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| | | Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] | |
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Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Mer 31 Oct - 21:46 | |
| Chapitre 39 Partie 1Le caillou lancé mollement dans le feu produit une vive remontée d’étincelles au sein du feu crépitant, seule lumière des alentours de cette sombre forêt, dégageant une agréable chaleur dans cette fraîche nuit qui s’annonçait. Tout en soupirant longuement, Naid, assis par terre, tomba en arrière, se rattrapant de ses bras, son regard fixé sur les braises aux couleurs vives, se reflétant dans ses yeux pas encore habités par la fatigue. Quant à moi, redressée, je jetai un regard quelque peu attendri derrière moi, également installée devant le feu, à côté de mon frère. Astiran, toujours un peu malade, s’était lourdement endormi comme un enfant, allongé juste dans mon dos, je lui tenais, le regard bienveillant, sa main, moins chaude qu’à l’habitude, pour cause, sa maladie. Malgré cela, je savais qu’il se rétablirait bien vite et cela m’enchantait. Dressant la tête afin de voir plus loin, Floïn, était en train de recouvrir Hydnée, endormie, ses poings d’enfants serrés contre son cou, d’une couverture afin qu’elle puisse avoir un peu plus chaud, tout en souriant, attendrie et soulagée par rapport ce que l’on venait de traverser. Puis, ensuite, elle se leva et s’approcha de nous, s’asseyant entre moi et mon frère en fixant le feu en soupirant. - Je suis apaisée…avoua-t-elle. - Moi aussi, répondis-je alors en griffonnant une forme grossière sur la terre avec mon doigt. J’ai eu tellement peur, mais heureusement, tout est redevenu normal. - Pas tout à fait…murmura Floïn en fermant les yeux, ramenant ses genoux contre sa poitrine. Hydnée est à présent dotée d’un nouveau pouvoir et surtout, une âme a été libérée de l’emprise de l’éternité. Après l’avoir soupesé, Naid lança un second caillou dans les braises, dégageant à nouveau un feu d’artifice d’étincelles orangées. - Ce n’en est qu’une…fit-il remarquer en se frottant la joue d’un geste lent. Il en reste des milliers, peut-être des millions… - Insinuerais-tu que ce ne soit pas important ce qui s’est produit cet après-midi ? lui demanda Floïn, un grand sourire aux lèvres, en tournant sa tête vers lui. Gêné, se rendant compte de l’insinuation qu’il venait de prononcer sans le vouloir, Naid rougit. - Non non ! essaya-t-il de se reprendre. Je n’ai jamais voulu dire cela ! Au contraire ! Mais, Floïn continuait de lui sourire. Depuis cet évènement au temple, je la trouvais vraiment étrange, changée, pas en mal, mais elle n’était plus comme avant. Désormais me regardait-elle avec un regard bienveillant, comme si elle me connaissait depuis toujours. - Ainsi, cela te gêne toujours que les personnes croient autre chose que ce que tu as voulu dire… ? continua-t-elle en fixant mon frère, se balançant légèrement d’avant en arrière. Naid, étonné, ouvrit les yeux écarquillés. - Com…comment savez-vous cela… ?! bégailla-t-il. - Je te connais mieux que quiconque, tu le sais bien ! continua-t-elle alors. Au fond de moi, je me mis à trembler : je connaissais cette phrase, nombre de fois l’avais-je entendue il y a bien des années de cela. Alors, je continuai de fixer Floïn, étonnée, tandis que Naid semblait encore plus surpris que moi par rapport à ce qu’elle venait de lui dire. - Mais…euh…vous ne me connaissez que depuis quelques jours…vous êtes sûre que vous allez bien… ? demanda Naid, un peu inquiet. Alors, elle se mit à rire de bon cœur, mais pas trop fort afin de ne pas réveiller Astiran et Hydnée, sous notre regard encore plus surpris. - Non, rassure toi Naid, je n’ai aucune fièvre, répondit-elle son regard regagnant les flammes du feu crépitant. Mais mon frère ne paraissait pas autant convaincu pour autant, son regard venait radicalement de changer, de l’expression de surprise à celle de la méfiance. Lentement, sans détacher cependant son attention de Floïn, il se leva, la lumière braisée du feu éclairait son côté droit lui donnant comme une impression de puissance, nous dominant ainsi debout. Plissant ses yeux, il continuait de fixer Floïn qui n’avait comme simple réponse un sincère sourire aux lèvres. - Qui êtes vous… ? demanda-t-il alors, l’air grave et sérieux. Il ne s’agit pas de la descendante de Tiama qui figure devant nous… Un rictus amusé mais néanmoins attendri apparut sur le visage de la femme. - Dans tous les cas, Naid, tu as toujours ce talent de tout remarquer avant qu’on te l’ait dit… continua-t-elle en fermant les yeux. Dans ce cas, mes suppositions se révélaient vraies, Floïn était temporairement habitée par quelqu’un d’autre, mais visiblement, qui ne nous voulait aucun mal. S’agissait-il de l’âme libérée qui devait prendre une enveloppe corporelle afin de pouvoir sortir du temple maudit ? Mon hypothèse devait s’avérer vraie, à vrai dire, aucune autre solution ne me frôla l’esprit mis à part celle-ci. - …tu tiens véritablement cela de ton père…acheva-t-elle en rouvrant les yeux qu’elle plongea dans l’obscurité. A peine prononça-t-elle ses mots que mon cœur fit un énorme bond dans ma poitrine, mais j’aperçus également le visage de Naid qui blêmissait à vu d’œil, comme n’en croyant pas ses oreilles. Je connaissais bien cette phrase, et si je croyais vraiment à l’identité de cette âme, c’était donc pour cela qu’elle me paraissait si familière… -…ma…maman ? bredouilla Naid, surpris, les mains tremblantes. Alors, elle étouffa un léger rire avant de déclarer d’une voix faible : - Je suis démasquée… - Maman ! m’exclamai-je en la regardant attentivement, le cœur battant à tout rompre, presque les larmes aux yeux. Certes, il était remarquable, ce regard si conciliant, si doux, celui d’une mère, de la nôtre… Elle avait ce ton particulier dans sa voix qui avait le don d’apaiser notre esprit. A présent, je n’arrivai même plus à me calmer, j’étais en même temps perdue, heureuse et triste. Alors, elle tourna ses yeux vers moi, et des larmes vinrent humidifier mes yeux. Je ne cessai de m’approcher d’elle, tandis que Naid restait immobile en la fixant, telle une statue de marbre. Puis, dans le silence de la nuit, je levai une main vers elle afin de la toucher, mais la sienne m’intercepta avant que je ne touche son visage. - A quoi bon…soupira-t-elle. Ce n’est pas mon corps, ici n’est présent que mon esprit. - Mais…maman, bafouillai-je en tremblant, comment se fait-il…pourquoi… -…je suis là ? termina-t-elle ma phrase tandis que Naid s’assit devant elle, dos au feu. C’est simple, grâce à Hydnée, mon âme a été libérée de la mission qui m’enfermait. Alors, elle leva la tête vers le ciel étoilé, son cou éclairé par la vive lumière du feu. Ainsi, Floïn venait de servir de réceptacle pour l’âme de ma mère… - Mais, pourquoi ton âme n’a pas rejoint le Royaume des Morts, maman ? demanda Naid qui lui prit l’autre main, d’un voix qui laissait paraître de l’émotion. - Une mission ? m’étonnai-je au même moment. - Exactement…mais tout cela était prévu…depuis le début, avant même votre naissance… Ma gorge se serra en entendant ses mots, depuis longtemps ma mère était contrainte de connaître cet horrible destin, et jamais elle ne nous l’a laissé paraître. Même mon frère, capable de tout deviner dès son plus jeune âge, n’avait absolument rien remarqué d’étrange dans son comportement. - Je ne comprends toujours pas, maman…continuai-je. De quelle mission parles-tu ? Pourquoi ne reposes-tu pas en paix ? Pourquoi… ? Mais mon dernier mot n’atteint pas les frontières de mes lèvres, ma voix dérailla tellement j’étais troublée. Alors, elle baissa son regard tendre vers moi, semblant compatir ce que je ressentais en ce moment même. - J’aurais dû un jour te l’avouer lors de ton enfance, dit-elle alors, remuant à peine sa bouche. Depuis le début, j’étais au courant de ta véritable identité, que tu étais une déesse, la fille de Dorina en réalité. Mais, je devais tenir ma langue et, de ce fait, ne rien t’avouer… Tout devint flou dans mon esprit…pourquoi ne devait-elle rien me dire…tant de questions demeuraient sans réponse au sein de ma tête. - Tu…tu savais… ? - J’ai honte de le dire comme cela, mais j’étais complice depuis le début, continua-t-elle une faible voix. - Que veux-tu dire par « complice » ? demanda Naid en lui caressant la main. Après quelques secondes de silence durant lesquelles son regard honteux se balada de parts et d’autres aux alentours, elle avoua tout : - C’est Dorina qui m’a tout dit… Il y a de cela plus de vingt deux ans à présent, elle est venue me voir et m’a exposé son projet : elle m’avait choisie afin je mette un enfant au monde qui en fait serait le sien. En quelque sorte, qu’il lui soit offert, qu’il devienne un dieu… Par quelle magie inconnue et divine donnerait-elle ses dons et ce futur enfant, néanmoins, je demeurerais sa mère, et son père serait véritablement le sien. Je ne sus ses sincères intentions mais n’eus d’autre choix que d’accepter sa requête… C’est ainsi que neuf mois plus tard je te mis au monde…Diphtil… Immobiles, nous avalions littéralement ses paroles, bouche bée, des révélations qui furent pour moi tout sauf supportable. Une part de moi-même refusait d’admettre la vérité que j’entendais, que j’allais entendre, je m’attendais au pire… - Pour cette raison n’est-tu pas comme tous les Neltiads, car une partie de toi provient de Dorina, ainsi ne possèdes-tu pas de signes sur les bras, mais un sur le front. Je sais bien que mes paroles t’inquiètent, mais ne t’en fais pas : ton père l’est véritablement et tu gardes en toi une partie de moi, sinon, comment tes cheveux auraient-ils pris une telle couleur ? Elle laissa flotter un moment de silence, nous donnant un instant d’opportunité pour poser nos questions. Pour ma part, l’une, évidente, tournait en particulier dans ma tête, mais, même en concentrant tout mon courage, je ne réussis pas à la prononcer. Par chance, et quel fut mon soulagement, c’est exactement celle que Naid demanda. - Mais…pourquoi toi en particulier ? Tu représentais quelqu’un de particulier… ? - Figure toi que je n’en sais pas plus que toi…répondit-elle en frottant un morceau de terre friable entre ses doigts. Dorina n’a que rarement répondu à ce que je lui demandai, je devais me plier à ses volontés… - Je change un peu de sujet, mais quelque chose me trouble…continua Naid, les yeux plissés vers notre mère. Un épisode me torture depuis des années : ce jour durant lequel chacun de nous a été séparé des autres. Tous les trois dans la chaumière en feu, tu nous as ordonné de partir vite, de fuir d’ici afin de sauver nos vies, et nous sommes à présent rescapés. Mais…pourquoi n’as-tu pas fui en même temps que nous ? Pourquoi n’être pas sortie également alors que tu savais qu’en restant ici, tu perdrais ta vie ? Elle baissa le regard, dépitée, tandis que Naid continuait à parler : - Pendant longtemps, j’ai cru que tu avais peur de finir entre les mains de ces humains, asservie à l’état d’esclave, mais…malgré cela, je me suis dit que cette mère si enthousiaste, dotée de telle envie de vivre, ne pouvait pas lâcher prise si facilement… Alors, s’il te plait maman, réponds moi sincèrement… Au début, elle resta silencieuse, préparant ses prochains mots avec minutie, puis, lorsque le moment fut venu, elle leva sa tête vers Naid avec un faible sourire. - Ne fais aucun reproche, il doit certainement avoir une raison, mais, lorsque nous nous sommes réfugiés au fond de la chaumière, il y a maintenant onze années, Dorina m’a murmuré à l’oreille : « Laisse les partir sans toi… » C’est ce qu’elle m’a dit… J’en suis certaine, il y a une raison valable, peut-être que, si j’étais restée en vie, nous n’aurions pas été séparés et que les choses ne se seraient pas déroulées comme il l’aurait fallu. Tu n’aurais pas rencontré Elaeis, et de ce fait sa fille et sa petite fille, quant à Diphtil, le nom d’Astiran ne lui aurait jamais rien dit, un parfait inconnu. Déjà, sans ces deux éléments, on en serait loin à aujourd’hui… Un terrible dilemme se produit alors en moi : aurais-je préféré que ma mère continue à vivre et que je n’eusse jamais rencontré Astiran, ou alors les jours que je vivais actuellement me paraissaient les meilleurs ? Malgré cela, un sentiment de haine contre Dorina émergea en moi : elle avait joué avec la vie de ma mère… Mais, à ce moment surgit encore une énième question que je ne tardai pas à poser. - Comment se fait-il que tu connaisses tout cela, que nous connaissions Astiran, Elaeis et les autres, alors que ton âme errait, ne pouvant veiller sur nous… ? demandai-je alors. - A vrai dire, je vous ai croisé lors de votre périple, mais je crois que personne n’a fait attention à moi…répondit-elle alors. On avait croisé notre mère lors des derniers jours ? Comment… Décidemment, cela prenait forme, moult mystères que l’on résolvait un à un… Alors, elle continua à raconter, même si ces paroles semblaient n’avoir aucun rapport avec ce qu’elle venait d’affirmer. - Malgré être morte, Dorina m’a réservée un autre sort que celui de me diriger vers le Royaume des Morts, mais une fois encore je dus me résoudre à accepter ce qu’elle m’imposait. Durant onze longues années, je fus incarnée sous une autre forme et je dus rester veiller auprès d’une personne importante pour le destin de notre monde, il s’agissait de ma seconde mission. Ainsi, je l’ai surveillé pour son bien et l’ai fait suivre son destin, même si tragique soit-il, je me sentais coupable, mais je devais me résigner à continuer ce que je faisais, j’étais en partie responsable… Malgré cela, je savais que je vous rencontrerais un jour, malheureusement, je n’avais aucun moyen d’entrer en contact avec vous et ma mission m’obligeait à ne rien vous dévoiler avant la libération de mon âme. - Mais qui donc étais-tu ? Quand t’avons-nous croisé ? Et qui donc surveillais-tu ? s’emballa Naid, désireux de tout savoir d’un seul coup. |
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 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Mer 31 Oct - 21:51 | |
| Partie 2Alors, elle fit tourner sa tête sur ses épaules en regardant Naid en souriant. - Toi, tu ne m’as pas vu directement, répondit-elle en caressant sa main avec son pouce. Par contre, Diphtil – elle pivota son visage vers moi – m’a clairement vu, et m’a même parler à un moment… Ayant beau chercher dans toute ma mémoire datant des deux derniers mois, je ne trouvais rien… - Je ne vois pas…avouai-je en remuant négativement la tête. Alors, ses yeux se voulurent malicieux et mystérieux, heureuse de procurer une part d’ombre. - A Naralir, il n’y avait pas une présence qui rôdait autour de vous, qui épiait chacun de vos mouvements… ? Naid ne pouvait deviner, c’était le seul point que moi seule avais remarqué… - Le chat…murmurai-je alors d’une voix inaudible, comme une pensée prononcée tout haut. Effectivement, le chat tigré de Yasalyn m’avait paru tellement suspect durant mon séjour à Naralir. C’est lui qui m’avait guidé jusqu’au livre dissimulé au fin fond d’un étroit passage secret dont le secret n’avait toujours pas été percé. Celui qui figurait sur l’immense tableau suspendu au mur de l’escalier mais qui m’avait également montré quelque chose qui me serait sûrement utile pour la suite. Ainsi, il s’agissait en fait dans l’esprit de ma mère réincarné dans un autre corps, c’était donc pour cette raison qu’il m’avait si familier ! - Le chat…répétai-je pour moi-même. Ma mère ne répondit que par un simple remuement de tête, tandis que Naid paraissait un peu désorienté. - Le chat ? demanda-t-il. - Tu ne te rappelles donc pas ? m’étonnai-je en biaisant son visage vers lui. Ne l’as-tu jamais remarqué ? Le chat tigré qui errait un peu partout, surtout à la bibliothèque, celui qui était représenté dans les bras de Yasalyn sur l’immense portrait de l’escalier… - Ah oui ! s’exclama-t-il, ayant retrouvé une bribe de sa mémoire. Je m’en souviens à présent…mais alors… A nouveau, il se tourna vers ma mère, prête à affronter les autres questions qui allaient suivre. - …ta seconde mission consistait à surveiller la famille royale de Naralir ? demanda-t-il, le regard insistant. - Non, pas toute la famille, répondit-elle. Je me suis contentée de veiller sur la fille cadette… J’en étais certaine…il s’agissait bien de Yasalyn depuis le début… Mais, trop de coïncidences se percutaient d’après moi, notre rencontre avec elle n’était qu’à moitié du hasard, notre mère qui l’a surveille, mais également ancienne alliée de Sarïn. Je savais vraiment quel secret planait autour de cette fille, mais il devait être extrêmement important pour que Dorina place ma mère à Naralir afin de l’avoir sous les yeux… En entendant cela, Naid parut encore plus bouleversé que moi, lèvres entrouvertes, ses yeux écarquillés, interloqué. - Yasalyn ! s’exclama-t-il. Comment ça se fait !? Mais…attends…tu as dis il y a quelques minutes que tu devais « rester veiller auprès d’une personne importante pour le destin de notre monde » ! Qu’est ce que ça veut dire !? Qu’est ce qu’à voir Yasalyn dans tout ça ?! - Calme-toi Naid, je vais essayer de répondre de mon possible, le rassura notre mère en lui tapotant l’épaule, le regard doux. Mais elle savait bien que nous attendions impatiemment la réponse qu’elle allait nous donner. - Je ne dis jamais rien en l’air, déclara-t-elle alors. Cette fille, Yasalyn, n’est pas une personne anodine : elle va contribuer au bon fonctionnement du destin de notre monde. Comment, pourquoi, je n’en sais vraiment pas plus que vous. Ce que je suis sûre, c’est qu’elle cache en elle un immense pouvoir, plus puissant que n’importe qui, sauf les dieux ou la Sorcière des Sens. Dès l’âge de 8 ans apparurent ses pouvoirs de chremacoucienne : elle me comprenait aussi bien que n’importe qui quand je lui parlais, et en retour j’arrivais à concevoir ce qu’elle me disait. Mais je sais fort bien, pourtant, que ce n’est pas le seul qu’elle détient… Son grand père décédé était l’un des devins les plus réputés de ce monde, sa mère continent elle également des pouvoirs dont la puissance surpasse la plupart des petits magiciens, elle pourtant, j’ai bien l’impression qu’elle est encore plus forte que ses ancêtres. Son aura magique est immensément puissante, je n’ai jamais vu cela, de plus, son caractère est tout aussi prééminent, c’est vraiment impressionnant. Mais je crois qu’elle-même n’est pas au courant de la force magique qu’elle représente, cela ne tardera pas à se faire connaître à mon avis… Nous restâmes alors silencieux, tandis que le feu commençait lentement à s’éteindre, mais crépitant toujours comme un chat qui ronronne. Il est vrai que j’avais eu ce pressentiment concernant la puissance magique de Yasalyn, mais je n’imaginais pas à ce point là. Naid, fixant ma mère, parut tout d’un coup inquiet. - Comme tu étais le chat de Naralir jusqu’à aujourd’hui, tu as continué à rester là bas ! fit-il remarquer. Est-ce que Yasalyn est revenue chez ses parents ? Est-ce qu’elle va bien ? - Ne t’inquiète pas pour elle, le rassura notre mère, le regard bienveillant, elle va bien. Naid, soulagé, baissa la tête, yeux clos. - Tant mieux alors…murmura-t-il. - Elle est rentrée à Naralir en fin avril, elle paraissait dans tous ses états, mais elle était accompagnée d’un jeune couple d’humains qu’elle semblait déjà connaître. « Se peut-il qu’il s’agisse de Martyr et Jen ? » - Mais elle ne paraissait pas aussi vive qu’à l’habitude, continua ma mère, l’air grave. Son sourire se faisait de plus en plus rare, et elle passait son temps à s’enfermer dans sa chambre, interdisant l’entrée à tous, sauf à moi. Tous les soirs, en silence, dans son lit, elle pleurait… Lorsque je lui en ai demandé la cause, elle m’a répondu que quelqu’un lui manquait, mais que c’était entièrement de sa faute à elle. Elle fuit ce passé à présent, qui l’a fait souffrir, elle regrette ses actes, car elle se rend compte de tout ce qu’elle a perdu en échange. Naid… - elle lui caressa la main – elle se languit de ta présence… Elle a bien peur de ne plus jamais te revoir… J’ai eu beau la consoler, elle persiste à croire le contraire. Naid, blessé, détourna la tête, yeux fermés, un nœud dans la gorge. Je savais bien que lui aussi se demandait si un jour il pourrait la revoir à ses côtés et son absence le rongeait tout le temps, il l’aimait trop pour pouvoir l’oublier. Pour le rassurer et lui montrer que j’étais toujours là pour lui, je lui attrapai son autre main, grande et tiède aux longs doigts fins, une vertu remarquable chez un homme. Ainsi formait-on donc un triangle, tous trois, se tenant chacun la main de l’autre… - Je ne sais pas ce qu’il lui est arrivé après, continua ma mère. Elle a commencé à paraître en même temps inquiète et heureuse, soit elle errait dans la bibliothèque pour faire des recherches sans fin jusqu’à tard dans la nuit, soit elle parlait longuement avec son père, le roi, et son frère, le prince héritier. Je ne savais quel sujet ils abordaient, mais Yasalyn semblait bien décidée à les convaincre de je ne sais quoi… Puis, peu après, je ne la revis plus, d’ailleurs, il n’y avait presque plus personne aux château, mis à part la reine et quelques gardes, c’était vraiment désert… J’ai été libérée avant d’en savoir plus… - Je me demande bien ce qu’elle voulait savoir…songeais-je. - Quand Yasalyn cherche à connaître quelque chose, elle recourt à tous les moyens pour y parvenir, fit remarquer Naid. Ca devait être important pour elle, je ne sais pas. - Dans tous les cas, continuai-je, la question que je pose : que désire véritablement Dorina ? Elle t’utilise pour me mettre au monde, elle ordonne ensuite que tu meures afin que nos destins s’accomplissent et au final, elle veut que tu veilles sur Yasalyn, car elle juge qu’elle doit être surveillée. Mais…à donc quoi veut-elle arriver ?! (A partir de là, vous pouvez écouter la musique d'ambiance donnée à ce lien : http://ficsaielenna.forumactif.com/bonus-f51/chansons-d-ambiance-chapitre-39-t348.htm#9557)- Je n’en sais pas plus que vous, mes enfants, répondit notre mère à voix basse. - On peut même se demander si elle est vraiment de notre côté ! s’exclama Naid. - C’est vraiment un mystère cette déesse… Puis, songeuse, notre mère leva la tête vers le ciel nocturne étoilé. La lune gibbeuse venait d’atteindre l’hémistiche de la voûte céleste, et c’est alors qu’un étrange phénomène se produit : une vive lumière se produit autour d’elle, créant une grande aura blanche. - Maman ! - La Lune est à son zénith, dit-elle alors, d’une voix calme et apaisante. Je suis désolée de ne pas rester plus longtemps parmi vous… L’émotion me saisit la gorge, cette fois j’en avais la certitude : la dernière fois que je voyais ma mère… - Pourquoi…pourquoi…demandai-je les larmes aux yeux en lâchant sa main. - Je suis morte depuis longtemps, répondit-elle calmement. Je vais enfin rejoindre votre père. Alors, un spectre blanc se détacha du corps de Floïn, mais cette fois, il avait véritablement l’apparence de notre mère défunte. Elle n’avait pas du tout changé : des longs cheveux, une allure fine et gracieuse, son visage ovale et ses yeux doux. Lentement, elle commença à s’élever dans le ciel, alors, mon frère et moi nous nous levâmes, l’un contre l’autre en regard l’âme de notre mère qui s’éloignait. - N’oubliez pas que je vous aime, les enfants…nous dit-elle d’une voix résonnante. - Nous aussi, maman…lui répondit Naid. - De tout notre cœur…achevai-je tandis qu’une larme tomba sur ma joue, malgré mon sourire. - Et puis, même si je ne serais pas là, sachez que je veillerais toujours sur vous…toujours… Alors, d’un même geste, moi et mon frère hochâmes tous deux la tête, tandis que le spectre se dissipait peu à peu dans la nuit, jusqu’à ce qu’il disparaisse totalement, un vent léger soufflait. Mais, Naid et moi regardions toujours le point où notre mère venait de s’éteindre sous nos yeux. Dans mon cœur j’exprimais un sentiment de soulagement, mais également de nostalgie… Cette mère qui m’avait tant manquée venait à nouveau de disparaître, mais cette fois, j’avais pu lui dire à quel point je l’aimais… Fermant les yeux, je me réfugiais dans les bras de Naid, qui ne baissa pas la tête. Puis, après un long soupir, il posa son menton sur ma tête, paupières closes, il devait être tout aussi ému que moi. Maman nous avait tellement manqué, nous avions tellement eu peur qu’elle ne repose pas en paix, mais à présent, c’était le cas. Mais soudain, un déclic se produit dans ma tête, et je me libérai soudainement de l’étreinte de mon frère. - Floïn ! Certes, la descendante de Tiama demeurait à présent inconsciente, gisant à côté du feu. - Effectivement… remarqua mon frère, légèrement amusé. - Aide moi à la porter près de sa fille. - Pas la peine, je m’en occupe tout seul. Il se baissa alors et enfila ses bras sous le corps sans connaissance de Floïn, la porta comme s’il s’agissait de quelque chose de relativement léger et alla la déposer près de la petite Hydnée qui dormait à poings fermés. Pendant ce court laps de temps, je jetai un coup d’œil sur Astiran qui dormait également profondément, un sourire aux lèvres. Puis, Naid revint à mes côtés après avoir couvert la femme d’une couverture. - C’est malin j’ai plus sommeil à présent ! déclara-t-il. J’ai tant à penser… - Moi je suis fatiguée…je vais m’endormir comme une masse d’ici peu. Alors, il s’assit, et me fit signe de m’asseoir devant lui ce que je fis, puis, je posai ma tête entre son torse et son épaule, formant un formidable appuie tête. - Alors dors si tu veux… me proposa-t-il. - Tu songes à Yasalyn, je me trompe… ? lui demandai-je curieuse, yeux à moitié clos. Sa réponse se voulut tardive. - …oui…j’espère qu’à présent elle va mieux…de plus, je ne vais pas te cacher que j’ai peur moi aussi de ne plus la revoir… - Garde de l’espoir, Naid…Je suis certaine qu’on la reverra bientôt, et puis, si vous vous aimez l’un l’autre, qu’est ce qui pourrait vous…- tel un chat, je me mis à bailler – séparer… ? Mais je n’eus pas le temps d’ajouter quoique ce soit d’autre, je m’endormis profondément sous le regard bienveillant de mon frère. Alors, il prit entre ses doigts une mèche de mes cheveux écarlates et les fit glisser de tout leur long. - Tu as raison, Diphtil…me murmura-t-il en souriant. J’ai tellement envie de te croire, mais un mauvais pressentiment me convainc du contraire…
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 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Mer 31 Oct - 21:53 | |
| Partie 3(A partir de là, vous pouvez écouter la musique d'ambiance donnée à ce lien [le2ème] http://ficsaielenna.forumactif.com/bonus-f51/chansons-d-ambiance-chapitre-39-t348.htm#9557)Deux jours plus tôt, à des lieues d’iciLa nuit se faisait froide et venteuse, sous le regard de la Lune, enfin…une moitié de Lune au sommet du ciel noir d’encre et parsemé de paillettes d’étoiles. La tête levée vers le ciel, cou à découvert, inspirant une grand bouffée d’air frais nocturne, le jeune général Crywin n’avait aucune envie de mettre à exécution son plan. Derrière lui, une trentaine de soldats étaient prêts à obéir à ses ordres, à accomplir de qu’il imposait. Baissant son visage, il fixait neutralement la petite chaumière d’Elaeis dissimulée dans les ténèbres de la nuit, l’intérieur aussi noir que le ciel qui peignait l’ambiance. Pourtant, il fallait agir vite, Crywin le savait fort bien, il ne pouvait se permettre de rester planté comme un vulgaire piquet à attendre le lever de l’aube. Alors, machinalement, il leva sa main droite, et tous les soldats, un escadron d’archers plus précisément, s’exécutèrent : silencieusement, ils se mirent en place, en cercle autour de la petite cabane solitaire de la plaine. Tous redoutaient que la vieille vint à se réveillé et explose de colère contre eux, mais celle-ci semblait être endormie et n’être au courant de se qui se tramait dans le périmètre de son habitation. Mais en réalité, elle en était bien consciente, la vieille femme, tapie dans l’ombre de l’intérieur de sa chaumière, elle observait discrètement depuis la fenêtre les mouvements humains de l’extérieur. « Ainsi…mon heure est donc enfin venue… ? » Silencieuse, elle ne bougeait, ne réagissait pas, se contentant simplement de guetter les déplacements au dehors. Le temps semblait se dérouler au ralenti sous ses yeux, elle savait éperdument bien qu’il s’agissait de ses derniers instants de vie… Se préparant tous, les archers sortirent tous une flèche de leur carquois, et un homme, une grosse torche allumée à la main, passait en courant devant eux afin que leur flèche s’enflamme sous l’action du feu. Enfin tous armés de leurs projectiles incandescents, ils se tinrent prêts, arc bandé, corde tendue, la flèche menaçant de s’envoler à tout moment. Calculant précisément son geste, qu’il exécutait à contrecoeur, le jeune général leva sa main et claqua dans ses doigts. Au même instant, des dizaines de flèches furent tirés vers le même point, vers la cabane d’Elaeis, atterrissant pour la plupart dans le toit de chaume qui commença à s’incendier. Mais celle-ci ne bougeait pas, ne sortait pas, elle affrontait la Mort qui s’approchait à grands pas. Elle aurait bien pensé lui proposer une tasse de thé avant de partir, mais elle douta fort quant à la solidité de la maisonnée d’ici quelques instants. Décidemment, elle restait optimiste même avant de rejoindre le Royaume des Morts. Levant la tête vers le plafond qui prenait feu, un morceau de bois incandescent se détacha des poutres et tomba avec fracas et dans une pluie d’étincelle à quelques centimètres d’Elaeis. Celle-ci ne semblait même pas ressentir la chaleur immense qui étouffait l’atmosphère. « Adieu donc…tous, que j’aime tant… j’espère, Naid, que tu sauras guider ta sœur et celui qu’elle aime…quant à Floïn, je regrette mes actes…je suis tellement désolée…veille bien sur Hydnée comme j’aurais tellement désirer t’élever…et puis, j’arrive…je te rejoints…attends moi mon Amour… je viens vers toi. Par contre, Dorina, nous avons un compte à régler… » Son esprit parut bouillonner soudainement pendant que la chaumière continuait à se dégrader sous l’action des flammes et menaçait de tomber à tout moment. - TU M’ENTENDS ?! hurla-t-elle alors, toute rouge, le reflet flamboyant sur sa peau ancienne. NOUS AVONS UN COMPTE A REGLER TOUTES LES DEUX !! Mais ce hurlement ne déchira pas la nuit, car il fut caché par la sourde chute de la chaumière dont il ne resta plus qu’un immense feu de joie. Tête baissée, Crywin fit alors signe à ses hommes de se replier. Ce fut trop simple, il détestait enlever la vie d’innocents qui n’avait rien à voir avec cette guerre, mais avait-il véritablement le choix… ? Au loin, le glas de l’église de Déségipsien retentit… Ainsi passèrent quelques jours après la disparition de notre mère, nous avions repris la route dès que possible, c'est-à-dire le lendemain matin. Savoir ma mère bien arrivée au Royaume des Morts soulageait tellement mon cœur que j’aurais désiré hurler afin d’exprimer ma joie. De plus, tout se passait beaucoup mieux à présent : Astiran s’était bien vite rétabli, Hydnée, quoique amorphe à cause du nouveau pouvoir qu’elle générait, se remettait de cela, quant à Floïn, elle paraissait plus souriante. D’ailleurs, la fillette avait de drôles de symptômes, essayant de nous persuader de l’existence d’un bruit, n’importe qu’il soit, que nous nous entendions pas, ni moi, ni mon frère, ni Astiran et ni même sa mère. Il s’agissait là sûrement du développement de ce don offert : l’oreille suprême, même si nous ne savions pas vraiment à quoi s’attendre… Mais nous continuions à avancer sans savoir véritablement où aller, car nous n’avions aucune indication concernant l’emplacement de l’habitation de la Sorcière des Sens. Arrivés aux environs de la ville d’Aribeau, nous errions à moitié, il fallait absolument que nous la trouvions… cela faisait partie des tâches que j’avais à accomplir selon la vision qu’Amalia m’avait prédit. - Comment comptes-tu t’y prendre, Diphtil ? me demandai Naid qui essayait de m’aider tandis que je retournai entre mes mains la carte des environs pour la troisième fois. - J’en ai absolument aucune idée… lui avouai-je, désorientée en examinant l’infinité de directions qui s’offrait à nous, en plein milieu des bois. Puis, Astiran fit avancer son cheval à côté du mien et me demanda la carte. - Laisse-moi voir un peu… Je lui tendis, pas très convaincue, un sourire tendu aux lèvres. - Si je n’y arrive pas et Naid non plus, à mon avis, tu ne pourras pas… Les sourcils froncés et extrêmement concentré sur sa besogne, il fixait la carte avec un regard à cause duquel le parchemin aurait pu s’enflammer d’un seul coup. - Effectivement…grogna-t-il, mécontent, l’air dépité, en me rendant la carte. - Il va falloir trouver un autre moyen afin de pouvoir trouver ce fichu endroit, réfléchit Naid en se tenant le menton. - Nous n’allons tout de même pas divaguer dans la forêt durant des jours, ça ne nous amènera à rien ! C’est totalement absurde ! m’exclamai-je, embrouillée. - Je crois avoir un procédé utile…fit remarquer la légère voix de Floïn, derrière nous. Nous retournant tous vers elle, elle commença alors à fouiller dans sa petite sacoche à dimension astrale. Apparemment, elle y avait déjà entreposée beaucoup d’objets, car il lui fallut un certain temps pour trouver ce qu’elle cherchait : la statuette animalière de Tiama, son faucon. Sous son regard fasciné, elle le fit tourner entre ses doigts avant de le lancer en l’air de toutes ses forces. Alors émergèrent de la figurine des longues plumes brunes, des ailes pointues se déployèrent soudainement, un bec orangé fendit l’air en poussant un cri strident : elle venait de prendre forme vivante. La petite Hydnée, émerveillée, assise sur le cheval, commença à applaudir, mais le cri lui perçait les tympans, elle dû s’interrompre afin de plaquer ses mains contre ses oreilles dans une grimace. - Ma statuette va nous permettre de nous situer par rapport à l’habitation de la Sorcière grâce à sa vue aérienne, dit-elle alors, fière de son idée. Par contre, si elle est protégée par des sorts de dissimulation, ça sera beaucoup plus difficile à trouver, et dans ce cas, nous ne pourrons recourir à la recherche visuelle par nous même. - C’est une excellente idée ! approuvai-je les yeux fixés sur le faucon qui disparut à la cime des arbres afin de pouvoir trouver la cabane. Comme cela nous serons fixés, mais cela veut dire que nous devons pas bouger d’ici. Naid hocha la tête en regardant aux alentours. - Mais cela ne sert à rien de descendre de nos chevaux, déclara-t-il sans nous regarder. Le faucon peut revenir d’une seconde à l’autre. Néanmoins, la petite Hydnée paraissait inquiète, elle se tourna vers sa mère en se blottissant contre elle. - J’ai peur maman…couina-t-elle à l’imitation d’une petite souris. J’entends un drôle de bruit…comme un insecte…mais très fort… - Ah bon ? demanda Floïn. Comment cela se… Mais la fillette n’écouta pas, elle leva la tête en provenance du bruit, je crois qu’elle le regretta fortement. Pétrifiée, elle s’immobilisa, crispée, les yeux paniqués… Lorsque sa mère se tourna pour apercevoir ce qui mettait la fillette dans cet état, elle plaqua tout de suite sa main sur la bouche de sa fille, au cas où elle hurlerait de peur, d’ailleurs, celle-ci commençait à pleurer tellement elle était morte effroi. Moi-même fut paniquée en voyant ce qui paraissait si terrible, et Astiran devint aussi livide qu’un linge propre : accrochée fermement contre le tronc d’un arbre, une immense abeille, grosse de deux mètres environ… Ses pattes avaient la longueur de mes bras, ses yeux miroités ressemblaient à deux grosses balles, et ses ailes auraient pu me faire office de paravent transparent… Heureusement, à trente mètres de nous, elle ne nous avait pas remarqué… Mon cœur battait à la chamade dans ma poitrine, tellement fort que j’eus peur que l’insecte démesurément grand ne l’entende malgré la distance qui nous séparait. - Ne bougez surtout pas…nous murmura Naid en ouvrant à peine les lèvres, tous le regard rivé sur la bestiole. Si elle nous repère, nous sommes morts… Floïn, préviens nous dès que ton faucon revient… - Pourquoi ne pas l’attaquer… ? proposai-je. - Trop dangereux…répondit Naid l’air grave. Son aptitude de vol la rend encore plus menaçante, sans parler de sa taille gigantesque. - Fuir serait le plus sage moyen… déclara alors Astiran. Je crois qu’il n’eut pas tort, d’ailleurs, Naid l’approuva d’un léger signe de tête. Quel fut notre soulagement lorsque revint le faucon de Floïn, planant silencieusement au dessus de notre tête. - Il a trouvé une cabane, à 500 mètres d’ici environ, direction sud ouest, dit alors Floïn la main plaquée sur la bouche de Hydnée, tandis que le faucon lui transmettait mentalement les informations dont elle aurait besoin. Juste une minute ou deux seraient nécessaire pour l’atteindre… - D’accord…murmura Naid. A trois, on part le plus vite possible, en espérant qu’elle ne nous suive pas… Pour déclarer son décompte, il le chuchota également, le hurler n’aurait servi à absolument rien, mis à part nous faire repérer par ce monstre ! - Un…deux…trois… ! Alors, tirant sèchement sur les rênes des chevaux, nous les fîmes piquer vers le sud ouest au triple galop, en prenant soin d’éviter les arbres. Mais quelle vision d’horreur, lorsque nous constatâmes que l’insecte géant venait de détourner la tête vers nous, et, intéressé, se détacha de l’arbre pour venir à notre rencontre. Ses ailes semblaient déclancher un ouragan à chacun de leurs battements, d’ailleurs, elle produisait un bruit assourdissant et cruel. Hydnée, les mains encore plus appuyées contre ses oreilles, hurlait en pleurant, de peur ou de douleur, je ne savais dire laquelle en était la cause. Quant à moi, je continuai à faire galoper mon cheval beige de son mieux, tandis qu’Astiran restait à mes côtés, Naid devant, qui nous guidait. Je n’avais aucune envie de me retourner vers l’immense abeille, je savais déjà, grâce à ma perception auditive, qu’elle s’approchait de nous…cela me terrifiait. - Elle est là ! Effectivement, la cabane, un petit point brun un peu plus loin, apparaissait entre les arbres, il nous fallait l’atteindre au plus vite ! En même temps que nous la voyions approcher, l’abeille également diminuait la distance entre nous et elle. L’ayant atteint le premier, Naid sauta agilement de son cheval et frappa à la porte avec une telle force que je crus qu’il allait la défoncer ! Mais, dans un certain périmètre autour de l’habitation, l’abeille sembla hésiter à rentrer, comme si on lui avait interdit ou qu’une barrière magique l’empêcher de pénétrer l’enceinte. Alors, à moitié rassurés, nous descendîmes de nos chevaux, prenant tout de même garde à ce que l’insecte géant ne nous contre-attaque pas d’un coup. Alors la porte s’ouvrit. - Excusez-nous, commença Naid, nous cherchons…vous ?!! - Yûni ?! m’exclamai-je. - Moi ?! répondit-elle alors, continuant sur le même ton, comme étonnée de se voir elle-même.
Dernière édition par le Mer 31 Oct - 22:34, édité 1 fois |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Mer 31 Oct - 21:53 | |
| Partie 4Il s’agissait bien là de Yûni, cette femme apparue dans le livre à Naralir et dans le bassin de Phèn. Grande et somptueuse, vêtue d’une longue robe noire aux bordures blanches, ouverte au niveau des genoux, ses manches largement évasées et son décolleté ouvrait une magnifique vue pour tout homme. Elle portait autour du coup une sorte de chapelet sombre sur lequel était suspendue une lune d’hématite. Dans ses longs cheveux d’ébène, une longue baguette horizontale, de chaque extrémité de celle-ci voletait un long tissu blanc, marqué chacun également d’une lune noire. Par contre, elles avaient toujours ses yeux perçants aux iris couleur de sang, qui me faisait trembler, particulièrement en ce moment, première fois que je la voyais en réalité. Mais…que faisait-elle ici ? - Attends, Naid, tu la connais ?! m’étonnai-je, n’y comprenant plus rien. Il hocha simplement la tête, ne désirant en répondre davantage, tandis que Yûni regardait l’abeille d’un air naturel. - Que t’avais-je donc dit, Sha…soupira-t-elle en bougeant la tête de gauche à droite, faisant virevolter ses cheveux et les longs lambeaux de tissu. Je t’avais strictement interdit de poursuivre les invités, à la fin, ils risqueraient de s’en prendre à toi, je t’ai prévenue… L’abeille émit un drôle de grésillement, avant de repartir vers les profondeurs des bois, apparemment déçue. - Sha ne vous aurait jamais attaqué, reprit-t-elle en s’adressant à nous cette fois-ci. C’est une melittaméga apprivoisée, de plus, elle a conscience du risque de mort si elle tente de piquer quelqu’un. Elle cherche juste à s’amuser un peu… - Nous n’avons pas la même notion du terme « s’amuser »… grogna Floïn en fixant la direction vers laquelle venait de disparaître la créature, tandis que le faucon se posa avec grâce sur son bras tendu, ses grands yeux d’ambre regardant, amusé, Yûni. - Au fait, qui êtes-vous ? demanda Astiran en ramenant son regard sur la femme calme et songeuse. - Je suis qui vous voulez que je sois, mais, véritablement, mon nom est Yûni…répondit-elle en regardant Astiran de ses yeux rouges, tête penchée, intéressée. Je suis tout de même étonnée que ta fiancée ou ton futur beau frère ne t’aient pas parlé de moi rien qu’une seule fois, je suis déçue… Interloqués, nous nous échangeâmes des regards étonnés, comment savait-elle autant de choses ? - Ne restez donc pas dehors, continua-t-elle en se retournant, laissez les chevaux dehors par contre, je n’accepte aucun animal non divin dans l’intérieur de ma demeure, et fermez la porte derrière vous, s’il vous plait, je tombe facilement malade à cause de tous ces courants d’air du printemps. Sur ces paroles, elle pénétra dans sa cabane qu’elle qualifiait de demeure malgré sa taille modeste. Tous toujours surpris, nous descendîmes de nos chevaux que nous attachâmes à un arbre dans le périmètre, nous n’avions aucune envie que la melittaméga revienne pour s’amuser avec nos montures ! Le faucon de Floïn reprit sa forme de figurine, la femme la rangeant délicatement dans son sac à dimension astrale. - Mais qui est-elle vraiment cette femme… ? demanda Astiran, impressionné. - J’en sais vraiment pas plus que toi, mais elle semble plus en connaître sur toi que toi-même, et cela s’applique sur tout le monde ! m’exclamai-je, tout aussi surprise. Naid restait, quant à lui septique, et refusait de me répondre en quelle occasion il l’avait connue par le passé. Nous rentrâmes donc en file dans la maison, mon frère prenant bien soin de refermer la porte après notre passage. L’endroit était fourmillant de magie ! Rien qu’à voir l’intérieur, une grandeur incroyable, la pièce principale longue de plusieurs dizaines de mètres, alors que l’extérieur donnait l’impression qu’il s’agissait d’une habitation minuscule et absolument banale. L’ambiance paraissait un peu pesante, l’odeur de l’encens étant prééminente et lourde, ce qui me faisait tourner de l’oeil. Sur des dizaines d’étagères s’entreposaient des centaines d’objets étranges, et de livres, plus ou moins gros, aux couleurs ternes ou vives. Certains paraissaient tellement anciens qu’ils étaient titrés en runes. Dans un coin se dissimulait un pupitre de bois portant un gros livre ouvert sur des pages vierges, il s’agissait sûrement du livre par le biais duquel elle m’avait contactée la première fois à Naralir. Dans un autre angle de la salle, un carré de deux mètres de côté, le sol recouvert d’un sable d’une planéité incroyable, aucune trace à sa surface, rien. Quant au centre de la salle, il était habité par trois canapés de velours noir, placés en face du mur, recouvert d’un immense rideau shindoën sur lequel figuraient papillons, oiseaux et abeilles. Yûni, deux petits pots de verre à la main, assise sur le divan du milieu, adossée sur un gros coussin de satin vert et bleu marine sur lequel était cousue des papillons. - Venez donc vous s’asseoir, que l’on parle un peu…dit-elle en fixant son regard sur le rideau devant elle. Nous lui obéîmes sans rien ajouter, moi et Astiran nous asseyions sur le canapé à sa gauche, Naid et Floïn s’installant sur l’autre, celle-ci plaçant Hydnée sur ses genoux. Alors, elle nous dévisagea tous. - Voyons un peu le monde présent à mes côtés dans ce petit comité…murmura-t-elle. Je ne reçois personne de bien commun… Diphtil, jeune déesse de la Vie, Astiran, descendant de Pitrir, Floïn et sa fille Hydnée, enfants de Tiama, et enfin Naid, détenteur de… - Arrêtez vous là, ça vaut mieux…l’interrompit Naid, en croisant les bras. Détenteur de…quoi donc ? Qu’avait mon frère par rapport à cette mystérieuse femme. - Avant toute chose, de parler, de prendre un thé ou quoique ce soit d’autre, j’aimerai demander à deux d’entre vous si je peux leur emprunter quelques mots. Soigneusement, elle prit entre ses doigts l’un des flacons de verre du quel elle retira d’un « pop » sonore l’épais bouchon de liège. - Astiran ? - Oui ? demanda celui-ci. A cet instant où il prononça son mot, un long fil d’argent, comme un lien de fumée, se forma entre ses lèvres et la fiole, qui se remplit alors de cette vapeur, formant une brume qui tournait sur elle-même à l’intérieur, jusqu’à ce que le lien entre elle et Astiran se rompe. J’en restais bouche bée, tout comme les autres d’ailleurs, même si Naid paraissait moins impressionné que nous. Puis, après avoir inhalé une infime quantité de ce gaz, Yûni le referma précieusement. « Elle utiliserai la voix, enfermée dans un bocal, qui révélerait alors par le ton et les différentes pulsions dans la voix tout le passé de la personne. Mais cela ne se lirait pas avec le son, les oreilles, mais avec le nez ! » C’étaient exactement les informations que j’avais trouvé précédemment par rapport à la Sorcière des Sens. Est-ce qu’il s’agissait d’une seul et même personne entre elle et Yûni ? - Exquis parfum boisé avec une pincée de cannelle, un délice…murmura-t-elle pour elle-même en déposant le flacon devant elle et prenant alors l’autre. - Que venez vous de faire ? demanda Astiran, intrigué. - A présent reposent dans cette fiole tes souvenirs depuis ta naissance, peut-être même des choses que tu as toi-même oublié, répondit-elle en retirant le bouchon de l’autre fiasque. - Mes souvenirs ?! s’exclama Astiran, sur un ton entre la ébahissement et l’indignation. De quel droit vous permettez vous de prendre toute ma mémoire comme ça ! Il y a des choses qui ne vous regardent pas ! - Oh que si, dit-elle en tendant la fiole devant elle. Tout le monde, sans exception, doit me transmettre ces souvenirs, ainsi, je peux reconstituer le passé de ce monde et en prédire le futur… Utiliser le passé pour l’avenir, c’est révolutionnaire. Et puis, tes secrets sont en sécurité avec moi, je n’ai aucune intention de me mêler à ta vie privée, à vrai dire, j’en ai rien à cirer de la moitié de ta vie. Astiran rougit en s’enfonçant dans le canapé, un peu vexé par ce qu’elle venait de dire. - A présent, c’est votre voix dont j’ai besoin, Floïn, déclara Yûni l’air sérieux, yeux à moitié clos comme à son habitude. - D’accord, dit-elle simplement, ce qui suffit amplement à enrichir le flacon de ses souvenirs, grâce au lien de fumée, qui paraissait plus nacrée que celle d’Astiran. Puis, Yûni referma délicatement la fiasque avec le liège après en avoir humé un peu. - Menthe poivrée avec un soupçon de citron, quelle fraîcheur…chuchota-t-elle à nouveau, décrivant l’odeur des souvenirs de Floïn. - J’aurais deux questions à vous poser, Yûni, lui dis-je alors décidée, et je n’irai pas par quatre chemins. - Tant mieux, répondit-elle, il me reste seulement treize minutes et quarante sept secondes avant que je doive ajouter une once d’orties pilées à ma potion… Après une longue et profonde inspiration, je prononçai ma première question. - Etes-vous véritablement la Sorcière des Sens ? - On peut dire ça comme ça…m’avoua-t-elle. - Mais alors, pourquoi ne pas me l’avoir dévoiler à Phèn quand je vous l’ai demandé ?! m’exclamai-je. - Tu m’as juste demandé si je la connaissais, nuance, répondit-elle, ce qui était vrai par ailleurs. Heureusement, je me connais mieux que quiconque, mais, le nom « Sorcière des Sens » est rarement utilisé envers ma personne, sauf dans les livres des ignorants. Certes, c’est ce qu’elle m’avait répondu quand elle m’était apparue à Phèn, et je ne pouvais le renier, elle ne m’avait pas menti. C’était donc elle la fameuse Sorcière des Sens, celle que je devais absolument voir. Pourquoi ? J’en n’avais moi-même aucune idée… - Ma seconde question est… - Il me semble que tu as déjà posé deux questions, intervint-elle. - La deuxième était incluse dans la première, sortis-je rapidement. Pourquoi n’avoir pris seulement que les souvenirs d’Astiran et de Floïn ? - Oh, ça… Simplement car j’ai déjà la tienne, de voix, grâce à nos discutions à distance, et celle de ton frère également, rencontré par le passé. Concernant Hydnée, elle est encore trop jeune, ses souvenirs ne seront pas assez vastes, dans ce cas, ça serait inutile, peut-être lui redemanderai-je dans quelques années… Alors, la fillette leva la tête vers sa mère. - Pourquoi elle parle de moi ? demanda-t-elle. - C’est un peu compliqué pour toi, lui avoua Floïn. Cette fois, la fille ne rechigna pas, sachant que sa mère disait la vérité. Alors, sachant mes deux questions posées, Yûni se leva, les deux flacons bien en main et se dirigea vers une porte dissimulée dans l’ombre d’un mur. - Veuillez me suivre, s’il vous plait, ainsi Astiran, tu constateras ma « petite » collection. Alors, la porte s’ouvrit d’elle-même, découvrant un étroit escalier de pierre en colimaçon, sans rambarde. - Faites attention de ne pas tomber dans les escaliers, sinon, ce sera vite le cas de tout le monde. Oh lala ! Il ne me reste plus que neuf minutes et trente et une secondes avant le rajout ! commença-t-elle à s’affoler. Sans tarder, elle s’engagea donc dans l’escalier étréci et nous la suivîmes, même si personnellement, je me sentais fort mal, menaçant de m’évanouir à tout moment à cause de l’encens qui me donnait la nausée. Au milieu de la descente, une autre porte était présente, mais il y était placardé des dizaines de panneaux et d’affiches qui interdisaient strictement de pénétrer dans cette pièce. Vu l’odeur qui planait à cet endroit, j’en déduisis que c’était la pièce où elle concoctait ses potions adorées. Mais nous descendîmes encore plus profondément sous la surface pour déboucher sur un immense hall, long d’une centaine de mètres, large de la même longueur, avec que des étagères de trois mètres de haut toutes alignées, présentant des milliers de milliers de flacons semblables à ceux qu’elle portait dans ses mains, tous ordonnés et rangés comme il faut. C’était presque terrifiant… on avait si peur que tout tombe subitement, surtout que l’espace de passage entre les étagères était assez réduit. - C’est cela que vous appelez « petite » collection ?! s’exclama Astiran, impressionné par la grandeur de la pièce, sa voix se répercutant en écho. - C’était ironique…répondit-elle. Tu croyais vraiment que je demandai les souvenirs que de ceux qui passent par là, c'est-à-dire deux ou trois par an ? Tu rêves… Cela fait des siècles, a proprement parlé, que je m’organise parfois de longs voyages à la recherche de tous souvenirs… Attendez moi là, et ne touchez à rien… Alors, elle s’élança dans le labyrinthe d’étagères et disparut, nous laissant tous les cinq. Par précaution, Floïn préféra prendre Hydnée dans ses bras, si jamais la petite fille désirait jouer avec toutes ces fiasques. - C’est vraiment incroyable ! s’exclama Naid. Je n’aurais jamais cru que c’était aussi grand ! - C’est sûr…continuai-je. Jamais je n’aurais cru voir ça dans ma vie. Me retournant, je découvris dans un coin, à part, deux petites fioles séparées de toutes les autres. Elles devaient être spéciales… Intéressée, je m’en approchai lentement. Toutes les deux installées sur une table bancale, elles semblaient attendre, elles devaient être sûrement le fruit d’étude de Yûni en ce moment. Je supposai donc qu’elles n’étaient pas anodines, sûrement spéciales. Quoique, peut-être, avais-je en fait tort ? Mais c’est à mauvais moment que la nausée me reprit, et je dû m’appuyer sur la table. Malheur…lorsque je vis les deux flacons rouler jusqu’au bord de la table, j’essayai de les rattraper, mais mes réflexes semblaient ralenties. C’est avec impuissance que je vis chuter les fiasques qui se brisèrent lors de leur contact sur le carrelage, leurs vapeurs s’en échappant, elles s’infiltrèrent dans mes narines. Alors, toute ma vision se brouilla soudainement, j’entendais des voix, mon environnement tournait pour s’achever dans les ténèbres. |
|  | | Picpique Herbologue

 Nombre de messages: 603 Age: 16 Livre ou fic préféré: le royaumes des pierres :P, la fille du monde ^^ Date d'inscription: 17/09/2006
 | |  | | Mancinia Connaissance de Yûni

 Nombre de messages: 559 Age: 17 Livre ou fic préféré: Le Royaume des Pierres et la Candeur de la Rose. Localisation: Sur la chaine de mon bureau. Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Mancinia (Berkclay - Neflyr - Hell). Date d'inscription: 16/08/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Ven 2 Nov - 19:09 | |
| OUAIS !!! C'est toujous aussi bien VIVE IELENNA !!!  |
|  | | Lauren Azurite

 Nombre de messages: 1171 Age: 89 Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Zirra Date d'inscription: 11/10/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Mer 21 Nov - 19:03 | |
| j'en suis la!!! franchement, c'est toujours aussi bien!! vivement que je finisse la 40!!! félicitation!! |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Mer 21 Nov - 21:20 | |
| Merci lauren ! ^^ ! Ca fait du bien de te revoir ! |
|  | | Isilia Intuition magique

 Nombre de messages: 280 Age: 16 Livre ou fic préféré: La fille du monde \o/ Localisation: héhéhé... Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Isilia, Myrilia Date d'inscription: 08/06/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Ven 23 Nov - 21:45 | |
| Wayyyyyy! J'ai enfin terminé ce chapitre!! C'est vraimentgénial, j'ai une petite idée quand à un des propriétaires des souvenirs  Mais j'le dirai pas! même si on le voit sûrement dans le chapitre 40 ><Allez hop! Prochain chapitre!  |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] Ven 23 Nov - 22:23 | |
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|  | | | | Chapitre 39 [Sacrée Sorcière] | |
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