil de la petite fille, Astiran sourit en continuant de caresser les rebords du visage innocent de Hydnée. - Elle est où maman ? couina-t-elle doucement en remuant les épaules. - Elle va bientôt revenir, ne t’inquiète pas, répondit Astiran d’un ton calme et posé. Tu as bien dormi ? -…J’ai chaud… avoua-t-elle alors. Je suis pas très bien… Alors, soigneusement, Astiran l’installa en position assise sur ses genoux, tout en prenant de l’autre main le récipient qui contenait l’étrange et visqueux liquide de teinte indigo. - Je sais que ce n’est pas très bon, mais c’est en cela que l’on reconnaît un véritable médicament, lui dit-il en dé bouchonnant la fiole qu’il donna à la fillette. Un peu maladroitement, mais avec l’aide d’Astiran, étant donné que la bouteille en verre constituait en elle seule une certaine masse, elle porta le breuvage à ses lèvres, puis, après deux gorgées, repoussa le flacon d’un air répugné. - Ça suffira, je pense… déclara à voix basse Astiran tout en rebouchant la fiasque, qu’il posa sur une table à proximité. - C’était pas bon ! en conclut Hydnée en tirant la langue, écœurée. - Je te l’admets…l’approuva son oncle en se tournant vers elle. C’était même dégueulasse, je dirais ! Placé à l’écart, Naid ne bougeait pas et se contentait d’observer la scène de loin. Rien qu’à sa voix et à son visage détendu, Naid avait le sentiment qu’Astiran deviendrait un bon père, doux et patient. Même si c’était déjà l’une de ses grandes caractéristiques, il y avait cette impression… Et mon frère ne pouvait hésiter dessus. - J’entends de drôles de bruits, constata Hydnée en grimaçant, les sons ne devant pas être très agréables, mais la fillette, à présent dotée d’une oreille surdéveloppée, était la seule à discerner certains phonèmes imperceptibles par une personne normalement constituée. - Ah bon ? demanda Astiran, soucieux. Quel genre de bruit ? - Ça fait « pssssshit », essaya d’imiter la petite fille. Comme de l’eau bouillante. Ça vient de partout, partout… Alors, tentant de découvrir la provenance de cette étrange manifestation sonore, Astiran balaya les alentours du regard, tandis que Hydnée se bouchait les oreilles, mais il ne remarqua rien de spécial. Néanmoins, lui-même ressentait une certaine gêne, une impression de vide, de manque… Cela ne le mettait pas du tout à l’aise, au contraire, il commença à s’angoisser. Naid, d’un pas silencieux et agile, se glissa jusqu’à la fenêtre pour vérifier si tout se déroulait bien à l’extérieur de la maisonnée. Mais ce qu’il découvrit lui dressa les cheveux sur la tête. Au dehors, on se serait cru dans un véritable désert… : Plus une seule végétation ne poussait à trente mètres à la ronde, l’herbe avait péri, la plupart des arbres n’étaient plus là, toute forme de vie avait disparue. Les chevaux, que l’on aurait cru épargnés au premier coup d’œil, tremblaient sur leurs pattes, maigres et oscillants, malades, attachés à un reste d’arbre qui se dégradait. Le pire était que le mal continuait de s’étendre : les végétations au périmètre commençaient à dépérir à vue d’œil, tout se mourrait. Il n’en restait plus que de la terre non fertile, sèche et craquelée, d’où s’échappaient quelques fumerolles, reste des derniers êtres vivants sur place… Une ambiance mortelle… -…Je crois que l’on a un léger souci… |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Jeu 10 Jan - 9:47 | |
| Partie 2- Tu croyais peut-être nous échapper, petit malfaiteur ! Deux robustes soldats tenaient fermement un homme encapuchonné qu’ils traînaient sur le sol. Bien qu’il essaya de résister et de s’enfuir, il n’y parvint pas, les deux hommes étaient trop puissants face à lui. Alors, ils continuèrent de traverser le campement immense de l’armée humaine qui s’installait là après deux jours consécutifs de marche à travers l’Empire Neltiad. Au passage, les deux soldats saluèrent certains de leurs camarades qui buvaient afin de se détendre un instant avant de se coucher. Puis, ils arrivèrent enfin à destination : se dressait au milieu du camp un immense pavillon de toile verte olive, couleur emblématique du Royaume d’Edenor, en l’honneur de leur dieu protecteur, Pitrir. Il s’agissait bien évidemment de la chapiteau du roi Drehardir, qui préparait avec l’aide de Sarïn, son fidèle et impitoyable acolyte démoniaque, et du jeune général Crywin les stratégies afin de conquérir la totalité de l’Empire, mais surtout leur plus grande cible : la capitale Entygon. Durant leur conversation, les gardes entrèrent, l’homme prisonnier entre eux deux qui le maintenaient par les bras. - Et donc, continua le roi, en plein dans la conversation, en désignant les mouvements d’armées sur sa carte étalée devant lui, il faudrait faire une percée en concentrant nos plus puissantes unités dans le centre, puis, ensuite, ré attaquer par l’arrière afin de déstabiliser leurs escadrons restés sur le côté. Les Neltiads sont plus défensifs qu’offensifs, ils ne prendront jamais l’initiative de nous attaquer violemment avec un nombre important de soldats, ils préféreront attendre que l’on vienne jusqu’à eux. - De plus, ils seront sûrement pris par surprise, ils n’auront pas eu le temps de se préparer une stratégie…dit alors Sarïn. - Général Crywin ? demanda le monarque en se tournant vers son subordonné, attendant son avis. L’homme bâilla en se passant une main dans les cheveux, comme si cela lui paraissait totalement naturel de le faire devant son roi. - On a dû sûrement vous prévenir, votre Majesté, que notre éclaireur envoyé pour le village de Pirofoby n’y avait trouvé personne, répondit-il, un peu à côté. Quelqu’un les a prévenus de l’attaque que nous allions lancer. De plus, les habitants ne vont pas s’éparpiller dans les montagnes, ils se rendront dans la ville fortifiée de leur Empire : Entygon. La capitale sera, par tous les moyens, informée de notre arrivée. Si vous comptiez sur l’effet de surprise pour votre plan, il ne fonctionnera pas. - C’est vrai…soupira le roi en se grattant son menton barbu. De toutes les façons, ce plan fonctionnera, surprise ou pas… Les Neltiads ne perdent jamais leurs vieilles habitudes, ils s’en remettent toujours à leurs anciens plans. - En attendant, votre Altesse, il semble que vous ayez de la visite, fit remarquer le prêtre en se tournant. Ils ne s’étaient pas aperçus de la présence des soldats et de l’homme dans la tente. Drehardir abandonna alors momentanément ses plans pour se tourner vers les arrivants. - Vous désirez ? demanda-t-il d’un ton sec. - Votre Majesté, débuta le soldat en s’inclinant, nous avons subtilisé un inconnu qui gambadait dans les alentours du camp. Nous le soupçonnons de mauvaises intentions… Si jamais il pourrait s’agir d’un Neltiad, il pourrait vous donner de riches informations sur les autres. - Je vois, dit le roi, mains dans le dos. Vous avez bien fait de l’amener jusqu’à moi. Décapuchonnez-le. Sous l’ordre de leur monarque, les soldats s’exécutèrent et retirèrent son capuchon, dévoilant un homme aux cheveux bruns et sombres, son visage étiré dans une grimace de colère. Curieux, Drehardir s’approcha en examinant l’inconnu - Tu as les yeux marrons…tu ne peux pas être un Neltiad, remarqua-t-il alors. Mais alors...Pourquoi un humain s'en prendrait-il à sa propre armée ? Réponds moi. Se contentant de jeter un ardent regard de haine contre le roi, l'homme ne répondit pas. De plus en plus étonné par ce comportement, mais néanmoins intéresser par ses réactions, le roi se caressa le menton. - Bon, tant pis... cela me suffira, déclara-t-il simplement. Crywin, veillez à ce que cet homme soit intégré à l'un de nos régiments, et gardez le à l'oeil. Il paraît être bon guerrier quoi qu'insolent, si cela vous rappellerait quelqu'un. Visé, mais ne rechignant pas, le jeune général inclina légèrement la tête en n'y ajoutant rien. Puis, le monarque se retourna vers le prêtre toujours caché, son visage caché dans l'ombre de sa capuche. - Sarïn, veuillez me suivre, j'aimerai vous montrer quelque chose. Et vous – il reporta son attention sur les soldats – laissez le ici avec le général, il saura s'en occuper. Vous recevrez d'ici peu une récompense pour compensation de vos loyaux services. Vous pouvez disposer. - C'est trop d'honneurs, votre Altesse, répondirent les soldats en relâchant l'homme et en sortant du pavillon de toile verte, suivis ensuite par Drehardir et son fidèle acolyte, laissant donc seuls le jeune général et l'humain mystérieux. Crywin s'approcha de lui lentement en l'observant de la tête jusqu'aux pieds, sous le regard toujours haineux de l'inconnu aux cheveux bruns et sombres. Le silence s'imposait, seul le vent s'infiltrant parmi les toiles se faisait percevoir. - Un homme s'attaquant à son propre camp... dit le général, pensif, tout en continuant d'avancer vers lui à pas démesurément lents. Ceci n'est pas une situation banale...quoi que... Si chacun ferait ce qu'il voudrait, ce serait le cas de nombreux soldats ici. Tu dois bien avoir des raisons spécifiques pour avoir traqué une armée entière, la suivre à travers l'Empire Neltiad, tu es bien courageux... Mais la contre-attaque ne se fit pas attendre. Lorsqu'il se trouva juste en face de lui, l'homme dégaina d'une rapidité fulgurante un poignard caché dans sa manche, la pointe de la lame vers le haut, à quelques millimètres de la peau du cou de Crywin, qui ne cilla pas. Heureux de dominer l’homme face à lui, l’inconnu afficha un rictus sur ses lèvres. - Mais voyons… Rien de plus normal ! dit-il alors d’une voix qui transparaissait sa colère. Vous êtes les entiers responsables de la mort de celles que j’aimais : ma femme et ma fille… C’est naturel que je vienne me venger, vous ne trouvez pas… ?! - Ta femme et ta fille ? demanda le général curieux, nullement effrayée par la menace de la dague. - Bien sûr !! C’est tout à fait normal !! continua l’homme en s’emportant un peu, rapprochant la lame de la gorge de Crywin. Vous avez dû tuer tellement de personnes que vous ne vous rendez même pas compte qui sont ces gens !! C’est horriblement inhumain !! Vous ne vous souvenez même pas, la seule habitation d’un petit village de la frontière nommé Faritè. Alors que je devais retrouver les femmes de ma vie là-bas, j’y est découvert des restes de cabane, du charbon… Que leur avez-vous fait ?! Honteux, Crywin soupira longuement, en se passant une main sur son front, relevant sa frange de cheveux bruns. - Bien sûr que je m’en souviens… répondit-il. Je regrette mes actes, je commence à prendre l’habitude… Mais, ne t’en inquiète pas : il n’y avait qu’une seule femme dedans, une vieille, la descendante de Tiama, personne d’autre. Celles que tu aimes doivent certainement être parties vers Entygon, fuyant notre attaque. D’ailleurs…cela ne m’étonnerait pas que ce soient elles qui aient prévenus les villages Neltiads de l’offensive prévue par l’armée d’Edenor… Je t’en prie, rabaisse cette lame, la vengeance est inutile lorsqu’elle n’a pas lieu d’être… Au fil de ses mots, le visage de l’homme se décrispa, tout en baissant peu à peu son poignard tremblant. Il semblait soulagé et heureux… même s’il continuait de détester ces soldats, de véritables machines à tuer. - Floïn... Hydnée…elles sont donc bien en vie…murmura-t-il, ému. - Il faut croire… répondit Crywin en lui tournant le dos. Tant mieux alors… -…Vous êtes un bien étrange soldat…constata l’homme en rangeant d’un geste sec le couteau dans son étui. En temps normal, on m’aurait traité comme un vulgaire animal, un microbe à éliminer, à peine si on m’aurait adressé la parole. Pourquoi m’avez-vous donc répondu alors… ? Durant quelques secondes, le regard dans le vide, le général resta pensif et immobile, comme si de nombreux évènements défilaient devant ses yeux. - Je n’ai jamais été partisan d’une déclaration de guerre avec les Neltiads, avoua-t-il alors d’une voix faible. Tuer des gens est le plus grand crime dont l’on puisse avoir recours, surtout contre des innocents. Si je suis là, c’est parce que je suis moi-même une victime. Bien sûr que l’on m’a forcé à m’intégrer à cette armée à cause de mes talents stratégiques, ils ne sont même pas capables de se débrouiller seuls. Je suis un chien à la botte de l’armée, voilà tout. On me donne un ordre, je l’exécute, même si je n’en ai nullement envie. Un lâche, un meurtrier, je ne suis que ça, j’en ai honte… Mais ai-je véritablement le choix ? C’est le seul moyen de survivre dans le chaos de ce monde. Je ne sais pas si tu connais cela, lorsque tu tues des gens, les yeux implorants, des personnes qui ne t’ont jamais offensés personnellement, que tu ne connaissais pas… - J’ai été enrôlé de force dans l’armée à l’âge de quinze, pour un premier plan d’extermination Neltiad, je connais l’horreur produite par la guerre. - Qu’y as-tu fait… ? demanda Crywin à voix basse sans se tourner. - Je n’ai pas tué, répondit alors l’homme d’un ton déterminé et fier. J’ai préféré sauver les vies de ces misérables personnes innocentes, au péril de la mienne. Mes efforts ont payé… : j’avais sauvé une fillette, à présent devenue femme, épanouie et heureuse de vivre. Quelle fierté, quel bonheur m’a inondé ! C’est ça, être un véritable homme ! - C’est bien pour cette raison que je me considère comme un lâche, alors que toi, tu risques ta vie pour des gens inconnus, continua le général, sans bouger d’un pouce. Ton courage m’impressionne… Alors, lentement, il se retourna, refaisant face à l’homme, le visage à présent décontracté. - Quel est ton nom ? demanda-t-il en croisant ses bras. - …Ewen…répondit alors l’homme après une légère hésitation, mais…il avait cet instinct, cette impression qu’on pouvait faire confiance à cet homme différent des autres. - Alors…Ewen…ça te dit que l’on monte nous-même notre propre stratégie ? |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Jeu 10 Jan - 9:47 | |
| Partie 3Que me sentais-je mal…Où étais-je…Que faisais-je…Perdue… Je ne savais plus rien. Le noir complet… Une sensation étrange dominait mon corps, comme s’il ne s’agissait pas du mien, je ressentais des sentiments inconnus. Lentement, je sentis les souvenirs me remonter à la tête. Par ci, par là, je percevais des voix qui s’agitaient autour de moi, mais, je n’en avais pas réellement conscience. S’agissait-il encore d’un passé, ou étais-je revenue dans le véritable cours du temps… ? Pour le savoir, il suffisait simplement que j’ouvre mes paupières, encore fallait-il que je le veuille. Sans but, avec difficulté, j’y parvins enfin, néanmoins ma vue restait brouillée, je ne discernai qu’une silhouette noire et blanche penchée au dessus de moi. - Vous avez fini par revenir, c’est plutôt rassurant ! Lorsque ma vue s’affina jusqu’à redevenir presque normale, je m’aperçus qu’il s’agissait de la Sorcière des Sens. - …Yûni… ? - C’est bien moi… Combien voyez-vous de doigts ? demanda-t-elle en levant sa main. -…six… ? - Vous m’envoyez soulagée ! soupira-t-elle en rabaissa sa main blanche, serties de dizaines de bijoux divers et variés. Après avoir subi deux passés en entiers, que vous reveniez en forme m’aurait paru être un véritable miracle. Quoique, vous êtes une déesse…vous vous en remettrez bien vite. Mais, je remarquai à ses doigts qu’il n’y avait pas que d’énormes bagues ornées de rubis et saphirs, mais un bandage autour de son index, qui n’était pas présent avant mon voyage dans le passé. - …Vous vous êtes blessé ? lui demandai-je en restant allongée, restituant peu à peu mes forces. - Sans blague ! s’exclama la sorcière qui se leva, se dirigeant vers une commode. - Comment vous êtes vous fait cela ? continuai-je alors. - Comment expliquer…je me saisis d’un couteau, et couic, résuma-t-elle grossièrement en m’épargnant les gestes imitatifs. - Vous l’avez fait exprès ?! Je l’entendis soupirer longuement, comme si je venais de rater nombres d’évènements. - Votre ventre connaît la réponse, répondit-elle alors en ajustant un bracelet en forme de serpent enroulé autour de son poignet de marbre. - Mon…ventre ? Effectivement, je sentais que mon ventre avait été mis à l’air libre. Lentement, je dégageai les couvertures qui le recouvraient afin de découvrir toutes ces raisons obscures. Certes, ma grossesse causait son augmentation incessante, mais…il était recouvert d’arabesques diverses rouges à partir du nombre duquel elles s’étendaient. - C’est…du sang ?! m’exclamai-je. - Bingo, déclara Yûni, d’un air totalement indifférent. - Mais…pourquoi…c’est quoi ce bazar ?! Depuis quelques minutes, je venais de récupérer énormément de forces, je me sentais capable de tout à présent, mais sur le moment, de crier contre la sorcière. - Pour protéger vos bambins, voyons… Outre la raison, l’un des mots heurta violemment mon esprit, il ne fallut as deux secondes avant que j’interroge à nouveau la sorcière qui semblait être à bout de ses forces. - « Vos » ?!! - Oh ! Vous ne saviez pas qu’il s’agissait de jumeaux ? Je ne sus clairement à cet instant si mon monde devait s’écrouler, ou alors montrer davantage vers le ciel : des jumeaux ! Il ne manquait plus que ça… Déjà, le fait que je tombe enceinte était loin d’être prévu, mais alors là, nous allions nous retrouver avec deux bébés dans les bras. Inconcevable… Je n’arrivais pas très bien à m’en rendre compte… - Attendez…comment pouvez-vous certifier que je suis en train d’enfanter des jumeaux ?! continuai-je dans mon lot de questions. - Grâce à la plus ancienne des théories, répondit-elle. Si un couple est constitué d’un moins un représentant divin, alors, leur premier enfant possédera les pouvoirs, hérité d’un des deux parents. Si c’est le père qui détient le pouvoir, alors l’aîné sera un garçon, porteur du savoir. Si, dans le cas contraire, la mère dispose en elle de la magie divine, elle transmettra ses aptitudes à son premier enfant qui sera obligatoirement une fille. Par exemple, il était sûr que le premier enfant de Floïn soit une fille, puisqu’elle est la descendante de Tiama, et voici bien Hydnée, future héritière. Dans votre contexte, le père et la mère, c'est-à-dire Astiran et vous, possédez tous deux du sang divin dans vos veines, alors, votre union aura généré en premier lieu des jumeaux : un fils qui obtiendra du pouvoir du père, c'est-à-dire celui de la terre, et une fille, détentrice du vôtre. Malgré cette théorie alambiquée, quelque chose me bloqua. - Excusez moi de contredire votre formule, mais j’ai un exemple à l’appui qui n’en relève pas, répliquai-je. Vous dites que ce sera toujours aîné qui acquerra du pouvoir divin d’un des deux parents. Dans ce cas, pourquoi Astiran détient-il de la pouvoir terrestre alors qu’il a un frère plus âgé que lui ? - Il faut alors se pencher davantage sur le terme « frère », se poser la question plus sérieusement… - Vous sous entendriez qu’Ewen n’est pas le frère d’Astiran ?! m’exclamai-je, consternée. La sorcière rajusta l’un de ses colliers d’or et se racla la gorge. - Dans tous les cas, ils ne sont pas issus du même père, continua-t-elle, le plus sérieusement du monde. Mais bon, il est vrai que cette règle de transmissions n’ait pas toujours fonctionné vers le bon chemin… Il est arrivé une fois qu’un père de descendance divine se retrouve avec une fille pour aînée et qu’elle ne possédait strictement aucun pouvoir, mais c’est bien là l’exception qui confirme la règle. Espérons qu’il s’agisse aussi d’un cas spécial pour notre cher descendant de la terre… Alors, je restai silencieuse. Depuis mon réveil, je ne me sentais n’être plus tout à fait la même. Je ressentais la présence des gens de mon entourage, leur aura. Certes, Yûni était à mes côtés, mais je pressentais les autres restés derrière la porte. Astiran, Naid, Floïn, Hydnée, ils étaient tous présents… Mais surtout, cela confirmait les dires de la sorcière : il y avait bien deux vies à l’intérieur de mon organisme…je le savais… Déboussolée, mais attendrie, je caressai mon ventre maternellement. - Et votre voyage dans le passé ? Comment ça s’est passé ? demanda-t-elle d’une voix plus légère. Soudain, la gorge se rétracta, provoquant une remontée de larmes à mes yeux. Le passé de Yasalyn, mais surtout celui de mon frère, persistaient dans mon esprit… Cela m’avait traumatisé, et je compris à cet instant pourquoi Naid n’eut jamais désiré m’en parler, de peur sûrement de faire remonter ces souvenirs horribles… Mais à présent, que j’étais au courant, je me devais de parler avec lui. Décidée, je levai ma tête vers Yûni. - Pourrais-je parler avec mon frère, seuls… ? lui demandai-je courtoisement. - Bien sûr, il n’y aucun souci, mais avant cela, j’aimerais vous annoncer autre chose, répondit-elle. Un silence s’imposa, durant le lequel nos regards se fixèrent sans réel sentiment, l’une comme l’autre. - Vos pouvoirs se sont manifestés, lança-t-elle brusquement d’une voix grave et profonde. Vous savez… ? Les divins… Durant votre perte de conscience, votre environnement a subi quelques modifications va-t-on dire… Alors que je m’apprêtais à intervenir, elle préféra néanmoins m’interrompre, à présent à côté de la porte, main sur la poignée. - Reportons ce sujet de discussion à plus tard, je vous prie… dit-elle. Vous désirez vous entretenir avec votre frère, je ne le retiendrais pas plus de temps. Même s’il ne le montrait pas, il s’inquiétait pour vous. Et je crois qu’il n’attend qu’à vous voir, alors profitez de ce temps. Puis, elle ouvrit la porte, passa mais ne la ferma pas, toujours la main sur la poignée. Alors, à cet instant, mon frère pénétra dans la chambre, il semblait tout autant heureux de me voir qu’inquiet de savoir qu’à présent, je connaissais son passé. A sa vue, et le comparant à lui dans le passé, les larmes ne purent s’empêcher de jaillir dans mes yeux. Il avait vécu tellement de choses, face à l’horreur, à la Mort, à la haine et au malheur… Amèrement, je regrettai de ne pas avoir été à ces côtés, de n’avoir pas plus penser à lui. Puis, Naid ferma la porte sans faire de bruit, il lut immédiatement dans mes yeux les sentiments que je ressentais, et afficha une mine désolée. D’un geste ferme, il se saisit d’une chaise qu’il installa à côté de moi, asseyant dessus et me tint la main. Durant quelques secondes, nous échangeâmes un regard qui varia de temps à autres, au premier abord, cela nous suffisait pour nous comprendre. -…J’ai tout vu…murmurai-je en posant ma seconde main sur la sienne, compatissante. - Je le sais… soupira-t-il. Mais après tout, l’important, c’est que tu ailles bien… Néanmoins je regrette… - Quoi donc ? demandai-je, en penchant la tête vers la gauche. - Par ma faute, à cause de mon passé, tu as souffert. Tu as tout vu… Si je ne voulais pas te dévoiler mon enfance, c’est que je ne voulais pas que tu t’endeuilles pour moi, te faire partager ma douleur… Je me rends compte que j’ai agi en idiot… j’aurais tout dû te dire lorsque tu me l’as demandé. J’aurais préféré te le raconter, tant pis si cela faisait remonter en moi des souvenirs saumâtres, plutôt que tu les vois de tes yeux. Un égoïste…c’est tout ce que je suis… Honteux, il détourna la tête, mais je caressai sa main avec tendresse. - Tu es mon frère, je me dois de tout partager avec toi, dis-je alors d’une voix douce. Peu m’importe de souffrir, tant que tu iras bien. J’ai tellement manqué d’années, je n’ai qu’une envie à présent, les rattraper. Alors par pitié, ne raconte pas de sottises, tu es loin d’être égoïste, au contraire. -…Si tu le dis… répondit-il alors avec un faible sourire, comme s’il ne pensait pas vraiment ce qu’il disait. N’ayant aucune envie de justifier des choses débordant de vérité, je ne rajoutai rien sur ce sujet. - Tu as tant souffert, j’aimerais tant faire quelque chose pour toi, t’aider ou n’importe quoi, tant que je puisse te rendre heureux. - N’essaie pas, tu n’y arriveras pas…répondit-il en me regardant avec des yeux qui se cachait pas leur apitoiement. Ces souvenirs sont douloureusement ancré dans mon âme, m’en détacher, c’est comparable à m’arracher la tête. Je ne peux que les cacher… Mais alors, tandis que je fixais sa main blottie entre les miennes, une idée surgit dans mon esprit. - Et si on guérissait ces maux…proposais-je. On ne peut peut-être pas les retirer mais calmer leur douleur. Un léger rictus à la limite de la moquerie survint chez Naid, amusé par ce qu’il pensait être une blague. - Guérir…guérir…répéta-t-il comme pour se le mémoriser. C’est impossible… - Tu penses cela parce que tu ne peux pas, ou parce que tu ne veux pas ? demandai-je en accentuant mes mots. - Comment veux tu que l’on guérisse ce genre de blessures … ? soupira-t-il désespérément. - Je…je…je pourrais peut-être te rendre…afin…te « rendre »… te créer un nouvel œil… ? Désormais, je sens affluer tout en moi ce pouvoir divin, et je m’en sais tout à fait capable. Laisse moi t’aider… |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Jeu 10 Jan - 9:48 | |
| Partie 4A ces mots, les siens semblèrent exorbités, comme si cette idée ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Après une longue réflexion à yeux clos, il les rouvrit, un sourire sur les lèvres. - Je suis désolée Diphtil… répondit-il. Je dois accepter mon destin et combattre tous les obstacles que l’on m’a imposés. Il y a sûrement une raison pour laquelle je subis tout cela. Je ne crois pas qu’il faudrait intervenir dans le cours des choses et les laisser telles qu’elles sont. Les plus petites choses peuvent prendre trop d’envergure. Déjà, tu as ressusciter Astiran, ç’en est déjà assez. Je respecte mon cas, l’admet malgré tout. Je te prie d’approuver mon choix, grande sœur, même si je sais que cela te fait mal. Tu ne voulais que rendre service… Profondément déçue, je baissai mon regard, baigné de larmes peu visibles. - Mais…Mais…bredouillai-je. Tu n’as presque pas eu de chance dans ta vie, laisse moi t’en donner une. - Tu te trompes : j’ai eu énormément de chance, plus, en tout cas, que ce que l’on pourrait penser, objecta-t-il après un léger geste de la tête afin de dégager sa vue d’une mèche rebelle de ses cheveux noirs. Je suis l’un des seuls survivants de l’extermination des habitants de Faritè. A quelques centimètres près, la flèche que j’ai reçue dans le dos aurait atteint mes organes vitaux, je serais mort sur le coup, mais elle a juste rebondi sur une vertèbre étonnement solide. Durant des années, j’ai vécu normalement sans grande maladie, pas d’humains en vue jusqu’au jour où je me suis fait prendre à Ephyr. D’après les soigneuses, la perte d’un orbe oculaire est fatale, cela coûte la vie d’un adulte, alors pour un enfant…Il a encore moins de chances s’y rescaper. A nouveau, j’aurais du mourir, comme mes amis. Et puis, le traumatisme mental aurait pû largement causer une importante folie : je ne l’ai subi que quelques instants, cette colère je la cache au fond de moi. Au total, je ne sais combien de fois j’aurais dû être envoyer au royaume des Morts, à deux doigts de rejoindre papa et maman, j’ai eu énormément de chance. Comme l’a dit Yûni, je suis remarquée des dieux. Ils attendent le moment propice pour m’éjecter, ils doivent croire que j’ai un rôle important à jouer… Ce n’est que cela en fait : je subis les caprices des dieux. Ils choisissent, nous obéissons sans cesse. Longtemps j’ai vu les gens souffrir devant moi, alors par rapport à eux, je ne suis rien. Un long silence s’interposa, réfléchissant à ce qu’il venait de me dire. Coïncidences ? Je ne le croyais pas non plus, les dieux y étaient sûrement pour quelque chose. Pourquoi…en quoi…Aucune idée, seul le temps pouvait le décider, le savoir, mais pas nous. Alors, je décidai de changer de sujet afin de détendre l’atmosphère. - Tu ne connais certainement pas la bonne nouvelle… ? dis-je avec un grand sourire qui ne pouvait dissimuler ma joie, tandis que mes larmes tentèrent de se sécher en vain, peut-être celle-ci en était de joie. - Bonne nouvelle… ? demanda-t-il curieux, pas au courant, sourcil levé. Néanmoins, je ne répondis pas immédiatement, le temps de m’imaginer sa réaction lorsque je lui annoncerais. Rien que de visualiser cette image, je souris amusée, tandis que Naid patientait, à l’attente d’une réponse. - Tu vas devenir doublement oncle, lui répondis-je alors d’une voix chantonnante. A cet instant, son visage s’illumina, ses yeux s’étincelèrent de mille lumières joyeuses. Il crut au départ avoir mal entendu. -…vraiment ? Doublement ? Ce sont des jumeaux ? demanda-t-il, excité. Pour toute réponse, je hochai la tête afin de confirmer mes dires. Mon frère semblait si heureux à cette nouvelle, il embrassa ma main et me regarda, une lueur de bonheur était si présente dans ses yeux qu’elle aurait pu se discerner durant la nuit. - …C’est génial ! déclara-t-il. J’aurais non pas un seul, mais deux bambins comme neveux ! Oh ! Si tu savais ce qu’ils vont souffrir avec moi en temps que tonton ! Alors, je me mis à rire. Que je serais heureuse, lorsque tout cela sera terminé, que je vivrai avec Astiran et mes deux enfants, que Naid, qui aura peut-être les siens, s’occupera d’eux, et que l’on restera tous ensemble jusqu’à la fin des temps… - Mais…pourquoi es tu si heureux d’être tonton… ? demandai-je curieusement. J’aurais penser que tu aurais été content, sans plus, sans aller jusqu’à la jubilation. - Tu en auras sûrement un qui te ressemblera, répondit-il. Te revoir en cet enfant me ferait tellement plaisir. Et puis, je veux rendre heureux la petite progéniture de ma soeurette adorée, tu ne penses pas ? Je te l’avoue, ce sentiment est étrange mais nullement désagréable. C’est comme si l’on m’annonçait que j’allais avoir un petit frère ou une petite sœur, je suis un gamin tout excité. Mais, au fait, comment as-tu pû savoir qu’il s’agissait de jumeaux ? Patiemment, je lui expliqua alors toute cette théorie par rapport à la transmission des pouvoirs divins, ce qui amenait directement la détermination du sexe de l’enfant. Je lui racontai également ce contre exemple que je venais de donner à Yûni, par rapport à Astiran et son grand frère, Ewen. Lorsque j’eus terminé, Naid se gratta le menton. - Je dois avouer que je n’en sais absolument rien…répondit-il. Je crois que ce ne sont pas nos affaires. Peut-être vaudrait mieux rien dire à Astiran pour l’instant, s’il commence à douter alors qu’il sait à présent qu’Ewen est en vie. - Je le sais pertinemment…soupirai-je. Mais je n’aime pas mentir… Il faudra pourtant que je lui cache la vérité, si elle l’est vraiment. En parlant de vérité… En entendant ce mot, je vis immédiatement que mon frère s’immobilisa, le visage légèrement palissant. -…Qu’est ce que la Vérité… ? demandai-je par rapport à ce que j’avais vu. Lorsque je me tus, je crus un instant que le temps s’était arrêté, le silence fut tellement pesant. Après s’être passé une main dans ses cheveux en bataille, Naid se leva. - Tu te sens sûrement mieux, tu pourrais te lever ? demanda-t-il, totalement à côté de ma question, un sourire aux lèvres. Je crois que les autres t’attendent. Sachant que je n’aurais jamais réponse à cette question, je hochai la tête, et me dressai sur mes pieds avec l’aide de Naid. Certes, mes forces m’avaient regagnées, mais je me sentais de plus en plus lourde. Le temps que je me rhabille, mon frère m’accompagna jusqu’à la porte. Lorsqu’elle s’ouvrit, j’aperçus Yûni qui amusait Hydnée, assise à même le plancher, avec des boules lumineuses et colorées qu’elle faisait sauter dans ses mains. Floïn, accoudée à un meuble, terminait un verre d’eau, l’air fatiguée. En voyant passer la porte, Astiran fondit sur moi et me serra dans ses bras comme si l’on avait été séparé depuis des lustres. -…J’ai appris la nouvelle…me chuchota-t-il à l’oreille d’une voix qui transparaissait son émotion. On va avoir deux bébés…C’est…c’est magique…fantastique… Par tous les Dieux, je suis tellement content, si tu savais. - Moi aussi…murmurai-je à mon tour, seule moi pouvant l’entendre et réciproquement. Bientôt nous vivrons tous les quatre, réunis. Ca sera la belle vie…oh oui, la belle vie… Il relâcha son étreinte, et en passant frotta son nez contre le mien, tandis que mes pommettes remontées à cause de mon sourire rougirent. Le reste de la soirée se déroula dans un calme apaisant dans l’ambiance mystérieuse de la chaumière de la Sorcière des Sens qui regorgeait de trésors autant magiques qu’inutiles. Un délicieux repas quelque peu original nous fut servi par Yûni, d’après elle, elle l’aurait arrangé seule, à force de concocter des potions, la cuisine s’améliore toujours. Pas un mot au sujet du lien de fraternité d’Astiran ne fut soufflé, par contre, on se pencha davantage sur les jumeaux que je portais. Hydnée, toute contente, se mit à énumérer tous les prénoms qu’elle avait en inventaire, et nous les proposa pour les donner à nos futurs enfants. Bien sûr, nous l’écoutions, mais il était vrai qu’il fallait que nous en y discutions Astiran et moi. Le temps passait vite et mon pouvoir qui accélérait constamment ma grossesse n’arrangeait pas les choses. Après une bonne tisane préparée par la Sorcière, comme à l’habitude, la petite Hydnée commença à somnoler dans les bras de sa mère, tout autant exténuée par les évènements de la journée. Nous décidâmes donc d’aller tous nous coucher. Par bonne volonté, Yûni céda son lit pour moi et Astiran, elle jugeait que, pour une entière satisfaction de la santé d’un bébé, une mère devait se reposer sur un support confortable. Son insistance ne dura pas longtemps, j’acceptai son don avec plaisir. Nous installâmes donc sans encombre dans la chambre, tandis que la Sorcière, avec l’aide de Naid, disposa des matelas, repartis dans plusieurs pièces. Puis, après s’être souhaité la bonne nuit, sauf Hydnée qui dormait déjà sous ses couvertures, chacun partit s’isoler pour la nuit. Durant une bonne demi heure néanmoins, Astiran me parla de choses et d’autres, que l’on ne pouvait dire devant les autres. Plusieurs fois, il caressa mon ventre rebondi, y déposa des baisers, posant son oreille dessus afin détecter quelque chose. Quelle fut sa fascination lorsqu’il constata que l’intérieur remuait ! Je ne savais également que dire, peu de mots le qualifiaient… |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Jeu 10 Jan - 9:48 | |
| Partie 5Ayant perdue conscience une bonne partie de l’après-midi, je ne m’étonnai nullement de n’avoir aucunement sommeil. Astiran, quant à lui, s’était immédiatement endormi à mes côtés, un sourire éternel figé sur son visage endormi. Attendrie, je lui caressai le front, dégageant au passage quelques unes de ses mèches châtaines. Il devait certainement rêver… Décidemment, les nuits se découvraient plus longues qu’elles n’y paraissaient. Puis, au bout d’une heure d’attente, à bout de patience, je me levai et décidai d’entamer un tour dans la maisonnée endormie. Le temps de m’allumer un cierge afin de m’éclairer, et je partis de la chambre. Dans le salon, je dus enjamber mon frère, placé non loin de la porte, veillant à ne pas faire de bruit : Naid avait l’oreille fine, mais sûrement pas autant que Hydnée. Heureusement, celle-ci n’était pas dans cette pièce. Par je ne sais quel sentiment, quelle raison, une porte ouverte offrant une vue sur les ténèbres m’attira particulièrement. Lentement, ma bougie tendue vers l’avant afin d’illuminer les petits alentours, j’avançai en prenant garde de ne pas trébucher ou de heurter quelque chose. Lorsque j’atteignis l’entrée de la pièce inconnue, je découvris une immense corridor, tellement long que je n’en voyais le bout, le sol tapissé d’un doux tapis bleu royal, agréable pour les pieds. Contre chaque mur, assez rapproché, le couloir était étroit, des rayons et des rayons de livres s’étalaient devant mes yeux. Certains paraissaient tellement anciens que j’eus peur de les réduire en poussières si j’eus le malheur d’y poser le petit doigt. Plus de la moitié était transcris dans une langue totalement inconnue, ou parfois même dans quelques cas avec un tout autre alphabet. Emerveillée, j’avançai en frottant les pieds à terre à travers l’interminable galerie regorgeant de savoir. Néanmoins, un sentiment de mal être me frôlait l’échine, tel un vent malveillant. Plusieurs fois, je me retournai, de peur que quelqu’un me suive, comme Yûni, si jamais cet endroit avait été interdit d’accès. D’ailleurs, la porte me paraissait s’être refermé…de son grès ou pas…je ne le sus pas… - Tu es donc là…susurra une voix pointue, qui semblait satisfaite de son stratagème. Cette fois lorsque je me retournai, une personne était là, à quelques mètres de moi. Une silhouette élancée, maigre, une grande cape volant dans le dos, une main gantée de cuir, serré sur sa main : il s’agissait d’un adolescent, qui avait bientôt atteint le stade de l’adulte. Ses yeux étaient aussi violets que ses cheveux, en grandes et longues mèches en bataille, pointues. Revenant vers ses yeux, ceux-ci étaient mystérieux, pailletés de fragments d’une immense sagesse, une expérience plus grande que le nombre que représenteraient toutes les étoiles du ciel réunies. Ses sourcils froncés disaient clairement qu’il ne s’agissait pas d’une personne timide, discrète, qui se laissait dominer facilement. Néanmoins, il paraissait séduisant, mais dangereux. - Qui êtes-vous… ? demandai-je, d’une voix peu amicale. - La petite déesse ne pourrait m’oublier, répondit-il amusé en s’approchant, ce ne serait pas possible. Un pas en arrière, je me mis à frémir de tout mon être. - Zerda…que fais-tu là… ? - Je suis venu te rendre une petite visite, moi qui aurait cru que cela t’aurait fait plaisir… - Repars d’où tu viens immédiatement… sifflai-je entre mes dents tel un serpent agressif. Sinon… - Sinon quoi ? m’interrompit-il, amusé. Ne te crois pas invincible grâce à ce pouvoir acquis, tu détiens à présent la totalité, déesse de la Vie, déesse de la Mort… Ces mots firent bouillir mon sang, comment pouvait-il affirmer de telles ignominies… Mais, il semblait lire dans mes yeux ma panique et ma peur, ce qui l’amusa. - Tu n’avais donc rien remarqué… ? demanda-t-il, en s’approchant toujours, à présent à un mètre à peine de moi. Pourtant, tu as déjà tué, non ? Oter la vie, sans aucune pitié… - Jamais je ne ferais ça, répondis-je sèchement, ramenant la bougie vers moi, comme si elle le touchait était l’équivalent d’un contact avec lui : une souillure. - Mais tu l’as fait, ne t’en rappelles-tu donc pas ? persista-t-il, tête penchée. Cette pauvre ophiandros, tu ne lui as même pas accordé quelques secondes de répit avant de la faire mourir subitement. Après, tu oses dire que tu n’as jamais fait ça… ? Il est vrai que je n’avais pas été clémente avec cette créature, mais elle venait de pétrifier mon frère, alors qu’Astiran m’avait quitté quelques temps auparavant. Enragée, je l’avais tué sans vraiment savoir comment. D’ailleurs, ce souvenir demeurait assez vague dans mon esprit… - Elle le méritait, vu ce qu’elle avait fait subir à mon frère, répondis-je alors. Un sourire sournois et malveillant s’afficha sur son visage pâle éclairé par la faible lumière de la bougie. - Une tyran qui n’octroie pas à peine une minute de vie à ces ennemis… continua-t-il, coincé juste devant moi, à moins d’un mètre à peine. C’est ce que tu cherches à devenir, ou alors ce que tu es déjà… ? Il y a certains traits de ta personnalité qui m’attirent, je dois m’avouer fasciné. Sous tes véritables traits, tu es une femme douce, intelligente et généreuse, toujours à t’occuper de ton prochain, pourtant, on peut te découvrir sous une autre forme lorsque tu dévoiles ta véritable personnalité. Une métamorphose assez hallucinante. A cet instant, tu deviens une meurtrière, une bête qui tue, tu es constamment en colère, ne désirant qu’exploser, causer autant d’effet que le plus puissant des sortilèges. Tu détiens deux personnalités très contrastée, la blanche, la noire, la Vie, la Mort. La facette la plus sombre m’intéresse particulièrement, elle te rend unique… Sa main apparut dans mon champ de vision, puis, ses longs doigts fins effleurèrent la peau tendue de ma gorge, froide et serrée. Pétrifiée par la peur et la colère, je demeurai pétrifiée. - Oh, qu’est ce que j’aimerai voir, constater de moi-même cette personnalité…murmura-t-il, ses lèvres si rapprochées de moi que je sentais son souffle glacial, inhumain frôler ma peau. Allez, montre moi, dédaigne sortir cette toi… Ma respiration se fit de plus en plus saccadée, je ne sus si ce fut l’irritation ou la crainte qui la déclancha. Je sentis déferler une vague en moi, ma tête allait exploser. Mes lèvres, à la fois aussi brûlantes que des braises et aussi gelées que la neige, s’entrouvrirent. - Ne me cherche pas Zerda…prononçai-je alors d’une vois gutturale et profonde, comme sortie des abysses. Ou alors, tu le regretteras… Autour de moi, je sentais les étagères qui tremblaient, comme si elles étaient terrifiées de la scène à laquelle elle assistait. Le tapis si duveteux parut soudainement si rugueux… La flamme de la bougie vacilla dangereusement, elle également risqua de ne pas tenir le coup. - Enfin…chuchota le démon d’une voix sensuelle. Tu m’apparais… Ne t’inquiète pas, ta magie ne me cause aucun mal… - Pars d’ici… susurrai-je agressivement. Je risque véritablement de m’énerver… - Continue alors, énerve toi, ma petite déesse… Le simple fait qu’il me nomme de la même manière que le faisait Astiran accentua mon courroux, je me sentais sombre, envahie d’un sentiment ténébreux et obscur. - Appelle moi encore rien qu’un fois petite déesse et je te promets que… - D’accord, petite déesse… s’obstina-t-il. Tandis que je continuais à accumuler ma rage, je me sentais à mes limites, je n’allais pas tarder à exploser. Mais, soudain, du bruit se fit entendre, et le démon relâcha son emprise en retirant sa main et se retournant. Yûni, vêtue d’une robe étrangère noire à grandes fleurs couleur saumon, ses cheveux d’ébène attachés en sobre queue de cheval à l’aide d’un ruban beige, ce qui changeait de ses habituelles coiffures alambiquées. Mais, elle n’était pas pareille. De grands cernes ornaient ses yeux de rubis, sa peau était davantage liliale, ses joues se creusaient, j’aurais presque cru apercevoir des rides sur son visage. Même si son vêtement était ample, sa maigreur inhabituelle transparaissait. Elle n’avait même pas pris la peine de s’éclairer, ne se munissant d’aucune source de lumière. - Bonsoir…maugréa-t-elle, sans réel sentiment de joie. - Tiens ! s’exclama Zerda d’une voix plus forte, mais qui contenait toute son aigreur. Mais c’est notre chère Yûni ! Cela fait si longtemps que l’on ne s’est pas vu, quoi donc…un peu plus d’un siècle, à tout casser ! Tu n’as pas changé ! Quoique…tu n’as pas maigrie, par pur hasard ? - Garde tes paroles pour toi, vile langue de vipère, siffla-t-elle visiblement très mécontente de se retrouver face au démon. - Toujours aussi courtoise à ce que je constate…dit-il d’une voix plus basse. Tandis qu’ils commencèrent à s’échanger des regards meurtriers, je sentis peu à peu cette colère qui se dissipait, même si ma seule envie de l’instant était d’étrangler celui devant moi. - Que fais-tu ici…Comment oses-tu souiller l’intérieur de ma maison… ? demanda la Sorcière d’une voix purement inamicale. - Je venais juste rendre visite à ma petite déesse, répondit-il aussi simplement que possible en me présentant avec sa main gantée. Je voulais la voir, cela faisait longtemps également… - Et je ne désires plus jamais revoir ta face, sale démon, rétorquai-je sèchement. Zerda soupira, en passant une main dans ses cheveux indigos. - Décidemment, le monde est contre moi…pas grave, bientôt il m’appartiendra… Avec la rapidité d’un éclair ou de la dégaine d’un grand guerrier, Yûni tendit sa main devant elle, et avec son doigt, au bout duquel étincelait une lumière bleutée, commença à tracer des formes à même air ambiant, comme sur une vitre invisible placée juste devant elle. Il ne lui fallut à peine deux secondes lorsqu’elle eut terminé, elle plaça ses mains tendues, paumes en avant, les plaquant sur ce verre, d’une part et d’autre de ses figures. - Shiawase ! s’exclama-t-elle alors d’une voix forte à l’intonation aussi puissante qu’une tempête en mer. Les symboles lévitant plongèrent le corridor dans une lumière bleue, explosant en direction de Zerda. - Haha…tu cherches à me chasser ? demanda-t-il, amusé. Soit, mais sache que nous nous reverrons bientôt, je n’ai pas l’intention d’abandonner ma chère petite déesse, ma petite meurtrière… L’envie de hurler me saisit, mais je savais pertinemment qu’il me provoquait, et je ne devais plus à présent me laisser prendre dans son jeu. Lorsque la lumière magique se dissipa, Zerda n’était plus là non plus, envolé. Un sentiment de soulagement m’envahit quand s’abattirent les ténèbres : la bougie n’avait pas supporté et la flamme s’était éteinte. -…Yûni… ? Vous êtes là ? demandai-je, à la recherche de la Sorcière. Immédiatement ensuite, elle me réapparut, éclairée par…son doigt, qui à nouveau était pointé d’une étincelle cyan. Mais, elle me semblait avoir changé à nouveau, plus jeune, sa maigreur n’était plus visible, son visage avait repris son teint et ce que je pensais être des rides avaient disparues. Tout cela avait dû être le fruit de mon imagination. - Heureusement que vous êtes intervenue, la remerciai-je, un peu désemparée. Sans vous, je ne sais pas ce que… Mais, je me tus, sous son regard noir, elle devait sûrement m’en vouloir. - Jamais plus vous ne devez vous éloigner seule… me dit-elle d’une voix grave et sérieuse. Vous savez que ce démon est constamment sur votre piste, ne vous donnez pas en appât voyons ! Désormais, vous détenez vos pouvoirs, et Zerda n’avait pas faux, je dois vous l’avouer : vous avez peut-être le pouvoir de guérir et d’insuffler la vie, mais vos pouvoirs vous permettent également d’ôter la vie, aussi je vous demande une grande vigilance. Dans le cas où vous développez ce « vous », avide de mort, votre entourage ne le supportera pas. Si je n’étais pas intervenue, il n’y aurait plus eu de signe de vie à plus de vingt kilomètres à la ronde, vous auriez tué tous les voyageurs de cette maisonnée, mais également, des innocents, installés pas loin d’ici. Agissez avec prudence ! Je ne serais pas là tous les jours ! Honteuse, mais également morte de peur à cause de ma propre personne, je baissai la tête, examinant mes mains. Que penser à présent… ? J’étais véritablement une meurtrière… ? Je ne désirai l’admettre, ce n’était pas moi, jamais je ne pourrais m’exécuter ainsi ! - Allons, oublions cet incident…continua Yûni en se retournant, sachant qu’elle m’avait assez réprimandée. Il y a quelque chose de tout aussi grave, je n’aurais jamais pensé que la situation était aussi critique… ? -…Que voulez vous dire par là ? demandai-je en tremblotant, encore sous le choc. - Ce n’était peut-être qu’une illusion, mais, Zerda a réussi à reprendre sa véritable forme. De plus, il a traversé la protection magique installée tout autour de ma chaumière, et cela n’annonce pas des évènements joyeux pour l’avenir. Zerda s’est régénéré, c’est plus qu’une menace, désormais, nos chances de survivre sont de plus en plus restreintes, ce sera un véritable combat pour rester en vie. A présent, il n’importe plus de sauver les autres, c’est impossible, il faut penser à soi, sinon, nous y passerons absolument tous. |
|  | | Mancinia Connaissance de Yûni

 Nombre de messages: 559 Age: 17 Livre ou fic préféré: Le Royaume des Pierres et la Candeur de la Rose. Localisation: Sur la chaine de mon bureau. Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Mancinia (Berkclay - Neflyr - Hell). Date d'inscription: 16/08/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Ven 11 Jan - 21:55 | |
| C'est terrible...C'est sublime...Et...Tu as encore piqué mon idée ou quoi ? Des jumeaux ! Trop tard, cette fois je reprend parce que j'ai eue la même idée XD ! Quoique Mancinini n'est pas une déesse mais bon -__-" Mais pourquoi diable personne ne poste ? O.o ? |
|  | | Isilia Intuition magique

 Nombre de messages: 280 Age: 16 Livre ou fic préféré: La fille du monde \o/ Localisation: héhéhé... Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Isilia, Myrilia Date d'inscription: 08/06/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Dim 13 Jan - 6:33 | |
| Naaaaaaaaan!  Moi je poste Mancinini!  J'ai fini de lire l chapitre 41 et le 42 en une clauqe! CH'est très bon! J'en reveux *o* Mais prends ton temps, je ne veux pas te stresser ^^ Mouaha! Des jumeaux ^^" |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 42 [Déclanchement] Dim 13 Jan - 10:11 | |
| T'en reauras ! Mais cette fois, je vais essayer de respecter ma parole ! |
|  | | | | Chapitre 42 [Déclanchement] | |
|
| Page 1 sur 1 |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|