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 Chapitre 40 [La Jeune Fille]

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Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
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MessageSujet: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 6 Nov - 1:25

Yahoo ! J'ai tapé 11 pages aujourd'hui, et je ne pouvais aller me coucher sans finir cet alléchant chapitre que vous adorerez sûrement ! Tout ce passe si vite, je sais, mais tout un passé tient sur vingt pages, si j'avais tenu à developper, j'aurais fait un roman avec ! ^^ ! Pour l'instant, c'est le plus long chapitre que j'ai pu écrire, après, faudra voir pour le 41, il risque d'être tout aussi long !! ^^

Chapitre 40




Partie 1


Lentement, j’ouvris mes paupières, un peu sonnée par ma chute en avant. Étonnement, je n’étais pas allongée à terre, mais bien debout, sur mes deux pieds, alors que je venais de tomber. Regardant les alentours, je ne reconnus nullement l’intérieur de la chaumière de Yûni, que ce soit le hall ou sa pièce principale, mais dans un autre lieu que je connaissais déjà par le récent passé. Je me trouvais aux pieds d’un grand escalier blanc et sur le mur était accroché une immense toile, qui semblait être fraîchement peinte, représentant une petite fille blonde au regard malicieux, pourtant entre ses frêles bras un jeune chaton tigré, œuvre que je reconnus immédiatement.

« Mais…je suis dans le château de Naralir ! »

Jetant un coup d’œil autour de moi, je constatai qu’il n’y avait personne, l’endroit demeurait désert.

« Je dois sûrement rêver… ! »

Alors, je me pinçai le dos de la main, rien n’y faisait, je ne me réveillai pas pour autant. Puis, des bruits et des voix se firent entendre, provenant du couloir.

- Dis papa, je peux ouvrir les yeux maintenant ? demanda, excitée, une petite voix impatiente d’enfant. Allez papa ! Je t’en prie !
- Attends au moins d’être arrivé ma chérie !

Ces deux voix se procurèrent un certain frisson, car je les connaissais toutes les deux. Débouchant dans le vestibule de la pièce, apparurent devant moi deux personnes. L’une était un homme qui m’était familier : grande carrure, visage carré et son habituelle barbe, il s’agissait bien du roi Théorald, rajeuni d’une bonne dizaine d’années. A côté de lui, une fillette vêtue d’une robe de satin vert, qui se cachait les yeux avec ses fines mains. Ses cheveux étaient courts et blonds, et son sourire se voulait malicieux et innocent. S’il s’agissait là de la fille de Théorald, elle ne pouvait être que… Tout à coup, elle retira ses paumes qui gênaient sa vue, mais également car son impatience et son excitation étaient à son comble. Elle s’émerveilla alors devant le tableau.

- Qu’est ce qu’il est beau ! s’exclama-t-elle, toute émoustillée, en frappant dans ses petites mains. Et puis Pandora est si mignonne dessus !

Ses grands yeux bleus dotés de ruse confirmèrent bien ma pensée. Il s’agissait bien de la fillette qui figurait sur le tableau, c’était bien Yasalyn ! Mais à cette époque, elle ne devait avoir que six ans, à peine ! Ma peur était donc belle et bien réelle, les souvenirs brisés chez Yûni avaient pénétré ma tête et à présent, je vivais dedans ! Restait à savoir s’il s’agissait du passé de Yasalyn ou de Théorald, même si je penchais pour la première hypothèse. Néanmoins, il fallait que je me réveille, les souvenirs sont trop personnels pour je puisse savoir ! Malheureusement, je ne savais à quoi recourir pour en sortir rapidement. Quoiqu’il en soit, les deux personnes ne se rendaient pas compte de ma présence en ces lieux. Je demeurai comme invisible à leurs yeux, tel un spectre.

- Mais elle n’est pas aussi mignonne que toi, déclara alors Théorald, d’une voix fière, en pinçant légèrement la joue de sa fille cadette. Tu es tout aussi belle que ta mère !



Je l’aperçus simplement rougir avant que je ne change de décor. Cette fois-ci, cela se déroulait dans un des couloirs du donjon, un véritable dédale. Devant la chambre de la reine, la petite Yasalyn, qui, vieillie, devait à présent avoir atteint ses dix ans, attendait, assise, le regard fixé sur ses petons. De l’intérieur de la chambre provenaient des cris de folie, à m’en donner des frissons dans le dos. Alors que je m’approchai lentement de la fillette, sachant pertinemment qu’elle ne pouvait me percevoir, étant donné qu’il s’agissait d’un passé, la porte s’ouvrit et le roi en sortit, les cris se faisant toujours entendre. Yasalyn se leva et accourut vers son père, elle paraissait inquiète et un peu affolée.

- Comment va-t-elle, père ? demanda-t-elle, d’une voix qui trahissait son angoisse.

Théorald, qui paraissait aussi désemparé qu’elle, de grands cernes violacés sous ses yeux, inspira profondément et s’agenouilla auprès de sa fille.

- Ecoute Yasalyn…débuta le roi qui ne semblait pas savoir par où commencer. Tu sais ton frère aîné, Fylip, cela fait peu de temps qu’on lui a découvert des pouvoirs hypnotiques, je te l’avais déjà dit il y a peu de temps…
- Oui, père…répondit-elle, mais elle désirait en savoir davantage sur la situation.
- Le problème est qu’il n’arrive pas encore à maîtriser son regard…continua alors le roi d’un ton grave. Et sans le vouloir, il a hypnotisé ta mère, qui a sombré dans la folie…

Alors, les yeux de la fillette, en entendant ses mots, commencèrent à s’humidifier.

- Et…c’est grave… ?
- Assez…oui, répondit Théorald, dépité. Un peu en froid avec ta mère en ce moment, Fylip lui a, sans le vouloir, subir une vision d’horrible, et je ne préfère pas savoir laquelle, ta mère en reste traumatisée…
- Pitié père, est ce qu’elle guérira vite ? sanglota Yasalyn, les lèvres tremblantes.

Le roi soupira longuement en se prenant la tête dans les mains.

- Ni les médecins ni moi n’en savons rien…avoua-t-il en prenant les mains de sa fille.

Alors, la petite fille fondit en larmes dans les bras de son père. Un peu plus tard, elle s’élançait dans les couloirs, toujours le visage triste et mélancolique, son habituel sourire s’étant évanoui. Lors d’un virage dans les larges boyaux, son cœur fit un énorme bond dans la poitrine : elle croisa son frère Fylip. Environ quatorze ans, cheveux bruns et mi longs, des yeux bleus verts, mine aussi désappointée que sa sœur, qu’il observa quelques instants avec regret.

- T’es content de ce que t’as fait à maman ? susurra Yasalyn, en colère contre lui.
- Ecoute, je te dis que ce n’est pas de ma faute ! essaya-t-il de se justifier. Je n’ai jamais voulu que ça se passe ainsi !
- Mais si tu n’avais pas été furieux contre elle, rien ne ce serait passé !
- Je te répète que ce n’était pas voulu !! cria-t-il alors, énervé contre sa sœur qui l’accusait de tous les torts. A l’heure qu’il est, je ne sais toujours pas maîtriser mes pouvoirs ! Imagine que toi, tu puisses, d’un déclic dans ta tête, faire exploser quelque chose, mais que tu ne sais jamais lorsque aura lieu ce déclenchement ! Tu as peur…peur de faire éclater n’importe qui, n’importe quand. Je me sens déjà assez responsable comme ça, alors s’il te plait, n’en rajoute pas. Et puis, je t’en prie, ne me regarde plus dans les yeux pour l’instant, je n’ai aucune envie de t’hypnotiser également.

Alors, subitement, elle détourna son regard et passa à côté de son frère en le bousculant à moitié.

- Mais crois-moi, par pitié, je n’ai rien voulu de tout ça, lança-t-il à son adresse, la voix pleine de regret. Je t’aime, soeurette, je n’ai pas envie que tu me prennes pour coupable.
- Tes belles paroles sont inutiles, mon frère…murmura-t-elle sans qu’il puisse les entendre, en continuant d’avancer.

Elle avait un but bien précis à ce moment. Arrivée là où elle voulait, elle ouvrit alors l’énorme porte de bois avec sa force de petite fille, se découvrant devant ses yeux l’immense bibliothèque aux étagères regorgeant de livres. A présent, chercher ce dont elle avait besoin. Quant à moi, je la suivais comme je le pouvais, elle slalomait et filait entre les étagères, et je ne voulais en aucun cas perdre sa trace. Puis, se faufilant entre mes jambes invisible apparut un chat tigré, celui de Yasalyn, s’agissant en fait de ma mère défunte sous une autre forme. Alors, il sauta agilement sur les épaules de la petite fille qui continuait à chercher.

- Ce que je fais ? demanda la petite fille, toute seule, comme si elle entendait des voix. Tu devrais le savoir pourtant vu ce qui se passe au château. …oui, c’est cela…Non, c’est vrai ? Où ça ? Tu peux m’y conduire ? S’il te plait !

Alors, le chat sauta agilement de l’épaule de Yasalyn pour atterrir avec grâce et délicatesse sur le sol. Puis, il avança entre les rangées d’étagères, Yasalyn à ses trousses, moi-même en train de la suivre. Alors, le chat s’arrêta devant un grand rayon de livres, et en désigna un de la tête, lui obéissant, Yasalyn se baissa et prit délicatement, par la tranche de couleur verte foncée, le grimoire indiqué par le félin. Puis, soigneusement, elle l’ouvrit, il s’agissait d’un livre relatant des soins face à la magie.

- Yasalyn ? Tu es là ? demanda la voix de son père.

Mais elle ne désirait en aucun cas que celui-ci sache sa présence, qu’il constate ce qu’elle préparait. Alors, elle se faufila entre les rayons à pas rapides et silencieux jusqu’à un passage dissimulé dans l’ombre d’un rayon, que seule elle semblait pouvoir voir. Telle une souris, le grimoire sous le bras, elle s’insinua dans l’étroite cachette, un cul de sac difficilement accessible, sauf pour les enfants. Je me souvenais : je l’avais découvert, ce passage, et c’était d’ailleurs ce même livre qui y était caché !

- Yasalyn, réponds moi si tu es là ! répéta son père.

La petite fille retint sa respiration, le grimoire serré contre elle, lorsqu’elle vit passer les pieds de son père. Celui-ci parti, elle posa avec soulagement l’ouvrage devant elle et chercha ce qu’elle désirait savoir : soins contre l’hypnose. Alors, soulignant le remède de son doigt sale, elle lut à demi voix :

- Ingrédient nécessaire par obligeance : une belle de nuit cueillie à la pleine Lune et purifiée dans l’eau d’un sanctuaire. Idéal… dit-elle alors pour elle-même. La pleine Lune est demain soir et je connais un excellent coin à belles de nuit de l’autre côté de la montagne, les plus magnifiques du pays, en plus, il y a un sanctuaire consacré à Dorina juste là.

Heureuse et rassurée, elle sortit à quatre pattes de sa cachette, laissant choir sur place le grimoire encore ouvert…



Changement de scène radical, me trouvant cette fois-ci en plein milieu d’une forêt sombre, lors du crépuscule qui obscurcissait le ciel. La petite Yasalyn semblait attendre que la pleine Lune se lève avec impatience, mais, afin de ne pas perdre de temps, elle commença dès lors à rechercher sa belle de nuit. S’étant échappée la nuit dernière du château de Naralir, elle avait pris son propre cheval et s’était élancée en direction d’Ephyr en empruntant le tunnel de nuit. Heureusement pour elle, elle n’avait croisé personne et s’était cachée dans les bois propices à sa cueillette. La journée, elle avait préféré récupérer de son voyage nocturne, se cachant aux yeux des possibles passants. Mais, en ce moment même, à Naralir, on devait la rechercher... Enfin, sous ses yeux émerveillés, la Lune somptueuse, se ravissant une éclatante blancheur, ne tarda pas à se montrer à l'horizon, procurant une certaine source de lumière. A présent, il lui suffisait simplement de trouver la belle de nuit nécessaire pour préparer les soins bénéfiques à la guérison de sa mère... Tenant fermement les rênes de son fidèle cheval blanc comme la neige, elle commença donc à chercher du regard aux alentours. Mais la chance semblait tourner en sa faveur : dès le premier coup d'oeil, elle en aperçus une, poussant sereinement au pied d'un grand orme, aux souples pétales violacés et sombres. Souriant, elle se saisit de sa dague prise avant de partir et s'agenouilla auprès de la fleur dont elle sectionna la tige sans réelle pitié à propos de cette belle de nuit. Il fallait à présent retrouver le fameux sanctuaire de Dorina dont permettrai de laver la fleur. Bien heureusement, il n’était pas loin, un petit sanctuaire ouvert, à l’intérieur duquel était installé un bénitier de pierre et une grande statue de la déesse inconnue de la même matière. Alors, elle s’avança, rênes de son cheval dans une main, belle de nuit dans l’autre, d’un pas bien décidé, les sabots de sa monture claquant sur le sol de pierre. S’approchant du bénitier, elle plongea la fleur dans l’eau pure et cristalline, dans un sourire rassuré. Mais, tout à coup, le cheval commença à agiter au bout de ses rênes, remuant la tête.

- Calme-toi...murmura Yasalyn en se redressant, caressant la joue douce de sa monture.

Néanmoins la bête continua à s'exciter malgré le ton rassurant de la fillette, et s'emballa. Yasalyn, effrayée et trop frêle afin de garder le cheval, dût lâcher les rênes et la monture s'enfuit à toute vitesse, quittant le sanctuaire au grand galop, s’enfonçant dans les bois, laissant au dépourvu la pauvre petite fille, seule à présent en plein milieu de la nuit sombre dans le sanctuaire.

- Reviens ! s'écria-t-elle, désemparée.

Ce n'est pas pour autant que le cheval revint, mais c'est alors qu'elle remarqua ce qui causa la panique de la bête. Derrière un pilier de pierre, deux yeux rouges à l'éclat de rubis et malfaisants l'observaient avec animosité. A cet instant, pétrifiée par la peur qui la saisissait à la gorge, elle menaçait ce danger de sa dague, presque inutile face à cela : il s'agissait d'un loup à la fourrure aussi grise que les nuages de tempête.



Il ne lui laissa même pas le temps de crier, il se jeta soudainement sur la petite fille qu'il renversa à terre. Elle eut beau essayé de se défendre, elle n'était pas de taille à affronter cette bête féroce. Pour se protéger le cou, elle n'eut pas d'autre choix que d'offrir son bras qu'elle interposa, le loup mordant dedans comme une simple viande morte. Criant et hurlant de toutes ses forces, elle regretta soudainement d'être partie seule, surtout lorsqu'une violente vrille sembla lui percer le crâne. La statue de Dorina semblait observer ce combat inégal sans aucun sentiment, une totale indifférence…

- Pitié ! hurla-t-elle de désespoir tandis que le loup s'acharnait sur son bras en sang. Laisse-moi ! Je ne t'ai rien fait de mal !

C'est alors, qu'étonnement, les oreilles de l'animal se baissèrent, ses yeux animés de déception, presque de regret, il relâcha la pression sur l'avant bras de Yasalyn, en pleurs, et sans alla en couinant, la queue entre les jambes. A terre, la fillette ne se sentait pas bien, sa tête tournait, sa vue se brouillait, elle avait envie de vomir tout le contenu de son estomac. Fermer ses paupières n'arrangeait rien, elle était sur le point de perdre connaissance, pourtant, c'est ce qui lui arriva quelques secondes après...


Dernière édition par le Mar 6 Nov - 1:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 6 Nov - 1:26

Partie 2




Cette fois, je me retrouvai à l’arrière d’une carriole, avec à mes côtés Yasalyn et une femme d’âge mûr, tandis qu’à l’avant, dos à elles, un homme conduisait les deux chevaux tireurs. La fillette paraissait fatiguée, presque morte, le teint aussi pâle que la Lune, le regard vide, qui ne fixait qu’un point invisible, d’énormes cernes violacés sous ses yeux bleus qui avaient perdu tout sentiment d’innocence et de malice, même d’expression tout court. Si elle n’était pas en position assise, on aurait facilement pût la croire pour morte. En face, d’elle, la femme était en train d’examiner son bras, complètement bleu ou rouge.

- Et bah dis donc, ma pauvre fille ! s’exclama-t-elle. Je crois que ton bras est décidément brisé, mais tes blessures cicatrisent plus vite que prévu, c’est une bonne nouvelle ! D’ici quelques temps, tu n’auras sûrement plein rien, à peine si tu garderas une cicatrice !

Yasalyn ne répondit pas, ne bougea pas, un véritable spectre… Puis, la femme lui remit un bandage autour du bras avant de s’approcher de l’homme.

- Tu es sûre qu’on a bien fait de la prendre ? demanda l’homme à voix relativement basse. Elle a toujours l’air dans les vaps’, on connaît pas son nom, elle ne nous a jamais adressé la parole…
- Ecoute, je sais que cela parait étrange, répondit la femme, mais nous n’allions tout de même pas la laisser agoniser, et puis, le fait qu’on l’ait retrouvé dans un sanctuaire de Dorina me laisser penser qu’elle est spéciale. Je ne sais vraiment pas ce qu’il lui est arrivé, mais apparemment, la morsure sur son bras est similaire à celle d’un loup ou d’un gros molosse. En nous rendant à Déségipsien, nous la transmettrons à ma cousine, elle garde une pension pour enfants, elle s’en occupera bien.

Mais l’homme n’en semblait pas convaincu pour autant.

- Imagine que l’on ait en fait enlevé sans le savoir !
- Si c’était le cas, même si elle est muette, elle nous aurait prié de revenir en arrière, elle aurait au moins essayé de nous faire comprendre, or ce n’est pas le cas, mis à part si elle a perdu sa mémoire, je ne peux rien dire…

Elle jeta un coup d’œil sur la fillette qui regardait un oiseau voler dans le ciel en effectuant de petites pirouettes.

- Quand arrivera-t-on à Déségipsien ? demanda-t-elle en se retournant à nouveau.
- Si tout se déroule normalement, demain, en voyageant de nuit, répondit-il. Comme je me sens d’attaque, on va tenter le coup !

Quelques heures plus tard, le soleil commença à se coucher à l’horizon, le ciel se colorant merveilleusement de pourpre, bleu et rose. A l’intérieur de la charrette, rien n’avait changé, Yasalyn toujours aussi « morte », quant aux deux autres, l’un conduisait, le second vérifiait l’un et l’autre. Pas très confiante à l’idée de voyager de nuit, la femme avoua à son compagnon qu’elle avait un mauvais pressentiment.

- Voyons ! s’exclama-t-il. Que pourrait-il donc nous arriver ! Il n’y a aucun danger dans les parages !

Dans les parages, peut-être, mais ce n’était pas le cas à l’intérieur même de la carriole… Car, au moment où la pleine Lune se leva à l’horizon, la pauvre petite Yasalyn ressentit à nouveau une terrible migraine, l’obligeant à s’allonger et à se tordre de douleur. Apparu, pour moi-même qui assistais à cette cruelle scène, un étrange phénomène, je semblais entendre une autre voix en écho, semblable à celle de Yasalyn, mais qui n’avait pas du tout le même ton.

« Me voici bienvenue chez moi ! Enfin ! C’est pas trop tôt »

Cela s’apercevait dans les yeux terrifiés de la fillette, elle l’entendait également cette voix, mais dans sa propre tête, comme si quelqu’un y avait ouvert logis à l’intérieur.

« Qui…qui es-tu ? »
« Moi ? Oh c’est relativement simple, je suis la personne qui peut réaliser tes pires rêves et tes fantasmes les plus fous… »
« Qui es-tu ?! »
« Je suis toi… Et à présent, laisse moi te faire une petite démonstration tant que la pleine Lune me le permets… »
« Mais…je n’ai rien demandé moi ! Laissez-moi, je veux rester tranquille ! »

C’est alors que se produit un horrible spectacle auquel j’avais déjà assisté mais dans le sens inverse. Continuant à se tordre sur le sol, la fillette ne se rendait des transformations que subissaient son corps : des oreilles pointues apparurent, une queue touffue poussa subitement à l’extension de sa colonne vertébrale, son nez s’allongea jusqu’à former un museau et une truffe, ses pieds et mains se modifiaient pour devenir pattes griffues… Quelques instants plus tard, il ne resta plus qu’un loup aussi petit, avec des restes d’habits sur lui, un pendentif autour du cou, mais avec une immense agressivité dans le regard rouge, une envie de tuer, une envie de sang… L’attaque ne se fit pas attendre : la bête sauta sauvagement sur la femme en fermant ses puissants crocs sur sa gorge, elle tomba raide morte… L’homme, terrifié par les bruits venant du derrière, retourna sa tête, il n’aurait jamais dû… Une patte lui griffa la totalité de son visage, il se mit à hurler. Les chevaux, affolés et terrorisés par l’animal, s’en allèrent dans toutes directions en hennissant, le chariot se balançant terriblement, renversant l’homme et le loup. Quelques instants plus tard, la victoire n’hésita pas : l’homme, en sang, gisait sous les pattes du loup qui commença à le dévorer.


Le lendemain, Yasalyn, redevenue elle-même, vêtues d’habits en lambeaux, toute tâchée de sang, errait dans la forêt. Ayant tout vu des événements de la nuit, elle semblait terrorisée par ses propres actes, elle avait peur d’elle-même à présent. Comment avait-elle pû commettre un tel crime, tuer des innocents et les dévorer sans pitié, alors qu’elle était de nature simple et gentille. Durant les quinze derniers jours, elle semblait avoir subi une phase entre ses deux « elles », qui à présent, l’habitait… Mais elle ne savait pas si elle devait favoriser cette arrivée ou la rejeter… Néanmoins, elle s’en voulait à en mourir, jamais elle n’avait désiré cela ! Elle voulait revenir en arrière, même si retourner chez elle était une chose, elle garderait toujours en souvenir ces meurtres, et le fait qu’elle soit à présent une birette la rendait encore plus coupable. En aucun cas elle ne désirait tuer quelqu’un de sa propre famille sans le vouloir. A présent, elle comprenait son frère qui n’avait pas la maîtrise sur son pouvoir d’hypnose.

« Imagine que toi, tu puisses, d’un déclic dans ta tête, faire exploser quelque chose, mais que tu ne sais jamais lorsque aura lieu ce déclenchement ! Tu as peur…peur de faire éclater n’importe qui, n’importe quand. »

C’étaient exactement les paroles du prince juste avant le départ de Yasalyn, il s’agissait peut-être même de ses dernières… Oui, la fillette était terrifiée par cette idée de tuer tout le monde, mais elle savait néanmoins que cela agirait seulement les nuits de pleine Lune, mais le tribut était, certes, plus lourd. Il ne s’agissait pas d’hypnotiser, mais d’ôter la vie, et même de souiller ce cadavre… Une larme coula sur sa joue, elle ne savait quoi faire, seule, loin de chez elle, se sentant coupable de tous les torts. Alors, elle agrippa ses doigts au tronc d’un arbre et hurla de toutes ses forces dans la forêt.

- DORINA !! POURQUOI ME FAIS-TU SUBIR CE TERRIBLE SUPPLICE ?! QUE T’AI-JE DONC FAIT ?! REPONDS MOI ! AIDE-MOI !!

Fondant en larmes, elle glissait contre le tronc, finissant à genoux dans la glèbe, tête contre l’écorce.

- Aide-moi…répéta-t-elle en sanglotant. Aide…moi…

Mais soudainement, une main se posa sur son épaule, alors, elle se retourna brusquement en dégainant son poignard. La personne ne paraissait pas du tout apeurée ou inquiète, si ne ce serait, amusée. Il s’agissait d’une femme, vêtue d’une ample robe couleur de nuit sans manche, de grands gants des coudes jusqu’aux doigts et un chapeau pointu de même teinte, des bracelets d’or autour des poignets. Elle portait en bandouillère un petit sac qui contenait quelques objets et un gros livre sous le bras. Ses longs cheveux noirs atteignaient ses genoux, et ses yeux aux pupilles rouges à moitié clos semblaient dans un même temps bienveillants et malfaisants. Personnellement, je la reconnus évidemment, même si actuellement ses cheveux étaient plus courts : il s’agissait bien sûr de Yûni. Un échange de regard se forma entre les deux personnes, aussi sérieux que ne pouvait l’être deux ennemis.

- Seule…perdue…abandonnée…murmura Yûni. Dans tous les cas, mes mots conviendront à te définir…
- Qui êtes-vous…susurra Yasalyn d’une voix très agressive.
- J’aime comment on accueille ceux qui viennent à votre aide, répondit alors la sorcière, d’un air à la limite du hautain. Et ton pied traîne sur une amanite phalloïde, autrement nommée…
- Je me fous de mon pied et des amanites bidules !! cria la fillette sur les nerfs tandis qu’elle continuait à pleurer. Dites moi plutôt en quoi vous êtes venue à mon aide.

Alors, Yûni lui lança un regard amusé mais insistant.

- Tu désires tout oublier, ces événements de cette nuit, ces crimes commis…chuchota-t-elle d’un ton terrible, un rictus aux lèvres. Je me trompe… ?

En entendant cela, Yasalyn se mit à trembler de tout son être, comment cette garce pouvait-elle être au courant de tout ?! Elle la menaça alors de sa dague en la tendant davantage vers elle, son visage se déformant en une grimace haineuse. En concluant qu’elle venait de toucher un point sensible, la sorcière déclara fièrement :

- Je suis capable de tout te faire oublier…

La fillette écarquilla les yeux, étonnée, mais soulagée.

- Il…il existe un moyen… ?
- Bien sûr, répondit Yûni en sortant de sa besace un simple et ridicule bonbon blanc en forme de haricot. Mais, attention, par contre, si tu décides de l’utiliser, alors ce ne seront pas tes récents souvenirs qui s’effaceront, mais toute ta mémoire, mis à part ton propre nom. Prends garde à mon conseil et réfléchis bien avant de faire quoique ce soit…

Sur ce, elle fit virevolter sa robe noire et disparut derrière un buisson en murmurant qu’il fallait lui trouver des baies bleues. Septique, Yasalyn observa le petit bonbon d’un blanc laiteux. Certes, il ne lui inspirait pas grand-chose, pourtant, c’est là-dessus que tout devait se jouer… Devait-elle agir en lâche en l’avalant ou revenir chez elle, honteuse, avec ces horribles souvenirs qui la brisaient… A ce stade là, elle pensait tout recommencer à zéro, se reformer un nouveau caractère qu’elle forgerait grâce à ces nouvelles capacités, une nouvelle vie… Et ses parents ? Mais, l’idée qu’elle-même puisse les dévorer lui fit mal au cœur, elle désirait leur bien avant tout. Une larme coula le long de sa joue, tandis que sa main tremblante atteignit ses lèvres entrouvertes. Lâcheté ou courage, cela n’avait plus d’importance à présent, lorsque le bonbon toucha sa langue.
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 6 Nov - 1:27

Partie 3




Le changement de cadre fut assez radical, je dois l’avouer. La scène présente se déroulait dans un pièce que je connaissais : c’était l’une des chambres du monastère de Déségipsien. La petite Yasalyn, assise dans son lit, fixait d’un regard insistant le prêtre Sarïn, assis devant elle, se tripotant ses doigts boudineux.

- Qui suis-je ?! s’exclamait-elle. Dites le moi par pitié !

Alors, il se leva, le regard vif et amusé, un rictus mauvais sur ses lèvres, puis il s’approcha de Yasalyn.

- Ton pouce gauche est marqué par la lunule noire, répondit-il alors. Et sais-tu ce que cela signifie… ?

Fronçant les sourcils, la fillette remua négativement la tête. Alors, Sarïn se pencha vers elle.

- Tu es une lycanthrope…continua-t-il en accentuant chaque mot.
- Une lycanthrope… ? répéta Yasalyn. Mais comment ? Pourquoi ? Je ne comprends plus rien…
- Je n’en sais pas plus que toi, répondit Sarïn en se rasseyant. Mais à présent, que vas-tu faire… ?

Elle ne répondit, simplement car elle n’en savait rien de son avenir, elle n’avait déjà aucun souvenir de son passé…

- Je te propose un marché…dit-il alors. En échange de mon hébergement, je pourrais disposer de tes services, cela te convient-il… ?
- Quels services ?
- Je ne peux te donner d’exemple pour le moment, acceptes-tu néanmoins ?

Il ne lui fallut que quelques secondes pour se décider, de toute façon, elle n’avait nulle part où aller…


La neige tombait en cette matinée. Je me retrouvais donc au côté d’une Yasalyn bien encapuchonnée, elle paraissait déjà un peu plus vieille, dans les douze ans, à côté de Sarïn, mains liées. D’ailleurs, beaucoup de monde était regroupé, je me reconnus moi-même, lorsque j’avais seize ans ! A mes côtés, Astiran, du même âge, avait son bras autour de mon épaule. Tous deux semblions émus et mélancoliques, surtout moi, il fallait dire. C’est à ce moment que je reconnus la scène : l’enterrement de la sœur Mariona. Alors, cette silhouette cachée, il s’agissait en réalité de Yasalyn ?! Après le chant des sœurs, elle suivit donc Sarïn qui s’éloignait dans les jardins.

- Je suis fier de toi, Yasalyn, dit-il alors. Tu as fait un excellent travail !
- Je n’ai fait qu’exécuter vos ordres, mon père, répondit-elle d’un ton neutre.
- Néanmoins, tout le monde a pris sa mort comme un banal accident…

La jeune fille traîna alors ses pieds dans l’épaisse poudreuse.

- Les gens sont tellement dupes…continua le prêtre. Ils n’ont absolument rien remarqué, et ont tous cru à ce que je leur aie raconté.
- Mais…dans quel but vouliez-vous que je la tue, je n’ai pas tout à fait compris…demanda Yasalyn, curieuse.

Ainsi, sœur Mariona avait en fait été assassinée par…Yasalyn ?! Je n’y comprenais rien.

- Elle a trop fouiné dans mes affaires, répondit Sarïn, et a découvert mes intentions vis-à-vis de la déesse. Je ne pouvais prendre le risque de la laisser alors qu’elle le savait, si jamais elle la prévenait, tout était foutu.
- Vous êtes donc capable d’aller jusqu’au crime pour mettre vos plans à exécution ? s’étonna Yasalyn. Vous êtes vraiment impitoyable…

A ces mots, le prêtre parut choqué.

- Pardon ? s’étonna-t-il.
- Impitoyable, répondit simplement la jeune fille. I-M-P-I-T-O-Y-A-B-L-E.
- Merci, je sais comment ça s’écrit, lança Sarïn, un peu véxé. Vous demeurez néanmoins une fillette insolente.
- J’aime comment vous remerciez les gens qui vous ont aidés ! s’exclama alors Yasalyn. Vous n’aviez qu’à la tuer vous-même !

Alors, il leva son doigt vers le ciel.

- Faites attention, lui dit-il. N’oubliez pas que tout cela fait parti de notre marché, sinon, je vous mets dehors.
- Ah vous faites chier ! s’énerva-t-elle en tournant les talons, s’en allant plus loin.


Tandis que je me rendais compte de la vérité, le décor changea à nouveau : un couloir du monastère, une grande lumière provenant du dehors annonçait le début de l’été. La tête contre une vitre, Yasalyn regardait au dehors, le regard mélancolique, vers les jardins. Intriguée, je regardai par-dessus afin d’apercevoir ce qui l’intéressait tant. C’est à nouveau avec étonnement que je m’aperçus que le fruit de son attention n’était que moi et Astiran qui nous amusions dans les jardins, profitant du soleil. Pendant qu’il essayait de m’attraper pour me couvrir de chatouilles, je riais aux éclats en m’échappant de son étreinte. Alors, Yasalyn en observant la scène se mit à soupirer et je crus comprendre : jamais elle n’avait réussi à avoir d’ami depuis qu’elle avait perdu sa mémoire et elle le regrettai amèrement. N’ayant envie d’en voir plus, elle détourna son regard du dehors et erra dans les corridors désertés. Puis, empruntant un escalier, elle arriva à l’intérieur de l’église. Après avoir jeté un rapide coup d’œil dégoûté aux bonnes sœurs qui prêchaient devant l’autel, elle sortit par une porte dissimulée dans les ténèbres du lieu. Le village en lui était déjà plus actif, mais, elle préféra néanmoins bifurquer vers son endroit favori : la forêt. Là où tout avait commencé pour elle. Elle appréciait ce silence, le contact avec la nature, elle avait dans son sang cet instinct sauvage qui l’incitait à se rendre ici. Arpentant la forêt d’un pas lent et mesuré, tel un spectre revenu sur terre, elle fut tout à coup étonné de la présence de deux jeunes hommes, assis sous l’ombre d’un chêne assez imposant. Elle les observa quelques instants, perplexe, ils semblaient discuter de choses et d’autres en riant. Puis, à un moment, l’un des deux jeunes hommes remarqua sa présence, et la montra à l’autre.

- Bah tiens ! s’exclama-t-il. Je ne savais pas que de si jolies jeunes filles se promenaient dans les parages !
- Cela te dérange ? demanda Yasalyn, de nature impulsive.
- Je n’ai jamais dit cela ! se défendit-il alors d’un air innocent.
- Mais d’où viens-tu ? demanda l’autre en se retournant. Je ne t’ai jamais vu par ici…

La jeune fille ne bougea pas, bras croisés au niveau du ventre, les yeux brillant.

- De Déségipsien, répondit-elle simplement.
- C’est étrange, nous également, mais il me semble ne jamais t’avoir croisé.
- Approche donc et viens t’asseoir avec nous ! lui proposa l’un des deux.
Après quelques secondes d’hésitation, elle s’avança et préféra s’accouder contre un arbre.
- Comment t’appelles-tu ?
- Mon nom est Yasalyn, lança-t-elle rapidement.
- C’est un joli nom, avoua-t-il alors. Laisse moi nous présenter : moi, je suis Ornain, et voici mon ami, Rizo.

Le dénommé Ornain est grand, les cheveux bruns, des yeux en amandes, quant au certain Rizo en question, il était déjà plus petit, une bonne bouille, cheveux noirs. Tous les deux devaient avoir environ seize ans et regardaient attentivement la jeune fille qui ne parlait que très peu.

- Tu es bien l’une des seules filles que je vois qui ne porte pas de robe ! constata Rizo en examinant les habits de Yasalyn.

Il était évident que cela pouvait paraître étrange au premier coup d’œil, mais je m’y étais habituée. Comme toujours, elle était vêtue de ses légers habits blancs, qui lui donnait un certain air vulgaire.

- C’est simple, je n’aime pas les robes ! pesta-t-elle en guise de réponse.
- Mais, quel âge as-tu donc ? demanda Ornain, dans sa lignée de question. Quinze ou quatorze ans ?
- Douze…répondit-elle, un peu vexée qu’on la vieillisse autant.
- Quoi ?! s’exclamèrent les garçons. Impressionnant, tu ne les fais vraiment pas !!

Elle soupira longuement afin de reporter son attention sur les deux jeunes hommes.

- Je dois prendre ça comment ? demanda-t-elle, susceptible sur les bords.
- C’est un compliment !

Ils continuèrent donc à discuter ainsi, puis, les deux garçons proposèrent de marcher. Yasalyn ne laissait paraître aucun sentiment sur son visage, mais moi, j’arrivai à deviner le fait qu’elle soit soulagée d’avoir pu rencontrer enfin des gens avec qui elle pouvait bien s’entendre. Ils avançaient donc dans la forêt, se racontant beaucoup de choses, même si Yasalyn demeurait la moins bavarde des trois. Néanmoins, je ne sentais pas que l’ambiance était si merveilleuse que ça, au contraire, je craignais quelque chose. Si j’avais été projetée ici, cela signifiait qu’un évènement perturbateur s’est produit à ce moment. Il suffisait juste que j’observe la suite même si je me sentais coupable de regarder ainsi dans son passé. Un peu plus tard, ils arrivèrent à une sorte de cabane abandonnée au milieu d’une petite clairière.

- Je ne connaissais pas cette cabane, constata Yasalyn en se frottant la joue.
- Evidemment, c’est notre planque ! s’exclama Rizo.

Ils avancèrent donc jusqu’à la porte un peu installée de traviole, le bois un peu noirci par endroits, mais également creusé.

- Vas y, ouvre la porte, dirent-ils à Yasalyn.

C’est ce qu’elle fit, dans un grincement horrible, la porte dévoila l’intérieur, vide, avec quelques étagères menaçant de tomber, des vieux tissus par terre, et dans un coin, une énorme quantité de foin. Mais elle n’eut le temps de ne remarquer rien d’autre, car un bâillon lui passa devant la bouche et fut serré le plus fort possible, rentrant entre ses lèvres. Elle essaya de crier et de se retourner, mais ils lui attrapèrent les mains et les ligotèrent également.

- Tu croyais vraiment qu’on allait te montrer notre planque juste pour te divertir ! siffla l’un des deux garçons. Tu te trompes, c’est nous qui allons nous amuser… Les filles sont si naïves de nos jours. Elles suivent les inconnus !

Le visage de Yasalyn devint rouge et elle se débattit dans tous les sens en donnant des coups de pieds et de tête, d’ailleurs son épaule percuta violemment le bras de l’un d’entre eux, qui maugréa des insultes.

- Mais c’est qu’elle est chiante, la bougresse !

Alors, il lui balança une violente gifle qui la fit reculer, lui coupant le souffle, un peu sonnée. Tous deux la prirent par les bras et la bousculèrent sur le tas de foin.

- Alors voyons un peu…

Ils s’agenouillèrent à côté d’elle, et l’un d’eux commença à dénuder sa jambe du drap qui le couvrait, puis la remonta en une caresse. Bien décidée à ne pas se laisser faire, elle lança son pied dans la tête du garçon, mais qui l’évita et le plaqua au sol avec fracas, tandis que l’autre dégaina sa dague et la lui présenta.

- Le moindre geste de résistance ou quoique ce soit, et je te saigne, pigé ?!

Des larmes de rage et d’impuissance commencèrent alors à apparaître dans ses yeux bleus, elle savait qu’elle n’était pas de taille face à eux deux, et que ce n’était pas la peine de perdre sa vie ainsi. Si elle avisait la moindre action, le risque de mort était trop important, ils en étaient capables… Son cœur battait à s’en déchirer, sa gorge était à vif, implorant les dieux de lui apporter secours, elle ne pouvait plus rien faire d’elle-même à présent. La découvrant faible face à eux, les deux jeunes hommes ricanèrent, fiers.

- Allez vas-y, je te laisse l’honneur d’y goûter !

Alors, il commença à tracer des formes sur sa cuisse et remonta encore sa main davantage jusqu’aux courbes de ses fesses. Il regarda un instant son visage afin de constater sa réaction : Yasalyn transpirait, la face blême, des larmes s’écoulant de ses yeux clos, elle ne désirait rien voir… Il continua donc à tâter ses belles formes, lui retira son cache cœur avec fougue, dévoilant ses seins déjà bien développés pour son âge. Après les avoir palpés longuement, il défit donc la ceinture de Yasalyn, mais également la sienne. La pauvre jeune fille essayait de faire le vide dans sa tête, mais impossible de ne pas ressentir la douleur qu’il lui procurait, ni de ne pas entendre ses grognements de bête. Elle eut le droit à une seconde de répit avant que ce ne soit l’autre qui s’y mette par la suite. Le bâillon l’empêchant de hurler de douleur et de colère, elle n’avait d’autre choix que d’attendre. Déjà après quelques instants elle ne sentait plus ses membres, ses doigts lui semblaient absents, elle ne sentait que, lui appartenant, les larmes qui ne cessaient de ruisseler sur ses joues rougies par la douleur et la rage. Une fois leur besogne achevée, les jeunes hommes commencèrent à discuter de leurs sensations par rapport à ce qu’ils venaient de commettre, mais Yasalyn était tellement épuisée qu’elle ne les entendait pas : elle perdit connaissance.
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 6 Nov - 1:27

Partie 4



Lorsqu’elle se réveilla, elle n’était plus ligotée, ni bâillonnée, se trouvant dans un lit chaud et confortable, pas comme celui du monastère, aussi ductile que de la roche ! Se redressant, elle remarqua qu’elle était dans une sorte de chaumière à l’ambiance bienfaisante, un feu crépitant avec joie dans la cheminée, il y avait un homme de dos, grand, vêtu d’une grande cape bleue couleur de nuit, des cheveux roux en catogan. Mais, une douleur au ventre lui fit ramener sa main dessus, lui rappelant l’horrible crime qu’elle venait de subir.

- Ne bouge pas, il faut mieux pas que tu te fatigues encore plus que tu ne l’es, dit alors l’homme de dos.
- Où suis-je ? demanda-t-elle d’une voix faible.
- Chez moi, répondit-il simplement.
- Merci, mais ça ne va pas m’aider, objecta Yasalyn.

Alors, il se retourna vers elle. L’homme en question, âgé d’une quarantaine d’années, avait un visage assez affiné, un bouc roux lui poussant au bout du menton, des yeux d’ambre perçant, derrière les verres de ses lunettes carrées. Il tenait entre ses mains un bol.

- Je t’ai ordonné de ne pas bouger, fit-il remarquer en soupirant, désespéré.
- Quoi ? Vous allez m’achever si je remue l’orteil ? s’indigna-t-elle.
- J’aime ta façon de remercier ton sauveur, j’aurais bien dû te laisser sur place !

Un léger sourire amusé apparut sur les lèvres de Yasalyn, c’était une de ses répliques, prononcée sur le même ton qu’elle, ça lui faisait plaisir d’entendre ça.

- Attendez…si vous m’avez sauvé, vous m’avez quand même vu toute nue ! Espèce de pervers ! s’exclama-t-elle.
- Dans ce cas, je ne t’aurais jamais emmené ici, répliqua-t-il d’un ton calme, je t’aurais laisser pourrir dans leur cabane, et je crois que je regrette de ne pas l’avoir fait vu la manière avec laquelle tu t’adresses à moi. Mais bon, je te pardonne, tu dois être fatiguée. Tiens, bois ça.

Alors, il lui tendit le bol d’argile et elle examina son contenu : ça avait l’air d’une soupe.

- C’est quoi ? demanda-t-elle, en grimaçant.
- Un pot-au-feu, la recette d’une chère amie, répondit-il. J’y ai ajouté deux gouttes de potion afin d’éviter que tu ne tombes enceinte malgré ton jeune âge.
- Des potions ? Vous êtes un sorcier ?
- Bois !

Ramenant le rebord du bol à ses lèvres, elle but une gorgée du chaud breuvage. Sincèrement, il était délicieux, voire exquis, mais Yasalyn avait besoin de sortir des mots arrogants.

- Mouaif, pas super, mais c’est buvable…

L’homme avait quand l’air de prendre cela comme un compliment, il sourit.

- Tu me demandais… ?
- Si vous étiez un sorcier, étant que vous concoctiez des potions.
- Oh non, c’est mon amie qui m’en fait présent, répondit-il, amusé. Plus précisément, je suis un enchanteur, un magicien si tu préfères. Mon nom est Rithrar. Et toi ? Comment te dénommes-tu, petite effrontée ?
- Yasalyn…grogna-t-elle en ravalant une gorgée de soupe, vexée qu’on l’ait traitée d’effrontée.

Alors, Rithrar prit une chaise et s’installa dessus en observant Yasalyn, un léger sourire aux lèvres.

- Comment m’avez-vous trouvé ? demanda-t-elle, curieuse mais en même temps un peu honteuse.
- Oh, j’étais en train de me promener tranquillement dans la forêt, mon amie me réclamait des herbes pour ses potions, et puis, j’avais besoin de me dégourdir les jambes et…
- Venez-en aux faits ! s’impatienta la jeune fille.
- Calme-toi, je t’explique le contexte…

Il se racla la gorge avant de reprendre.

- Je passai alors devant la cabane des gamins, je les voyais souvent dans le coin, continua-t-il. D’ailleurs, ils en ressortaient, fiers d’eux, ils sont passés sans même me voir. Je présentai un mauvais coup de leur part, alors je suis rentré jeter un coup d’œil, lorsque je t’ai aperçu. Tu étais déjà évanouie, et je me rendis compte qu’il venait de profiter de toi. Etant donné que ça aurait paru inhumain de te laisser là, je t’ai ramené chez moi.

Puis, il changea radicalement de ton, désespéré.

- Et j’ai oublié les herbes de Yûni, elle va me tuer ! se lamenta-t-il. Elle est sadique, la bougresse ! Je parie qu’elle va encore m’obliger à faire le ménage chez elle !
- Boarf, elle n’a qu’à aller les chercher elle-même ses herbes ! objecta Yasalyn, neutralement.
- On voit que tu ne la connais pas ! déplora-t-il.

Ayant terminé sa soupe, Yasalyn posa le bol sur sa table de chevet.

- Vous disiez être un enchanteur, c’est cela ? demanda-t-elle, intéressée.
- Oui, c’est exact ! dit-il fier de lui.
- Puis-je alors vous demander un immense service ?
- Aucun problème ! Je ferais de mon possible ! s’exclama-t-il, heureux de pouvoir lui venir en aide.

Alors, les yeux de Yasalyn devinrent brillants, lui donnant un air doux et innocent.

- Accepteriez-vous de me prendre comme élève ? J’ai toujours été intéressée par la magie…

Gêné par ce regard insistant de la part de la jeune fille, qui aurait pu presque couiner pour imiter le sentiment que lançaient ses yeux, il se gratta la tête en souriant.

- Ah, je ne sais pas…avoua-t-il. Le temps défile de plus en plus vite, en plus, je ne suis même pas certaine que tu sois pourvue de magie…même si tu es une lycanthrope.

Yasalyn trembla alors lorsqu’elle entendit ses mots, il savait la vérité sur elle.

- Néanmoins, je vais voir, d’abord vérifier que tu détiens quelques pouvoirs magiques, ce n’est pas donné à tout le temps ! Je reviens…

Il se leva donc, à la recherche d’un objet dans la pièce d’à côté. Lorsqu’il revint, il tenait entre ses mains un truc bizarroïde, composé de cercles et d’aiguilles de cuivres qui tournaient dans tous les sens.

- Je te présence le Détecteur de magie ! déclara-t-il fièrement. Ainsi, on va bien voir.
- Euh…ça fonctionne comment ce truc ? demanda Yasalyn, dubitative, en pointant l’objet, tandis que Rithrar s’assit.

Alors, il posa le Détecteur sur ses genoux, la flèche principale pointée sur lui, à cet instant, l’un des aiguilles en cuivre tourna, influencée par les ondes, orientée vers une certaine gradation.

- Personnellement, j’atteins les 145 sosurch, ce qui est un score très honorable !
- 145…Quoi ?!
- Sosurch, unité relative aux ondes magiques, en langage sylvestre, ça signifie « or », expliqua-t-il calmement. Me demande pas pourquoi, les anciens étaient des tarés.
- Et c’est quoi le maximum jamais répertorié ? demanda Yasalyn, curieuse.
- Je crois que c’est 167, en plus c’est Yûni qui détient ce record, répondit-il en se grattant le menton. La moyenne chez les gens s’élève à 98, mais il te faudra atteindre la barre des 100 pour conclure si tu as des pouvoirs, on ne va pas le tarder à le savoir !

Tout en souriant, il détourna la flèche, qu’il dirigea vers la jeune fille. Alors, l’incroyable se produit : l’aiguille indiqua les 176 sosurch ! Impressionné, l’enchanteur essuya les lunettes afin de vérifier qu’elles étaient bien propres, qu’il ne rêvait pas, puis en déduisit une erreur de la part du Détecteur.

- J’ai combien alors ?
- Je reviens, je vais en chercher un autre, je crois que celui là ne fonctionne plus aussi bien que lors de sa jeunesse.

Mais, même lorsqu’il prit un autre Détecteur, il continuait d’indiquer les 176 sosurch ! Décidemment…il dût se résigner à admettre qu’elle était extrêmement puissante au niveau magique, même si elle ne devait pas s’en rendre compte.

- Bon alors ! s’énerva Yasalyn.
- C’est d’accord, je te prends comme élève ! céda-t-il.


Quelques mois plus tard, Yasalyn demeurait à présent l’élève officiel de l’enchanteur Rithrar. Ce jour de pluie rude, la jeune fille, l’air plus mûre, était allongé par terre sur le ventre en train de lire un livre relatant des formules magiques en langage sylvestre. Elle y était totalement plongée… Puis, la porte s’ouvrit, et une silhouette entra et se décapuchonna à l’entrée après avoir bien refermé afin que la pluie ne s’infiltre, il faisait déjà assez froid et humide comme ça.

- Tu n’y es pas allé mollo sur ta vengeance en question ! s’exclama Rithrar en s’asseyant dans un fauteuil, observant Yasalyn.
- Ah, vous parlez de ces deux monstres qui m’ont violé ? Et bah dis donc, les nouvelles vont vite en ville !
- Tu es certaine que tes gestes étaient les meilleurs ? Tout de même… On les a retrouvés ligotés à des arbres comme des saucissons, ils n’avaient plus de dents, troués de partout, en plus, tu leur as même coupé les…
- Ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient ! l’interrompit Yasalyn, un immense sourire aux lèvres. A présent, je suis soulagée, je dois l’avouer.

Son maître soupira en se prenant la tête.

- Il faudra que tu apprennes qu’il n’est pas nécessaire de faire subir pire aux personnes qui t’ont porté atteinte, en tout cas, pas jusqu’au meurtre… La seule vengeance où je peux admettre que assassiner est la solution, c’est lorsqu’on tue la personne qui t’est la plus chère, mais rien d’autre.
- La personne qui m’est la plus chère, c’est moi-même, alors, le problème ne se pose plus ! répliqua la jeune fille en refermant son livre d’un geste sec.

Rithrar eut un léger sourire en remuant la tête, amusé par le comportement de son élève.

- Bon, j’aimerai que tu me montres ce que tu as appris depuis les mois derniers, déclara-t-il.

Yasalyn tira alors une mine dépitée, elle redoutait cela.

- Obligée… ? demanda-t-elle d’une voix faible en se redressant.
- Oui ! Allez hop ! Prépare moi de l’eau chaude, rien qu’avec la magie, tu ne dois pas faire un pas ! réclama-t-il.
- Quoi ?! Mais c’est déjà vachement balèze pour mon niveau ! s’indigna-t-elle.
- Je sais que tu en es capable, tu es une fille très douée !

Elle ne rougit que très légèrement avant de prononcer sa formule.

- O uot sonaruo somthèlèk…

Alors, une petite bassine posée sur la commode se mit à léviter dans les airs, fut plongée dans un tonneau dans un coin de la pièce contenant de l’eau, puis, fut posée sur le feu dans la cheminée. Lorsqu’elle fut assez chaude, un bol vola dans les airs et prit un peu d’eau contenue dans la bassine pour ensuite venir se placer entre les mains trempées de Rithrar.

- Bien, c’est remarquable pour seulement trois mois d’entraînement ! s’exclama l’enchanteur. D’ici quelques années, tu seras sûrement capable de faire apparaître la fameuse Grande Prêtresse !
- Cela m’étonnerait, ce sortilège n’est à la portée d’aucun magicien, même le plus puissant qu’il soit, dit alors Yasalyn, complimentée.
- Néanmoins, reprit l’enchanteur, je suis fier de mon élève ! Ceci dit, je te conseille de ne pas faire usage de la magie à l’extérieur de cette chaumière, sauf quand je t’y autorise et en cas de grosse nécessité, comme un poireau garou ou…
- Maître, vous repartez dans vos délires de monstres impossibles…soupira Yasalyn, désespérée. Les gens du village doivent véritablement vous prendre pour un fou.
- Certes, et cela dure depuis des dizaines d’années, oh ! Puis là n’est pas la question, si je suis taré ou pas !

Dans un petit rictus, Yasalyn étouffait un léger « Vous l’êtes » avant que Rithrar ne reprenne la parole.

- Pour te féliciter de tes efforts que tu fournis depuis des mois, je t’ai acheté un présent…

Alors, il sortit de sa besace mouillée par la pluie un grand coffret de bois qui intrigua fortement la jeune fille, impatiente qu’il dévoile son contenu.

- Bon, j’ai constaté ton style de mouvements au combat durant nos entraînements, et j’ai donc là, pour toi, l’arme la plus adaptée à tes actions, souvent très rapides et feintes.

A ce moment, il ouvrit délicatement le couvercle, faisant découvrir deux beaux poignards luisants, neufs, reflétant à la perfection les flammes de l’âtre.

- Alors, qu’est ce que tu en dis ? demanda l’enchanteur en attendant des remerciements. Ils sont beaux, n’est ce pas ? Alala, par contre, qu’est qu’ils étaient chers, j’ai dû y laisser toutes mes économies du mois dernier ! rajouta-t-il sur une voix de désolation. C’est encore Yûni qui va me hurler dessus en répétant que je suis trop dépensier !

N’ayant pas pris en compte la dernière lamentation de son maître, Yasalyn prit avec soin l’un des deux couteaux, émerveillée.

- M…merci…prononça-t-elle.

Alors, Rithrar écarquilla les yeux, c’était peut-être la première fois qu’il l’entendait dire ce mot, et peut-être la dernière. Amusé et ému, il caressa la tête de son élève avec affection.
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 6 Nov - 1:28

Partie 5


La scène suivante se déroulait quelques années plus tard, toujours dans la cabane de Rithrar, tandis que Yasalyn, seize ans révolus, continuait à lire de la même manière qu’autrefois, c'est-à-dire allongée à plat ventre sur le sol, l’enchanteur préparait le dîner dans sa marmite. Déjà, il semblait plus vieux, sûrement à cause de l’invasion de quelques cheveux blancs parmi les roux, du fait que son bouc se ternissait et de l’apparition de quelques rides, notamment des poches sous ses yeux ambrés. De plus, l’ambiance de la salle demeurait tendue…

- Quand j’y repense, tu as agi en imbécile…soupira Rithrar en coupant les carottes en rondelles et qui tombèrent une à une dans la marmite.
- Vous vous rendez compte tout de même que cela fait à présent trois heures que vous répètez le même refrain ? demanda Yasalyn sans détacher les yeux de sa lecture, ses jambes nues balançant d’avant en arrière.
- Mais quand même ! s’exclama-t-il. Tu n’auras jamais dû m’accompagner, sauf si tu avais évité de te bourrer, à la limite de la perte de conscience, et que tu n’avais pas séduit la totalité de la gente masculine de l’auberge, moi compris ! En plus, après tu avais disparue, sûrement partir te réfugier sous les draps d’un homme, et j’ai dû annuler mon rendez vous avec un autre sorcier juste pour te retrouver en train de picoler à nouveau ! C’est vraiment un comportement infantile, indigne d’une magicienne !

Ne tentant même pas de démentir contre les accusations de son maître, Yasalyn se contenta juste de soupirer.

- Rolala, si on ne peut même plus s’amuser…
- Je crois que nous n’avons pas la même notion du terme « s’amuser »…Yasalyn, quand vas-tu donc mûrir… ?
- Je profite du fait que je sois libre, plus à la botte de personne, et que je sois encore jeune et charmante !
Rithrar étouffa un petit rire nerveux en balançant le reste des carottes dans l’eau.
- Jeune et charmante, sans aucun doute, tu l’es, et le restera sûrement longtemps, avoua-t-il, mais je te rappelle que, tant que je reste ton maître, tu me dois respect et obéissance, sinon, je te renierais et tu ne seras plus sous mon aile. Est-ce bien compris… ?
- Bof, le chapitre « respect et obéissance » ne m’inspire pas trop à vrai dire… déclara-t-elle franchement en refermant son livre, après qu’elle se soit levé.

L’enchanteur posa alors son couteau de cuisine et se retourna vers son élève, les bras croisés.

- Tu sais pertinemment bien qu’entre nous deux, c’est moi le plus fort, dit-il alors sûr de lui. Pourquoi donc me chercher des noises ?
- Parce que les temps changent, maître, vous devez le savoir, siffla la jeune femme. A mon avis, je vous surpasse à présent…

Rithrar soupira, gêné par cette proposition de combat.

- Je ne sais pas si c’est une excellente idée, mon ventre réclame pitance, et puis je suis fatigué. Mais bon, au moins, ça te donnera une infime chance de gagner…

En disant ces mots, un sourire plutôt jeune se dessina sur ses lèvres, tandis qu’il rajustait sur son nez ses lunettes carrées.

- Bon, bah qu’attends-tu ? Que des vermisseaux à dents tombent du ciel ? Frappe-moi, donne-moi un coup.

D’un sourire pas tellement rassurant, Yasalyn n’attendait que cela, prouver à son maître qu’elle était devenue forte et puissante, supérieure à lui. Soudainement, elle leva son poing et le mena avec une vitesse fulgurante vers le visage de son maître, mais étonnement, elle se reçut son propre poing ! Effectivement, Rithrar avait prononcé une incantation qui donnait les effets des coups sur son corps à l’adversaire, un sortilège extrêmement puissant, dont l’usage n’est possible qu’une seule fois par jour. Alors, Yasalyn bougonna des jurons, mais son expression changea radicalement, tout comme celle de son maître, qui regretta tout à coup d’avoir utilisé tout de suite ce sortilège. La jeune femme se releva, les yeux menaçants et agressifs, un filet de sang coulant sur ses lèvres : c’était trop tard, sa langue avait touché le sang… A présent, Rithrar n’avait d’autre choix que de se défendre, en cas de défaite, c’était sa mort qu’il signait.

« Il t’a cherché, et tu vas vraiment le laisser faire ? Allez tue le ! »

Sans même attendre une seconde de plus, Yasalyn dégaina ses poignards qu’elle gardait toujours sur soi, elle commença à enchaîner une parade d’attaque. Rithrar, qui les évita de peu, profita que son bras soit à découvert pour lui lancer un sortilège, qui le glaça. Mais alors, sans même prononcer d’incantation, la glace se mit à fondre, et un cercle de feu les avait entouré : il était piégé. Néanmoins, il n’avait aucune envie de faire du mal à son élève adorée, il désirait simplement la neutraliser, mais cela paraissait impossible, sa force était intensément amplifiée par sa nature de lycanthrope. Il réfléchissait tout en évitant les attaques de Yasalyn, qui s’énervait de plus en plus. Il avait beau essayé de la paralyser temporairement ou de se dissiper à ses yeux, aucun de ses sorts ne fonctionna, aucun effet. Alors, le sorcier murmura à nouveau une formule, et un profond trou se forma sous les pas de Yasalyn, mais, à sa plus grande surprise, elle ne se déroba pas, comme marchant sur un sol invisible, elle s’en écarta. Ce fut une seconde d’étonnement de trop, le poignard de Yasalyn lui ouvrit le ventre. Les yeux révulsés, le souffle coupé, un flot de sang et d’organes déversé de son ventre, il tomba à genoux avant de s’affaler totalement sur le sol. Mais, c’est à ce moment que Yasalyn reprit ses esprits, le cercle de flammes s’évanouissant sur le sol. Alors, elle regarda sa dague pleine de sang et la jeta à terre comme dégoûtée, la mine terrifiée et blême. Puis, elle s’agenouilla auprès de son maître agonisant sur le sol par sa faute.

- Yasalyn…murmura-t-il tandis que du sang sortait de sa bouche.
- Ne…ne parlez pas, par pitié ! s’exclama la jeune femme dans tous ces états. Je…je vais vous soigner ! Ot uot uorophsoph soggéph…

Malgré son sort de soin, le ventre de Rithrar ne fut pas rétabli, la blessure était beaucoup trop importante et profonde pour que l’on puisse la guérir avec un simple sort de soin.

- Yasalyn…écoute-moi…

Alors, elle reporta son attention sur lui, les mains pleines de sang, les larmes commençant à affluer au niveau de ses yeux. Il la regarda néanmoins avec un sourire sur les lèvres.

- Je suis…tellement heureux…de t’avoir eu en temps…qu’élève… dit-il alors en prenant délicatement les doigts froids et tremblants de Yasalyn.
- Et moi en temps que maître, Rithrar, répondit-elle, à présent pleurant à chaudes larmes. Mais je vous en prie…ne…ne parlez pas ainsi ! Nous allons continuer à vivre ensemble ! On s’amusera encore ! Vous verrez ! On partira à nouveau à la recherche de vos drôles de bêtes, ensemble, on continuera à passer nos journées sur le fait que nous avons fait brûlé une partie de la forêt et puis, on passera nos soirées auprès du feu en discutant magie et combat, tout en sirotant une bonne tisane… Pensez à Yûni ! Ce qu’elle te dira si je lui annonce que vous êtes partis !
- Peu m’importe Yûni…dit-il alors en touchant le visage ruisselant de larmes de Yasalyn. Durant…ces années, pour moi…tu as été comme…une fille, la mienne…

Mais, le silence se fit tout à coup, et les doigts de Rithrar tombèrent sur le sol avec fracas, comme la note finale d’un morceau de musique. Refusant d’admettre ce qui venait de se produire devant ses yeux, Yasalyn, lèvres tremblantes et mouillées, fixa le visage sans vie dans son maître, qui venait de fermer ses yeux afin de libérer son dernier souffle. Elle se recroquevilla sur sa poitrine en tenant fermement ses habits entre ses doigts.

- Rithrar…l’appelait-elle dans un sanglot. Rithrar…Rithrar !!

Alors, un horrible hurlement déchira le silence pesant à cause de la mort : Yasalyn venait elle-même d’assassiner la personne qui lui était la plus chère, son maître, son deuxième père…
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 6 Nov - 1:28

Partie 6 (et oui ! on y arrive à présent aux 6parties!)



Plus tard, elle se retrouva chez Yûni, qui la consolait de son possible, lui apportant une potion réconfortante toutes les dix minutes. Dans l’intimité, elles venaient d’enterrer Rithrar dans un coin de la forêt, sous l’ombre d’un grand tilleul, lui ayant donné les dernières offrandes et bénédictions. Yasalyn y avait veillé toute la soirée en retenant ses larmes, et la nuit venue, Yûni l’avait forcée à rentrer.

- Mais je vous ai déjà dit que je n’en voulais plus de votre satané tisane ! s’écria la jeune femme, agacée.
- Oh puis, comme tu voudras. Je n’essaie que de te remonter le moral, il ne faut pas t’enterrer avec les morts, dit-elle alors en se retournant vers elle.
- Parce que vous, sa mort ne vous touche pas ?! s’exclama-t-elle, entre l’indignation et la rage.
- Si bien sûr, il s’agissait d’un grand ami pour moi, répondit la sorcière, avec j’échangeais beaucoup d’informations sur la magie. Je le connaissais depuis déjà vingt-huit années, je l’aimais beaucoup cet homme. Et puis, il était totalement déluré ! Ca me mettait de la joie dans la vie de tous les jours. Mais bon, étant une apothnescaroucienne, je suis capable de parler avec les morts, alors, je pourrais lui donner mes nouvelles.

Avec une rapidité époustouflante, Yasalyn se précipita sur Yûni qui ne bougea pas d’un pouce.

- Transmettez ce don d’apothnescaroucien ! insista-t-elle. Je voudrais lui parler une dernière fois, rien qu’une fois.
- Pas besoin, j’ai un objet qui nous permettra de le voir quelques instants, reprit la sorcière en remuant mollement la main levée. Mais pour cela, il faut que tes pouvoirs soient suffisamment puissants, qu’ils soient au delà de la barre des 150 sosurch, ce qui équivaut à 1% de la population de ce monde. Sais-tu donc à combien s’élève ta magie ?

La jeune femme remua la tête négativement.

- Je n’en sais rien…avoua-t-elle d’une petite voix. Rithrar me l’a toujours caché dès le premier jour où je l’ai rencontré, et pour pas que j’en sois au courant, il m’a toujours mis les Détecteurs de magie hors de portée.
- Moi, je sais, il me l’a dit un jour, je voulais juste savoir si toi-même connaissait ta puissance au niveau magique.
- Alors, qu’attendez-vous pour me le dire !? s’exclama Yasalyn, impatiente.

Les lèvres de Yûni s’étirèrent en un rictus amusé avant de lui dévoiler la vérité.

- 176 sosurch, c’est le plus haut score jamais obtenu, tu me surpasses moi-même…
- Donc, je peux le voir ?! demanda-t-elle, un peu excitée, comme si son score en lui-même ne représentait que très peu d’intérêt.
- On va essayer…

Elles se dirigèrent alors vers le carré de sable fin, installé dans un coin de la pièce, puis Yûni traça des formes et arabesques avec son long doigt fin à l’ongle verni de noir, tandis que Yasalyn observait avec attention. Elle était si heureuse : elle allait revoir son maître quelques instants, juste pour lui dire ses véritables adieux. Lorsqu’elle eut terminé de dessiner, la sorcière demanda à la jeune femme de s’installer au milieu du carré, ce qu’elle fit sans broncher. Puis, Yûni prononça une incantation, et à ce moment, une sorte de spectre se matérialisa devant leurs yeux, prenant peu à peu la forme de Rithrar.

- Maître ! s’exclama Yasalyn toute heureuse.
- Re-bienvenue chez les vivants mon cher ! dit alors Yûni, qui elle pouvait le voir sans même avoir recours au sable magique, même si celui-ci amplifiait son pouvoir.
- Oh, mais qui vois-je ! s’étonna-t-il lui-même. Yûni et Yasalyn ! Quelle joie de vous revoir ! Dans qu’en est donc la raison ?
- Ton élève désirait te parler une dernière fois…répondit alors la sorcière avant même que Yasalyn n’ait pu prononcer un seul mot.

Alors, le fantôme se retourna vers la jeune femme dont le cœur battait à tout rompre dans sa poitrine.

- Je vois…
- Bon, bah je vous laisse parler entre vous ! dit alors Yûni en frappant dans ses mains. Tu ne revoudrais pas une tisane Yasalyn par hasard ?
- Quand je vous dis non, c’est non ! Vous êtes sourde dingue ou quoi ?!

Tandis que le spectre de Rithrar éclata de rire, réchauffant le cœur de la jeune femme, la sorcière sortit de la pièce en bougonnant, préférant regagner ses sous-sols adorés.

- Comment allez-vous maître ? demanda Yasalyn en souriant sincèrement.
- Le vie est belle…enfin ! La mort est plus belle qu’on ne pourrait le penser, même si je regrette amèrement mon départ soudain. Je n’ai même pas pu terminer ma théorie sur la magie chez les castors des arbres !
- Communément, maître, on appelle cela des écureuils ! corrigea Yasalyn en riant.
- Mouais, ça revient au même…bref…tu voulais me dire quelque chose en particulier ?
- C’est exact…

Une boule se bloqua dans sa gorge, elle avait du mal à choisir ses mots.

- Vous vous souvenez, maître, lorsque j’étais plus jeune, le jour où vous m’avez offert ces poignards, débuta-t-elle d’une voix un peu coincée, vous m’aviez parlé des différentes manières de se venger.
- Effectivement…répondit le spectre en se grattant le menton.
- « La seule vengeance où je peux admettre que assassiner est la solution, c’est lorsqu’on tue la personne qui t’est la plus chère, mais rien d’autre. » Voici mot pour mot ce que vous m’aviez, ils ont toujours été gravés au feu dans ma tête. Et alors, je constate à présent, que la personne qui m’était la plus chère n’était que vous… Mais, c’est moi qui vous ait tué, et mettre fin à mes jours ne servira à rien, j’ai encore des choses à vivre, et puis, je ne veux pas vous causer de peine alors que vous m’aviez sauvé étant gamine. Alors voici ce que je me suis promis, mon but pour l’avenir : me venger contre la mort elle-même, qui vous a dérobé !

Un sourire amusé apparut sur le visage à moitié opaque du magicien.

- Tu désires devenir immortelle ? demanda-t-il.
- Par forcement, mais je veux prouver que je suis plus forte à n’importe qui, et que je surpasserai même la mort ! continua Yasalyn, qui commençait à s’emporter. Je vais lui faire un pied de nez comme je sais remarquablement bien les faire, vous les connaissez fort bien ! Et alors, ce jour, je serais véritablement heureuse, je saurai que je suis plus puissante que ce qui vous a tué ! Vous serez fier de moi, vous verrez !!

Même si elle était heureuse à ce moment là, une larme unique coula sur sa joue. Rithrar, touché par ses mots, sourit en remuant la tête.

- Toujours aussi déterminée, ma petite Yasalyn…constata-t-il, content de le remarquer.
- Je fais ça pour vous maître, vous m’avez appris la valeur de chaque chose, chaque parcelle du monde, vous avez su m’apprendre la magie et tout le savoir qu’il était possible m’emmagasiner pour une petite fille, et puis, vous m’avez enseigné le fait qu’il ne faut jamais abandonner ses efforts.
- Mon enseignement a porté ses fruits, je suis soulagé…soupira-t-il alors. Mais, en échange, promets-moi quelque chose…

Subitement, le sourire de Yasalyn s’évanouit, elle ne s’attendait guère à ce qu’il lui demande cela.

- Ne fais usage de la magie que lorsque les personnes que tu aimes sont en danger…promets-le moi.
- Je vous le promets, maître…
- Il me faut à présent te quitter, Yasalyn. Porte toi bien…
- Ne vous inquiétez pas pour moi ! Oh et puis !
- Oui ?
- Il fallait que je vous dise…

Elle réfléchit deux secondes avant de lancer ses mots.

- Avant de mourir, vous m’aviez dit que j’étais comme votre fille pour vous, à présent, il faut que je vous avoue également que…je vous considérais comme mon père…

Rithrar parut ému par ses paroles, et quant à Yasalyn, avoir dit ça l’avait déstabilisé, une seconde larme perla sur sa peau.

- Merci Yasalyn, je ne t’oublierai jamais.
- Moi non plus…maître…

Dans un dernier sourire éternel, la masse fantomatique se dissipa aussi vite qu’elle était apparue, tandis que Yasalyn restait seule, tremblante, consciente qu’à présent, elle ne le reverrait plus jamais…mais elle lui avait dit tout ce qu’elle avait sur le cœur en quelques minutes à peine, et cela la soulageait, elle se sentait fière d’elle. La porte s’ouvrit, et Yûni pénétra dans la pièce, un pot en cristal à la main.

- Yasalyn ?
- Non, je ne veux pas de tisane !!

A cet instant, la vision s’évanouit, la sorcière enlevait les souvenirs de Yasalyn…
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Ven 23 Nov - 23:15

Walà walà! Je l'ai fini!!
Vivement la suite!!

C'est triste pour Yasalyn, l'est pas chanceuse la ch'tite! Sad

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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Ven 23 Nov - 23:16

Rah ? J'avais pas encore mit de coms -___-" !

Alors la Naine à quand la suite ? XD

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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Lun 26 Nov - 20:24

Mirci vous deux ! ^^

(le prochain qui m'appelle encore la Naine, je lui livre un yéti de 10m de haut dans l'arène, pigé ? Twisted Evil )
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mar 27 Nov - 18:11

(j'ai encore rien dans l'arène, je peux??? afro )

sa y est, je viens de finir!!!c'est génial...mais tu nous laisses un peu sur notre faim!!(comme toujours quoi!!)
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Mer 28 Nov - 21:43

VOus devriez avoir l'habitude à présent, non ? Cool
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Ven 30 Nov - 21:03

Oui effectivement, quand tu l'auras éditer, au moins ont aura tout d'un coup...

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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Dim 2 Déc - 21:14

Et non, vous n'aurez pas le 2ème tome !
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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Lun 3 Déc - 12:10

Non, je ne voulais pas parler du second tome même si je sais que tu ne le postera pas pour qu'on viennent le lire avant édition... ^^. Je voulais dire que quand le premier tome de la FdM sera éditer, on aura tout d'un coup.

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MessageSujet: Re: Chapitre 40 [La Jeune Fille]   Lun 3 Déc - 20:30

J'ai bien compris
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Chapitre 40 [La Jeune Fille]

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