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 Chapitre 32 [Vers Phèn]

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Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
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MessageSujet: Chapitre 32 [Vers Phèn]   Mar 28 Aoû - 20:27

Chapitre 32



Partie 1

- Ainsi, Zerda serait de retour…réfléchit dame Mâat après lui avoir raconter tout mon rêve dans les détails les plus précis.
- De plus, pour nous jouer un mauvais tour…continua dame Nephtys.
- A Naralir, je m’étais renseignée sur le démon que vous aviez combattu, toutes les trois, dis-je alors. Et j’ai remarqué qu’il portait le même nom, ainsi, vous ne l’auriez pas tué ?

Les triplettes restèrent silencieuses.

- Nous ne l’avions que neutralisé, scellé par un puissant sortilège, soupira dame Shesemtet. Jamais nous n’aurions pensé qu’il existerait quelqu’un d’assez demeuré pour l’invoquer un jour !
- Les nôtres, de jours, sont à présent comptés…
- Oui, continua dame Mâat, le prêtre l’aura sûrement pris pour son compte, et tu nous as bien dit qu’il détestait les Neltiads, cet effronté ?

Je baissai la tête.

- C’est exact…répondis-je.
- Notre peuple est en péril, dit alors dame Nephtys. Ce démon ne fera de nous que de la chair à pâté…
- Mais, à mon avis, il ne se dirigera pas vers Ephyr, intervins-je.
- Comment le sais-tu ? demanda la dame aux longs cheveux bouclés.

Je me retournai alors vers elle.

- Je sais à présent qu’une bataille décisive dans la guerre des peuples se prépare dans l’Empire Neltiad, lui dis-je alors, sérieuse. Dans ce cas, Sarïn devrait sûrement en être au courant, et donc, va certainement m’y attendre…Une sorte de piège…

Un silence s’installa.

- Peut-être pourriez vous venir avec nous ? demandai-je. Vous savez comment neutraliser Zerda.

D’un œil étrange, les trois sœurs se regardèrent entre elles.

- Nous n’avons aucune certitude de cette bataille…soupira dame Mâat. Et même si dans le passé notre peuple s’est battu…
- … à présent, tout est différent, car les humains nous considèrent encore moins que des laitues…
- Notre route d’ici jusqu’à Entygon sera beaucoup trop périlleuse pour le peuple d’Ephyr, dit dame Nephtys en se passant une main sur la jambe.
- Mais…vous êtes les seules qui savaient comme vaincre ce démon ! m’exclamai-je.

Toutes trois soupirèrent en chœur.

- Mais le refaire sera impossible pour nous, me dit dame Shesemtet. Cela a sûrement agit sur lui comme un vaccin, immunisé contre notre magie, qui cessera d’agir.
- Cela risque donc d’être pire…termina la triplette aux longs cheveux raides.
- Donc…ça devra être quelqu’un d’autre que vous qui devra le neutraliser ? demandai-je.
- Tu as tout compris, me dit dame Shesemtet.

Toutes mes idées bouillonnaient dans ma tête, je ne savais plus quoi penser.

- Mais, si Zerda surpasse la magie divine des autres dieux, je n’aurais aucune chance de le faire également, fis-je remarque.
- Ca devra être un grand magicien qui en payera le prix, conclut dame Nephtys en se levant.
- Et ainsi, tous les maux du monde seront guéris, termina dame Mâat.

Je baissai la tête, tandis que deux des sœurs allèrent plus loin, et que dame Nephtys se dirigeaient vers une fenêtre. Me levant, je la rejoignis. D’un regard empli de bonté, elle scrutait les rues désertes, ou le jour marchaient des centaines de Neltiads.

- Quel malheur qu’en ce jour nouveau désastre s’abatte sur nous…soupira-t-elle en fermant les yeux. Jamais nous n’avons mérité cela, ni dans le passé, ni de ces jours.

Elle se tourna vers moi.

- Je suis désolée de ne pas pouvoir t’aider dans ta quête, mais avec prudence je préfère en priorité agir, me dit-elle.
- Je comprends votre choix, répondis-je en s’inclinant.

Je la vis sourire légèrement.

- Ce n’est pas normal qu’une déesse se courbe devant une mortelle, dit-elle amusée.
- Vous n’êtes pas comme tous les mortels et…attendez…comment savez vous que je suis une déesse alors que…
- C’est vrai que le signe sur ton front je n’ai pas encore remarqué, m’interrompit-elle. Mais j’ai mes propres informations…

Je n’arrivai pas à percer ses derniers mots mystérieux, propres informations ? Elle avait vu quelqu’un qui me connaissait ? Sûrement l’un des centaines de malades que j’avais dû bénir étant petite. Puis, dame Nephtys détourna son regard vers la fenêtre.

- Par contre, je peux t’aider, une information qui te sera utile, dit-elle sans me regarder. Parait-il devras-tu te rendre chez la Sorcière des Sens ?
- C’est…c’est exact…répondis-je, un peu surprise qu’elle sache autant de choses.

Elle se mit à rire légèrement.

- Ah, cette sacrée Sorcière ! s’exclama-t-elle. Ainsi, elle est toujours en vie… Par son comportement tu risques d’être étonnée. Toujours en est-il qu’aux environs de la cité d’Aribeau elle se trouve.
- Nous devons aussi nous y rendre, répondis-je. Vous la connaissez ?
- Bien sûr…elle est l’une des rares, telles que nous, de la jeunesse éternelle à être dotée.

Je devins de plus en plus curieuse.

- Elle a également accompli quelque chose d’important ? demandai-je.
- C’est plus compliqué que ce que l’on pourrait penser…répondis-je, paupières closes. Elle est la plus puissante de toutes les apothnescoracienne, peut-être même, la meilleure en matière de magie, mais je sais qu’elle a d’énormes prétendants à ce titre, seule une personne y arrivera, c’est son destin, funeste destin…
- Je ne vois pas pourquoi devenir le meilleur de tous les magiciens serait un malheur, remarquai-je.
- Mais, complètement différent pour cette personne ça sera, continua-t-elle. Un agissement dans le passé, dans le présent, dans le futur. Jamais son âme ne reposera en paix, à cause de ce destin scellé, et cela, j’appelle cela le plus grand des malheurs… Pour les autres elle se sacrifiera, des peuples entiers, contre sa vie toute entière…Un esprit errant…

J’eus l’impression d’avoir déjà entendu cette phrase quelque part…puis peu importe.

- Est-ce que, par hasard, cette personne aurait un rapport avec celle qui devra neutraliser Zerda ?

Elle me regarda dans ses grands yeux violets aux milles reflets divins.

- De la même personne il s’agit, me répondit-elle l’air grave.
- Mais comment savez vous donc tout cela ? demandai-je, toujours aussi curieuse. Vous êtes devine ?
- Pas exactement, le terme « devin » s’accordant avec les personnes capables de lire séparément l’avenir de chacun. Grâce à mon don de lecture dans les astres, qu’un futur je peux connaître.
- Lequel ?
- Celui de notre monde, en général…me répondit-elle.

Elle soupira longuement.

- Horribles seront les choses qui vous attendent, mais vous saurez comment y faire face, continua-t-elle. Tout se terminera dans plusieurs siècles…
- Vous arrivez à voir ce qui se produira dans des siècles ? l’interrompis-je étonnée.
- Oui…oh, et puis, je ne dois pas tout te dire…me dit-elle.

Puis, elle rejoignit ses deux sœurs auprès d’une table, la suivant de près.

- Quoi qu’il en soit, termina-t-elle, à Phèn et à Aribeau il faudra te rendre.
- Ton courage à deux mains il te faudra prendre, continua dame Shesemtet.
- Ainsi, le malheur tu pourras fendre, finit dame Mâat.
- Je le sais, soupirai-je. Mais, nous qui, avant, étions partis à quatre, restons à présent seulement deux… Je n’ai que peu de chances d’arriver à notre but.

Toutes trois en synchronisation bougèrent négativement la tête.

- De l’aide te viendra, goutte par goutte, dit dame Nephtys.
- Et même si tu en doutes…
- Vous n’êtes pas deux sur la route, termina dame Shesemtet.
- Quelqu’un nous suit ? m’étonnai-je.
- Pas exactement…
- Quoiqu’il en soit, il faudrait à présent que tu te mettes à voyager rapidement.
- Mais avant que tu ne partes, un présent nous aimerions te remettre amicalement.

Dame Mâat s’approcha d’une commode sur laquelle attendait une belle boîte de bois ornée de perles. Délicatement, elle l’ouvrit et en sortit une petite fiole de cristal, dans lequel baignait un liquide aux reflets cuivrés. Puis, la tenant soigneusement entre ses doigts, elle s’approcha de moi et me la mit entre mes mains.

- Cela te sera sûrement utile, car ce liquide empêche la fatigue d’engourdir tes membres et ton esprit, mais utilise là avec modération, me dit-elle. J’espère que nous nous reverrons un jour…
- Merci beaucoup…répondis-je tandis qu’elle éloigna ses mains des miennes, me laissant la fiole.



Après être sorti du temple de Wüen, je soupirai, à moitié fatiguée. C’était déjà l’aube dehors, et les gens commençaient de sortir de leurs maisons. Je me dirigeai alors vers l’hôpital dans lequel se trouvait mon frère. J’y entrai, tombant nez à nez avec la guérisseuse que j’avais connu lors de ma dernière rencontre.

- Oh, bonjour ! s’exclama-t-elle.
- Bonjour, lui rendis-je alors. Comment allez-vous depuis la dernière fois ?
- Oh, bien, bien, je vous en remercie. Ainsi, vous partez pour Entygon ? C’est Naid qui me l’a dit hier soir.

Je soupirai.

- C’est exact… mais s’il vous plait, ne dites rien à personne d’autre…
- Je serai muette pour une carpe ! répondit-elle avec une grand sourire, en hochant la tête, faisant remuer ses courts cheveux flamboyant.
- Au fait, vous savez dans quelle chambre se trouve mon frère ? demandai-je.

Elle réfléchit quelques secondes.

- Vous prenez le couloir du bas, et c’est la cinquième porte sur la gauche, m’indiqua-t-elle en me faisant des signes pour me faire comprendre.
- D’accord, merci.

Elle me répondit par un grand sourire radieux, et se dirigea vers son bureau au milieu du hall. Quant à moi, je me rendis, comme elle me l’avait indiqué, dans le couloir, et comptai les portes sur la gauche. Enfin arrivée à la cinquième, je levai mon poing et frappai à la porte. J’entendis de l’autre côté des pas qui se rapprochèrent, et la poignée se tourner. La porte s’ouvrit, voyant Naid, torse nu, les cheveux en pétard sur sa tête et les yeux encore gorgés de sommeil. J’étouffai un rire en le voyant dans cet état.

- Je te réveille ? lui demandai-je.
- Oh, ce n’est pas grave, répondit-il en baillant. Il fallait bien que je me lève de toute façon. Attend moi juste une minute, le temps que je me prépare.

C’est ce que je fis, adossée contre le mur en fixant la porte, mais, cela ne lui prit même pas une minute. Sortant de la chambre, sac sur le dos, il s’étira.

- Qu’est ce que j’ai bien dormi cette nuit…me dit-il en baillant à nouveau. Et toi ? Tu ne t’es pas reposée ?
- Non, répondis-je en faisant un signe de tête. Je n’en ai pas ressenti le besoin.
- Bon, bah…en route alors.


Encore une fois, nous quittâmes la cité d’Ephyr, en passant par le petit tunnel dissimulé dans les collines verdoyantes. Nous nous étions équipés de deux chevaux pour le reste du trajet, l’un alezan qui semblait athlétique, que prenait Naid, l’autre couleur crème à la crinière chocolat, que je décidai de chevaucher. Un peu plus loin, ayant dépassé la ville humaine, Naid déroula sa carte et la posa par terre en l’examinant.

- Tu m’avais bien dit que tu voulais passer par Phèn à Naralir, je me trompe ? me demanda-t-il, accroupi auprès du parchemin.
- Non, mais de plus, les dames de Wüen voulaient que je m’y rende…répondis-je, toujours debout en le regardant, les rênes des cheveux qui broutaient l’herbe tranquillement.

Mon frère leva sa tête vers moi, les yeux plissés à cause du soleil.

- Pourquoi donc ?
- Elles m’ont dit que je devais récupérer quelque chose qui m’appartenait, répondis-je en croisant les bras, ou un truc comme cela… Elles ont refusé de m’en dire davantage.

Après un léger hochement de tête, Naid se ré intéressa sur la carte.
- Phèn…dit-il en pointant le doigt sur un petit point qui représentait la ville. Cité modeste au bord de la rivière Mosakaga…
- Mosakaga ? Ca me parait étranger comme mot…
- Oui, d’origine Shindoënne. Je ne me souviens par contre plus de sa signification… mais peu importe…

Son doigt parcouru la carte.

- Déjà, il nous faut compter quelques jours de plus par rapport au trajet Ephyr-Faritè si l’on passe par Phèn.
- Je croyais que cela ne changerait rien…
- Et non…soupira-t-il. Une ou deux journées de voyage supplémentaires… Mais ce n’est pas grave. Ce qui nous fait environ treize jours avant d’arriver à Faritè.

Je me passai une main sur le visage.

- Mais déjà, d’ici à Phèn, combien nous faut-il de temps ?

Naid calcula rapidement.

- Je dirai cinq ou six jours…pas plus ni moins, s’il ne nous arrive rien.
- J’espère bien…
- Moi aussi, soupira-t-il en enroulant la carte qu’il rangea dans son sac.

Nous montâmes chacun sur notre cheval, et commençâmes à avancer. Décidemment, allions nous un jour nous arrêter ?
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MessageSujet: Re: Chapitre 32 [Vers Phèn]   Mar 28 Aoû - 20:27

Partie 2


Le soir du deuxième jour, nous nous arrêtâmes à l’abri de deux peupliers qui procuraient une ombre bienfaisante auxquels nous avions attachés les cheveux, un peu fatigués. Pendant que j’installais mes affaires, Naid essayai d’allumer un feu, mais l’après midi s’étant faite humide, il n’y arrivai pas.

- Alors ce feu ? lui demandai-je en m’asseyant, mes genoux contre moi.
- Le bois est trop humide…me dit-il.

Alors, d’un air déterminé, il retroussa ses manches, et tendit ses bras par-dessus les branches.

- O nõt nõporthna sorùp, murmura-t-il alors.

Soudain, une braise s’anima entre les branches qui s’enflammèrent en quelques secondes.

- Et voilà le travail ! déclara-t-il, fier, en frottant ses mains.

Puis, il s’assit en face de moi, le feu nous séparant.

- De la magie…dis-je alors. C’est Yasalyn qui te l’a appris… ?

Il hocha la tête, sentant que la jeune femme occupait encore ses pensées. Contrairement à Astiran, celle-ci était toujours en vie, mais Naid ne savait pas s’il allait donc la revoir un jour…

- Elle te manque, c’est ça…lui dis-je.

A nouveau, il hocha la tête, mais ne semblait pas vouloir aborder ce sujet. Alors, je cherchai autre chose, mais il parla avant moi.

- De quoi avez-vous discutez avec les dames de Wüen alors ? me demanda-t-il.
- Bon…je vais tout devoir t’avouer alors…soupirai-je.

Alors, je lui racontai tout, mon rêve, le démon, passant même par la bataille proche d’Entygon et le peu de solutions que l’on avait à disposition. Après mon long récit, mon frère, qui remuait un bâton dans les braises ardentes soupira.

- Je ne sais pas si nous avons des chances d’en rescaper, me dit-il alors sans lever son regard vers moi.
- Il y a toujours de l’espoir quelque part…lui répondis-je. On ne sait jamais ce qui va tomber du ciel.

Un silence s’installa, durant lequel ne s’entendit que le feu crépitant, dansant sur le bois.

- Peut-être aurions nous de l’aide de la part de la Sorcière des Sens…continuai-je.
- J’espère, surtout que si nous mettons cette femme de notre côté, la balance penchera à notre avantage.
- Et puis…il y a cette autre femme que j’ai vue un jour…
- Une autre ? Quand ? Qui ?

Je réfléchis quelques instants.

- Elle disait se nommer Yûni, répondis-je alors en repensant à la femme à la peau si blanche, toute vêtue de noir avec ses yeux rouges comme du sang, que j’avais vu dans la bibliothèque du château de Naralir. Quand l’ai-je vu ? Dans un livre magique, ce qui me laisse penser qu’elle est suffisamment puissante en matière de magie elle également…Mais, je ne sais rien d’autre sur elle, où elle se trouve…
- Alors, oublions là, ne pas s’énerver à chercher quelqu’un dont on ne sait rien, dit alors mon frère. Contentons nous de nous concentrer sur cette fameuse sorcière.

Je hochai alors la tête, il ne pouvait qu’avoir raison.

- Elle est à Aribeau, c’est cela ? me demanda-t-il.
- C’est exact, lui répondis-je. Plus précisément aux environs…
- Boarf, ça revient au même, soupira-t-il.

Puis il leva sa tête vers le ciel dégagé de ses nuages.

- Regarde comme c’est beau… me dit-il d’une voix rêveuse. D’ici, on voit des milliers et des milliers d’étoiles…

Je m’allongeai alors dans l’herbe, le regard dirigé vers la voûte astrale, et Naid ne tarda pas à faire la même chose que moi.

- Je connais des constellations ? lui demandais-je.
- Bien sûr…

Il leva sa main vers le ciel.

- Remarques-tu une grande croix formée par cinq étoiles, juste à droite du croissant de lune ? me demanda-t-il.

Après une courte recherche parmi les astres, je vis alors cette croix céleste.

- Oui.
- Il s’agit de la constellation de la libellule, dit-il alors. D’après les plus grands astronomes, il parait que c’est cette formation d’étoiles qui générerait la magie sur la terre, mais ils n’ont véritablement de preuve. Et tu vois celle qui forme un sablier ?
- J’arrive à la distinguer…
- Constellation du temps, raconta-t-il. Certains illuminés content que ceux nés sous le signe de ces étoiles sont devenus les plus grands magiciens de notre monde, comme les sœurs Wüen.

Je soupirai.

- Toutes ont donc un rapport quelconque avec la magie ?
- Non…me répondit mon frère. Ce ne sont que des légendes après tout, les hommes ont tellement été fascinés par le ciel nocturne…

Soudain, une grosse et merveilleuse étoile filante fit son apparition, déchirant le ciel noir d’une longue traînée blanchâtre.

- Qu’est ce qu’elle était belle ! m’exclamai-je, surprise par la beauté de ce phénomène.
- Fais un vœux, me dit mon frère.
- Un vœux ?
- Tu ne connais pas ?

Je ne répondis pas, ce qui signifiait que je n’avais aucune idée de cette signification.

- Quand tu vois une étoile filante, m’expliqua mon frère, et si tu fais un vœux juste après, celui-ci se réalisera…

Je fermai alors les yeux et pensa à la chose qui me ferait le plus plaisir au monde. Me vint alors un vœux que je désirais, mais qu’à présent je savais impossible… Qu’Astiran soit encore et toujours à mes côtés…Afin de m’enlever cette pensée qui me déprimait, je me retournai vers Naid.

- Quel vœux as-tu fais ? lui demandai-je, curieuse.
- Ah ! s’exclama-t-il. Il ne faut jamais révéler son désir, sinon, il ne se réalisera pas. C’est la règle…
- C’est toi qui a appris cela durant ton enfance ?

Le silence se ré-installa, mais le feu mourant ne faisait à présent plus un seul bruit.

- Non, c’est encore Yasalyn qui m’a conté tout cela…

En prononçant ses mots, mon frère paraissait vraiment triste, rien qu’en ses paroles. J’eus mal pour lui, regrettant presque d’avoir renvoyé la jeune femme de notre groupe… Il l’aimait toujours… Puis, Naid se retourna de la voûte nocturne.

- Bonne nuit, me lança-t-il sans rien ajouter d’autre.
- Bonne nuit…répétai-je.

Je pivotai à mon tour sur le côté, mais avant de m’endormir, une idée vint à mon esprit. Je sortis alors la bague d’opale que je glissais à mon doigt.


- Tiens, nous avons de la visite ! s’exclama Tiama au sautant de son arbre.
- Qu’est ce qui t’amène donc ici ? demanda Kalia qui s’approcha de moi.
- Je voulais juste…

Je ne terminai pas ma phrase, balayant l’endroit du regard.

- Pitrir n’est pas là ? demandai-je.
- Non, il est avec mère…répondit Laifardi en soupirant.
- Dorina ?

La déesse de la mer hocha la tête, faisant remuer ses beaux cheveux nacrés.

- Pourquoi ? demandai-je.
- Il est en train de s’expliquer avec elle, concernant le geste, la façon dont il avait agi avec toi la dernière fois, développa Tiama en s’approchant à son tour.
- Mais…que s’est-il passé en fait ?
- Il a tenté de te subtiliser tes pouvoirs, d’en prendre possession, afin de ressusciter Astiran, jusqu’à presque t’ôter la vie, me répondit Laifardi. Heureusement, nous sommes intervenus juste avant ce stade. J’ai réussi à me libérer en faisant fondre la roche, Tiama a détruit sa cage de pierre avec un ouragan, quant à Kalia, elle l’a fait explosé en faisant apparaître de l’eau, qui avec la puissante pression a éclaté. Ainsi, nous avons réussi à l’arrêter juste à temps, mais tu avais déjà perdu énormément de tes forces, et afin de t’écarter de la colère de notre frère, nous t’avons renvoyé sur terre.

Mais, au lieu d’être reconnaissante à leur égard, c’est la rage qui envahit mon cœur.

- Pourquoi ne l’avez-vous pas laisser faire !? m’écriai-je. Il restait encore un moyen de le ressusciter, et à présent, tout est parti en fumée ! J’aurai tellement voulu me sacrifier en échange de sa vie !! A présent, la mienne n’est plus rien, parce que je l’aime !!

Les dieux restèrent silencieux en me regardant, tandis que je faisais de mon mieux pour retenir mes larmes et ma colère.

- Mais, à présent, nous ne pouvons plus rien…dit alors Laifardi.
- Ce qui est fait est fait…continua Kalia.

Tiama me prit alors ma main pour me calmer.

- Mais dis nous donc pourquoi tu es parvenue jusqu’à nous ?
- Je viens pour une requête…répondis-je, sur un ton toujours un peu tendu.
- Une requête ? s’étonna le dieu du feu.
- Oui, continuai-je en hochant la tête. Une requête qui me tient à cœur.
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MessageSujet: Re: Chapitre 32 [Vers Phèn]   Mar 28 Aoû - 20:28

Partie 3

« Mais…où suis-je donc ?! »

Naid demeurait immobile, surpris de l’endroit dans lequel il se trouvait : un lieu vide et silencieux, tout brumeux, on ne voyait pas plus loin que son nez. Il savait bien qu’il s’agissait un rêve, car il dormait, mais…celui-ci lui semblait tellement réel. Il se toucha le visage et les mains, qu’il se pinça, mais rien n’y fit, il restait toujours là. Il avança donc, il avait sûrement une raison d’être d’ici, les rêves ne sont jamais inutiles… Soudain, une voix se fit entendre un peu plus loin.

- Bordel, mais c’est quoi cet endroit pommé ?!

En entendant cela, Naid frémit tout au fond de lui, cette voix ne lui était pas anodine, au contraire, il la connaissait bien…

- Yasalyn ? demanda-t-il.
- En plus, j’entends des voix ! continua-t-elle. C’est bien ma veine !!

Naid se mit marcher, de plus en plus vite vers la provenance des paroles.

- Yasalyn ! cria-t-il.

Au loin, il aperçut une fine silhouette qui se détachai de l’épais brouillard, d’une apparence féminine qu’il reconnut évidemment. Celle-ci se retourna. Naid courut vers elle, et son cœur fit un énorme bond dans sa poitrine lorsqu’il se rendit compte que c’était bien elle. La jeune femme, dans ses habits habituels, qui le regardait comme s’il s’agissait d’un fantôme, n’avait pas changé, toujours les mêmes grands yeux bleus, les mêmes cheveux blonds recourbés vers l’extérieur et ce sourire coquin. Et à présent, elle avait cette oreille à moitié coupée…

- Naid ? C’est bien toi ? demanda-t-elle, un peu surprise de cette soudaine apparition.

En la voyant ainsi, Naid ne réfléchit pas et la prit dans ses bras, elle, lui rendant son étreinte.

- Tu m’as tellement manqué…lui murmura-t-il en la serrant fort contre lui.
- Toi aussi…

Alors, ils s’embrassèrent tendrement, ce baiser qui leur avait tant manqué à chacun… Puis, Naid la regarda dans les yeux, en passant un doigt dans une mèche de ses cheveux couleur de blé.

- Ainsi, mon vœux s’est bel et bien réalisé…dit-il. L’étoile filante m’a écoutée…
- Je te l’avais dit ! répondit-elle en souriant. Il faut toujours me croire !

Ils s’assirent alors sur le sol recouvert de brume.

- Alors…que deviens-tu ? Où es tu à présent ? lui demanda-t-il, un peu anxieux.
- Ne t’inquiète pas pour moi, répondit-elle en souriant. Je suis retournée à Naralir chez mes parents, je n’ai donc aucun souci à me faire…
- Ton enfoiré de frère ne t’énerve pas, j’espère…susurra Naid.

Alors, elle se mit à rire joyeusement.

- Non, il est reparti en cavale il y a quelques jours, tu n’as pas de raisons de t’en faire. Et pour vous ? Comment va la route ? J’espère que les deux tourtereaux ne se bécotent pas trop !

Naid resta silencieux en baissant la tête, le sourire de Yasalyn s’évanouissant d’un seul coup.

- Astiran est mort…répondit mon frère, la mine grave.

La jeune femme mit sa main sur sa bouche.

- Ah merde ! s’exclama-t-elle. Comment s’est-il produit ?
- Il a été enseveli sous une avalanche, répondit Naid en levant la tête vers Yasalyn.
- Vous avez retrouvé son corps ? demanda-t-elle.
- Oui, mais sa nuque était brisée, il ne pouvait donc plus être en vie…finit-il tristement.

En entendant cela, Yasalyn se mit à jurer une dizaine de fois.

- Et Diphtil ? Elle va bien ?
- Elle est bouleversée par la subite mort d’Astiran, répondit Naid, durant un temps, elle ne parlait même plus, et ne mangeait que très peu.

Elle baissa la tête, compatissant.

- La pauvre…je ne supporterais pas d’être à sa place…dit-elle alors. Endosser le rôle de cinquième déesse et voir la mort de l’être qui lui était le plus proche…
- Surtout qu’elle a des charges supplémentaires…
- C'est-à-dire ?

Mon frère soupira en prenant les mains de sa bien aimée.

- Tu sais que nous devions nous rendre à Entygon…commença-t-il. C’est parce qu’elle doit empêcher une bataille.
- Oui, tu m’en avais vaguement parlé.
- Mais, à présent, il y a également le démon Zerda, invoqué par celui qui projette de la tuer.

Yasalyn écarquilla les yeux.

- Sa…Sarïn a invoqué Zerda, le plus puissant des démons ?! s’exclama-t-elle.
- Oui…
- Là, nous sommes mal…le chaos risque de se répandre, il va tout faire pour que les peuples s’entretuent. Ce ne sont pas qu’une poignée d’humains et de Neltiads à qui il va s’en prendre, mais à tout le monde. Il faut absolument qu’on intervienne, peut-être si je demande à mon père de déployer une armée…

Mais Naid la fit taire en posant un doigt sur ses lèvres trop inquiètes.

- Calme toi…
- Mais…si je suis ainsi, c’est à cause de ce démon ! s’écria-t-elle.
- Ainsi ? A cause de lui ? s’étonna mon frère en levant un sourcil.
- C’est Zerda qui a manipulé et maudit des humains, en les métamorphosant en premiers loups garous. Sans lui, ils n’existeraient pas, et je n’en serai pas une alors…

Naid resta silencieux.

- Tu as raison, mais comment aurions nous pu nous rencontrer dans ce cas ? Allons Yasalyn… Je sais bien que tu souffres, mais, enfin nous nous retrouvons…profitons en au lieu de ne parler que de malheurs et de catastrophes…
- Oui…mais…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase, car Naid, en l’embrassant fougueusement, empêcha ses lèvres de parler. Après quelques minutes de baiser, leur visages s’éloignèrent un peu l’un de l’autre.

- Tu sais quoi ? demanda Naid.
- Non, mais je vais bientôt le savoir !
- J’ai progressé en magie !

La jeune femme sourit.

- Ah bon ? C’est une bonne nouvelle cela ! s’exclama-t-elle.
- Oui ! J’ai réussi à allumer un feu ! annonça-t-il, fier de lui.
- C’est déjà ça ! dit-elle.
- Par contre, j’ai été imprudent l’autre jour…changea-t-il de sujet. J’aurai pu y laisser ma vie si ma sœur n’avait pas été là…

Yasalyn se serra contre lui.

- Que s’est-il passé ? demanda-t-elle.
- J’ai rencontré une ophiandros, et je ne me suis pas méfié davantage. Conclusion, j’ai été pétrifié…
- Mais comment t’en es tu sorti ?! s’étonna Yasalyn. Normalement, une pétrification est irréversible !
- C’est pour cela que j’ai dit que j’aurais pu y laisser ma vie sans l’intervention de Diphtil, car elle a utilisé son pouvoir, et m’a rendu mon vrai corps de chair.

La jeune femme soupira tandis que Naid passai sa main dans les cheveux de son amante qui s’appuyait contre lui.

- Tu as vraiment de la chance de l’avoir comme sœur…dit-elle alors.
- Et je ne dirais jamais le contraire… Au fait…j’ai une question qui me trottine dans la tête…
- Laquelle ? demanda-t-elle.
- Toi qui en connais des rayons en magie, tu connaîtrais une certaine Sorcière des Sens ?

Yasalyn se tut un instant, laissant planer la question.

- Oui, bien sûr, elle m’a hébergé chez elle durant quelques jours, le temps que…que…
- Que quoi ?
- Que rien…termina-t-elle. En tout cas, c’est une brave femme, sage et généreuse, même si elle parait parfois totalement ravagée de l’intérieur ! Pourquoi cette question ?
- Car nous devons aller la voir…répondit Naid.
- Je comprends…

Puis, elle se releva et se retourna vers Naid, plongeant son regard bleu dans le sien. Délicatement, elle passa ses doigts sur le contour de son visage, les yeux empli de bonté.

- Si tu savais comme j’aimerai être à tes côtés jours après jours…dit-elle alors.
- Moi également…
- Jamais je n’avais auparavant voyagé en étant si heureuse…
- Ainsi, je n’étais donc pas le seul, sourit Naid.

Lentement, elle approcha ses lèvres de son oreille.

- Tu ne seras jamais le seul…tant que je serai là…

Puis, avant de s’éloigner, elle fit passer sa langue dans le lobe de l’oreille, faisant frémir Naid de plaisir.

- Tu n’as pas changé…murmura-t-il en souriant.
- Toi non plus, il me semble…n’est ce pas ? demanda-t-elle avec un sourire carnassier sur ses lèvres.

Puis, une nouvelle fois, leurs lèvres s’unirent dans un long baiser langoureux. Les bras de Naid serrant contre lui la taille nue de Yasalyn, une main dans ses cheveux bruns, l’autre sur son dos, qui s’infiltra sous son haut discrètement. Naid la sentait bien cette main clandestine, mais cela ne le gênait pas le moins du monde, au contraire, il appréciait ce contact. Lentement, il l’allongea sur le sol de brume, sans relâcher leur baiser, qui se faisait de plus en plus passionné. Il en avait tant rêvé de ce moment, qui depuis presque deux semaines lui avait manqué, tellement il s’en voulait de l’avoir ainsi chassée. Son odeur l’envoûtait, à tel point qu’il croyait s’envoler lorsqu’il passait son nez sur sa peau douce et blanche, comme les frais pétales d’une jeune et pure fleur blanche. Ses yeux bleus, inspirant tous les sentiments de cette terre, la joie, le mystère, la peur, l’attirait, leur beauté était telle… Jamais il n’aurait pû se passer d’elle. Quant à elle, comment aurait-elle pu vivre heureuse sans sa présence ? Son regard était tellement doux et chaleureux, réconfortant quiconque le croisait. Sa voix apaisante la faisait fondre, si belle et virile… Qu’est qu’elle aimait sentir la chaleur de sa peau contre la sienne… A présent, c’était clair pour elle, elle était devenue l’une des victimes de l’Amour…
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MessageSujet: Re: Chapitre 32 [Vers Phèn]   Mer 29 Aoû - 0:00

ooooooooooooooohhhhhhhh!!!! c'est tout chou mignoooooooon!!!!

J'adore! Tout simplement!!

c'était weird le coup de la pétrifiction!

Oh! et, parce que je l'ai appris récemment grâce à la chat box déficiante de E-S, devine n'est pas le féminin de devin, c'est devineresse le mot exacte Wink
Je l'ai cherché dans le dico l'autre jour Smile

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MessageSujet: Re: Chapitre 32 [Vers Phèn]   Mer 29 Aoû - 8:57

devineresse...hum...tu m'apprends quelque chose dont j'aurais sûrement besoin ! Mirci beaucoup ! ^^
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Chapitre 32 [Vers Phèn]

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