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Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Chapitre 31 [vers Ephyr] Lun 27 Aoû - 21:42 | |
| Chapitre 31 Partie 1Deux jours plus tard, mon frère et moi avions déjà parcouru beaucoup de chemin. D’ailleurs, il nous fallait encore deux jours également avant d’atteindre Ephyr, mais juste une simple journée avant de retourner à un sol relativement plat. A présent, la neige avait à présent disparu, laissant place à une délicate herbe verte, et des sentiers de terres au milieu de conifères. Durant ces deux journées, Naid et moi n’avions échangé que peu de mots, car la mort d’Astiran était encore trop pensante dans mon cœur, même si je savais bien que je n’allais jamais réussir à l’oublier de toutes les façons. Désormais, j’étais seule, avec mon frère en ma compagnie, pour m’emmener jusqu’à Antygon. Du point où l’on en était, on pouvait discerner la cité humaine d’Ephyr, et apercevoir les collines dans lesquelles étaient dissimulées les différentes entrées vers ses souterrains secrets, qui menaient vers la ville clandestine des Neltiads. Ce matin là, le ciel était dégagé de ses nuages, se découvrant d’un bleu ravissant, s’accordant merveilleusement bien avec la verdure. Nous venions donc de nous réveiller, et, avant de reprendre la route, nous avions décidé de manger quelques provisions. Malheureusement, et malgré le fait que nous avions prévu de la nourriture pour quatre personnes pour un trajet de quatorze journées, nous commencions à être sérieusement en manque de vivres, et cela inquiétait Naid. - Il faudrait absolument que nous trouvions une habitation, dit Naid, et des gens hospitaliers et nous offrirait juste les subsistances nécessaires avant d’arriver à Ephyr. Sinon, tant pis, nous marcherons deux jours sans manger, mais la route sera alors dure. Je baissai la tête. - Elle l’est déjà assez pour moi, répondis-je d’une voix triste, j’arriverai donc à survivre si jamais nous ne trouvons rien… Mon frère, embarrassé, ne sut pas quoi répondre à cet instant, alors, il n’ajouta rien. De son sac, il sortit sa gourde, que nous avions remplie grâce à l’eau d’une source qui s’écoulait plus haut, limpide et fraîche, une eau de montagne naturelle. Soudain, son regard fut attiré par quelque chose, qu’il fixa longuement, les yeux plissés. - Qu’est ce qu’il y a Naid ? lui demandai-je. Alors, il leva sa main, afin de me montrer ce qui l’intriguait autant. - Regarde là…me dit-il alors. Tu ne vois donc pas la fumée, là bas ? Je scrutai alors, et mon frère avait raison. Un peu plus loin, derrière les arbres s’élevait dans le ciel une fumée grisonnante. - C’est vrai…tu crois que ce serait une habitation ? demandai-je. - Pour le savoir, il faut aller le vérifier, me répondit-il en se levant, après avoir rangé soigneusement sa gourde dans son sac. Je le regardai alors, toujours assise, adossée contre un arbre. - Tu as l’intention d’y aller ? demandai-je encore. - S’il y a quelqu’un qui puisse nous aider, alors, oui, j’irai, me répondit-il en se tournant vers moi. Il envoya son sac dans son dos. - Reste là, je reviens…m’ordonna-t-il. Sans rien ajouter d’autre, il partit, sans m’avoir demandé mon avis. Même si je savais que mon frère savait très bien se combattre, je ne pus m’empêcher d’évoquer une onde d’inquiétude dans mon esprit. Après tout…il fallait que je lui fasse confiance, pour une fois… Après avoir mis sa capuche sur sa tête afin de cacher ses yeux, je le vis alors s’éloigner peu à peu, descendant parmi les arbres, en s’agrippant aux troncs devant lesquels il passait. Un peu plus loin, il y avait bien une modeste hutte de pierres, source de la fumée que crachait péniblement la cheminée de briques. Un petit plus loin devant s’étendait un grand potager, rempli de toutes les pousses inimaginables, ou d’arbustes fruitiers, mais dont les fruits n’étaient encore que des fleurs blanches et innocentes, et les légumes n’apparaissaient pas encore à cette saison. Contre l’un des murs extérieurs de la maisonnée se dressait des énormes fagots de bois sec, qui, d’après la très rapide analyse de Naid, ne devait pas être déposer ici depuis longtemps, et une bêche qui semblait lourde. D’un pas décidé, Naid avança jusqu’à la porte de la masure, et y frappa. Lorsque la porte s’ouvrit, il eut la surprise de découvrir une merveilleuse jeune femme. Malgré qu’elle ne soit pas spécialement grande, elle était dotée d’une taille de guêpe, vêtue d’une longue robe brune qui traînait par terre, ne dévoilant même pas ses pieds. Ses cheveux châtains étaient ondulés, comme l’onde de la mer, et deux mèches tressées partaient vers l’arrière de sa tête, et surtout, elle possédait une magnifique paire d’yeux en amandes couleur d’émeraude. Elle parut étonnée de la présence de Naid. - Cela fait longtemps que l’on ne voit pas de jeune homme passer dans la région ! s’exclama-t-elle. Que désirez-vous ? - Je suis un voyageur comme tant d’autres, répondit Naid, et je manque de vivres, pourriez-vous me faire part de votre générosité, si vous pouviez me donner un peu de nourriture afin de tenir la route jusqu’à la prochaine cité ? Un grand sourire mystérieux s’afficha sur le visage de la jeune femme. - Mais, je vous en prie, entrez ! dit-elle avec enthousiasme. C’est ce que fit Naid, qui prudemment pénétra dans la cabane. Etonnement, elle paraissait trois fois plus grande de l’intérieur que de l’extérieur, contenant maint objets, aussi pratiques, qu’inutiles ou originaux. Des petits appareils de bronze qui tournaient sur eux-mêmes, ou même une bulle de verre contenant un drôle de liquide aux reflets nacrés, enfin, tout et n’importe quoi ! Elle lui fit signe de se diriger vers un ensemble de trois fauteuils un peu miteux, en tissu pourpre délavé. Alors, Naid s’assit dans l’un d’entre eux, en dégageant un peu de poussière au passage en s’installant, continuant à observer la hutte. Plus loin, un coin de la salle était caché par un immense rideau blanc opaque, elle devait sûrement dissimuler quelque chose de grand et d’important. Puis, elle prit également place dans un fauteuil, en face de mon frère. - Vous veniez donc pour demander des subsistances, c’est bien cela ? demanda-t-elle, en posant ses mains sur ses genoux, un grand sourire toujours aussi mystérieux dessiné sur ses fines lèvres. - C’est exact, répondit Naid. - Je n’ai aucune rancune contre les Neltiads, dit-elle sans rapport avec la quête de Naid. Vous pouvez enlever votre capuche. Naid, suspicieux, mais tout de même étonné, se demandait bien comment elle avait deviné qu’il était un Neltiad. Restant méfiant, il retira lentement la capuche de sa tête, découvrant ses yeux violets. Alors, la jeune femme parut encore plus intéressée par le visage que venait de lui divulguer mon jeune frère. - Je me présente mon nom est Pymel, et vous ? demanda-t-elle. Naid s’étonna autant que l’on s’intéresse autant aux étrangers dorénavant, surtout à un Neltiad. - Naid, c’est mon nom… - Naid…murmura-t-elle. Je vois… Elle se leva alors. - Vous voulez à boire ? demanda-t-elle. - Oh ! Euh…volontiers… - Du thé vous ira-t-il, continua-t-elle en s’avançant vers un côté de la salle, je viens tout juste de m’en préparer. - C’est parfait, répondit poliment mon frère. Notant chaque détail, comme à son habitude, même le plus inutile d’entre eux, il remarqua alors l’étrange démarche de la jeune femme, qui se balançait de gauche à droite. Décidemment, il se sentait vraiment mal à l’aise à l’intérieur de cette maisonnée. - Vous vivez seule ? demanda Naid, curieux, qui regardait un objet, semblable à une hélice accroché à un petit piquet de quelques centimètres à peine, à chaque extrémité de l’hélice, reposant une petite bille, faisant courber la barre. - Ne touchez à rien, s’il vous plait, dit-elle en préparant le thé, dos tourné à Naid. Oui, j’habite seule, depuis quelques années déjà, je suis veuve, depuis quelques temps déjà. - Si jeune ? Elle se retourna alors vers mon frère, une vieille tasse en porcelaine à la main. - Ne vous fiez pas à l’apparence, je ne fais pas mon âge…soupira-t-elle. - Excusez ma curiosité, mais, alors, quel âge avez-vous ? Lentement, et avec prudence, elle tendit la tasse de thé bouillant à Naid, d’une main blanche, sans aucune blessure, qui s’en saisit délicatement. - J’ai actuellement 76 ans…répondit-elle en se rasseyant dans le fauteuil. - 76 ? s’étonna Naid. Comment peut-on donc vivre autant en paraissant tout aussi jeune ? - Oh, des origines venant de très loin, d’un autre peuple dont l’existence vous donnerez des frissons…répondit-elle avec une voix qui faisait presque peur, les yeux sournois, et toujours cet horrible sourire énigmatique. Très prudemment, Naid avala une gorgée du thé bouillant, en se posant tout de même beaucoup de questions sur ce que venait de dire la jeune femme. Un autre peuple ? Encore différent des quatre élémentaires ? Pourtant, elle paraissait être semblable à tout autre humaine… - Et vous ? Provenez-vous de loin ? demanda-t-elle. - Je ne fais que voyager, donc, pour moi, je ne viens pas de quelque part, j’en pars…répondit Naid, la trouvant un peu trop curieuse. - Je comprends…murmura-t-elle en hochant la tête. Elle se leva alors et prit la tasse, à présent vide, de Naid, celui-ci se redressant également. - Il ne faudrait pas trop que je tarde ici, dit-il alors. Une longue route m’attend, et je ne voudrais pas me déranger. - Oh, vous ne me dérangez pas le moins du monde, répondit-elle en posant la tasse sur un meuble grossièrement construit. Et puis, Ephyr n’est pas si loin d’ici… Puis, elle se retourna, et regarda Naid au fond des yeux, celui-ci ne bougea pas. Jamais cette femme ne décrochait donc son impitoyable sourire mystérieux ! - Quel dommage…murmura-t-elle. - Quoi donc ? demanda mon frère sur un ton neutre. - Je n’avais pas pris en compte qu’il vous manquait un œil…continua-t-elle alors, comme si de rien n’était. Naid croisa les bras, en plissant les yeux, décidemment, il détestait aborder ce problème-là. - Qui êtes vous donc… ? demanda-t-il. - Moi ? s’étonna-t-elle, d’un air indigné. - Oui, vous…depuis tout à l’heure, je n’ai cessé de trouver votre comportement trop étrange pour moi. Vous devinez que je suis un Neltiad, lorsque vous avez le dos tourné, vous me dites de ne rien toucher, alors que l’idée ne venait juste que de m’effleurer l’esprit. Il me semble également ne jamais vous avoir révéler que je partais vers Ephyr. De plus…vous me mentez… La femme resta tout de même ébahie des soupçons de mon frère. - Sur quoi donc ? demanda-t-elle. - Vous ne vivez pas seule…continua mon frère. Pymel leva un sourcil, toujours en fixant Naid de son regard impétueux. - Qu’est ce qui vous le fait dire ? - Ce qu’il y a à l’extérieur…répondit mon frère. Jamais vous ne pourriez porter une telle bêche, vos bras ne sont pas assez puissants, pourtant, le potager est bien entretenu. Et les fagots de bois, qui semblent avoir été posé très récemment, si c’était vous qui l’aviez fait, vos mains auraient un minimum été meurtries ou blessées, car, j’ai remarqué également, la présence de quelques ronces clandestines parmi tout le bois… Par là, je suppose donc que quelqu’un d’autre vit ici, un homme, plus précisément, alors que vous me dites vivre seule, veuve depuis un moment. Si vous n’aviez rien à cacher, vous m’auriez dit la vérité… Un rictus sournois se dessina sur les lèvres de la jeune femme. - Tu es plus intelligent que je ne l’aurais pensé, dit-elle alors, d’une voix mièvre, jamais je n’aurais cru que tu aurais remarqué chacun de ses détails inutiles… - C’est l’une de mes qualités, répondit Naid froidement. Sur ce, il se dirigea vers la porte, mais celle-ci était verrouillée avec une clef qui n’était pas sur la serrure. Pris au piège, Naid se retourna brusquement en sortant mon poignard. - Que me voulez-vous ? lança-t-il agressivement. - Tu ne crois pas que tu vas t’en tirer ainsi…dit-elle alors, toujours avec le sourire apocryphe. - Que me voulez-vous ?! répéta-t-il, énervé, en s’avançant, dague à la main, vers la jeune femme, qui ne bougea pas d’un poil. Mais soudain, ses pieds s’immobilisèrent, il ne les sentait plus au bout de ses jambes. Il eut alors l’horrible stupéfaction de les découvrir pétrifiés, figés dans la pierre. - Je veux juste que tu restes ici…susurra la femme, dont la voix avait pris un aspect guttural. |
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 | Sujet: Re: Chapitre 31 [vers Ephyr] Lun 27 Aoû - 21:43 | |
| Partie 2De mon côté, je commençais sérieusement à m’inquiéter ! Je voyais les heures passer, sans percevoir le retour de mon frère. Le soleil tapait fort, en ce milieu d’après midi, et mon ventre gargouillait, réclamant un petit peu de pitance. Assise sous l’ombre bienfaisante d’un platane, j’apercevais les écureuils roux grimper agilement sur les troncs résineux des arbres de leurs pattes pourvues de longues griffes, un gland ou une noisette entre les dents. Dans le ciel à la couleur de l’azur planaient de grands oiseaux de montagnes, des rapaces, buses et faucons, qui tournaient en rond, grandes ailes déployées, scrutant les plaines dans l’espoir de discerner une proie idéale, comme un lapin imprudent. Broyant du noir, et attendant avec impatience le retour de mon frère, ma seule distraction restait de lancer des cailloux, qui dévalait la pente, essayant d’oublier mes sombres pensées. - Mais qu’est ce qu’il fait… ?! Je regardais l’horizon, apercevant toujours la fumée grise qui s’élevait lentement vers le ciel. Je n’allais pas rester l’éternité ici non plus ! Tant pis ! Je me levai et jetai mon sac sur mon dos, mon arc en main, me dirigeant vers la provenance de la fumée, ne prenant même pas soin de mettre ma capuche sur la tête. Je ne voulais pas qu’il soit arrivé malheur à mon jeune frère, hors de question de partir sans lui. Un peu plus tard, j’arrivai alors à une modeste maisonnée, et de sa cheminée sortait la fumée, ça devait être là… D’un pas, pas vraiment courageux, mais déterminé, j’avançais vers la porte et y frappa. J’entendis un juron et des pas qui s’approchaient peu à peu. Puis, dans un grincement, la porte s’ouvrit un tout petit peu, découvrant seulement la tête d’une belle jeune femme brune aux yeux verts. - Tiens ! De la visite ! s’exclama-t-elle. - Excusez-moi, mais est ce que vous auriez vu un jeune homme d’une vingtaine d’années, avec des cheveux bruns, il y a de là quelques heures à peine ? lui demandai-je. Je m’appuyai un peu contre la porte, mais, elle la repoussait, pour m’empêcher de voir ou d’entrer. - Non, répondit-elle. Personne ne vient pas ici. Sur ce, il faut que je vous laisse… - Attendez ! m’écriai-je en poussant de mes ultimes forces physiques la porte de bois. La porte grande ouverte, je vis alors l’intérieur de la hutte, mais, ce que j’aperçus d’abord me valut un cri de surprise, lâchant mes affaires et mon arc qui tombèrent à terre. Au milieu de la pièce, se tenait une statue de la grandeur d’un homme, mais ce n’était pas n’importe laquelle : c’était mon frère, pétrifié ! J’accourus alors auprès de lui, en bousculant la femme au passage, c’était horrible, sa peau était de pierre, on visage figé dans une dernière expression de surprise et de rage. Il avait sûrement dû me défendre. - Naid !! criai-je, à genoux, en serrant les jambes de la statue. Pendant que je commençais à pleurer, la femme, un sourire aux lèvres, en profita pour fermer la porte à clef, qu’elle rangea précieusement dans son corsage. Puis, elle s’approcha de moi. - C’est vous qui avez fait ça…demandai-je d’une voix enragée, mais basse, en agrippant mes doigts à la statue de mon frère. - C’est exact…me répondit-elle naturellement. Mais ne t’inquiète pas pour cela, tu vas bientôt le rejoindre… Après, un reniflement, je me levai en silence, et me retournai vers elle, et malgré mon visage peint de quelques larmes, mes yeux lançaient un terrible regard tueur à celle qui venait de pétrifier Naid. Elle également me regarda fixement dans les yeux, toujours avec ce sourire sournois, mais soudain son visage changea radicalement, laissant place à une expression de crainte. - Fini l’hypnose…lui dis-je alors, d’une voix non habituelle, profonde, comme sortie des abymes. Ta magie n’a aucun effet sur moi. En disant ces mots, je m’avançai vers elle, qui reculait lentement, mais en continuant de m’affronter du regard. - Non, il ne me manque pas d’yeux, continuai-je, mais je sais que tu es capable d’empoisonner les gens de tes sortilèges rien qu’avec ta pensée… ce n’est pas ton jour de chance aujourd’hui…je suis une déesse…et ta mort… En prononçant ces mots, la jeune femme tomba soudainement à terre en se tenant la gorge, prise de spasmes, tandis que moi, le regard rageur, je l’observai se tordre sur le sol, comme un poisson sorti de l’eau. Elle sifflai l’air qu’elle pouvait, étouffant. Peu à peu, sa face à l’expression de panique déteint au rouge, puis au violet, alors que les convulsions se calmèrent, jusqu’à disparaître. Lentement, je m’accroupis auprès d’elle, lui pris son poignet crispé et cherchai son pouls. Morte. Alors, je me relevai en respirant vite et profondément, comme si je venais de courir sur des kilomètres et des kilomètres, regardant son visage à la bouche ouverte et aux yeux révulsés. Puis, je retournai vers mon frère, et comme tout à l’heure, me remit à genoux en tenant ses jambes entre mes bras. - Naid…oh Naid, je t’en prie…suppliai-je à recommençant à sangloter. Ne m’abandonne pas… Une larme cristalline tomba sur ses pieds. - Ne m’abandonne pas toi non plus, pitié…Ne me laisse pas seule, j’ai besoin de toi… Le silence… - Pitié…pitié…répétais-je. Pitié…pitié ? Une idée me vint alors à l’esprit. La pitié, m’avait dit Pitrir, était l’un des facteurs qui déclanchait mon pouvoir guérisseur. De plus, si je pouvais ressusciter les morts, pouvais-je donc également transmuter la pierre en chair ? Rien ne vaut d’essayer… Alors, je me concentrai sur toute ma rancune, ma peur en moi, la volonté de faire revenir Naid inscrite en moi au fer rouge. Contrairement à Astiran, je n’avais pas eu de preuves dans la prédiction d’Amalia que mon frère serait toujours en vie pour mon futur, alors, cela m’empêchait de contredire certaines pensées, comme me l’avait si bien hurlé le dieu de la terre l’autre nuit. - Naid…reviens avec moi !! criai-je de toutes mes forces. Tandis que je priai et me concentrai du mieux que je pouvais, je sentis, peu à peu, entre mes bras la pierre devenir tissu et chairs. - Diphtil…entendis-je, d’une voix familière. Je relevai la tête vers le haut pour voir celle de mon frère, qui me souriait. Alors je me redressais sur mes jambes et sauta dans ses bras, le serrant contre moi. - J’avais eu si peur pour toi…lui dis-je, en arrêtant mes sanglots. - Merci Diphtil…murmura-t-il, sa main derrière ma tête qui reposait sur son épaule. Merci… Combien de minutes restâmes-nous ainsi…peu importe, du moment que je venais de retrouver mon frère… Puis, nous relâchâmes notre étreinte. - Je suis désolé, me dit-il. J’ai trop relâché ma prudence…face à une ophiandros… Il se tourna vers la femme, à terre, morte. - Ophiandros ? demandai-je, ne connaissant pas ce terme. Naid s’approcha du cadavre, à présent blanc, de la femme, dont il souleva la robe, découvrant une longue queue aux écailles vertes de serpent, m’arrachant un cri de surprise. - Une femme serpent, me répondit mon frère, aux puissants pouvoirs d’hypnose, en particulier de pétrification, j’aurais bien dû me méfier davantage… Puis, il se retourna vers moi. - Mais en attendant, il y a plus grave, continua-t-il. - Plus grave ? Balayant la salle de son regard perçant, mon frère me dit alors : - Avant de totalement me métamorphoser en pierre, elle m’a avoué que je n’étais pas son premier sujet d’expérimentation, ce qui laisse à penser qu’il y a d’autres personnes pétrifiées en pierre dans cette maisonnée… Puis, semblant trouver ce qu’il cherchait, il s’avança vers le grand rideau blanc et opaque en épais tissu, et l’ouvrit d’un coup sec. Se découvrirent sous nos yeux une dizaine de statues, toutes la même expression de dernière peur. Il y avait de tous les genres de personnes, de tout âge, de toute nature. Mais, la majorité était des hommes, plus jeune qu’âgés, mais des femmes étaient aussi présentes. A mon désarroi, j’aperçus une petite fille, qui ne devait même pas avoir atteint la dizaine d’années. - C’est horrible…murmura Naid. C’était le mot, une chose abominable et invraisemblable, mais cela demeurait un crime, confisquer la vie à des innocents… Puis, mon frère se retourna vers moi. - Te sens-tu d’attaque ? me demanda-t-il, le rideau toujours en main. - Une inversion du phénomène de pétrification, en masse ? Je me sens faible, mais je vais faire de mon mieux, répondis-je en soupirant, je ne peux pas laisser des gens rester ainsi durant des siècles, surtout, qu’à mon avis, ils n’ont rien demandé pour attiser une colère de la part de cette femme… Je retroussai mes manches, geste certes inutile, mais qui me donnait du courage. Mon frère hocha la tête et s’éloigna un peu afin de me laisser le champ libre. Alors, je fermai les yeux et me mit, comme tout à l’heure, à centraliser toute ma pitié, la canaliser afin de générer mon pouvoir divin. Paupières closes, je ne pouvais pas voir le résultat actuel, mais je sentais toutes mes forces me quitter peu à peu. Certes, je faisais cela pour toutes ces personnes pétrifiées inutilement, mais aussi, pour moi, me prouver que je n’étais pas minable, rattraper mon erreur qui coûta la vie d’Astiran. Désormais, je m’étais promis de faire mon mieux pour aider les autres, mettant ma vie et mes pouvoirs à disposition, une façon à moi de demander le pardon, même si je ne l’accepterais jamais. Lorsque je rouvris les yeux, quelle fut ma joie de voir les personnes redevenues ce qu’elles étaient. Les hommes qui se regardaient entre eux, se demandant ce qu’ils faisaient ici, deux autres femmes également. La petite fille aux cheveux roux sauta dans les bras de celle qu’elle appelait « maman ». Tout était bien qui finissait bien. Mais malgré mon bonheur d’avoir redonné droit à la vie à ses innocents, je me retournai et vomis dans un coin. Naid accourut à mes côtés. - Ca va Diphtil ? me demanda-t-il. - Oui, oui parfaitement, répondis-je, penchée. C’est juste que j’ai trop utilisé de mes forces, à jeun en plus… Alors, j’ai faim, et très sommeil, mais sinon, tout va très bien, je te l’assure. Mon frère sourit alors, tandis que je me redressais. Puis, un des hommes, d’âge mur, à la barbe courte, vint vers moi et s’inclina. - Merci beaucoup, dit-il d’une voix grave. Jamais je ne vous remercierais assez pour ce que vous venez d’accomplir. - Ce n’est rien, répondis-je en souriant. C’est à moi que revient tout le plaisir. Alors, il me tendit une main salvatrice. - Galdor, pour vous servir, me dit-il alors. J’acceptai sa poignée main. - Diphtil, et voici mon frère, Naid. - Enchanté de faire votre connaissance, dit mon frère en lui serrant la main également. Puis, il nous regarda tous les deux. - Neltiads ? Franchement, je me demande pourquoi on ne leur fait pas plus confiance ! s’exclama-t-il en riant. Pendant que mon frère continua à discuter avec Galdor, je vis la petite fille arriver vers moi, l’air timide, se tenant les mains. Je m’accroupis alors avec un grand sourire, quoique fatigué. - Ma maman m’a dit de vous dire merci, madame, dit-elle maladroitement. Alors, je viens dire merci, parce que, si j’obéis pas à ma maman, elle se fâche tout rouge. Je ris alors, sous le regard étonné de la fillette. - C’est comme ça pour tout le monde, lui répondis-je. Sous mon regard, elle se mit alors à rougir, elle était tellement mignonne. - Mais c’est mon papa qui se fâche très fort quand il parle avec maman, continua la petite fille. Parce que papa, il aime pas les Neltiads d’abord, alors que maman dit qu’ils n’ont rien fait de méchant. Je posai alors ma main sur sa petite tête aux cheveux roux. - Et qui crois-tu ? lui demandai-je. Ton père ou ta mère ? - Ma maman, parce qu’elle a toujours raison ! Je souris alors, c’était tellement innocent les enfants à cet âge-là. Elle se retourna vers sa mère qui lui faisait les « gros yeux ». - Madame ? - Oui ? - Je peux vous faire un bisou sur votre joue ? Sinon, maman va encore me gronder… Je tendis ma joue, ou elle déposa un rapide baiser d’enfant. - Voilà maman, j’ai fait un bisou à la dame ! s’exclama-t-elle en courant vers sa mère. Puis, je me redirigeais vers mon frère. - Je suis vraiment fatiguée, je vais me coucher…lui dis-je alors. - Comme tu veux…alors, il faudrait que l’on voyage de nuit, si l’on ne veut pas prendre de retard. Tu arriverais à tenir vingt heures de marche d’affilée ? - Je ne suis pas nommée déesse pour des pacotilles, quand même ! m’exclamai-je. Il sourit alors, avant de déposer un baiser sur mon front. - Bonne « nuit » alors… Puis, je me cherchai un coin tranquille dans la salle, ou personne ne viendrait me trouver, afin de dormir tranquille. Malgré tout le bruit ambiant, mes paupières se fermèrent, et les dieux y déposèrent un sommeil bienfaisant. |
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 | Sujet: Re: Chapitre 31 [vers Ephyr] Lun 27 Aoû - 21:43 | |
| Partie 3Il retroussa ses manches, découvrant des bras grassouillets, désormais, il était prêt. Il lui avait fallu des semaines afin de terminer tout ce qu’il lui fallait de nécessaire, et même se préparer mentalement afin d’accomplir ce qu’il avait à faire. Il s’agissait bien de Sarïn, vêtu d’un long habit blanc éclatant, une capuche sur sa tête chauve, dans l’une de ses salles personnelles, dont seul son propre accès était autorisé. Devant le prêtre se tenait un gros grimoire, ouvert sur un pupitre de bois, et un chaudron, rempli d’un liquide nauséabond, émettant des vapeurs verdâtres et écoeurantes. Au dehors, c’était la nuit noire. Le prêtre soupira, ce moyen était l’ultime, le dernier, mais le plus risqué et insensé. Mais, il n’avait pas d’autre moyen s’il avait une chance de parvenir à ses fins, Yasalyn ne lui donnant plus de nouvelles de leur quête. Cette peste avait dû abandonner ce projet, l’ingrate ! Tant pis, il était face à lui seul à présent…Après une dernière inspiration tremblante, il leva ses bras flageolants vers le plafond, et se mit à prononcer maintes paroles intelligibles. Lorsqu’il eut terminé, le chaudron se mit à bouillir dangereusement, désormais, Sarïn ne pouvait revenir en arrière, ce qui était fait était fait… Puis, soudain, le chaudron explosa dans un flash, découvrant après, une immense masse sombre au-dessus du chaudron. - Enfin…dit une voix caverneuse et monstrueuse. Je suis libre…depuis si longtemps que j’ai été enfermé à l’aide de ces maudits sortilèges… Le prêtre trembla de tous ces membres. - Hum…serais-ce toi qui m’aurais ramené dans ce monde en m’invoquant… ? continua la voix, qui provenait en fait de l'agglomérat spectral. Sarïn s’inclina, presque jusqu’à ses pieds s’il l’aurait voulu. - Oui, noble démon, répondit-il d’une voix craintive, c’est moi qui vous aie délivré… - Hum…j’ai une dette envers toi…mais sais-tu que je dois prendre ton corps si je veux encore rester parmi ce monde… ? - J’en ai bien conscience, répondit le prêtre en se relevant. Mais mon geste est tout grandement réfléchi… J’ai besoin de vous pour l’un de mes plans, votre grandeur infernale… Un silence s’installa. - J’aimerai tuer quelqu’un… - Si simplement que ça ? demanda la voix rauque et grave. - Non, ce n’est pas n’importe qui…c’est une déesse… - Une déesse ? Hum…cela devient plus intéressant dans ce cas… je pourrais ainsi avoir ma vengeance…ma revanche…laquelle des trois… ? - Vous vous méprenez, votre grandeur…osa intervenir Sarïn. Il s’en est passé des choses durant votre absence, et désormais, il existe une quatrième déesse, la plus jeune… La voix murmura des choses incompréhensibles, avant de reprendre la conversation. - J’accepte le marché…mais, je resterai tout de même dans votre corps… - Je le sais bien, noble démon, continua Sarïn. Mais, j’ai tout bonnement préparé, et si mes plans fonctionnent, vous aurez une autre victime corporelle, je suis bien trop vieux et faible… - Hum… ? - Oui, un corps comme il vous plairait…jeune, fort et résistant… Alors, la masse se mit à rire. - Enfin, Zerda pourra enfin revenir sur la terre…imposant crainte et terreur… - Tout comme avant… - Oui, oui, ça me plait bien tout ça ! dit la voix dont l’intonation était soudainement devenue plus légère. Sarïn, quoique étonné, s’inclina à nouveau. - Tant mieux alors…dit-il. Puis, sans rien dire, la masse fonça vers lui sans rien ajouter, à toute vitesse, le percutant à la poitrine de plein fouet, et lui arrachant un cri de douleur. - AAHH ! - Diphtil, ça va ? J’ouvris les yeux en apercevant Naid penché au-dessus de moi. - Tu as le sommeil perturbé en moment…constata-t-il, un peu inquiet. Je m’agrippai soudainement à son bras, le regard inquiet. - Quel…quel idiot ! m’exclamai-je. - Quoi ? Qui donc ? demanda Naid qui ne comprenait pas. De quoi parles-tu donc ? Avec mes bras, je me redressai. - Il a invoqué un démon !! continuai-je. - Hein ? Qui ? - Bonjour…enfin…bonne nuit ! dit une autre voix. Je détournai la tête pour apercevoir Galdor, un torchon à la main. Toutes les autres personnes étaient parties de la hutte. - Vous habitez ici ? lui demandai-je en me mettant sur mes deux pieds. - Bien sûr, depuis toujours ! répondit-il en souriant. Mais bon, cette femme qui est arrivée à la maison… cela m’a parut étrange…et puis, lorsque j’ai découvert toutes ces statues dissimulées dans ma propre maison, il y a quelques jours de cela, elle m’a fait subir le même sort. Il soupira. - Ah, les femmes… - Il faudrait que l’on parte maintenant…me dit alors Naid. Enfin, après avoir mangé un peu. - Vous espérez aller jusqu’à Ephyr à pied en plein nuit, alors que vous venez de Naralir ? s’étonna l’homme. Allons…ne soyez pas fous… - Mais nous devons le faire, dis-je alors. - Je peux vous y emmener en charrette ? J’en ai une, et un cheval, cachés un peu plus loin, cela pourrait vous dépanner. C’est ainsi que nous partîmes dans une charrette conduite par Galdor, pour atteindre Ephyr. Nous parlâmes avec lui dès que nous en avions l’occasion, et cela mettait de la joie dans nos cœurs, dans lesquels il en manquait sérieusement. C’est lors de la deuxième journée, en début de soirée, qu’enfin, nous arrivâmes à Ephyr, plus précisément, nous avions demandé à Galdor de nous déposer avant l’entrée de la cité humaine, car nous devions nous rendre à celle qui était habitée par les Neltiads, mais nous ne devions en aucun cas dévoiler son existence à cet homme, même si celui-ci était bien sympathique. Après nos au revoirs et remerciements en tout genre, nous avançâmes vers l’entrée secrète dissimulée vers quelques collines. En franchissant ce passage, je fus remplie de nostalgie, la dernière fois, nous quittions la ville, pour nous rendre à Naralir, avec Yasalyn, et Astiran… Le regrettai-je ? Sûrement, mais le retour en arrière restait impossible. Au moment où nous franchîmes la véritable entrée de la ville, nos oreilles furent assaillies de musiques et cris et tout genre. Tout le peuple d’Ephyr était rassemblé là, chantant, et dansant. Ca devait être une fête… - Ah oui, c’est vrai…dit Naid avec un sourire. J’avais oublié… - Oublié quoi ? lui demandai-je étonnée en me tournant vers lui. - C’est aujourd’hui le 24 avril, fête des fleurs et du renouveau… Nous nous avançâmes alors dans la foule, en toute sérénité, ici, il n’y avait que des Neltiads. Alors, nous pûmes voir ce qu’il se passait, à cette fameuse fête des fleurs, du printemps. Devant nous, en file, défilaient des chars décorés ou déguisés, sur lesquels dansaient des gens portant de magnifiques costumes de fêtes aux couleurs vives. Le public semblait être ravi, surtout celui des plus jeunes, qui levaient les mains au passage des chars, en chantant. De plus, les personnes montant le char jetaient des fleurs de toutes les couleurs, ainsi reçus-je, d’un bel inconnu masqué, en mes mains une magnifique rose écarlate. A sa vue, ma gorge se serra… Une semblable m’avait été offerte par Astiran à Naralir, lors de notre escapade en haut des falaises, face à la mer. Prise de nostalgie et de chagrin, je serrai la rose contre moi. Puis, lorsque que tous les chars furent passés, le public ne se dispersa pas, au contraire, davantage de monde venait se regrouper. Les lumières se tamisant, chacun chuchotait à son voisin, on devait attendre le plus intéressant de la fête. - Regarde attentivement, me murmura Naid à l’oreille. Je continuai alors à fixer le bout de la file, attendant l’évènement. Mais, soudain, une sensation de froid se fit sur ma main. Je levais alors la tête, et à mon plus grand étonnement, me rendis compte qu’il neigeait, des fins flocons aux formes fabuleuses et distinctes. L’excitation se fit dans la foule, peu d’entre eux avaient dû voir de la neige dans leur vie, enfermés dans une ville souterraine. Puis, soudain, le doux son d’une flûte retentit, faisant taire la foule qui préférait alors écouter cette merveilleuse mélodie. Ensuite, c’est une voix à l’intonation des plus cristallines qui fit son apparition, tellement belle et pure qu’elle m’en donna des frissons dans le dos. Naid me tapota l’épaule, et me fit signe de regarder devant moi, un peu en hauteur. Trois silhouettes, à peine visible dans cette obscurité, descendirent peu à peu. En volant ? Non…ça ne pouvait pas être possible ! Je n’en croyais pas mes yeux… Soudain, après une longue note commune du chant et de la flûte, un puissant flash apparut, et lorsque nous rouvrîmes les yeux, nous découvrîmes trois jolies jeunes femmes, toutes suspendues en l’air, comme marchant sur un sol invisible. L’une d’entre elle était celle qui jouait de la flûte traversière, une longue chevelure brune, raide, descendant jusqu’à sa taille, parés des plus beaux bijoux en or, vêtue d’une simple robe bleue et blanche. La seconde chantait, un peu différente, à peu de choses près que la première. Certes, elles avaient toutes deux la même forme de visage, qui étaient parfaitement semblables, mais, leur coupe de cheveux étaient différente, la chanteuse étant pourvue d’une chevelure similaire à celle de Yasalyn, mais brune, elle vêtue d’une robe jaune orangée, tel un Soleil vivant. Elle également portait des bijoux, mais à son cou, contrairement à la première qui les avait sur la tête, décorant ses cheveux. Quant à la troisième, elle ne chantait, ni de jouait d’un instrument. Cette jeune femme aux longs cheveux bouclés, un foulard pourpre dans les cheveux, dansait gracieusement, vêtue d’un cache cœur rouge et, comme Yasalyn, de deux draps qui recouvraient une partie de ses deux jambes, l’un devant, l’un derrière, de la même couleur que le foulard. Elle, portait multitudes de bracelets sur pieds et poignets, les faisant jouer lors de sa danse. Je les reconnus alors, les dames de Wüen : Dame Shesemtet, dame Mâat et dame Nephtys. Pourtant, je les aurais cru moins jeunes, et surtout, moins énergétiques ! Ainsi se poursuivit le spectacle, à la plus grande joie du public, qui criait de joie, heureux d’enfin fêter quelque chose. Ensemble, les trois femmes produisaient un effet merveilleux, même moi devait l’avouer. Puis, à la fin, chacune des trois se saisit des bijoux qui l’ornait et les jeta en l’air. Alors, aussi rapidement que la lumière, dame Shesemtet sortit un miroir circulaire de nulle part, et le brandit vers le haut. Alors explosa sur tout le public une pluie de fines gouttelettes d’or, qui continuait à crier sa joie et acclamer les dames, j’en entendis même certains siffler les trois dames. Une petite fille a côté de moi applaudissait de toutes ses forces. Puis, elles descendirent, posant pied à terre, s’avançant vers quelques personnes du public, en particulier les plus jeunes enfants en leur donnant des fleurs enchantées, comme celle qu’avait reçu Yasalyn de la part de la petite fille, Chasalil, qu’elle avait soigné. Me sortant de ma rêverie arriva dame Mâat, qui me murmura à l’oreille, à ma plus grande surprise : - Viens nous voir ensuite, nous avons à parler… Puis, gracieusement, elle s’envola à nouveau, sa flûte à ses lèvres, sous le regard impressionné de tous les Neltiads. Dame Nephtys disparut soudainement, tandis la dernière, dame Shesemtet se métamorphosa lors d’une vrille sur elle-même en colombe au plumage immaculé. Sous les cris et les applaudissements s’évanouirent les sons de la flûte et du chant. |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 31 [vers Ephyr] Lun 27 Aoû - 21:44 | |
| Partie 4- Elles ne manquent pas de talents…me dit Naid. Je me retournai vers lui, tandis que les gens commençaient à se disperser, reprenant leurs activités, la fête était terminée. - Il faut que j’aille leur parler, lui dis-je, l’air grave. - Pourquoi donc ? demanda Naid, les yeux grands ouverts, étonné. - Pour deux raisons, commençai-je en marchant, j’avais l’intention d’aller les voir, car je dois discuter avec elles d’un grand malheur qui risque de s’abattre sur nous, et elles sont les seules pouvant m’éclairer sur ce sujet. - Malheur ? demanda mon frère. - Je ne peux pas t’en parler pour le moment, c’est encore trop flou pour moi…continuai-je. Et puis, n’as-tu pas vu dame Mâat me parler durant la fête ? Naid se gratta son menton mal rasé. - Non, je ne m’en rappelle pas…me répondit-il. Il ne me semble pas l’avoir remarqué s’approcher de toi, malgré le fait que je te surveillais… - Elle a dû utiliser une illusion…murmurai-je alors pour moi-même. Puis, je relevai la tête vers mon frère. - Toujours en est-il qu’elle m’a demandé de venir d’entretenir avec elles tout à l’heure, continuai-je. - Si elle t’y invite, alors, rien ne t’en empêche…dit Naid. - Alors, autant que j’y aille maintenant, tant pis pour la nuit, je me suis déjà assez reposé dans le char…Tu viens avec moi ? Mon frère fit un signe de la tête négatif. - Non, seules les personnes convoquées par les dames voient leur accès au temps autorisé, me dit-il alors. Or, elles ne m’ont rien demandé, et puis, c’est une discussion qui ne concerne que toi et elles, je n’ai pas à m’y inclure. Tendant ses bras, il se mit à bailler. - Et puis, contrairement à toi, je n’ai pas dormi dans le char, continua-t-il avec un sourire. Je n’arrive pas à dormir dans ce genre de transport, et donc, à présent, j’ai besoin de reprendre des forces. - Et tu sais où tu pourrais dormir ? lui demandai-je. - Ne t’inquiète pas pour cela, Miskito me garde toujours une chambre de libre quand je viens à Ephyr… - Miskito ? - Oui, la guérisseuse de l’hôpital… Oui, je me rappelais alors de cette petite bonne femme, aux cheveux couleur carotte, qui s’occupait de l’hospice. Naid devait bien la connaître alors, car il la tutoyait et lui avait même déposé une bise avant notre départ pour Naralir, elle devait être quelqu’un d’important pour lui. - Sur ce, soupira mon frère, je te laisse aller voir ces sacrées dames. Bonne chance. - Bonne nuit, lui souhaitais-je alors. Puis, je le vis s’éloigner vers la direction de l’hôpital. Alors, essayant de me rappeler l’emplacement du temple de Wüen, je me dirigeais vers une ruelle, puis une autre. Mais, au bout d’une demi-heure, mes recherches restaient vaines. - Pourtant, un bâtiment si gigantesque devrait se voir facilement ! m’exclamai-je. Je dois être une cruche ! Alors, je demandai aux gens que je croisais où trouver ce fameux temple, et gentiment, un jeune garçon aux cheveux de blés m’indiqua la direction à prendre, que je suivis. Enfin, j’y arrivai, devant ce moment dont la hauteur égalait sa beauté, imposant et grandiose. Après avoir dégluti, je m’avançai vers les colonnes, afin de pénétrer dans ce merveilleux bâtiment. L’entrée était gardée des deux Neltiads costauds, lance à la main, comme tous les gardes, même si l’un était plus petit que l’autre… Ils laissèrent passer deux personnes encapuchonnées, dont l’une d’eux me lança un regard impétueux, avant que ces deux là me regardent. - Vous avez été invité ? demanda l’un des deux. - Oui, répondis-je. Mais…je n’ai aucune preuve à vous montrer…me croirez-vous ? Alors, à mon étonnement, ils se mirent à rire. - Ne t’inquiète pas, répondit l’autre. On fait passer tout le monde, le coup des gardes, c’est seulement pour faire peur aux autres. - Mais alors, excusez mon indiscrétion, osai-je, mais à quoi servez-vous ? - A presque rien ! avoua le premier avec un clin d’œil. Mais grand est l’honneur de servir les dames de Wüen. Je hochai la tête, un peu perplexe, puis, entra dans l’immense monument. L’intérieur était encore plus stupéfiant que l’extérieur. Tout était d’or, d’argent et de cuivre, de grandes scènes ornant les murs gigantesques. Au plafond était suspendu un colossal lustre de cristal, sous lequel on n’osait s’avançait, de peur qu’il nous tombe dessus. Il y avait quelques personnes présentes, qui ne remarquèrent même pas mon arrivée, toutes vêtues de grandes toges blanches, bordées de bleu, rouge, vert, gris ou mauve, comme celles des prêtres, certainement devaient-elles l’être… Mais, l’une d’elles, s’approcha vers moi, un sourire aux lèvres, un regard rêveur mais intelligent. - Les dames de Wüen vous attendent…me dit-elle alors d’une voix calme à peine perceptible. - Ah ? - Assurément, répondit-elle. Elle s’inclina légèrement devant moi. - Goiânia, prêtresse de Laifardi, au service des dames Wüen, se présenta-t-elle. - Diphtil, répondis-je en me fléchissant également. - Laissez-moi l’honneur de vous conduire devant elles… Puis, elle se retourna et commença à avancer, moi à ses trousses. - Vous êtes beaucoup de prêtres ici ? lui demandai-je curieuse. - Nous sommes vingt cinq au total, répondit-elle d’un ton neutre. Cinq représentants chacun des dieux que nous veinerons. - Et comment faites-vous donc pour devenir prêtres ? - C’est une longue route qu’est cette destiné à servir les dieux, continua-t-elle. Il faut avoir acquiert moult rôles dans la hiérarchie ecclésiastique avant de se vanter d’avoir obtenu le noble poste qu’est celui de prêtre. Des années et des années d’apprentissage, avoir une bonne intelligence et être doté d’une sagesse inégalable, mais surtout, être croyant. Au tout début, nous ne sommes que de simples croyants, puis après, aide religieux dans les églises communales, après viennent les offrants, les aspirants et enfin les prêtres. Ce n’est pas facile pour tous, car il faut beaucoup s’y investir, toute sa vie. Une fois tous les cinq ans, nous faisons un pèlerinage, à partir d’ici, jusque dans les montagnes de l’Empire Neltiads. Nombreux sont les prêtres qui disparaissent, ah malheur ! Attrapés par ces humains qui ne nous respectent pas, et nous traitent comme une race inférieure. Maudits soient-ils ! Je restai un instant silencieux. - Mais certains sont aimables et généreux, tout de même, fis-je remarquer. - Ils ne le sont pas assez, sales humains ! En rogne, elle cracha sans regret à terre. Assez extrémiste cette prêtresse ! Comme quoi les tensions entre peuples étaient réciproques chez certains… Puis, nous arrivâmes enfin à une porte vernie, qu’elle m’ouvrit en s’inclinant. Sans rien ajouter d’autre, j’entrai dans la salle et la porte se ferma derrière moi. Dans la pièce éclatante de nacre et de blanc patientaient les trois dames, assises dans un canapé de velours turquoise. - Bienvenue à toi ! s’exclama dame Shesemtet en se levant. - Rien qu’à ta vue, notre cœur se remplit de joie ! dit la seconde, dame Mâat, en se redressant également. - Ne parlez pas toutes à la fois ! interrompit la dernière, qui resta assise. Catapultée dans cette salle, je ne sus pas quoi faire, à part m’avancer. - Viens t’asseoir parmi nous, dit alors dame Nephtys en me désignant un fauteuil libre. - Vous vouliez me voir ? demandai-je. - Pour sûr ! répondit dame Shesemtet avec enthousiasme. - Et te trouver dans la foule n’a pas été dur…ajouta dame Mâat. - A parler ainsi, soupira dame Nephtys, vous ne paraissez pas matures ! Leur façon de parler toutes les trois m’amusait beaucoup, elles ne faisaient pas leur siècle d’âge, physiquement, comme mentalement. - Moi aussi, il faut que je vous annonce une grave nouvelle…dis-je alors. - Nous le savions bien…répondit dame Mâat. J’ouvris grand les yeux en m’asseyant. - Vous êtes au courant pour… ? - Un rêve comme le tien…continua dame Nephtys. - Et ce n’est pas rien…termina dame Shesemtet. Celle-ci se mit à soupirer en se rasseyant. - En tout cas, tu arrives un poil trop tard…me dit-elle alors. Je ne comprenais pas de quoi elle voulait parler. - Ne nous regarde pas de ces yeux hagards… ria dame Mâat. - Trop tard par rapport à quoi ? demandai-je, un peu perdue. - Quelque chose qui à présent part, continua dame Nephtys par énigme, en passant une main gracieuse dans ses cheveux courts, les jambes croisées. - Mais aux dieux nous avons dû promettre de ne rien te dévoiler, avoua dame Shesemtet. Je commençai à m’égarer moi-même, dans mon propre esprit, embrouillée. - Me dévoiler quoi ? demandai-je - Malheureusement, tu n’as pu le déceler…dit dame Nephtys. - A présent, jusqu’à Phèn il te faudra aller…continua dame Shesemtet. - Phèn ? m’étonnai-je. Certes, c’est la route que j’avais prévue de suivre de toute façon, mais pourquoi m’envoyez-vous là bas ? Les trois sœurs se regardèrent entre elles. - Quelque chose que l’on a dû t’enlever… |
|  | | Picpique Herbologue

 Nombre de messages: 603 Age: 16 Livre ou fic préféré: le royaumes des pierres :P, la fille du monde ^^ Date d'inscription: 17/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 31 [vers Ephyr] Mar 28 Aoû - 13:39 | |
| c'est super, comme toujours!! |
|  | | ludofloria Ami des bêtes

 Nombre de messages: 153 Age: 15 Livre ou fic préféré: Lvre : La roue du Temps ; Fic : Le royaume des pierre Localisation: Toujours derrière un Ordinateurs, et suad je n'y suis pas, dedans :D Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Bah, toujours Ludofloria Date d'inscription: 18/08/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 31 [vers Ephyr] Mar 28 Aoû - 16:35 | |
| [Post de remise en ordres des chapitres.] |
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