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 Chapitre 41 [Le Jeune Homme]

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Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
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MessageSujet: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:25

Chapitre 41



Partie 1

Très bouleversée par ce que je venais de découvrir sur Yasalyn, je me trouvais à présent dans un autre lieu totalement différent : le village de Faritè, plus précisément dans mon ancienne chaumière. Au milieu de la pièce, moi et mon petit frère, nous avions six et quatre ans à l’époque, jouions tous deux, à plat ventre sur le sol, on semblait bien s’amuser. Mais, quelque chose me dérangeait…s’il s’était s’agi de mon passé, alors, nous aurions dû assister à la mort de mon père qui fut un évènement traumatisant pour moi… Alors, cela signifiait qu’à présent, j’étais remonté…dans le passé de Naid ! Même si je désirais savoir ce qu’il avait vécu durant toutes ces années, jamais il n’avait voulu me le dire, c’était son choix, je devais le respecter ! Mais, je n’avais aucun moyen à nouveau de sortir de là…

Après avoir fini de rire, mon frère me regarda dans les yeux.

- Dis Diphtil, si tu avais un vœu, ça serait quoi ? me demanda-t-il curieux.

Amusée par sa question, mais un peu affligée par ma pensée, je lui souris légèrement.

- J’ai tellement envie de revoir papa…lui avouai-je. Il me manque…
- Papa ?

C’est à ce moment que notre mère revint à la maison, elle venait un jour de plus de travailler dur aux champs. Elle paraissait essoufflée, de grands cernes sous ses yeux violets et ses cheveux rouges très mal coiffés. Tout en soupirant, soulagée d’en avoir terminé pour la journée, elle s’assit dans son fauteuil. Alors, Naid accourut vers elle en lui attrapant les jambes.

- Dis maman, à quoi il ressemble papa ? lui demanda-t-il alors, le regard insistant.

Ma mère sembla étonnée par la question, et après une amère grimace, un sourire s’élargit sur ses lèvres.

- Tu as presque les mêmes traits que lui, déclara-t-elle en le prenant sur ses genoux. Il était grand, mystérieux, plein de charme, des cheveux noirs d’ébène, et de grands yeux violets pleins de détermination. Même sous ses airs invincibles, ton père cachait en fait un cœur d’or, il était aussi doux qu’un agneau…
- Et…il est où papa ? continua Naid.

Depuis longtemps, nous n’avions pas tellement précisé à mon frère qu’il était vraiment mort, nous lui avons vaguement raconté qu’il avait disparu. Ma mère baissa son regard, elle savait qu’elle devrait lui dire un jour la vérité…

- Il…il n’est plus de son monde…répondit-elle alors avec difficulté, tandis que moi, fixait le sol, triste, une boule dans la gorge.
- Il est en parti en voyage ? demanda Naid, qui commençait à avoir peur.
- Oui, mais il n’en reviendra pas, continua ma mère.

A côté, des larmes commençaient à me monter aux yeux. Mais si je n’avais connu mon père que trois ans, son visage avait été gravé en moi, toujours souriant, fort, d’un caractère impétueux…Dire qu’il avait succombé à la suite d’une simple maladie.

- Tu es grand à présent Naid…il faut que tu comprennes qu’il mort, et qu’il ne reviendra jamais…Tu…Tu ne le verras jamais…
- Quoi ?! s’exclama Naid. Mais…mais ce n’est pas juste !

A son tour, des larmes humidifièrent ses yeux, à présent, il était confronté à la triste réalité qu’il ne connaîtra jamais son père.

- Pourquoi ?! s’écria-t-il. Tous les enfants du village ont leur papa, et moi, je ne peux même pas le voir !! C’est pas juste !!

Alors, il sauta des genoux de ma mère, elle également bouleversée, et alla s’enfermer dans la pièce à côté pour pleurer. Ne voulant pas le laisser seul, je l’y suivis en prenant soin de fermer la porte derrière mon passage. Mon frère pleurait à chaudes larmes dans un coin, recroqueviller sur lui-même.

- Va-t-en ! me dit-il en sanglotant.

Mais, je ne le fis, m’approchant de lui, et m’asseyant à ses côtés. Lorsqu’il releva la tête, il se rendit alors compte que je pleurais également. Puis, il se blottit dans mes bras en gémissant.

- Pourquoi je ne pourrais jamais le voir une seule fois… ? couina-t-il. Je veux voir papa…je veux… !
- J’ai envie aussi Naid, dis-je alors en caressant les cheveux de mon frère.
- Mais toi, tu l’as déjà vu ! Tu t’en souviens ! s’écria-t-il entre deux sanglots. Alors que moi, je sais même pas comment il était…

Il était vrai que, lors de la mort de mon père, n’était âgé seulement que d’un an, il n’en avait pas conscience… Alors, je le serrai davantage dans mes bras.


Cette vision était à nouveau redevenue réelle, ces images qui repassaient en boucle chacune de mes nuits. Couvert d’un ciel rouge du crépuscule, le village de Faritè se faisait dévaster, les chaumières en feu, les villageois jonchant le sol, hommes, femmes et enfants… Les survivants n’allaient pas tarder à rejoindre les morts, se défendant de leur mieux contre les soldats humains.

- Fuyez…je vous en prie…ne vous retournez pas… !

A cet instant, les deux silhouettes de moi et Naid sortirent de la chaumière en flamme en courant, se cachant plus loin derrière une charrette renversée, réussissant à ne pas nous faire repérer par l’ennemi. Lorsque je revis la maison en feu qui s’écroulait sur notre mère, ma gorge se resserra… Les deux enfants pleuraient en silence, puis, je pris mon frère par les épaules, essayant de garder mon air sérieux.

- Ecoute-moi bien, Naid… lui disais-je. On va se séparer…

Il s’essuya les yeux avec sa manche sale en sanglotant.

- Pourquoi ? me demanda-t-il avec un air de chien battu. Je ne veux pas te quitter moi…
- Mais, il va falloir…

Entre nos deux regards, nous nous transmettions l’amour fraternel que nous éprouvions l’un pour l’autre, car nous le savions, cet instant était le dernier où nous nous voyions avant de nous séparer pour de nombreuses années, à cette époque, je craignais même celle par la mort de l’un de nous deux. Les cris déchiraient toujours l’ancien calme qui régnait dans le village, à présent changé dans une ambiance horrible dominée par la mort.

- Ecoute Naid…On va jouer à cache-cache avec les humains, lui dis-je. J’y pose tout de même des conditions. Si une flèche te touche, tu as perdu. Par contre, si tu t’enfuies, tu as gagné.

A présent, d’un regard extérieur, je me rendis compte à quel point j’étais bienveillante envers mon jeune frère : malgré les horreurs dans lesquelles nous étions plongées, je lui donnais la situation comme un simple cache-cache, un jeu d’enfant… Peut-être parce qu’une fois encore, je n’avais pas envie de le confronter à la réalité, comme la mort de notre père, il était trop jeune pour vivre tant de choses… Mais, je le livrais à la solitude en me séparant de lui, pour sa vie, néanmoins, le fait d’être face à autant d’horreurs mérite-t-il d’être nommé « vie » ? Il n’avait que huit ans à l’époque, n’ayant jamais connu son père, venant de voir sa mère mourir de ses propres yeux, constater les nombreux morts de la guerre, la violence, le chaos, pour finalement être séparé de la seule personne qu’il tenait en respect, qu’il aimait : moi, sa sœur aînée.

- Gagné quoi…me demanda-t-il.
- Ta vie…murmurai-je avant de lâcher prise sur ses épaules. Maintenant… cours !

Lorsque je prononçai ses mots, je crus entendre la voix de ma mère alors que c’était moi qui venais de parler. Est-ce que par là, mon frère avait-il aussi peur de m’abandonner comme on venait de fuir comme nous avait prié maman alors qu’elle mourut quelques secondes plus tard ? Alors, il se leva et se mit à courir du plus vite qu’il put. Se dressait devant lui la seule cahute qui tenait encore debout : « la maison abandonnée », il n’avait à présent plus d’autres choix s’il désirait vivre. Malheureusement il fut rapidement repéré par un humain, qui banda son arc, se saisit d’une flèche qui fila jusqu’à atterrir dans le dos de mon frère. S’écroulant à terre en criant de douleur, il perdait beaucoup de sang, tandis que l’humain, un rictus mauvais aux lèvres, glissa une nouvelle flèche entre ses deux doigts, et la tira. A l’instant où mon frère vit arriver la flèche vers lui, celle-ci se mit subitement à freiner dans les airs, s’arrêtant pil poil devant son nez, jusqu’à tomber mollement sur lui. Un vent étrange provenait de derrière lui, mais il n’en sut pas plus, perdant connaissance, s’étalant de tout son long sur l’herbe sèche et souillée de sang.


Lorsqu’il se réveilla, il se retrouva sur un paillasse, son dos semblait lui faire atrocement mal, vu les grimaces qu’il tirait. Il essaya de chercher une présence, il n’y avait personne, mise à part une bougie solitaire à moitié fondue qui brûlait péniblement. N’essayant même pas de se mettre assis, tellement la douleur lui déchirait l’échine, il se mit à appeler la personne dans la maison.

- Il y a quelqu’un… ? demanda-t-il en regardant de gauche à droite. Il y a quelqu’un ?

Alors, des bruits de pas lents se firent entendre, puis s’approchèrent, jusqu’à ce que Naid puisse apercevoir une femme assez vieille au dessus de lui. Les rides commençaient sérieusement à se creuser dans sa peau, ses cheveux gris serrés en une queue de cheval grâce à un ruban blanc, vêtue d’une espèce de vieille robe aussi ternie que ses cheveux. Elle leva alors sa main vieillie par les ans, comme pour le rassurer.

- Ne t’en fais pas, je n’ai fait que te soigner, je ne te veux aucun mal…l’apaisa-t-elle d’une voix calme et posée.

Naid ferma quelques secondes les yeux, rien que le temps de se rendre compte de tout ce qui venait de se passer : la perte de notre mère, notre séparation, le massacre de Faritè et de la totalité de ses habitants. Puis, rouvrant ses paupières à présent humides, il demanda :

- Qui êtes-vous… ? Où suis-je ?
- Mon nom est Elaeis, l’habitante de ce que vous, enfants, nommez « maison abandonnée », répondit-elle simplement sans s’agenouiller auprès de Naid. Je te conseille de ne pas trop bouger, ton dos a été sévèrement touché, j’ai néanmoins réussi à extraire la flèche… Tu pourras te lever d’ici une semaine, pas moins, si tu ne veux pas que ta blessure se rouvre.
- Pas besoin, affirma mon frère, trois jours suffiront…

Alors, avec un effort surhumain, il se mit en position assise, défiant Elaeis du regard, pour lui prouver son courage.

- Tu es bien déterminé pour un garçon de ton âge…constata-t-elle, intéressée. Pourtant, tu n’as pas l’air du genre à jouer le petit malin. Quel est ton nom ?
- Naid, répondit-il simplement, tout en continuant de fixer la vieille femme.
- Je vois…

Puis, elle se retourna en s’avançant vers la sortie, tandis que Naid continuait de l’observer.

- Où allez-vous ?
- Je dois aller « nettoyer » le village : enterrer les morts qui jonchent le sol, leur rendre les derniers hommages, puis, un autre jour, je déplacerai les débris de toutes les chaumières.
- Il n’y a eu aucun survivant ? demanda Naid, inquiet pour le sort de ses camarades, ou même de moi.

Alors, la vieille Elaeis, de dos, baissa la tête, et ses doigts se resserrèrent en un poing ferme malgré son âge.

- Je crois bien que tu es le seul mon garçon… lui avoua-t-elle d’une voix grave qui trahissait sa tristesse. Mise à part si certains rescapés ont réussit à s’échapper, mais cela m’étonnerait, face à autant d’humains, ils n’ont qu’une infime chance de s’en sortir…

Une légère larme, presque invisible à l’œil nu, coula sur la joue rougie de Naid.

- Je veux venir avec vous ! s’exclama-t-il avec rage et détermination.
- Ne sois pas si sot ! répondit la dame en se retournant vers lui, faisant claquer dans l’air sa grise queue de cheval tel un fouet. Tu ne peux pas bouger à cause de ton dos, et ce n’est pas idéal pour un enfant de ton âge d’assister à de telles horreurs. Je préfèrerai que tu restes là.
- Pourtant, je dois vérifier si ma sœur fait partie des morts, je ne veux pas rester sans savoir ce qu’il en est de son sort ! répliqua-t-il avec volonté. Je…je veux en avoir le cœur net ! Pitié, laissez moi vous accompagner…

Les sourcils déclinés, Elaeis soupira, elle savait pertinemment que le garçon ne renoncerait pas à ses idées, qu’il continuerait d’avancer, même si on lui imposait des obstacles.

- Ce n’est pas à moi de décider, mais à ton dos… dit-elle alors, l’air désolé.
- Ne vous en faites pas…

Rassemblant toutes ses forces et son courage, il tenta de se lever, il réussit sans compter ses grimaces et son visage rougi et tiré par la rage et la colère plus que par la douleur.

-…je viens avec vous ! continua-t-il en respirant fort, dans ses yeux brillaient une intense flamme de détermination.
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:26

Partie 2


Elaeis sourit faiblement, confronter à nouveau cet enfant aux horreurs de la guerre dont il n’avait rien à voir, mis à part du fait qu’il était un des centaines de milliers de Neltiads dans ce monde. Alors, il le suivit jusqu’à la sortie de la maison aucunement touchée, miraculeuse, puis, ils arrivèrent au dehors. L’ambiance était lourde, ça sentait une odeur de sang et de cramé, d’ailleurs, de la poisse se formait sur leurs lèvres, fruits des corps fraîchement calcinés dans l’atmosphère baignant dans un calme mortel. Les cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants, de vieux, tous jonchaient sur le sol, entièrement ou partiellement, sans exception, une face de dernière surprise d’horreur imprimée sur leur visage, vidé de leur sang. L’ensemble était immergé au milieu des fumerolles se dégageant les chaumières en cendres. Puis, la vieille se retourna vers Naid, ses traits tendus en une grimace.

- Es-tu vraiment sûr de vouloir continuer ? lui demanda-t-elle. Je n’ai pas envie que tu vois les restes de ceux que tu connaissais…
- Pourtant, il le faut, répondit-il, le dos le faisant atrocement souffrir. Justement, je veux les voir une dernière fois et les enterrer dignement, je n’ai aucune envie de les laisser pourrir ici.
- Fais comme tu veux…soupira Elaeis, n’étant toujours pas mise en confiance. Cherche, fais comme tu le désires, mais je t’en supplie, aie conscience de tes actes mon bonhomme…
- Je sais ce que je fais ! répliqua-t-il.

Il s’éloigna donc, enjambant tour à tour les corps de tous ses villageois, certains étaient mêmes des anciens camarades avec qui ils avaient joués, des mères bienveillantes qui lui donnaient quelques fois des pâtisseries confectionnées de leurs mains, des pères qui souriaient en le voyant jouer avec leurs fils et filles… A présent, ils demeuraient morts sous ses pieds, dénués de toute vie quelle puisse être… Naid en avait envie de vomir tellement la chaleur et l’odeur des cadavres le répugnaient, accompagnant ce choc mental que d’être confronté à ces atrocités. Toujours en me cherchant du regard parmi les corps des villageois, il avançait vers un endroit bien précis : notre ancienne chaumière. Il n’en restait que des poutres non entièrement brûlées, des cendres, des fumerolles s’en échappant. Grand fut son désir ne déterrer notre mère sous les ruines encore chaudes et fumantes, mais, la peur le saisit à l’idée de se retrouver face à un simple cadavre calciné… Il ne désirait en aucun cas voir notre mère dans cet état, cela le traumatiserait à vie… Après avoir fixé longuement sur notre ancienne maison, il reporta son attention sur les autres corps sur le sol. Puis, il avança vers Elaeis, qui estimait le nombre de morts d’un coup d’œil.

- Tu as trouvé ta sœur… ? demanda-t-elle d’une faible voix, de peur de le blesser davantage qu’il ne l’était.

Ne répondant pas, il se contenta simplement de remuer la tête afin de dire que ses recherches furent vaines, ce qui apporta un léger sourire à Elaeis.

- Tu vois ? Il reste encore des chances qu’elle soit encore en vie en ce moment ! dit-elle alors en passant une main amicale dans les cheveux du garçon.
- Mais…madame, comment voulez-vous nettoyer comme ça ? demanda Naid, d’une petite voix en se tournant avec dépit vers le village dévasté. Il vous faudra des années…je veux dire…vous n’êtes pas toute jeune
- Ose répéter que je suis vieille, et tu finis en pâture pour mouton…rit-elle, amusée, remontant ses manches. Sache que je ne suis pas n’importe qui, mon petit bonhomme.

Mais, Naid ne répondit pas, attendant simplement la suite de sa phrase.

- Je suis la descendante de Tiama, la grande déesse de l’air, continua-t-elle alors.
- Comment puis-je donc vous croire aussi facilement, répliqua alors mon frère, pas dupe.

Levant les bras vers le ciel, celui-ci s’obscurcit de nuages amenés par un vent fort, assez inhabituel.

- Au lieu de parlementer sur mes pouvoirs, on devrait d’abord tous les ensevelir pour ensuite dégager toutes ces ruines… Désires-tu m’aider ?

Alors, mon frère hocha mollement la tête, il devait le faire pour sa conscience.


La scène suivante se déroulait dans une grande plaine secouée par le vent, les herbes hautes et bien verdoyantes se courbant sous la force du courant d’air. Les nuages recouvraient le ciel, pourtant, il ne faisait pas froid, au contraire, il faisait lourd, l’atmosphère était particulièrement pesante, l’orage n’allait sûrement pas tarder à déchirer la voûte de ses éclairs. Deux chevaux s’arrêtèrent net lorsque leurs monteurs tirèrent avec décision sur leurs rênes, tous deux encapuchonnés. Devant eux se tenait une plaine, parsemée de dizaines de petites collines recouvertes d’herbe, à perte de vue, et derrière eux, une ville un peu plus loin.

- Enfin Ephyr…soupira l’une des personnes qui retira sa capuche, s’agissant d’Elaeis, qui secoua ses cheveux gris attachés en queue de cheval, le visage rougi.
- Mais…je ne vois rien ! s’étonna la seconde personne, qui était en fait Naid, vieilli d’un an ou deux, avec toujours ses mêmes cheveux noirs en bataille et ses yeux violets tout aussi mystérieux.
- Une cité Neltiade en plein milieu du Royaume d’Edenor ne peut que se cacher, cela paraît évident, tu ne crois pas ? objecta-t-elle alors.

Naid hocha la tête, puis, ils descendirent de leurs chevaux qu’ils tinrent par les rênes tout en marchant. Ils avancèrent parmi les collines, puis, empruntèrent un passage dissimulé, dérobé sous la surface. Le couloir débouchait sur un vaste endroit, une immense cité souterraine, cachée aux yeux de ceux d’en haut, seuls ceux qui connaissaient son existence pouvaient y entrer, car l’accès était difficile à repérer. Il s’agissait bien évidemment d’Ephyr… Mon frère parut émerveillé devant cette vie sous terre qui se présentait à lui, jamais il n’aurait pû imaginer une telle chose de son existence.

- Bienvenue à Ephyr Naid ! s’exclama Elaeis, pas mécontente d’être arrivée à destination.
- C’est…gigantesque ! s’étonna-t-il, bouché bée, les yeux écarquillés.
- N’est ce pas ? Je me demande combien de siècles les Neltiads l’ont mis à la construire, et encore, je ne suis même pas certaine qu’elle soit achevée… C’est en ce lieu que se regroupent tous les Neltiads du Royaume d’Edenor.
- Et personne n’a eu vent qu’ils étaient ici ? demanda mon frère, curieux de pouvoir cacher une telle chose.
- Personne, un Neltiad qui tient un secret devient pierre lorsqu’on lui demande, n’oublie jamais cela, Naid. Pour cette raison, je te demanderai de ne dévoiler ce secret à personne, tu m’entends ? Personne. Sinon, la vie de cette ville est mise en danger…

Approuvant, il hocha la tête avant de fixer à nouveau les immenses bâtisses qui se dressaient devant lui. Sur leur passage, aucun Neltiad ne parut étonné de les apercevoir passer par ici, certains même semblaient connaître Elaeis, la saluant d’un amical signe de la tête. Puis, au bout d’un certain temps, ils arrivèrent devant un temple resplendissant qui ressemblait néanmoins plus à un palace luxueux. Naid écarquilla encore plus des yeux tellement il en était estomaqué.

- C’est énorme ! s’exclama-t-il, impressionné, paraissant si minuscule face à ce monument à la limite du divin.
- En cet endroit vivent les dames de Wuën, dit-elle, une main sur la hanche. Je te raconterai leur histoire plus tard, j’ai des affaires à arranger avec elles. Attends moi ici, s’il te plait, et ne t’éloigne pas, je n’ai aucune envie de te chercher durant des jours. Nous irons visiter la cité plus tard si tu le désires.

Après un hochement de tête de la part de mon frère, Elaeis gravit les marches du temple et y pénétra. Alors, Naid s’assit à terre en observant les alentours, ébahi par tant de découvertes. De l’autre côté des marches, deux autres enfants de son âge semblaient également attendre quelqu’un qui était dans le temple. Le premier, un jeune garçon roux, au visage parsemé de dizaines de tâches de rousseur et aux yeux violets extrêmement malicieux, on sentait du premier coup d’œil qu’il s’agissait d’un garçon farceur. Le second enfant était en fait une fille, à l’air réservé et timide, de longs cheveux bruns qui atteignaient sa taille, des lèvres fines et des yeux qui dissimulaient toutes ses pensées. Les deux enfants croisèrent le regard de mon frère quelques secondes, avant que le garçon ne s’exclame :

- Hé ! On ne t’a jamais vu à Ephyr ! constata-t-il. T’es nouveau ?
- On va dire ça comme ça…avoua Naid, à moitié neutre.
- C’est vrai ? Comment ça ? Tu viens d’où ? Qui t’es ?

Assailli tout d’un coup de questions, Naid écarquilla des yeux, puis décida de se lever pour s’approcher d’eux. Le garçon roux garda un sourire, tandis que la fille se mit fortement à rougir en détournant légèrement la tête.

- Bah…Mon nom est Naid, je viens de Faritè, un petit village à la frontière de l’Empire Neltiad et du Royaume d’Edenor.
- C’est donc la première fois que tu viens à Ephyr ? continua le garçon, qui semblait très curieux.
- Oui, c’est exact. Mais vous, qui êtes vous ? demanda mon frère avant que le garçon ne lui pose à nouveau une autre question.

Alors, le garçon jeta un coup d’œil à la fille derrière elle, qui n’avait toujours pas dit un mot, les joues rougies, sûrement très timide.

- Moi, je m’appelle Perigrin, répondit-il alors en passant une main dans ses cheveux en bataille. Quant à elle, c’est Aliéna.

Naid regarda curieusement la fille qui ne venait même pas de prendre la peine de prononcer juste son propre nom afin de se présenter. Alors, Perigrin murmura quelques mots à l’oreille de mon frère.

- Elle est muette, en tout cas, sur les deux ans que l’on se connaît, je ne l’ai jamais entendu dire le moindre son.

Comprenant alors la situation, Naid hocha la tête, un peu gêné d’avoir pu penser que cette fille impolie.

- Tu es venu avec ta grand-mère ? continua Perigrin dans son flux de questions.

A sa consternation, Naid se mit à rire.

- Ma grand-mère ?! s’exclama-t-il. Non, pas du tout, c’est celle qui m’héberge, tout simplement.

- T’habites avec une vieille ? s’étonna le garçon roux. T’es bizarre…
- Elle m’a sauvé, je lui dois ma vie, à présent, elle est ma seule famille…enfin je n’espère pas…

Il espérait toujours que je sois en vie, quelque part dans ce monde, cela transparaissait au fond de ses yeux.

- Oh, je suis désolé, s’excusa Perigrin, un peu embarrassé. Je ne savais pas…
- Ce n’est pas grave ! objecta Naid, avec un sourire afin d’oublier ses sombres pensées. Vous habitez à Ephyr depuis longtemps ?
- Je suis né ici, j’y ai toujours vécu, même si j’y sors souvent, ma mère déteste quand je lui fais ce coup ! avoua la garçon en secouant sa main.
- Et toi Aliéna… ? tenta mon frère.

Elle se contenta de hocher légèrement la tête, toujours un peu intimidée par cet inconnu. Heureux d’avoir tout de même obtenu une réponse de sa part, Naid sourit.
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:27

Partie 3

- Mais…pourquoi t’obstines-tu donc ?! s’exclama Naid, amusé, tandis que Aliéna s’agrippait à son bras, comme pour le retenir.

A côté d’eux, Perigrin regardait avec amusement la scène, les bras croisés. Un an environ avait dû passer depuis leur rencontre devant le temple, pourtant, ils n’avaient pas tant changé que cela durant ce temps. La jeune fille se serra encore plus fort contre le bras de mon frère, comme pour l’empêcher d’aller quelque part.

- Décidemment, elle n’a pas l’intention de te lâcher ! constata Perigrin dans un rire. D’un côté, je trouve que c’est normal ! N’empêche, elle me fait penser à ma mère !

Aliéna feint un léger regard noir en direction de son ami avant de se concentrer à s’agripper à Naid.

- Sortir d’Ephyr ? Mais j’en ai l’habitude ! répliqua Naid, fier de lui.
- Mais là, nous y allons tous les trois sans l’autorisation des parents, continua Perigrin en détachant Aliéna du bras de Naid. Soit elle a peur des humains, soit de ses parents !

Un peu vexée, la jeune fille rougit en remuant la tête. Ayant réussi à la persuader, ils finirent par sortir tous les trois de la cité, secrètement, veillant à ne pas être repérés par les autres Neltiads qui les auraient tout de suite ramenés à l’intérieur de la ville.

- Et puis, au pire, je te défendrai, la rassura Naid en un sourire tandis qu’ils franchirent la sortie.

Ses deux compagnons semblèrent émerveillés par la lumière provenant du soleil, n’en ayant pas l’habitude, ils examinèrent avec fascination les alentours. Mais, soudainement, leurs visages pâlirent soudainement, les tâches de rousseur de Perigrin parurent presque translucides. Lorsque Naid s’aperçut ce qui causa leur inquiétude assez brusque, il eut lui-même un haut le cœur, mais moins que ses amis. Un petit peu plus loin, assit dos à eux sur le sommet d’une des bosses qui demeuraient ici, un jeune garçon de leur âge, à peu près. Du premier coup d’œil, il s ne savaient exactement pourquoi, ils devinèrent qu’il ne s’agissait pas d’un Neltiad mais d’un humain. Mon frère jeta un rapide coup d’œil aux deux autres.

- On va voir ? leur demanda-t-il, curieux.
- T’es dingue ! s’exclama Perigrin, surpris par l’imprudence de Naid. C’est un humain ! Tu te rends compte qu’il pourrait nous dénoncer !

Soudain, tous s’immobilisèrent lorsqu’ils virent le jeune homme se tourner lentement vers eux, nullement surpris ou apeuré, au contraire, un sourire sincère s’afficha sur son visage. Il était brun, des cheveux drus en bataille, un visage assez rond, des yeux en amandes d’un vert étincellent. Entre ses mains un ensemble de feuilles diverses recouvertes de dessins et croquis. Malgré le fait qu’il ait entendu Perigrin, il ne sembla pas avoir compris ce qu’il venait de dire. Alors, il leur fit un signe de la main, comme pour qu’ils s’approchent. Après un intensif échange de regards, les trois amis s’avancèrent d’un pas prudent, Naid en tête, Aliéna juste derrière lui, comme si elle attendait de lui qu’il protège en cas de danger. Il la calma immédiatement en lui attrapant la main, geste apaisant. Le jeune homme les regarda, amusé, toujours avec ce sourire sur ses lèvres, il ne semblait pas mécontent de les voir.

- Excusez moi de vous étonner autant ! s’exclama-t-il immédiatement avant même de prononcer bonjour. C’est vrai qu’un humain qui demande à des Neltiads de venir le voir, ce n’est pas banal. Pardonnez moi donc !

Etonné, mais heureux d’enfin rencontrer un jeune humain qui n’avait aucun préjudice contre eux, contre leur peuple, Naid lui sourit à son tour.

- Ce n’est pas grave, répondit-il. C’est juste que nous n’ayons pas l’habitude de se trouver face à un humain qui nous veut aucun mal.
- Ne condamnez pas les humains, ce n’est pas une généralité, répliqua-t-il en reportant son attention sur ses croquis. D’où venez vous ? Ce n’est pas courant de croiser des humains en plein milieu du Royaume d’Edenor.
- Nous sommes en voyage ! mentit Naid précipitamment avant que Perigrin ne dise une bêtise qui dénoncerait Ephyr.

Après un marmonnement incompréhensible, l’inconnu traça quelques traits. Aliéna, curieuse de son travail, jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, mais le remballa lorsqu’elle croisa le regard du jeune homme, apeurée et timide, ce qui l’amuse fortement.

- C’est quoi ton nom ? demanda Perigrin. Tu viens d’Ephyr ? Et puis, tu dessines quoi ? T’es là depuis longtemps ?...
- Calme-toi Perigrin ! s’amusa Naid en lui saisissant l’épaule. Une question à la fois !

Vexé, le jeune homme roux grommela quelques mots qui se perdirent, en croisant les bras, boudant à moitié.

- Mon nom ? demanda l’humain sans détourner le regard de ses feuilles. Yien. Si je viens d’Ephyr ? Bien sûr j’y habite – il était vrai qu’il existait la cité humaine d’Ephyr – et si je suis là depuis longtemps, à Ephyr, j’y suis né et pour la colline, cela fait deux heures que je suis assis à cet endroit. Concernant ce que je gribouille, il s’agit du paysage.

Les autres ne répondirent pas tout de suite avant de présenter, même si Naid dût le faire à la place d’Aliéna qui ne prononçait aucun mot.

- Je vois…soupira Yien en examinant l’arbre plus loin devant sous toutes ses coutures. Ne vous inquiétez pas, je n’irais pas vous dénoncer, ce n’est pas mon truc. Je ne tiens pas à trahir mes amis.
- Amis ? s’étonna Perigrin. Nous venons tout juste de nous rencontrer et tu nous considères déjà comme tes amis ? Tu ne perds pas une seconde !
- Le temps passe trop vite pour que l’on puisse se permettre d’en perdre inutilement, répondit-il en se tournant vers eux, un sourire aux lèvres.

Alors, ils s’assirent à ses côtés, Aliéna, pas tout de suite mise en confiance, la dernière, entre Naid et Perigrin, comme cherchant un refuge.


Quelques mois plus tard, lorsque l’automne resplendissait sous toutes ses couleurs vives, nos quatre, à présent, amis, demeuraient toujours assis sur la colline. Tandis que Perigrin et Naid se disputait une partie d’échecs, et que Aliéna observait ce combat miniature d’un œil fasciné, Yien grattait toujours sur ses feuilles quelques traits au fusain, d’ailleurs, il s’améliorait de jour en jour. Tous les quatre se connaissaient bien à présent, mais ce n’était pas pour autant que les jeunes Neltiads avaient dévoilés l’existence de Ephyr à Yien ils devaient à tout prix garder ce secret. Frottant machinalement l’herbe de la colline, Perigrin était en pleine réflexion, le jeu tournait à son désavantage, mais il avait l’habitude depuis sa rencontre avec Naid, jamais il n’avait réussi à le battre. Ayant découvert une légère faille dans le développement de mon frère, il plaqua son cavalier sur l’une des cases noires.

- Haha ! s’exclama-t-il, fier de sa parade. Fourchette de tours ! Tu ne t’en sortiras pas comme ça cette fois !

Mais Naid étira un rictus malicieux sur ses lèvres, il devait sûrement s’attendre à ce coup, contre lequel il riposta facilement et naturellement.

- Trop concentré sur l’offensive… lui critiqua-t-il en soupirant.

D’un geste décontracté, il fit glisser sa tour sur la totalité de la longueur de l’échiquier, tandis que la face de Perigrin blêmissait, avant de la déposer sur le couloir du roi, entouré de ses fidèles pions restés en arrière.

- J’ai le regret de t’annoncer que tu as perdu, déclara-t-il alors en retirant ses jambes en arrière. « Echec et mat ».

Dégoûté d’avoir perdu à nouveau, Perigrin se prit la tête entre les mains en grommellent des injures envers son propre jeu, tandis qu’Aliéna sourit, amusé de l’irritation de son ami.

- Mince alors ! J’y étais preeeeesque ! ragea Perigrin en train de presque s’arracher les cheveux.
- De toute façon, le jour où tu réussiras à combattre Naid, alors les canards auront des cornes roses sur le crâne ! plaisanta Yien en se tournant légèrement. Il est presque impossible de gagner une partie contre lui, même pour les adultes !

Ne prenant pas compte des remarques de ses amis, mon frère se reporta sur le jeu en lui-même.

- Toujours les mêmes conseils, commenta-t-il alors en soupirant. Tu préfères regarder mon jeu que le tien, tes pièces sont plus importantes à tes yeux que je sache ! Ne reste pas focalisé sur l’offensive, ta défense est la meilleure des attaques. Et puis, concernant les pièces en elles-mêmes, n’oublie en aucun cas que les pions est la pièce la plus importante avant la dame et la tour. Une fin de partie se règle toujours entre pions, chacun d’entre eux est décisif ! Et pour les tours, étant donné qu’elles restent bloquées dans les coins de l’échiquier toute la durée de la partie, ce sont elles à qui tu as recourt en dernier. Veille, la prochaine fois, à ne pas sacrifier la moindre pièce pour rien, sauf si le coup en vaut la peine…
- Tu me répètes toujours la même chose, Naid, grogna Perigrin, toujours un peu vexé. Pas la peine de me montrer que tu es toujours le meilleurs aux échecs !

Un peu gêné d’être considéré comme vaniteux, Naid rougit avant de reporter l’attention sur le croquis de Yien, représentant une magnifique biche aux fines pattes dans un univers féerique.

- Je serais toujours autant fasciné par tes talents artistiques, le complimenta-t-il.
- Merci, c’est gentil.

Hochant la tête, Aliéna paraissait du même avis que mon frère.

- Pourtant, ce n’est pas mon but…continua alors le jeune humain en fixant l’horizon lointain.
- Ah bon ? demanda Perigrin en s’approchant après avoir rangé soigneusement le jeu d’échecs dans son étui. Quelles sont tes idées ? Parce que moi, quand je pense à l’avenir, je n’arrive qu’à apercevoir une bonne gaufre sucrée préparée généreusement par ma mère !

Ils rirent tous, sauf Aliéna, qui esquissa un léger sourire qui témoignait de son amusement.

- Mon rêve serait d’intégrer l’armée, avoua alors Yien en amassant ses dessins.

Soudain, l’ambiance heureuse se tendit soudainement, l’armée de Drehardir était un sujet très mitigé.

- Tu veux être un meurtrier ? demanda Perigrin, avec toute la sincérité du monde, dans une amère grimace. Etre envoyé pour tuer des innocents ?
- Non, je veux devenir fort, ce que l’on me reproche, répliqua Yien en souriant. On critique toujours le fait que je sois toujours dans la lune, que je sois sensible et qu’aucun domaine ne m’intéresse, mis à part le dessin. Je veux leur prouver que je peux devenir quelqu’un de fort, qui sait faire autre chose dans la vie.
- C’est idiot…répondit Naid. Tu dois suivre la voie que tu t’indiques toi-même, l’avis des autres importe peu.
- Mais je suis du leur, avoua-t-il alors.

Alors Perigrin poussa un immense soupir tel un écho de montagne avant de s’allonger de tout son long dans l’herbe verdoyante.

- Après tout, c’est toi qui choisis, nous ne t’obligerons à rien, dit-il alors en observant les nuages.
- Merci beaucoup de respect mon choix… Et vous ? Vous n’avez rien en tête ? Oui, bon, Perigrin, on connaît ton incomparable gourmandise !
- Moi gourmand ? fit-il semblant de s’étonner. Ca surprendrait qui… ? Et toi, Naid, tu as un but pour la suite ?

Allongé à son tour, les bras croisés derrière sa tête, il jeta un regard lointain dans un point bleu du ciel.

- Bien sûr, je n’en ai qu’un, mais c’est le plus grand, un rêve que je cherche à atteindre depuis toujours : je veux retrouver ma grande sœur…
- Ah oui, celle que tu recherches depuis toujours, ce qui cause tes fréquents départs d’Ephyr…
-…Exact…

Sa voix semblait coincée au niveau de sa gorge, comme si des larmes accompagnaient ses intonations. Ressentant sa peine, Aliéna se blottit contre lui en espérant le consoler. Alors, il leva son poing vers le ciel, se donnant du courage, déterminé.

- Et je le sais, je la retrouverais un jour ! promit-il d’une forte voix. Je le jure sur les dieux, et même sur Dorina !
- Même sur Dorina ?! s’étonna Perigrin. Décidemment, je t’adore Naid ! Tu es tellement résolu dans tes idées ! Je t’y suivrais !

Alors à son tour, il leva sa main vers les ciels, afin de lui témoigner son amicalité. Silencieusement, une autre fit son apparition, celle d’Aliéna, qui, secrètement, se promettait elle également d’aider son ami. Quant à Yien il fut le dernier des quatre.

- Que vos vœux se réalisent !
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:28

Partie 4



L’impression d’être revenue en arrière était surprenante, et pourtant, il s’agissait bien de la suite… Aliéna serrait fort la taille de Naid avec ses bras, se traînant à genoux sur le sol, l’empêchant de partir.

- Ca alors…s’étonna Perigrin en se grattant sa joue parsemée de tâches de rousseur qui commençaient à disparaître lentement avec le temps. Cela fait si longtemps qu’elle ne nous a pas fait le coup… La dernière fois, cela doit remonter au jour où nous avons rencontré Yien, mais là…
- Peut-être est ce le fait de sortir de nuit qui la bouleverse… supposa Naid en essayant d’échapper à cette étreinte, néanmoins avec un sourire sur ses lèvres.
- Oui, mais cette fois, Yien nous a bien donné rendez vous, il parait qu’il a quelque chose de formidable à nous montrer !

Un rictus apparut sur le visage de Naid, qui réussit à éloigner Aliéna.

- Ah ouais ? Quoi donc ? La pleine Lune !? plaisanta-t-il.
- C’est vrai que c’est la pleine Lune cette nuit, mais il n’y a pas que cela à mon humble avis… Il a sûrement dû trouver un truc vachement intéressant, continua alors Perigrin en passant une main dans ses cheveux roux.

Naid se tourna vers Aliéna, le regard suppliant. Attendri, mon frère lui caressa la joue en la rassurant, tout en la convaincant de les accompagner. Après quelques minutes de réticence, puis d’hésitation, elle les suivit au dehors. A l’horizon est se levait tout juste la pleine Lune, purifiant les arbres d’une douce lumière blanchâtre et bienfaisante. Plus loin, au sommet d’une des collines se découpaient dans la nuit la silhouette de Yien qui leur faisait signe de venir le voir. Partant à l’avant, Perigrin se mit à courir vers lui en gravissant la colline, tandis que Naid préférait rester aux côtés d’Aliéna qui n’était pas très réconfortée de sortir d’Ephyr en pleine nuit. Mais soudain d’autres silhouettes, plus grandes et imposantes émergèrent de l’ombre, toutes armées. La face de Naid devint soudainement blême, aussi livide qu’un linge, et cria à l’attention de Perigrin qui s’était élancé aux devants. Mais ce fut trop tard, les hommes se jetèrent sur lui, le combat trop inégal, ils l’attachèrent et le bâillonnèrent, le jeune Neltiad essayant de se débattre entre ses liens. Mon frère, qui savait qu’il n’était pas de taille, n’avait pas d’autre choix que de protéger Aliéna de son mieux.

- Fuis Aliéna ! Fuis !! lui ordonna Naid tandis les humains se mirent à courir vers lui.

Mais la jeune fille demeurait immobile, terrifiée, elle ne désirait en aucun cas abandonner ses amis. Calmement, en fixant les hommes qui se précipitaient, elle attrapa la main de Naid, décidant d’affronter son sort, même si auparavant, elle voulait se défendre. Effectivement, lorsque leur premier adversaire arriva à leur hauteur, elle se jeta sur lui, sous l’effarement de mon frère, lui arrachant les cheveux et lui mordant l’oreille comme un animal sauvage. Naid en profita pour donner un puissant coup de pied dans son entrejambe, méthode de fille, mais quelle efficacité ! L’homme tomba à genoux, ne parvenant même plus à respirer. Aliéna, fière d’elle, lui lança un sourire, mais il fut de trop, elle n’avait pas vu l’homme qui venait d’accourir derrière elle et qui l’assomma d’un coup de pommeau d’épée.

- Aliéna !!
- Arrêtez !!! s’écria une autre voix.

Yien accourut vers eux en donnant des coups dans les bras d’un des hommes.

- Vous m’avez convaincu que vous ne leur feriez aucun mal !! Pourquoi m’avoir ainsi dupés, ‘spèce de salopards !!

Un des hommes rit grassement avec de bousculer le jeune humain qui tomba à terre.

- Que tu es naïf, mon cher ami ! gloussa-t-il alors. Tu croyais vraiment que nous allions nous contenter d’observer des Neltiads ! Quel idiot tu es ! Mais, une promesse est une promesse, nous t’enverrons dans l’armée ! Juste, auparavant, je crois que l’un d’entre nous doit vérifier quelque chose…

Alors, un humain l’immobilisa et commença à l’emmener loin. La rage atteint le crâne bouillonnant de mon frère.

- Yien !!! Tu n’es qu’un imposteur, qu’un connard ! Tu nous as dénoncé, nous tes amis, pour ton seul bonheur personnel !! Tu n’es qu’un enfoiré !! Sois maudit !! Tu m’entends Yien ?! TU N’ES QU’UN TRAITRE !!!

Mais celui-ci ne lit répondit pas, il était déjà loin dans la nuit. Naid n’avait même plus envie de se défendre, tombant à genoux sur le sol, il avait perdu la partie, pour une fois…


Tous trois furent emmenés vers la cité humaine d’Ephyr, Perigrin était terrifié, son bâillon trop serré l’empêchait de crier, Aliéna, inconsciente, était traînée sur le sol par une corde attachée à ses poignets, quant à Naid, il ne savait plus quoi faire, mis à part prier pour sa vie et celle de ses amis. Il savait pertinemment qu’appeler à l’aide en plein milieu d’une ville habitée intégralement d’humains ne servirait à rien, sauf peut-être à aggraver leur cas. Puis, on les poussa jusqu’à une vieille bicoque qui puait la moisissure, puis, les hommes les menèrent vers les sous sols enfouis qui regorgeaient en fait de nombreux cachots insalubres. D’un geste brusque, ils balancèrent Naid et Aliéna, qui n’avait toujours pas reprit ces esprits, dans l’une des sombres cellules, éclairée seulement par la lumière de la pleine Lune qui n’allait pas tarder à apparaître depuis la petite brèche vitrée et sale. Quant à Perigrin, ils l’emmenèrent plus loin, tandis que le jeune Neltiad lança un dernier regard de pitié, rempli de larmes, en tentant en vain de crier, avant que Naid ne le voie disparaître lorsque l’épaisse porte de bois se referma sourdement.

- Perigrin !! hurla celui-ci, désemparé. PERIGRIN !

Mais les liens qui maintenaient ses pieds et ses mains l’empêchaient de feindre le moindre mouvement. Néanmoins, avec la force du désespoir qui hantait son cœur, il rampa vers Aliéna, yeux clos, lèvres entrouvertes par lesquelles s’échappait un long filet de sang.

- Aliéna…murmura-t-il tandis que des larmes commencèrent à humidifier ses yeux en tentant de réveiller la jeune fille. Aliéna, je t’en prie…reprends tes esprits…je t’en supplie…Dis moi quelque chose…

Il se sentit un peu idiot sur le coup, il savait incontestablement qu’Aliéna ne pourrait lui répondre étant donné qu’elle était muette. Soudain, un cri déchira le silence de la nuit, provoquant un immense frisson dans l’échine de mon frère : il lui sembla reconnaître la voix de Perigrin. Impuissant, Naid pleura, à plat ventre, s’enfonçant ses ongles dans ses paumes, ses tempes palpitant de rage et de colère. Puis, peu à peu, les paupières d’Aliéna s’ouvrirent. Au soulagement de Naid, elle ne sembla pas avoir entendu la plainte ignoble qu’avait poussée leur ami, séquestré un peu plus loin. Elle se rendit alors compte que mon frère pleurait à ses côtés, mais il semblait rassuré de la voir ainsi ouvrir les yeux.

- Aliéna…chuchota-t-il entre deux sanglots. Je suis si heureux que tu sois encore vivante…Je suis…Oh, par les dieux…Je ne sais pas quoi te dire…je…je crois que c’est la fin…je…

Mais, elle ne semblait pas l’écouter, ne pas tenir compte de ce qu’il disait, elle l’observait avec un léger sourire dissimulé au coin de ses lèvres. Ses beaux yeux violets un peu brouillés se baladaient sur son visage, on aurait dit qu’elle allait s’envoler, à croire qu’elle n’était pas consciente de ce qu’il se passait autour d’elle. Puis, ses lèvres s’écartèrent lentement en frémissant, un air tiède y émergeant avec douceur…

-…N…Naid…parvint-elle à prononcer avec difficulté.
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:29

Partie 5


De l’entendre ainsi parler pour la première fois provoqua une immense joie dans le cœur de mon frère, si ce n’est plus, elle venait d’énoncer son nom. En outre, la voix de la jeune Neltiade se révélait douce et onctueuse, ajouté, un soupçon de sensualité : du peu qu’il venait de discerner, Naid jugea que sa voix était absolument magnifique. Les larmes continuant de ruisseler sur ses joues sales, Naid sourit néanmoins.

- Tu…tu parles… ?

A cet instant, il ne savait plus s'il devait être heureux ou triste... Peut-être sa voix pouvait-elle éclaircir cet endroit des plus ténébreux, cela ne les sortiraient pas de leur situation. A sa question, Aliéna hocha la tête, n'ajoutant rien d'autre, en tout cas, pas sur le moment.

- Naid...répéta-t-elle alors en s'approchant alors davantage de lui, la distance ne faisant si étroite que leurs nez se touchèrent. J...je...

Attendant sa réponse, Naid n'en eut pas l'occasion : la porte du cachot s'ouvrit avec fracas, et les hommes y pénétrèrent. Ils semblaient heureux de leur prise nocturne... Trouvant donc les deux Neltiads désemparés à terre, ils se mirent à glousser.

- Alors...Par lequel allons-nous donc commencer ce soir...? demanda l'un d'entre eux.
- Qu'allez vous nous faire !? s'écria Naid en larmes. Pourquoi faites vous ça ?!! OU EST PERIGRIN ?!!

Effondré et accablé, sa tête heurta le sol, tellement elle fut lourde. A ses mots, les hommes se mirent de rire de plus belle. Puis, ils s'approchèrent d'eux, l'un saisissant Naid par les cheveux et le soulevant du sol, un autre relevant Aliéna en la plaquant contre un mur.

- Laissez là par pitié !! continua à hurler mon frère. Faites ce que vous voulez de moi, mais ne la tuez pas !!
- Vous avez entendu les gars ? Le morveux nous ordonne de laisser vivre sa copine ! Mais...t'es qui pour me donner des ordres, connard de Neltiad !

Sur ses mots, l'humain cracha dans le visage de Naid, tandis que s'éleva à nouveau le rire des autres. Puis, celui qui maintenait Aliéna lui écrasa la mâchoire entre ses doigts sales.

- Comme cela, nous saurons par qui commencer...susurra-t-il d'une voix grave et malsaine.
- NE LA TOUCHEZ PAS !!

Alors, l’homme se saisit d’un couteau à la lame remarquablement aiguisée puis passa son extrémité à travers la peau du cou d’Aliéna, dont le visage se crispa en une grimace de douleur.

- Tu es bien courageuse…avoua-t-il. Peu de filles n’ont pas hurlé à la mort à la moindre douleur…
- ARRÊTEZ !!

Mais un coup de poing puissant le fit taire immédiatement, tandis qu’un énorme hématome commença à apparaître sur sa joue dès les premières secondes.

- Prononce encore un mot, tu t’en reçois un autre…pigé ?

Impuissant et inutile, Naid continua donc à pleurer, tête baissée, tandis qu’Aliéna le regardait avec peine.

- Et…si…je faisais passer la pointe de cette dague sur l’ensemble de ton corps…qu’en dis-tu…salope ?

Alors, le couteau continua de sinuer son cou tandis qu’une goutte de sang perla sur sa lame, elle se retenait d’hurler tellement la douleur lui pressait la tête. Même si Aliéna était en temps normal une fille très timide et réservée, Naid venait de découvrir une tout nouvelle facette de sa personnalité : elle savait être forte, mentalement, résister du mieux qu’elle le pouvait, une qualité rare chez n’importe qui…

- C’est qu’elle ne dit rien…l’espèce de grognasse… Elle essaie de résister, elle ne fera long feu…

L’homme enfonça davantage la lame sous sa peau, une larme coula sur la joue de la jeune fille, qui ne poussa pas un seul cri témoignant sa douleur.

- Et si…on passait par là… ?

Il tourna délicatement le poignet vers sa gorge, menaçant de la trancher à tout instant, tandis qu’Aliéna respirait difficilement, les yeux terrifiés, la mort sembla lui apparaître devant elle.

- Qu’en dis tu, fils de pute ? demanda-t-il en se tournant vers Naid afin d’observer sa réaction, pendant que les autres hommes ricanaient grassement.

Après un moment où il ne réagit pas, mon frère releva la tête sur un air de défi, ses yeux rouges de rage et de peur tournés vers lui, dents serrées.

- PEU IMPORTE QUE VOUS ME FRAPPIEZ OU QUE VOUS ME TUIEZ !!! LAISSEZ LA PARTIR !!!
- Mauvaise réponse !

Un second poing vint percuter son visage à moitié démoli, recouvert de bleus et de sang.

- Je veux bien la libérer et la laisser s’échapper, à une seule condition…dit alors l’homme en s’approchant de lui, poignard entre ses doigts.
- Tout ce que vous voulez…susurra Naid, prêt à tout afin se sauver la vie de son amie.

D’un geste habile, l’homme fit tourner le couteau dans ses doigts avant de reporter son attention sur mon frère.

- Sa vie sera sauve si…tu me dis où se trouve votre cité Neltiade…

Le cœur de Naid fit un énorme bond dans sa poitrine, si grand qu’il crut qu’il allait lui sortir par la bouche. Un terrible dilemme s’étalait devant lui : la vie de son amie, ou alors celles de tous ceux d’Ephyr. Pour sûr, Aliéna représentait pour lui l’un des êtres auquel il tenait le plus, mais de là à sacrifier toute une ville…

« Un Neltiad qui tient un secret devient pierre lorsqu’on lui demande, n’oublie jamais cela, Naid. »

Paroles d’Elaeis, paroles sages… Jamais Naid ne pouvait se permettre de dévoiler cet énorme secret, on le lui avait confié, il devait le garder au plus profond de son cœur.

« Et puis…pensa-t-il. Si jamais je leur raconte la vérité et qu’ils tiennent parole en délivrant Aliéna, elle n’aura nulle part où aller, ou elle mourra avec tous les habitants, encore faut-il qu’ils respectent leurs mots, et je ne dois pas prendre un si gros risque…mais…Aliéna…je ne…Je ne veux t’abandonner à la mort ! »

Une énième larme coula sur sa joue, tandis qu’Aliéna le fixait en espérant qu’il ne dise pas une bêtise, qu’il ne dévoile pas l’existence d’Ephyr ! Elle savait bien que ces hommes étaient fourbes, qu’ils avaient soif de vengeance envers les Neltiads, pourquoi, c’étaient leurs raisons.

- Alors… ?
-…Jamais…jamais je ne vous dirais ! répliqua Naid sèchement en relevant la tête.
- Tu préfères donc voir ta copine se faire tuer devant tes yeux plutôt que de me livrer une poignée de ton peuple ? Comme tu le désires… Mais cela ne sert plus à rien de revenir sur ta décision, ton choix a été accompli…

Se retournant, il retourna vers Aliéna, le regard terrifié. Puis, il plaça la pointe de la lame sous son menton, une autre goutte de sang y coula lentement.

- Décidemment, que des Neltiads s’obstinent à ne pas m’obéir malgré la mort me met hors de moi…continua-t-il. Surtout lorsqu’il s’agit d’une jeune fille qui ne réagit pas face à la douleur…

Il lui tira violemment les cheveux, découvrant sa gorge.

- Derniers mots… ?

Naid était horrifié, il avait envie de se réveiller de ce cauchemar, la simple vue de son amie en danger lui donnait envie de mourir. Aliéna entrouvrit les lèvres desquelles s’échappèrent quelques syllabes.

-…Naid…Je…je t’ai toujours…aimé…

Le cœur de mon frère fit un bond dans sa poitrine, un étrange sentiment lui traversa l’échine. Jamais personne ne lui avait avoué qu’on l’avait aimé d’amour, lui-même ne l’avait pas véritablement connu envers quelqu’un, juste de l’amitié. Mais le fait qu’Aliéna le lui dise éveilla en lui l’envie de s’envoler avec elle… Pourquoi fallait-il qu’elle le lui dévoile maintenant…oui…pourquoi en ce moment cruel ?!

- Oh comme c’est mignon ! ironisa l’humain. La petite déclara sa flamme juste avant de rejoindre les morts ! C’est trop tard pour batifoler !

Les autres se mirent à rire tandis que Naid profitait encore de la simple vue d’Aliéna. Puis, aussi soudain qu’un éclair, le poignard fendit l’éclair et trancha la gorge de la pauvre fille, à présent recouverte de son sang, tandis que Naid abattu et enragé, ne désirant que mourir, détourna la tête afin de ne pas empirer ses visions. Il pleurait toutes les larmes de son corps, sa vie venait de s’effondrer. Il avait perdu ses deux amis, trahi par le troisième et il se trouvait entre les mains d’humains aux intentions malveillantes, tout cela en quelques instants. Pire que cela, ça n’existe pas… Il entendit le corps inerte d’Aliéna chuter sur le sol froid, ce qui anima une grande panique en lui, il était à la limite de la folie.

- Tu l’as tué trop rapidement d’après moi, ce n’était pas drôle…
- Désolé, quand je suis énervé, je ne torture pas, j’offre une morte rapide.
- On a même pas pû s’amuser un tout petit peu…
- Regardez ! Le petit connard ne veut pas voir ! Il pleure comme un mioche !
- Allez ! Admire donc la mort en face, sale morveux !

Ils se saisirent donc de sa tête qui levèrent de force, mais Naid refusa d’ouvrir les yeux, il ne désirait en cas aucun cas voir l’état de son amie qu’il n’avait même pas réussi à sauver, il avait honte, peur, la haine dans son cœur brisé.

- LAISSEZ MOI !!! PAR PITIE, JE NE VEUX PAS VOIR CA !!! hurla-t-il.
- Vous avez entendu les gars ? Il ne veut pas regarder sa copine !
- On va lui régler ce léger problème. Passe moi le couteau.

Il entendit des pas qui se rapprochaient de lui, puis une autre main qui écrasa sa mâchoire entre ses doigts. Après quelques secondes de silence, l’homme déclara :

- Bon…alors…par lequel on commence ?

Mon frère trembla, terrifié par les prochaines secondes… Puis, soudain, on lui ouvrit la paupière droite de force, il vit alors la lame du couteau s’approcher dangereusement de sa rétine. Une larme accompagna cette dernière vision : la suite n’a pas de mot assez horrible pour décrire les faits qu’il venait de se produire… La douleur intense, la colère, la peur de la Mort, la solitude, l’envie de mourir… Il n’avait que douze ans, et pourtant, tous les malheurs du monde s’étaient abattus sur lui, même s’il avait résisté jusqu’à là, il n’avait plus aucun espoir dans son cœur. Lorsque le déchirant hurlement se tut, Naid était à moitié inconscient, sa douleur si forte et indescriptible, son sang ruisselant sur son visage, tandis que l’homme tenait dans sa main recouverte de sang…un œil qu’il venait de lui arracher.

- Ca ressemble donc à ça…un œil de Neltiad, c’est bien moche… Est-ce qu’au moins c’est goûteux ?

Il n’ajouta rien d’autre, immédiatement après, il fourra de force l’œil dans la bouche de mon frère, qui se mit à vomir. La Lune était à présent en plein milieu de la brèche et apportait donc une douce lumière qui ne convenait pas à l’atmosphère…

« Pourquoi…pourquoi les Dieux m’ont-ils infligés ça !! Perigrin… Aliéna… Diphtil… Où ai-je fait fausse route ?! Pourquoi tous ces malheurs ?!!! »
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:30

Partie 6



Lorsque Naid reprit ses esprits, il ne se trouvait plus dans ce cachot insalubre, dans la nuit noire, mais dans un lit assez inconfortable, installé dans une pièce où il était seul. Jamais il ne s’était senti aussi mal, autant mentalement que physiquement : son œil manquant le perturbait, lui faisait mal, et il venait de perdre ses meilleurs amis. Posant ses doigts sur sa joue droite en tremblant, il n’avait qu’une seule envie : mourir. Puis, la porte s’ouvrit en trombe et un Neltiad bien bâti y entra, le visage aussi rouge qu’une tomate, des cheveux roux, mais ses yeux rouges étaient trempés de larmes. Il semblait aussi furieux qu’un taureau en charge, il prit Naid par les épaules et le secoua dans tous les sens, sans que mon frère ne réagisse pour autant tellement il était abattu.

- POURQUOI ?!! hurla l’homme avec désespoir. Pourquoi vous êtes sortis ?!!
- Monsieur ! Calmez vous je vous prie ! supplia l’infirmière aux cheveux étrangement orangés qui venait de se précipiter dans la chambre.
- Je ne vois pas pourquoi j’apaiserais !! MON FILS EST MORT !! continua l’homme.

Il ne fallut que quelques millisecondes avant que Naid ne comprenne qu’il s’agissait du père de Perigrin. Il était donc bien…mort…

- Lâchez-le monsieur ! ordonna l’infirmière avec fermeté. Ce garçon n’est en aucun cas responsable de ce qui s’est produit.

Avec rage, il décrispa son étreinte des épaules meurtries de mon frère.

- Monsieur…murmura Naid avec peine. Je…je suis aussi affecté que vous…
- Affecté ?! Je suis ENRAGE !! MON UNIQUE FILS VIENT DE ME QUITTER ! Et tu oses en parler ainsi !!?

L’infirmière s’approcha calmement en prenant délicatement les bras de l’homme.

- Monsieur, il faudrait mieux que vous sortiez de cette chambre…lui demanda-t-elle.
- Mais…je veux savoir ce qu’il s’est passé !! POURQUOI ET COMMENT MON FILS EST MORT !!
- Ce garçon n’est pas dans l’état d’accomplir votre requête, continua la femme en le menant vers la sortie. Il a subi un grand traumatisme, une perte d’un œil, si encore demain il accepte de vivre, je considèrerais cela comme un miracle… Personne n’aimerait avoir vécu ce qu’il a vu hier… Je vous prie, laissez lui un peu le temps de s’en remettre.

Le poing de l’homme se crispa, il ne savait quoi faire, comment réagir.

- Jamais il s’en remettra…jamais…murmura-t-il avant de sortir de la chambre, derrière son passage, la jeune femme ferma soigneusement la porte.

Ses paroles parvinrent jusqu’à l’oreille de Naid, mais il n’avait nullement besoin de l’entendre, il le savait très bien, jamais cette nuit cauchemardesque ne s’effacerait de sa mémoire, même pas la moindre once, la moindre petite seconde… Puis, la guérisseuse s’approcha de lui, s’empara d’une chaise qu’elle installa à côté de lui puis s’assit dessus avec grâce.

- Où suis-je… ? Pourquoi me trouve-je là… ? demanda faiblement mon Naid en fixant de plafond de son unique œil à présent.
- Nous sommes toujours à Ephyr… Des Neltiads vous ont vu sortir de la cité durant la soirée et sont parti prévenir des dames de Wuën, ils avaient peur que vous ne dénonciez notre position. Elles ont ordonné alors d’envoyer une troupe de Neltiads vous chercher, mais elles ne semblaient plus inquiètes pour vous-même que pour l’avenir de la ville… Au bout de plusieurs heures de recherches, ils on détectés des cris provenant d’un cachot, et alors, ils sont descendus dans la bâtisse et t’ont libérés, les autres étant déjà… morts…

Mon frère resta silencieux quelques instants, le temps de tout se remettre en lace dans sa tête.

- Et ces hommes…ceux qui m’ont martyrisé, qui ont tué Perigrin et Aliéna…que sont-ils devenus ?
- On les a abattu…

Alors, Naid se sentit soulagé, ils ne pourront plus jamais propager le mal…

- Perigrin était donc bien…mort…

Elle se contenta seulement de hocher la tête.

- Heureusement que tu n’y a pas assisté. Je ne sais pas comment ils ont pu lui triturer son corps, mais…son état était horrible… Tu as subi un grand traumatisme…continua la guérisseuse aux cheveux couleur carotte. De plus, désormais, il te manque ton œil droit, ton œil directeur, ta vision de monde vient radicalement de changer.
-…Je ne pourrais donc plus jamais voir du côté droit… ?

La guérisseuse n’eut d’autre choix que de lui avouer : elle remua la tête d’un signe négatif.

- Je suis désolée…lui dit-elle. La seule chose que je puisse faire, c’est t’installer une prothèse magique qui donne l’impression que tu as un véritable œil. C’est tout…Je m’en excuse, je sais que ça va être difficile pour toi.
- Ce n’est rien par rapport à la nuit dernière…répondit Naid.

Puis, détournant sa tête vers la droite, son reflet l’observa depuis un miroir, il ne semblait n’être plus du tout le même. Son visage bruni était meurtri de toutes parts et colorer de gros hématomes. Un énorme bandage lui serrait la tête, cachant son œil droit, le gauche animé d’un étrange sentiment, une flamme brûlait dans sa pupille.

- Combien de temps vais-je donc vivre ainsi… ? murmura-t-il pour lui-même en fixant toujours la glace immobile. Dépendant des autres, je ne peux rien faire…
- Tu n’es pas dépendant des autres, tu as juste besoin des plus vieux que toi…
- Comme ma sœur…
- Pardon ? demanda la guérisseuse qui avait mal entendu, se levant de sa chaise.

Naid regarda alors ses mains coupées de toutes parts, jusqu’au bout des doigts.

- Ma sœur…Depuis des années, j’essaie de jouer le héros, je veux la trouver, j’y fais tout mon possible. Mais…est-ce que elle, elle me cherche ? Je n’en ai pas l’impression, sinon, elle serait déjà venue ici, elle aurait été à Faritè un jour pour constater les dégâts. Non…elle a peut-être préféré croire que j’étais mort. Est-ce qu’elle m’a oublié… ? … Dans tous les cas…elle m’a abandonné…
- Je vais te laisser, dit alors la guérisseuse n’ayant pas saisi ses propos. Si tu as besoin de moi, appelle Miskito, je t’aiderai en cas de besoin, de toutes façons, je reviens d’ici une quinzaine de minutes.

Puis, elle sortit en silence, laissant Naid seul, se tenant la tête avec les mains, il semblait à bout…

- Elle m’a abandonné…elle m’a abandonné…répétait-il.

Lentement, il releva son visage tout en ouvrant sa paupière, la rage bouillonnait à l’intérieur de son crâne. Fixant un point invisible sur le mur, il y concentra toute sa haine. Sa respiration se faisait bruyante.

- Elle m’a abandonné…elle m’a abandonné ! cria-t-il, exaspéré par sa vie.

Puis, d’un geste maladroit et saccadé, il défit le bandage gênant, qu’il jeta par terre, laissant à vue son orbite vide…

- Rien à faire !! continua-t-il sur le même ton. Peu m’importe ce que je subirais encore, je la retrouverai, je la sauverai !!
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Ielenna
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Ven 21 Déc - 22:32

Partie 7 (incroyable !)



- Mais…où suis-je… ?

Effectuant un tour sur lui-même, Naid observa les environs qui s’offraient à lui : des plaines brumeuses, le brouillard installé, il n’arrivait à discerner quelque chose cinq mètres devant lui. Il avait beau palper, rien n’y faisait, le brouillard s’échappait entre ses doigts, rien de plus, telle la fumée virevoltante produite par un bois en fusion.

- Euh…il y a quelqu’un ? demanda Naid, totalement perdu.

Il avait beau tourner sur lui-même encore et encore, avancer par-ci, par là, aucun résultat satisfaisant. Puis, soudain, une voix se fit entendre.

- Je suis là, viens me voir.

Naid détourna subitement la tête vers la provenance de cette voix.

- Qui êtes vous ? demanda-t-il, sûr de lui.
- Rejoins moi, vite…

Prudemment, mon frère avança vers la direction qu’il pensait être bonne, jusqu’à ce qu’un silhouette sombre aux traits féminins se découpe dans la purée de pois. Vêtue d’une longue robe noir en satin, les cheveux de même couleur attachés à l’arrière de la tête, aucun doute, il s’agissait bien de Yûni. Naid s’arrêta quelques mètres devant la femme, prévoyant.

- Qui êtes vous ? répéta-t-il.
- Je suis ton passé, ton présent, ton futur, répondit-elle. A la fois le blanc et le noir, le jour et la nuit, le bien et le mal. En attendant, si je t’ai amené ici, ce n’est pas pour discuter de moi, mais de toi.
- De moi… ? Vous devez vous tromper, je n’ai absolument rien de spécial.
- Les dieux ont jugés ton malheur trop disproportionné par rapport à ce que tu aurais dû mériter, continua Yûni, sans se soucier de ce qu’il venait de dire. A présent, mise à part la vieille Elaeis, la descendante de Tiama, tu n’as personne à tes côtés : tes amis sont partis pour l’autre monde, ta sœur est loin de toi…

Immédiatement, un déclic se produit dans l’esprit de Naid.

- Ma sœur est loin, mais elle n’est donc pas morte ! s’exclama-t-il.
- C’est exact, mais elle demeure dans l’incapacité de sortir de chercher…c’est toi qui devras parvenir à elle.
- Où est-elle ?! Vous le passez sûrement étant donné que vous me paraissez être l’intermédiaire des dieux !
- Je ne puis te répondre, il faut que tu suives ton chemin, lui répondit-elle le plus calmement du monde.
- Mais…vous venez de me dire qu’ils jugeaient ma peine trop grande ! Ne peuvent-ils pas m’aider !?

Lentement, la sorcière remua négativement la tête.

- Malheureusement pas sur ce point, mais, ils ont décidés de te transmettre l’un des plus grands secrets de l’humanité pour te consoler. La prouesse dont tu as fait preuve la nuit dernière en gardant le secret d’une cité entière même s’il te donnait la mort comme échange a apporté l’admiration des dieux.
- Un grand secret ? demanda Naid, curieux.
- Oui, de tous les peuples de ce monde, en y incluant même les morts, tu seras le seul à le connaître… Alors, tu deviendras une personne importante : tu demeuras le détenteur de la Vérité.

Naid ne comprenait pas grand-chose à ce qu’on lui disait, il se contentait d’écouter et d’approuver.

- Détenteur de la Vérité ? Mais…vous me faites cela rien que pour mes malheurs ? demanda-t-il suspicieux.
- Non, lui avoua-t-elle.

Puis elle se pencha vers lui, approchant ses lèvres de son oreille.

- Tu possèdes du sang divin qui circule dans tes veines depuis ta naissance.

A ces mots, Naid se mit à frémir. Qu'est ce que ça voulait dire posséder du sang divin alors qu'il n'était qu'un Neltiad tout à fait banal.

- Vous sous entendriez que mes parents n'étaient pas le mien ? Demanda Naid, avec une lueur d'espoir et d'angoisse.
- Je n'ai jamais dit cela ! Se défendit Yûni, en rajustant une mèche de ses cheveux d'ébène. Tes parents sont véritables, mais là n'est pas la question.
- Si justement ! Pourquoi n'annoncez-vous donc ça ?! Qui êtes vous ?! Pourquoi je suis là ?! Je veux plus de détails !

Un léger sourire s'étira sur les lèvres de la femme à la peau blême.

- Mais...je te l'ai déjà dit, répondit-elle simplement. De plus, je suis là pour t'aider.
- Pour m'aider...?

Alors, la sorcière leva sa main, la grande manche suspendue tel un rideau de soie sous son bras. Elle l'approcha de son front, mon frère se pétrifia, néanmoins il demeurait serein, tandis que Yûni ferma ses paupières sur ses yeux aussi rouge que la plus belle des roses.

- Constamment tu as peur du devant, tu fuis le passé qui te poursuit sans relâche, tu ne peux te fier qu'au présent. Ta vie a toujours été marquée par l'absence d'un être important pour toi, ce qui t'a donné autant cette grande autonomie que cette peine qui te chagrine chaque soir lorsque tu regardes le ciel. Ton plus grand rêve, ce n'est pas comme tu le dis tant bien de retrouver ta soeur, au fond de toi, tu as envie que les gens reconnaissent ta véritable valeur, ainsi, tu désires sauver ta soeur afin qu'elle puisse t'admirer et t'aimer. Ce que tu adores faire, ce sont les choses simples et naïves : compter les étoiles, chercher des formes dans les nuages, courir dans l'herbe, la liberté est ta compagne. Toutes les nuits, tu as la sale habitude de parler dans ton sommeil et de reproduire les mêmes gestes, souvent tu as honte de te réveiller le visage recouvert de larmes et de sueur à cause d'un cauchemar qui te suit depuis si longtemps, et qui continuera à te hanter. Et désormais, afin de te faire pardonner pour ce qu'il s'est produit la nuit dernière, tu veux à tout prix aider ton prochain, et cette fois, tu y sacrifieras ta vie si nécessaire...

Tandis que Naid l'observait avec des yeux hagards, elle baissa sa main et le regarda fixement.

- Tu es puissant, Naid...plus tard tu deviendras quelqu'un d'encore plus fort. Ta détermination est sans limite, mais tu n'es jamais assez prudent. Crois-moi, tu as un avenir...qui durera...

- Comment savez vous donc tout cela...? demanda Naid à voix basse tellement il restait épaté. Vous...vous lisez dans mes pensées...?
- C'est plus subtil que cela, avoua-t-elle en frictionnant un coin sale de sa manche. Quoiqu'il en soit, je te connais mieux que n'importe qui, alors fais moi confiance. Que je te transmette mon secret : la Vérité.

Le prix était très attirant...cette femme n'était pas n'importe qui...Naid accepta alors le marché : devenir l'unique détenteur de la Vérité. Alors, Yûni lui attrapa la main dans les siennes, et après l'avoir prévenus que le choc serait sûrement un peu rude, elle se concentra. Durant seulement deux secondes, Naid paraissait être ailleurs, yeux surpris, lèvres entrouvertes, et lorsqu'il revint à lui, c'est comme si des années entières venaient de défiler devant ses yeux. Il savait pas quoi dire, totalement interloqué, toute son image du monde venait brutalement de se bouleverser. Difficilement, il parvient néanmoins à prononcer quelques mots.

- Alors... c'est cela...la Vérité...? tandis que Yûni retira ses mains.
- C'est exact...à présent, je sais que tu garderas ce secret au fond de ton coeur, et que jamais tu ne dévoileras, tu es un jeune homme de confiance, tu le resteras. Mais ne m'en parle pas maintenant, je sais qu'il peut y avoir des oreilles imprudentes dans les parages.
- Mais...il n'y a personne ? Fit remarquer.
- Aujourd'hui, non, demain peut-être...

Le sourcil de Naid se releva, surpris par sa réponse.

- De plus...ce n'est pas totalement vrai ce que je te dis là...avoua la sorcière. Il y a quelqu'un ici, quelqu'un qui t'attend...
- Qui ? Demanda mon frère.

Sans rien ajouter, elle se retourna et avança parmi la brume environnante, Naid la suivit sans broncher. Puis, un peu plus tard, elle pointa de son doigt fin à l'ongle étonnement long une silhouette immobile allongée sur le sol, assez petite et fine

- Cette personne a besoin de toi, de ton aide...
- En quoi donc ? Demanda Naid, curieux.
- elle est dans le même cas que toi : il y a deux semaines de cela, elle vivait une vie paisible, mais elle a brutalement basculée, le triste sort du destin. Mise à part qu'elle, elle a décidé de tout oublié...Absolument tout... Contrairement à toi, elle n'a pas renié son passé, elle l'a abandonné, c'était tout à fait son choix légitime.

Mon frère examina du regard cette personne couchée à terre. S'y approchant lentement, il découvrit une jeune fille, plus jeune que lui. Son visage enfantin et endormi transparaissait son sentiment d'être désemparée, ses cheveux blonds comme les blés d'un été éclatant ternissaient dans la brume et sa peau aussi fraîche qu'une jeune fleur blanche paraissait appartenir à une morte.

- lorsqu'elle sera éveillée, parle lui, de tout, de n'importe quoi, réponds à chacune de ses questions, le conseilla-t-elle d'un ton bienveillant. Je compte sur toi...
-Et...je ne la verrai qu'aujourd'hui, ou alors dans chacun de mes rêves ? Demanda Naid en se tournant vers la sorcière.
- Qu'en sais-je, peut-être la reverras-tu demain, dans un mois, dans un an, dans vingt ans, cela dépend d'un nombre incalculables de facteurs qui agissent sur ce phénomène, ce n'est pas à moi d'en décider.

Naid reporta alors son attention sur cette fillette inconsciente sur le sol. Il se serait mentit en ne pas avouant qu'elle était vraiment mignonne... sa main était tenté de caresser sa peau... mais il s'y retint. Par ailleurs, elle lui faisait penser légèrement à Aliéna, elle semblait avoir la même forme de paupière, un détail insignifiant mais tellement important pour lui. Durant ce cours laps de temps, Yûni sortit de nul part l'une de ses habituelles fioles, qu'elle se préparait à dé bouchonner.

- C'est l'heure pour moi de te quitter, déclara-t-elle. J'ai d'autres choses qui m'attendent, prends soin d'elle, elle en a bien besoin.
- On se reverra ? Demanda Naid en relevant la tête.
- Sans aucun doute, personne ne peut ne pas me voir au moins deux fois ! Le destin nous rassemblera à nouveau, j'en suis persuadée... En attendant...

Alors, elle retira soigneusement le bouchon de liège de la fiasque et la tendit en direction de mon frère.

-..Dis moi quelque chose...n'importe quoi...

Naid parut suspicieux, il hésita quelques instants en fixant tour à tour la sorcière et le flacon.

- Je ne dirais pas n'importe quoi, mais la vérité...Je réaliserais mes rêves, jusqu'au dernier ! Je le jure sur les dieux !!

Et alors, la vision se dissipa jusqu'à s'obscurcir totalement...

.


--------------

Et wàla ! 23 pages en 2 mois ! J'avais très peu de temps pour écrire ! Mais j'espère que vous avez aimé ! Je m'en suis rendu compte après : Perigrin est un nom qui existe vraiment dans l'univers fantastique (c'est le véritable nom de Pippin dans le Seigneur des Anneaux) Bref ! study
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Sam 22 Déc - 21:42

Comme je l'es dis (parce que je lis mieux ici que sur E - S ou le fond est blanc et que c'est écrit petit), je trouve que c'est super et que j'ai hâte d'avoir la suite hi hi hi !

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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Sam 22 Déc - 22:19

Comme tu le dis ! J'espère vous le donner pour le nouvel an !
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Sam 22 Déc - 22:25

Ce serait super tout celà XD...Mais n'oublie pas le RdP ^^

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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Dim 23 Déc - 16:07

Justement, en même temps que je travaille un chap. de FdM, je fais une partie de RdP ! ^^
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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Mer 26 Déc - 2:14

Ouaiii merciiiiiiiii cheers cheers
Mon cadeau de noel... c'est gentil Razz

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MessageSujet: Re: Chapitre 41 [Le Jeune Homme]   Dim 13 Jan - 5:24

J'ai enfin fini ce chapitre! =)

L'est vraiment très bon! Smile

Maintenant, j'attaque le 42e Very Happy

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Chapitre 41 [Le Jeune Homme]

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