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Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Chapitre 37 [Pirofoby] Lun 24 Sep - 20:01 | |
| Bon, après de nombreux problèmes, surtout la mort de mon ordi (je suis sur celui de ma mère), j'ai quand même pu récupérer in extremis le chapitre 37 que je venais de finir ! Missant ordi ! Donc, pour ceux que j'avais sur msn, vous ne m'y verrais plus, je suis désolée. Mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas fini !!!!! ^^ Je continue à écrire ! Tenez, le chapitre 37 ! Chapitre 37 Partie 1Le lendemain matin, nous reprîmes la route de bonne heure, malgré les cris plaintifs de la petite Hydnée, encore un peu ensommeillée, mais le choix ne nous appartenait pas. Naid était revenu auprès du campement peu après que je me sois endormie, enfin, c’est vraisemblablement ce que qu’il m’a expliqué lorsque je lui ai demandé à mon réveil. Mais jamais on ne pouvait rester convaincu de ses paroles, mon frère était un homme qui pouvait laisser beaucoup de choses à couvert, sans jamais dire un mot que ce soit dessus... Nous traversions collines verdoyantes, s’alliant avec diverses couleurs, comme le cyan du ciel ou encore le rose opalescent des fleurs fraîches dans les arbres. Un léger vent soufflait, provenant de l’est, d’un souffle bienfaisant, nous entraînant vers les confins de l’Empire Neltiad. Les arbres faisaient de plus en plus leur apparition, nous offrant une ombre bienveillante sur notre passage. - C’est le temps idéal pour un voyage ! s’exclama Naid, à l’avant sur son étalon noir avançant en trottant dans l’herbe d’une couleur émeraude. - Tu l’as dit, répondit Astiran en tournant la tête à droite à gauche afin d’observer les lieux, même si je préfèrerais m’allonger dans l’herbe tranquillement et piquer un petit somme en cette belle matinée. - Ce n’est pas vraiment le moment, à vrai dire…fis-je remarquer. - Non, je le sais parfaitement, continua-t-il en se biaisant vers moi. Mais on peut toujours rêver, c’est ce qui fait toute la beauté du monde. Alors, les rênes de mon cheval à la robe crémée tenues fermement en mains, un discret sourire apparut à mes lèvres, le regard vers l’avant. - Tu as bien raison…murmurai-je d’une voix à peine perceptible. - Maman ? C’est quand qu’on est arrivé ? demanda la petite Hydnée en levant la tête vers sa mère, concentrée à diriger la monture. - Pas tout de suite, lui répondit-elle d’une voix calme et bienveillante. Tandis que je rêvassais flegmatiquement, veillant tout de même à bien mener mon cheval, je sentis soudainement un air froid me traverser l’échine, toute l’atmosphère clémente s’évanouissant d’une traite : il y avait dans les parages une présence vipérine qui rôdait, même plusieurs… Mise sur mes gardes, je m’avançai rapidement vers mon frère, jetant des coups de yeux circonspects autour de moi. - Naid, lui dis-je à voix basse, une aura démoniaque et malveillante erre à proximité, je le perçois… Des ondes malfaisantes fusent dans l’air, comme des pics glacés à la recherche de leur cible… - Oui, je le sens également, me répondit-il en examinant attentivement la zone alentour. Et cela provient de… Tout à coup, un cri strident déchira le silence de la nature, tous détournant notre regard vers la direction d’où elle surgissait. -…par là ! Sans réfléchir plus longtemps, nous mîmes nos chevaux au galop, nous demandant tout de même les raisons de ce cri et de qui… Nous arrivâmes alors dans une clairière, au centre était affaissée une jeune femme apeurée : elle était encerclée par quatre spectres terrifiants, identiques à ceux rencontrés l’autre nuit, avant d’atteindre Faritè. Mais ceux-ci n’avaient pas remarqué notre présence, s’affairant autour de la pauvre fille, morte de peur, un panier renversée à ses pieds. Tout se produisit en un éclair, Naid sortant avec une rapidité phénoménale son épée de foudre du fourreau, produisant des gerbes d’électricité à cause du frottement, Astiran, sautant à terre agilement, tandis que Floïn, qui avait approché son cheval du mien, me confia la petite Hydnée avant de sortir un arc fabriqué à partir d’un bois rouge. Alors, l’un des sceptres noirs se mit à charger la jeune femme, qui se mit à hurler, mais, la masse fantomatique ne la toucha pas, Naid s’étant interposé, la lame percutant violemment une partie du spectre qui poussa un cri discordant et perçant. - Astiran ! cria mon frère à l’appel de mon fiancé, tout en tranchant la masse spectrale d’un rapide coupé en diagonal. Emmène la fille en sécurité pendant qu’on finit de s’occuper de ces misérables spectres, ils semblent être têtus ! Feintant entre les spectres, réussissant à se frayer un chemin, Astiran se précipita sur la jeune femme et lui attrapa la main, la tirant vers lui afin de s’éloigner. L’une des masses qui essayait de les poursuivre fut touché par une flèche magique envoyée à une vitesse incroyable de Floïn et transpercé par un pic de pierre émergeant de terre, le pouvoir terrestre d’Astiran. Mis hors combat, il disparut dans un tourbillon de fumée sombre et épaisse, tandis qu’Astiran, tenant toujours fermement la jeune femme en main, arrivait vers nous, Naid combattant encore les deux spectres restants. Mais l’un d’entre eux tourna ses deux fentes flamboyantes vers nous, en particulier sur moi restée sur mon cheval, la petite Hydnée, apeurée, mais ne soufflant mot, serrée contre moi. Alors, effectuant une vrille, il se dirigea vers nous à toute vitesse, Naid ne pouvant l’empêcher, combattant déjà l’autre. La fillette, agrippée à mes vêtements, se mit à crier, en blottissant contre ma poitrine, alors, je me recroquevillai en la tenant fort contre moi. Mais, tout comme la dernière nuit, le spectre fut stoppé par le champ de force lilial, qu’il ne put franchir, Floïn en profitant pour lui décocher une flèche qui s’explosa contre lui, s’évanouissant en volutes de fumée éparpillés. De son côté, Naid, ayant réussi à vaincre celui qu’il combattait, s’approcha de nous, alors qu’Astiran lâcha la main de la jeune femme. Après avoir redonné Hydnée à sa mère qui serra contre elle sa fille en pleurs, je descendis de mon cheval et m’avançai vers eux. - Ces spectres attaquent de jour à présent, dit Naid, l’épée toujours en main, ce qui les rend d’autant plus comminatoires… - Ainsi, Zerda, à présent revenu, s’attaque aux innocents par l’intermédiaire de ces spectres maléfiques, ajoutai-je, pensive. C’est une catastrophe que nous ne devons pas prendre à la légère, car il risque de s’en prendre aux plus vulnérables… Je me tournai vers la jeune femme, il s’agissait d’une belle brune, de son chignon ressortait une très longue tresse, quelques mèches cachant les côtés de son grand front. Son visage pâle était parsemé d’une multitude de tâches de rousseur, et ses iris se coloraient de violet, comme tout Neltiad, même si les siens tiraient plus sur le mauve. Elle portait une longue robe beige, bordé de brun, aux manches raccourcies, lui arrivant aux coudes. - Qui êtes-vous ? lui demandai-je. - Mon nom est Carwen, fille du chef du village de Pirofoby, me répondit-elle courtoisement. - Qu’est ce que la fille du chef d’un village vient faire ici, seule ? demanda Naid. Et surtout, pourquoi ces spectres vous ont-ils attaqués ? - Je ne faisais qu’une modeste cueillette de fleurs pour la fête de ce soir, continua-t-elle, les mains liées au niveau du ventre. Mais, quand je suis arrivée dans cette clairière, je les ai rencontrés, ces fantômes noirs…Malheureusement, je n’ai pas réussi à m’enfuir, et ils ont essayé de m’attaquer. Sans vous, je ne sais ce qu’il serait advenu de vous, alors, je vous en remercie. Elle s’inclina lentement, alors que la petite Hydnée se remettait de ses fortes émotions, calmant ses pleurs. - Oui, merci beaucoup, continua-t-elle en se tournant vers Astiran. - Si vous devez remercier quelqu’un, ce n’est surtout pas moi, mais Naid, répondit celui-ci en désignant mon frère. Sans lui… - Quel est votre nom ? l’interrompit-elle. - Euh…Astiran, répondit-il simplement, un peu étonné. - C’est un fort beau prénom, qui vous convient bien particulièrement, enchaîna la jeune femme. Surtout que vous êtes un humain, on n’en voit que très peu dans la région. De plus, vous semblez être bien bâti, tout pour faire un bel homme. Certes, ses paroles étaient vraies, mais je ne pouvais m’empêcher d’éprouver un léger sentiment de jalousie, un sourcil levé, l’autre baissé, lèvres pincées, tandis que Naid me jeta un coup d’œil pour voir ma réaction face à cela. Astiran, quant à lui, semblait particulièrement gêné par ses remarques. - Vous dites donc provenir de Pirofoby…intervint mon frère afin de détendre l’ambiance. - Assurément, puisqu’il s’agit de mon village, répondit Carwen en se tournant vers lui. D’ailleurs, nous organisons une fête joyeuse ce soir ! - Ah bon ? demandai-je. Quel genre de fête ? Un festival annuel ? - Loin de là, continua-t-elle en bougeant la tête. On en organise une chaque fois que…oh, puis vous verrez bien vous-même ! - A combien de temps est situé Pirofoby ? Elle se tourna vers l’ouest, pointant la main qui tournait sur elle-même, formant de petits cercles à répétitions. - Deux heures de marches suffisent, répondit-elle. A mon avis, dans trente minutes, en cheval, nous pouvons l’atteindre. - C’est vrai que nous n’allons pas vous laisser marcher à partir d’ici, dit Naid en se tenant le menton. - Mais, il nous manque un cheval…fis-je remarquer. - Ce n’est pas grave, continua Carwen, je peux certainement monter sur un cheval avec quelqu’un d’autre. En prononçant ces mots, elle se tourna, un grand sourire radieux aux lèvres, vers Astiran, dont le regard semblait être irrésistiblement attiré par quelque chose dans l’arbre voisin. En soupirant, je me dirigeai vers mon cheval en lançant un bref : - Faites comme vous voudrez… Alors, je montai sur ma monture, mon frère également, tandis qu’Astiran, embarrassé, installa Carwen sur son cheval, avant d’y grimper. Nous nous remîmes alors en route doucement. - Il y a du charme dans l’air…fit remarquer Naid, un léger sourire aux lèvres. Ma réponse se contenta d’un succinct grognement qui signifiait tout. - Tu ne vas pas laisser ça, tout de même Diphtil… - Ca n’a pas l’air si grave…tant que… Je tournai alors ma tête sur le côté, me rendant compte que Carwen avait la tête posée sur le dos d’Astiran, yeux clos, un grand sourire aux lèvres, sortant comme excuse qu’elle était fatiguée, le jeune homme toujours très confus. Afin de ne pas m’énerver davantage, je détournai ma tête vers l’avant en fulminant comme un taureau prêt à charger. - Ca va saigner…susurrai-je entre mes dents, un sourire démoniaque aux lèvres, le regard noir. - Enfin je retrouve ma sœur d’autrefois ! s’exclama Naid, heureux. Une demi-heure plus tard, environ, nous atteignîmes enfin les enceintes de Pirofoby, composées simplement de palissades en bois, taillée en leur extrémité, afin d’empêcher toute entrée clandestine. Carwen descendit alors agilement du cheval alezan, et désigna une porte, la seule entrée du village. - C’est ici, nous dit-elle d’une voix fluette. - Merci, j’avais cru comprendre ! répliquai-je sèchement. Elle parut choquée de ma réponse, les yeux grands ouverts, interloquée. - Pourquoi me parlez-vous sur ce ton ? me demanda-t-elle, indignée. - Pour rien…susurrai-je entre mes dents. Puis, elle s’avança vers la porte lentement, nous, la suivant, toujours sur nos chevaux. Carwen leva alors son poing, et frappa fort contre le bois, une petite fenêtre s’ouvrit, découvrant le visage crasseux d’un vieil homme. - Qui est-ce donc ? grogna-t-il en dégageant une des mèches de cheveux grise et grasse de son visage. En voyant le visage souriant de Carwen, sa face s’illumina. - Ah c’est toi ! s’exclama-t-il. Tu as bien ramassé des fleurs ? - Non, répondit-elle en haussant les épaules. Mais j’ai cueilli des voyageurs, tu nous laisses entrer ? - Bien sûr, bien sûr ! Alors, après un gros cliquetis, la porte en bois s’ouvrit dans un grincement, qui me glaça le sang, dents serrées. Puis, Carwen nous fit signe d’avancer et de pénétrer dans l’enceinte de la modeste ville, à travers lequel s’écoulait une rivière, il devait certainement s’agir de la même, au bord de la laquelle nous nous étions arrêtés hier soir. Tous les gens s’affairaient à préparer apparemment l’imminente fête qui se produirait le soir même. Carwen s’arrêta juste devant nous, la tête légèrement baissée sur le côté, nous regardant avec ses grands yeux violets. - Vous pouvez vous balader dans la ville cet après midi, nous dit-elle. Il y aura sûrement plein de boutiques qui vous intéresseront, de plus, les gens sont très ouverts ici ! Lorsque que vous reviendrez, venez me voir, chez moi, dans la maison qui se situe en face de la grande place, avec une grande porte en arc bouté. Ainsi, je vous préparerai pour la fête ! - C’est gentil de votre part, répondit mon frère. - De rien, répondit-elle avant de s’éloigner. Mais, elle lança à Astiran un clin d’œil complice, qui me mit en furie à l’intérieur de moi. Nous descendîmes de nos chevaux et les attachâmes. - Je peux savoir ce qu’elle te fait ?! s’exclamai-je à Astiran. - Mais rien, elle n’est pas méchante…se justifia-t-il. - Pas méchante, pas méchante…répétai-je en hochant la tête. Je te préviens que si elle continue comme ça, je l’envoie direct au royaume des morts ! Et je ne lance pas cette phrase en l’air ! Compris !? Astiran ouvrit grands les yeux, totalement interloqué par ma réplique. - Ne sois pas si agressive, me dit mon frère en posant la main sur l’épaule. Mais, je la dégageais, éloignant d’eux en fulminant, en colère. - J’en ai marre ! lançai-je. |
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 | Sujet: Re: Chapitre 37 [Pirofoby] Lun 24 Sep - 20:01 | |
| Partie 2Je décidai donc d’aller me balader seule afin de me changer les idées. Alors, je gonflai lentement ma poitrine d’air afin de faire déguerpir toutes mes mauvaises idées de ma tête, regardant à droite à gauche les maisons et boutiques qui s’alignaient. Heureusement, aucun des deux garçons, ni Floïn ou sa fille, ne me suivirent, me laissant enfin seule un instant. Les gens commençaient à installer lampions et banderoles multicolores sur les bâtiments, les ornant d’arc-en-ciel. Ca devait vraiment être une grande fête qui allait se dérouler ce soir… Avançant ainsi dans la rue, toujours un peu sur les nerfs à cause de la jeune femme, mon regard se fixait aussi bien sur mes pieds que sur le ciel, en soupirant. Puis, soudain, au loin, je vis, sortant d’une petite maison un peu de travers, Carwen, le regard méfiant, cachant quelque chose dans ses bras. Balayant les alentours du regard, je me cachais derrière un mur, observant tout de même chacun de ses gestes, perplexe. Puis, tête baissée, elle s’engagea dans une ruelle, sans avoir remarqué ma présence. Quant à moi, je restais très suspicieuse vis-à-vis de cette femme, de plus, la jalousie était une autre de mes raisons qui me poussait à être méfiante envers elle. Curieuse, je m’avançai alors vers le bâtiment biscornu duquel elle venait de sortir, le regard braqué sur la direction dans laquelle elle venait de disparaître. Au seuil du bâtiment, je levai la tête, cette maison était vraiment dans un mauvais état. La toiture risquait de s’écrouler, la porte était fort mal installée, de travers, grossièrement taillée dans du bois, et un écriteau miteux mal accrochait sur lequel l’enseigne s’était effacée se balançait en grincement horriblement. Je levai mon poing et frappa à la porte, alors, j’entendis derrière des sons de cliquetis, de verrous qu’on ouvrait, tout cela restait véritablement étrange ! Puis, après un dernier grincement, la porte s’ouvrit, découvrant à ma plus grande surprise un petit bonhomme dont la taille devait équivaloir à un mètres trente. Ils avaient, juste au-dessus de ses deux oreilles légèrement pointues, des cheveux gris en pétards, le reste de son crâne étant dégarni. Sur son nez rond et rouge, il portait des petites lunettes rondes très sale, je me demandai vraiment comment il pouvait y voir clair… Et dans sa main, l’extrémité aux lèvres, une pipe en forme de dragon qui crachait difficilement des nuages de fumée grise. - Oh ! Une clieeeennnnnte ! s’exclama-t-il d’une petite voix en me voyant, retirant la pipe de sa joue, écartant les bras. Entreeeeez voyons ! Ecarquillant les yeux en voyant le petit personnage s’exprimer ainsi, je lançai néanmoins un rapide coup d’œil à l’intérieur de la boutique, et cela semblait être en aussi bon état qu’à l’extérieur pour tout dire ! Alors, tout de même curieuse, je m’aventurai, avançant à pas prudents, pendant que le bonhomme, ayant remis sa pipe en bouche referma la porte. A droite, dans un coin, un tas d’objets bizarroïdes jonchaient sur le plancher poussiéreux, j’y apercevais aussi bien des baguettes, et des boussoles ou même des ciseaux. De l’autre côté, sur des dizaines d’étagères qui risquaient de s’écrouler portaient plein de fioles contenant de tout, des liquides nacrés, ou aux couleurs vives, ou même certaines des gaz clignotants. C’était vraiment un gros bazar… Alors, à petits pas rapides, le bonhomme alla derrière un comptoir et monta sur un tabouret, afin que je puisse voir sa petite tête dépasser. - Vous allez vous plaiiire ici ! continua-t-il, toujours avec sa voix. Je produis pleeeeein de potions et d’objets magiiiiques ! - Seriez vous un alchimiste ? lui demandai-je en examinant une fiole contenant un liquide orange fluorescent. - Bien sûûûûûr ! me répondit-il en levant les bras. Ici, je vends de touuuuut ! De vraiment touuuut ! Recherchiez vous quelque chose en particulier, ma belle demoiseeeeelle ? Alors, je me retournai vers lui, un sourire aux lèvres, mais la curiosité au cœur. - Ca serait plutôt pour récupérer un renseignement…répondis-je en m’avançant du comptoir. - Un…un renseignemeeeent ? demanda-t-il en se grattant ardûment son double menton. Vous désirez que j’ensorcelle un objeeet ? Ou alors, que je vous explique l’utilité d’une potiooooon ? - Pas exactement… Puis, décidée, je posai une main sur la table, le regard plongé dans ses petits yeux gris et perçants à travers ses lunettes crasseuses. - Je voudrais savoir qu’est ce qu’à emporter la jeune femme qui vient de sortir de votre échoppe, il y a de là quelques minutes à peine…. Il leva alors un de ses sourcils gris, la bouche de travers, tout comme sa boutique, le regard suspicieux. - Vous voulez aussi une de ces potioooons ? demanda-t-il en crachant un nuage de fumée. Je toussai alors, m’apprêtant à lui répondre que ce n’était pas mon problème, il commença à fouiller dans son comptoir et en sortit trois potions qu’il m’exposa sous le nez. La première, en commençant par la gauche était un flacon cubique contenant un liquide pourpre à l’aspect visqueux, le second, celui du milieu, de l’eau aux reflets nacrés dans une fiole ovale, et la dernière potion, dans une fiasque normale, arborait une palette kaki qui m’inspirait le dégoût. Puis, d’un magnifique geste de la main, il me les présentai. - Voici ce que vous vouliiiiiiez, non ? demanda-t-il, en croisant ses mains dans le dos, gonflant son torse, paraissant plus grand sur le coup. Le voicîîîî ! Renfrognant le nez, je pointai les potions de mon doigt. - Il s’agit de la même potion ? demandai-je étonnée. Les trois ? - Bien sûûûûûr ! répondit-il fier de lui. Juste que les préparations ne sont pas les mêêêêêêmes, mais sinon elllllles ont les mêmes effeeeeets ! Ces potions ne m’inspiraient guère confiance, mais si Carwen en avait pris une, c’est qu’elles fonctionnaient. - Et…ce sont quoi comme potions ? demandai-je en relevant la tête. Le bonhomme ouvrit grand les yeux, étonné de ma question. - Vous me demandez une potion sans savoir ce que c’eeeeeest ?! s’exclama-t-il. Diiiiantre ! - Je ne vous ai jamais demandé de prendre un des ces breuvages, je voulais juste savoir ce que c’était ! objectai-je pour me défendre. - Mais ce sont les plus puiiiiiissants breuvages que je puisse concocter ma chèèèèère, pardi ! La potion désirée par tout être à un moment de sa viiiiiie, la décoction qui défiiiiie les lois de la belle natuuuuuure, l’élixir qui fait frémiiiiiir les plus grands comme les plus pauvres, un extrait d’enfeeeeeer concentré dans une simple fiiiiiiioooole… Un péché désirééééé de tous… En entendant ses mots prononcés si sérieusement, je me mis à trembler, en me demandant de quoi donc il s’agissait, même si une idée démoniaque me frôlait l’esprit. - Qu’est ce que c’est !!? criai-je, sur les nerfs. - Calmez-vous, demoiseeeeeeelle, la colère ne conviiiiient pas… - Mais répondez alors à ma question, je vous en prie ! suppliai-je. - Voyons, c’est un philtre d’amoûûûûûr… A présent, mon esprit bouillonnait dans ma tête, Carwen était venu demander un philtre d’amour, et je ne voulais pas croire à ses intentions machiavéliques… Je voyais rouge autour de moi, l’envie de m’énerver, de tout casser, mais ce n’était pas la solution… Alors, j’inspirai une grande bouffée d’air pour me calmer, sous le regard étonné du bonhomme, toujours sa pipe en bouche. - Je vois…susurrai-je en détournant la tête, mon visage devenu rouge. - Et…en voulez vous uneeeeeee ? demanda-t-il, tout de même impatient de me vendre quelque chose, en se frottant les mains. - Je n’en ai nullement besoin, lui avouai-je, j’avais juste besoin de ce renseignement. Merci… Et après une légère inclinaison, je me retournai et ouvrit la porte brusquement, mais le petit bonhomme qui tenait absolument à me vendre quelque chose, m’interrompit dans mon geste en m’interpellant. - Attendeeeeez ! lança-t-il de sa voix aigre, le bras tendu vers moi. Vous être sûre que vous ne vouleeeeeez aucun objet magiiiiiique ? - Je n’ai pas d’argent, lui répondis-je simplement sans me retourner vers lui, ce qui était parfaitement vrai. - Mais…ma demoiseeeeeelle… ! Je ne laissai pas finir, refermant la porte derrière mon passage, la maisonnée menaçant de s’écrouler par cette brusquerie. Quelques heures plus tard, le soir s’annonça, et tout le monde avait terminé les préparatifs. Un immense feu avait été installé au milieu de la place, les flammes semblant toucher le ciel bleu marine dans lequel étincelaient quelques fines étoiles timides. Manifestement, toutes les personnes attendaient quelque chose de particulier, un événement qui devait être le clou de la soirée, mais personne ne nous en avait mis au courant. Pour ma part, je m’étais rendue, comme prévue, mais également à contrecoeur, chez Carwen, afin de me préparer pour la fête, c’est ainsi qu’elle m’avait prêté un vêtement, et je me jurais intérieurement de ne plus jamais le remettre de ma vie ! Il s’agissait d’un cache cœur en satin bleu, et d’un pantalon de la même couleur, à moitié transparent, très large, resserré au niveau des chevilles par des rubans couleur d’azur, et autour de ma taille, un long foulard turquoise, avec plein de paillettes d’argent parsemées de toutes part du tissu de satin. De plus, à l’aide d’un ruban entouré autour de ma tête, un grand voile identique à la texture et à la couleur de mon pantalon cascadait sur mon dos à moitié dénudé. Décidemment, je me sentais bien mal à l’aise en portant de tels habits, d’ailleurs, je n’en avais pas l’habitude, ça aurait plutôt à Yasalyn qu’ils auraient plût, mais certainement pas à moi ! Mais, apparemment, je n’avais pas le choix… Je tournai ainsi devant le miroir qui semblait se moquer littéralement de moi, faisant virevolter tissus et rubans en tout sens. - Cela vous convient-il ? Je me retournai un peu gênée, face à Carwen, habillée semblablement à moi, mis à part que ces vêtements étaient teintés dans les couleurs pourpres et chaudes, ses cheveux bruns, attachés en un chignon tenu à l’aide d’une broche en forme de feuille d’érable. Son regard se faisait hautain et sérieux, me toisant avec dédain, tout simplement. - …oui…parvins-je à dire avec difficulté, mais la politesse et la courtoisie étaient pour moi tous deux des principes fondamentaux que l’on ne pouvait compromettre. - Parfait, répondit-elle rapidement en pivotant vers la porte. Nous devrions nous hâter, la fête vient de commencer sur la place, et je n’arriverai en retard pour rien au monde… - Oui, j’arrive tout de suite… Alors, elle commençai à s’engager dans les escaliers alors que je continuai à m’observer dans le miroir, afin d’examiner, non pas ces abominables vêtements, mais mon anatomie. Deux cernes violacés étaient visibles sous mes yeux de la même couleur, mes seins s’étaient alourdis, mon ventre était à peine rebondi, il fallait être au courant pour le remarquer, rien de plus… Décidemment, je n’arrivais pas à inscrire dans ma tête que j’étais bien enceinte d’un enfant, le mien, celui d’Astiran également. Soudain, occupée par ces pensées, je fus prise d’un vertige et dû m’appuyer sur la chaise d’à côté. Des larmes me vinrent aux yeux, de rage, d’impuissance, mais également de bonheur, sans toutefois couler sur mes joues, se contentant juste de brouiller ma vision. Par réflexe, je posai une main froide sur mon ventre si chaud et doux, ce qui m’apporta un léger frisson lors du contact, tandis que, toujours agrippée à la chaise de bois, je respirai par saccade. - Diphtil ! Je ne me retournai pas, trop occupée à reprendre mes esprits, lorsque Naid se précipita vers moi, s’agenouilla et posa une main sur mon épaule. - Ca va ? me demanda-t-il inquiet. - Oui…répondis-je d’une voix faible en me retournant vers lui, un sourire aux lèvres. Ne t’inquiète pas, c’est normal… Il hocha la tête, gardant tout de même cette expression soucieuse fichée à son visage. - Le bébé…c’est ça ? - Exact, continuai-je, en me redressant avec l’aide de mon frère. Mais, il faut savoir souffrir pour être heureux. C’est ainsi que fonctionne la vie… Il me regarda fixement durant quelques longues secondes, un faible sourire dissimulé aux coins des lèvres. Je percevais dans ses yeux une étrange lueur, mystérieuse et omniprésente, celle qui vous prévient que cette personne vous cache bien des secrets… Puis, il le détourna en frôlant ma main avec la sienne. - Dépêche-toi, je crois que l’on nous attend en bas, me dit-il alors en empruntant les escaliers. Je le suivis alors de près, descendant les marches de pierres, les mains sur les murs. Puis, nous débouchâmes alors sur la rue, éclairée par la faible lumière tamisée des lampions multicolores suspendus aux murs, remplie de plusieurs centaines de personnes, toutes habillées de couleurs vives, des habits de fêtes. Mais, ils semblaient tous trépigner, surtout les plus jeunes, quelque chose d’important devait sûrement se dérouler ce soir. Puis, soudain, une silhouette s’approcha de moi, et je la discernai, un sourire aux lèvres : il s’agissait bien sûr d’Astiran, vêtue des beaux habits bleus marine brodés d’or. Son visage était également orné d’un sourire radieux, mais habituel chez lui, et cela depuis très longtemps… Je restai tout de même légèrement étonnée que Carwen ne soit pas accroché à son bras, enfin, tant mieux de ce côté… - Et bah ça alors ! s’exclama-t-il en levant les sourcils. C’est la première fois que je te vois vêtue ainsi ! - C’est également la dernière, souviens-t-en…susurrai-je entre les dents, gênée, mais également avec un sourire coquin fiché sur les lèvres. - Dommage, tu es bien belle comme ça, continua-t-il, en haussant les épaules, un éclair de déception traversant ses yeux. - D’après toi, je suis belle de toute façon…je me trompe ? - Non, tu as encore raison ! Soudain, le son retentissant d’une corne de brume explosa, et, le signal lancé, toutes les personnes s’agglutinèrent sur un pont qui passait par-dessus la rivière, face au château. Les jeunes enfants étaient installés sur les épaules de leurs parents afin de mieux voir, et certains adolescents rebelles, décidaient de s’asseoir sur le rebord de la bordure du viaduc, en basculant leurs pieds dans le vide. - Il doit vraiment y avoir quelque chose de spécial…dit Naid. - Le meilleur moyen de savoir, ça serait d’aller voir, vous ne croyez pas ? leur demandai-je. |
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 | Sujet: Re: Chapitre 37 [Pirofoby] Lun 24 Sep - 20:02 | |
| Partie 3Ils hochèrent la tête, et nous commençâmes à avancer vers le pont, réussissant à nous faufiler dans la foule, nous arrivâmes au devant du pont, face à rivière, noire et ténébreuse, juste éclairée par la fine lumière provenant des étoiles, la Lune ayant momentanément disparue du ciel, comme toutes les quatorze nuits. Au balcon du château, discernait-on quatre personnes, au centre, un homme assez grand, vêtu richement, des cernes sous ses yeux arrogants, une main sur le rebord. A sa droite, une femme, également élégante dans ses habits soyeux, les mains liées au niveau du ventre, ses cheveux noirs, serrés en arrière, équipée du même regard froid que son voisin, mais pourvue d’un sourire mystérieux. Tout à gauche se tenait une personne qui ne m’était pas inconnue, puisqu’il s’agissait de cette Carwen… Mais encore, le plus étonnant restait sur la droite, où dépassaient le haut du crâne dégarni du petit alchimiste rencontré pas plus tard que cet après midi. Il s’éleva soudainement, sûrement doté à présent d’un tabouret afin qu’il soit visible devant l’assemblée. Les deux personnes au milieu devaient donc être le seigneur de la cité de Pirofoby, et son épouse, puisque Carwen était leur fille, il semblait logique qu’elle apparaisse à leurs côtés, quant à l’alchimiste, je n’avais aucune idée sur sa présence. - Chers villageois de Pirofoby, débuta le seigneur d’une voix haute et forte, en levant ses mains, mes amis, nous sommes réunis en ce soir afin de châtier celui qui a osé fouler notre territoire avec des intentions malsaines. Mais autant lui affligé cette punition en s’amusant, vous ne pensez pas ? Maître alchimiste, je vous laisse prendre soin de notre cher camarade ! Une ovation s’éleva de la foule, jusqu’au brouhaha le plus total, un chaos festif, qu’appréciait chacun. Je restai tout de même perplexe…qui était cette personne qu’il fallait donc châtier, surtout avec l’aide de cet alchimiste ?! Celui-ci leva les bras au ciel, lui donnant un air plus grand, mais aussi ridicule qu’à son habitude. - O mes amiiiiiis ! cria-t-il de sa voix nasillarde et perçante. Ce soir, ça va être la fiestaaaaa ! Pour vouuuus, j’ai concocté les meilleeeeeeuures potiiiooons !! Vous allez adoreeeeer !! Des cris d’approbations montèrent du pont, les petits même semblaient se prendre au jeu. Puis, soudain, l’excitation redoubla sans que je sache pourquoi… - Oh mince…murmura Naid en fixant un point au loin. - Qu’est qu’il y a ? demandai-je, curieuse. - Regarde tout au bout de la rivière et tu comprendras…me répondit-il sans détourner son regard. Alors, plissant les yeux, je scrutai vers la direction donnée par mon frère, discernant plus loin un radeau sur lequel était attaché un homme, assis, tête baissée, son visage caché par ses cheveux bruns. Autour de moi, je pouvais entendre les gens crier : « Bien fait pour lui », ou bien « balancez-lui les fioles ! » Alors, effarée, je me tournai vers Astiran. - C’est un humain ligoté ! m’exclamai-je. - J’espère qu’ils ne font pas subir cela à tous les humains qu’ils rencontrent, répondit-il, un peu mal à l’aise. - En avant pour le spectaaaaaaacle !! s’écria l’alchimiste en brandissant deux fioles, l’une contenant un liquide vert et visqueux, l’autre bleu clignotant. - Il ne va tout de même pas… ? Alors, le petit alchimiste lança ses potions de toutes ses forces, les flacons tourbillonnants dans les airs avant d’exploser étrangement lorsqu’elles atteignirent la surface de l’eau, et un gaz s’échappa, se dispersant dans l’air. Tout à coup, l’homme, ayant en partie relevé sa tête, devint tout jaune, toute sa peau, un jaune vif qui tapait l’œil. La foule éclata de rire, tandis qu’un bras vert émergea du haut de son crâne. Je restai consternée devant ce spectacle, les yeux grands ouverts, une main devant la bouche. - Ne t’inquiète pas…me dit Naid, comme s’il lisait dans les pensées, un sourire aux lèvres, amusé. Les effets sont temporaires, et il oubliera sûrement tout cela par la suite, j’en suis persuadé… Je n’étais pas soulagée pour autant, pendant que l’alchimiste continuait à envoyer des potions sous l’acclamation de la foule. - Je suiiiiiis le roiiiiii du moooooonde ! s’écriait le petit bonhomme, un peu fou. L’homme avait à présent des cheveux d’un rose pétant, la tête à l’envers, avec un poireau à la place de sa main droite, ce qui semblait plaire aux villageois, qui hurlaient leur joie. Astiran posa la main sur mon épaule, il ne semblait pas si heureux que les autres. - Nous devrions nous en aller…me dit-il sérieusement, en tout cas nous éloigner d’ici… - Pourquoi donc ? demandai-je, étonnée. - Les gaz risquent de se disperser rapidement, et les effets ne tarderont pas à se faire ressentir… Alors, si tu ne veux pas te retrouver avec quatre jambes, le meilleur moyen serait se s'écarter du pont. - Tu as raison…murmurai-je. - Vous aurez ma vengeance, sales Neltiads !! hurlait l’homme, mécontent de sa position actuelle. Vous me le paierez !! La foule lui répondit en le huant, certains lui jetant des fruits afin de le faire taire, tandis que les potions continuaient de voltiger en tous sens. Alors, je prévins Naid, pendant qu’Astiran me tira vers l’arrière en me tenant par la main. Celui-ci nous rejoignit en dehors du rassemblement, assez loin afin d’éviter la fumée que dégageaient les décoctions. D’ailleurs, Astiran avait bien eu raison, car quelques instants plus tard, quelques personnes eurent d’étranges symptômes, comme une peau verte, des cheveux bleus ou certains même doublèrent de hauteur. D’autres, joyeux comme des pinsons, se mirent à danser avec leur voisin, c’était vraiment l’anarchie la plus complète. - Heureusement que tu nous as prévenus, Astiran, dit mon frère. Sans ta remarque, nous serrions sûrement avec un bras entre les deux omoplates ! - Il fallait prévoir cela, répondit-il. Surtout qu’il a l’air d’être un peu inconscient le bonhomme là haut ! - Tu l’as dit…continuai-je en soupirant, en pensant au petit alchimiste, un peu dingue par ailleurs. - Au fait, je n’ai pas aperçu Floïn et Hydnée…fis-je remarquer. - Floïn n’a pas jugé bon d’y aller, elle et sa fille ont besoin de repos…répondit Astiran en shootant dans un caillou. Alors, nous avançâmes vers le grand feu établi au milieu de la place et nous nous assîmes calmement, sans un mot. Les gens s’y regroupèrent peu à peu, ayant retrouvé pour la plupart leur métabolisme normal. Quand tout le monde fut revenu, les gens commencèrent à danser joyeusement, tandis que certains troubadours et musiciens entamaient musiques et chants. Je balayais le cercle qui s’était formé autour du feu : aucune Carwen à l’horizon, et cela me soulageait grandement. Les flammes crépitaient au rythme des notes, tandis que les gens tournoyaient en riant, certains adultes s’amusaient à danser avec des enfants, tout heureux. Puis, Astiran se leva et se planta devant moi, me présentant sa main. - Mademoiselle, m’accorderiez-vous cette danse ? demanda-t-il en souriant, l’air courtois. - Avec plaisir…répondis-je, l’air coquin au visage. Alors, je déposai ma main aux longs doigts fins dans la sienne, grande et chaude, qui me souleva, sous le sourire de Naid. Puis, mise sur pieds, je ne savais pas trop comment m’y prendre, mais lui, semblait savoir à peu près. Il prit délicatement ma taille et m’approcha de lui, en me prenant ma main gauche de l’autre. Naturellement, je posai mon autre main sur son épaule, tandis qu’il commença à m’entraîner en dansant. Jamais je n’aurais cru que cela tournait autant ! Les yeux dans les siens, un sourire aux lèvres, nos pas s’enchaînèrent au rythme de la musique, tandis que d’autres couples continuaient également à danser autour de nous. Malgré cela, je me sentais absolument seule au monde, les sons de la fête me paraissaient feutrés à mon oreille, comme si cette scène se déroulait au ralenti. Seul lui existait à mes yeux, uniquement son sourire était pour moi la lumière de cette soirée, son odeur, la musique qui guidait mes pas. Jamais je ne m’étais sentie aussi bien en cet instant qu’était celui-là, soulagée de tous les maux et questions qui me tourmentaient l’esprit toute la journée. Pour lui aussi, ce moment paraissait être des minutes de pur délice, auquel il fallait absolument profiter. Le son de la musique dont le rythme s’accélérait de plus en plus nous ramena sur terre, et alors, tenant fermement ma taille contre lui, il me fit tourner encore plus, faisant virevolter mes cheveux dans l’air battant dans ce virage. Tout autour me paraissait flou, à cause de nos pivotements incessants, de la nuit et de la fatigue, mais surtout car je n’en avais peut-être pas envie… Je me mis alors à rire, heureuse d’être libre, et de vivre ma vie comme je l’entendais, rien qu’en cette seconde interminable, alors que son sourire s’élargissait sur ses lèvres. Tête en arrière, allègre, comme plus de ce monde, j’avais une telle impression de m’envoler ailleurs. - Arrête ! lui criai-je en riant, même si je ne savais pas s’il pouvait percevoir ma voix à cause de la folie ambiante. J’ai la tête qui tourne ! Heureusement pour moi, la musique s’arrêta brusquement sur une note forte et soudaine, et tout le monde arrêta sa danse, en applaudissant joyeusement. Moi, je continuai à regarder Astiran, un grand sourire aux lèvres tandis que nous nous rassîmes. Naid glissa quelques mots à son oreilles, mais j’étais tellement ailleurs, que je ne perçus ce qu’il lui disait, en tout cas, Astiran se mit à rire juste après. Mais soudain, mon sourire s’évanouit : devant nous arriva Carwen, toujours avec son air un peu hautain et son sourire hypocrite. Elle s’approcha et s’assit, elle le faisait exprès, j’en étais certaine, juste entre moi et Astiran. |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 37 [Pirofoby] Lun 24 Sep - 20:02 | |
| Partie 4- Alors ? nous demanda-t-elle. Comment appréciez-vous la fête ? - Elle est chouette ! répondit Naid. Vous en organiser rarement ? - Juste quand nous faisons des ennemis prisonniers, des humains qui se sont attaqués sans raison à notre village, nous expliqua-t-elle. Nous ne leur faisons rien de bien dangereux, nous nous amusons, et ensuite, ils oublient tout ce qui s’est déroulé. - Oui, mais quand même…continua Astiran, les dents serrées, se sentant intrus. Je soupirai à côté, la tête dans les mains, comme boudant de la présence de la jeune femme. - Au fait, vous devez sûrement avoir soif ! s’exclama-t-elle justement. Vous désiriez que je vous apporte des boissons afin de vous désaltérer ? - Avec plaisir, répondit Naid. Alors, à mon plus grand soulagement, elle se leva pour aller chercher ce qu’elle nous avait proposé, tandis que je me rapprochais discrètement d’Astiran afin qu’elle ne revienne pas à nouveau à cette place. - Elle est bien sympathique de nous offrir à boire ainsi ! dit Naid en mettant ses mains sur ses genoux. Néanmoins, je sentais d’ici le coup fourré, lequel… Elle revint juste quelques instants plus tard, en portant trois verres dans ses mains, puis, elle nous les distribua, enfin…donna deux d’entre eux à Naid et Astiran et garda le troisième pour elle ! C’était vraiment le pompon ! Je devins à ce moment rouge de colère, et Astiran avait dû le remarquer. - Tu veux boire du mien ? me demanda-t-il. - Il ne faudrait mieux pas, répondit Carwen en avalant une grande gorgée. Je vous ai mis de l’alcool fort, exprès pour les hommes, il ne vaudrait mieux pas qu’elle y touche si elle ne désire pas tomber directement dans le coma éthylique ! - Aussi fort que ça ! s’étonna Astiran en regardant le contenant du gobelet. Le problème, c’est que je ne tiens pas l’alcool non plus ! - Par contre, vous pouvez boire dans mon verre, proposa la femme. - Sans façon, grognai-je, les bras croisés. Naid but tout le verre d’une seule traite sous le regard surpris de Carwen. - Dis donc ! Vous avez une sacrée descente ! s’exclama-t-elle, abasourdie. - Je tiens bien l’alcool, répondit-il naturellement en déposant délicatement le gobelet devant lui. Cela n’a aucun effet sur moi, et j’ai connu pire que celui que vous venez de mes servir, je peux vous l’assurer ! Alors, Astiran fixa la timbale, montée au niveau des yeux. - Bon…à nous deux alors… Tandis que je voyais la surface du verre s’approcher délicatement de ses lèvres entrouvertes, un déclic se produisit dans mon esprit, et, alarmée et paniquée, je me précipitai sur lui et lança un grand coup dans le gobelet qui alla voler, renversant son contenu sur les jambes de Naid. Il en était moins une… - Qu’est qu’il t’arrive Diphtil ? me demanda Astiran, étonné de mon geste. - J’ai perdu mon équilibre…mentis-je. Je jetai un regard vers Carwen, restant impassible, alors que Naid essayait de nettoyer ses vêtements. - Tu aurais pû faire attention quand même ! grogna-t-il. Ce ne sont même pas mes propres habits ! - Désolée…répondis-je, avec un sourire satisfait aux lèvres. Je ferais plus attention la prochaine fois. Puis, une autre musique s’éleva lentement, mais ce n’était pas celles que l’on pouvait écouter habituellement. - Une danse shindoënne…dit Naid en relevant la tête, comme s’il avait pu lire dans mes pensées et qu’il ait déniché ma question. - Qu’est ce qu’elle a de particulier ? demanda Astiran. - Le style des gestes est totalement différent, répondit Carwen en se levant. Je vous montre ? Alors, elle se tourna vers un homme et siffla, celui-ci lui envoya un tambourin qu’elle attrapa agilement et qu’elle commença à faire tourner autour d’elle, l’instrument produisant des dizaines de petits sons en même temps. Reculant vers le centre du cercle formé par les personnes assises, elle secouait ses vêtements semblables aux miens dans tous les sens, faisant virevolter les tissus pourpres en tout sens, lui donnant une certaine grâce. Tout en se déhanchant lentement, de manière séductrice, elle agitait son tambourin d’une main, tapant en rythme avec l’autre, ses pieds enchaînant une danse rapide et assez que je n’arrivai à suivre. Elle envoyait son corps balader de gauche à droite par gestes élégants, sous le regard admiratif du public, certains hommes la sifflant, il fallait dire qu’elle était sous ses traits ensorceleurs. Et moi, je l’observais, les bras croisés, la mine renfrognée de dégoût, mais surtout dominée par une jalousie impétueuse. Quelques minutes plus tard, lorsque la musique s’arrêta, et que Carwen stoppa sa danse, elle s’inclina, sous les applaudissements des gens qui criaient son nom. Puis, elle s’avança vers nous, me fixa dans les yeux, et engageant un terrible combat de regard, elle afficha un rictus sur ses lèvres. - Alors ? Je vous mets au défi d’en faire autant… Astiran et Naid se retournèrent vers moi, en attendant ma réponse, tandis que je ne détachai pas mon regard meurtrier envers ma rivale. Puis, lentement, je me levai sous le regard de tous, devant Carwen qui me fixait toujours aussi dédaigneusement. - J’accepte…susurrai-je. Qu’on me passe un tambourin ! Alors, comme pour la femme, on m’en envoya un que j’attrapai au vol en levant simplement ma main. Puis, elle et moi nous avançâmes vers le centre du cercle dans un silence très tendu tandis qu’une autre musique du même style se fit entamer par les musiciens. Je fermai alors les yeux et me concentrai, il suffisait simplement d’improviser des gestes suivant le rythme musical. Rouvrant les paupières, je tins fermement mon tabourin en commençant à balancer mon corps de gauche à droite tel une vague géante, tandis que Carwen entamait directement une danse incluant tous ses membres. Je ne voulus pas trop la regarder, trop concentrée sur mes propres gestes, et ayant compris comment fallait-il s’y prendre, je levai mes deux bras, agitant le tambourin bien en rythme, balançant mon bassin. Franchement, je trouvais que je m’en sortais pas trop mal, pour même employer le mot « bien ». Mais soudain, Carwen me percuta de plein fouet, me faisant trébucher. - Oh ! Excuse moi ! s’excusa-t-elle ironiquement, d’une voix bien trop fluette pour mon goût. - Sale… Mise en furie, je me relevai, faisant mine de reprendre la danse, j’effectuai un tour sur moi-même, et au passage, mon pied passa sous les leurs, et elle s’affala également à terre. - Je suis vraiment désolée ! lui répondis-je à sa manière. Désormais, elle paraissait autant en colère que moi…Nous continuions à danser, face à face, le regard noir et impétueux envers l’autre. - Tu as peur…c’est ça ? me murmura-t-elle. - J’ai peur pour quelqu’un d’autre…lui répondis-je d’une voix plus grave. - Oh, je vois…continua-t-elle en effectuant un tour sur elle-même. Que je te pique ton fiancé… Puis, lentement, elle approcha ses lèvres de mon oreille. - J’ai bien l’intention de le faire… La colère bouillonnait en moi et je devais la laisser exploser, j’en pouvais plus… Furieuse, je brandis mon tambourin et lui assena sur la face de toutes mes forces, sous le cri en chœur des gens qui nous regardaient. Puis, un peu sonnée, elle me sauta dessus, me tombant dessus en commençant à me taper. Me défendant de mon mieux, j’essayais de la dégager, ce que je réussis à faire grâce à mes pieds. Mais avant de se ré-affronter, mes bras furent saisis par Astiran qui me tira vers l’arrière, tandis que d’autres personnes retinrent Carwen, aussi enragée que moi. - Qu’est ce qui vous arrive ?! cria Naid. Ca ne va pas de vous taper comme ça ! - Lâchez-moi !! hurla Carwen en essayant de se dégager. Je ne répondis rien, car à nouveau, je sentais ce sentiment de lourdeur monter en moi, une toute autre mentalité meurtrière, comme avec l’ophiandros l’autre fois. Non, il ne fallait pas… Quelle fut en même temps la joie, mais la terreur de moi-même, lorsqu’elle commença à se tordre, le regard vide, lèvres entrouvertes. - Carwen ! Non ! Il ne fallait pas que je la tue ! Je fermai les yeux, et malgré toute la rancune que je pouvais concentrer envers elle, je fis le vœu de ne pas la faire mourir, je n’étais avant tout pas une meurtrière !! Respirant par saccade, je la vis se relever, se tenant la poitrine, et honteuse, je m’échappai de l’étreinte d’Astiran, m’enfuyant en courant loin de la foule. Un peu plus tard, j’arrivai dans une ruelle sombre et déserte, là où je pouvais enfin être seule…enfin, c’est ce que je croyais… - Diphtil ! Je me retournai vers la silhouette qui s’avançait vers moi, celle d’Astiran, qui se planta devant moi. Malgré toute ma peine et ma colère, je ne pleurais pas, je retenais mes larmes au plus profond de moi, mais peut-être aurais-je préféré en verser à cet instant… Puis, lentement, il m’attrapa les mains, jetant un coup d’œil à la bague qui s’illuminait malgré l’ombre. - Qu’est qui t’a donc pris de la taper ainsi ? me demanda-t-il calmement, ce qui m’étonna. - Elle n’a eu que ce qu’elle méritait ! répliquai-je sèchement. Il plongea son regard dans le mien, au plus profond qu’il pouvait. - Tu es toujours jalouse d’elle, je me trompe ? - C’est pire encore ! Elle veut vraiment t’avoir ! Elle a même tenté de t’empoisonner avec un philtre d’amour ! - C’est donc pour cela que tu as renversé mon verre tout à l’heure ? me demanda-t-il. Lentement, je hochai la tête, sans dévier mon regard pour autant, mais il esquissa un sourire. - Tu te fais donc autant de souci que ça ? - Bien sûr ! continuai-je, énervée. Je tiens énormément à toi, et je ne veux pas te perdre à nouveau, sinon je… Sa main qu’il posa sur ma joue m’interrompit et le calme vint m’envahir peu à peu, alors qu’il me regardait avec des yeux doux. - Si tu es certaine de ce que tu dis, alors ne te justifie pas…me murmura-t-il. - Astiran…je… - Tu as peur, je peux le comprendre, j’ai moi-même peur pour toi, continua-t-il sur le même ton. Je ne sais que faire pour te rassurer, mais sache que je me ferais jamais avoir par qui que ce soit à présent… Fais moi confiance… Il me prit alors dans ses bras, et je me blottis contre lui, ma tête logée sur son épaule. « Le problème…c’est que Carwen n’est pas… » |
|  | | Isilia Intuition magique

 Nombre de messages: 280 Age: 16 Livre ou fic préféré: La fille du monde \o/ Localisation: héhéhé... Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Isilia, Myrilia Date d'inscription: 08/06/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 37 [Pirofoby] Lun 24 Sep - 22:28 | |
| Wouah!! Super chapitre!! C'est l'fun d'avoir quelqu'un à détester à nouveau ^^ En espérant qu'on ne la déteste pas plus... C'est vraiment bon, j'ai gueulé "à l'a tuééé!!" chez nous, ma mère se demandais de quoi je parlais ^^" J'ai très hâte de pouvoir lire la suite! |
|  | | Mancinia Connaissance de Yûni

 Nombre de messages: 559 Age: 17 Livre ou fic préféré: Le Royaume des Pierres et la Candeur de la Rose. Localisation: Sur la chaine de mon bureau. Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Mancinia (Berkclay - Neflyr - Hell). Date d'inscription: 16/08/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 37 [Pirofoby] Ven 28 Sep - 19:09 | |
| C'est quoi cette nana ? Puré Ielenna je vais déprimer on à les mêmes idées ToT... SINON C'EST TOUJOURS AUSSI GENIALE ! Ze veux la zuite... |
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