Fics à Ielenna

Un forum pour lire et RPG dans mes mondes en délire !
Accueil­Calendrier­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Chapitre 27 [Recherches et découvertes]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Mer 27 Juin - 0:09

Chapitre 27



Partie 1

- Quoi ?! Deux semaines ?! m’exclamai-je. Mais…c’est pas possible ?! Je…je n’y suis allée que quelques heures !!
- Tu te trompes, et c’est moi qui te le dit… me répondit Naid, qui semblait de pas comprendre non plus. A mon avis, le temps n’était pas le même sous l’eau que sur terre…

« Ne t’y tarde pas trop… »

Ainsi…Elaeis était au courant de ce problème, de ce qui allait se produire, mais elle ne me l’avait pas expliqué explicitement… : elle avait voulu me mettre à l’épreuve, pour voir si j’allais bien suivre ses instructions. Sur le coup, j’eus soudainement l’envie de l’étrangler, cette vieille qui m’avait bien roulé. Quant à Amalia, la pauvre reine avait commencé à s’affoler lorsque je lui avais dit que je ne connaissais pas le « temps de la mer » comme elle me l’avait dit, elle avait dû croire que j’y étais au courant.

- J’ai fait une belle gaffe…murmurai-je, pendant que Naid se serrait les lacets de mon corsage.

Je me mis jurer à voix basse, en jetant mes pieds dans le sable, énervée. Naid lâche les fils et posa doucement sa main sur mon épaule.

- Ne te sens pas responsable, ce n’est pas sa faute…me dit-il.

Il me regarda, avec ses profonds yeux violets. J’eus l’envie de pleurer, je m’en voulais. Alors, je sautai dans ses bras et le serra fort contre moi.

- Je suis désolée quand même…murmurai-je. J’ai dû vous faire beaucoup de peine…je…je m’excuse…
- Je te le répète, ce n’est pas de ta faute, me dit-il rassurement près de mon oreille. Certes, on s’est inquiété, mais on te faisait confiance, en tout cas, pour moi.
- Quand même…je suis désolée…

Il me berça dans ses bras, sa main dans mes cheveux rouges. J’aurais dû mesurer mes actes et faire attention à cette phrase d’Elaeis.

- Aller, viens, me murmura-t-il. On va rentrer au château, d’autres t’attendent.
- Oh mince !!! m’exclamai-je. Est-ce qu’Astiran va bien ?! Mon dieu, il a dû s’inquiéter.
- A vrai dire, terriblement, dit-il en relâchant son étreinte. Il est tombé dans une grosse déprime, d’ailleurs, il ne parlait plus beaucoup et restait seul. Dès qu’il le pouvait, il venait ici, sur la plage, attendant ton retour avec espoir. Et quand il n’y était pas, il allait se saouler, et c’est moi qui le remplaçait sur la plage.
- Se saouler ?!! Mon dieu…qu’est ce que je m’en veux…je n’aurais jamais dû…
- Ecoute, ce n’est pas de ta faute ! me dit-il. Ca va lui faire tellement plaisir de te voir, je crois que ça sera mieux ainsi, on ne peut rien changer au passé.

Je baissai la tête.

- Tu as raison, lui répondis-je à voix basse. Allons-y.

Nous nous mîmes alors en route en direction du château, plongé dans ce ciel aux vives couleurs du soir.

- Que s’est-il donc passé durant ces deux semaines, lui demandai-je.
- Pas grand-chose, pour tout dire…Yasalyn s’est rétablie, mais se sent toujours un peu faible. Sinon, la famille royale va pour le mieux. Il y a juste Astiran…
- Oui, l’interrompis-je, tu me l’as déjà dit.

Je ne voulais réentendre tout ce qui lui arrivait, j’avais déjà assez mal au cœur comme cela.

- Et pour toi ? me demanda-t-il. Comment cela s’est passé ?
- Incroyable…une reine cachée qui a mis quelqu’un d’autre sur le trône, une vision très mouvementée, d’ailleurs, je n’ai presque rien compris.
- Il va donc falloir que tu déchiffres tout cela…
- Oui, je vais essayer de faire de mon mieux.
- Je sais que tu vas y arriver, tu n’es pas ma sœur pour rien quand même !

Je lui souris. Il avait dû aussi beaucoup s’inquiéter pour moi. Quelqu’un de proche qui disparaît durant trop longtemps alors que ce n’était pas prévu, ça fait toujours très peur. Quelques minutes plus tard nous arrivâmes au château.

- Bien, je vais te laisser aller le voir, me dit Naid. Si tu as faim, viens me voir, j’ai piquer des petites choses durant les repas.

Je me mis à rire.

- Tu ne peux vraiment pas t’empêcher de voler ! m’exclamai-je.
- C’est mon instinct de voleur, je n’y peux rien.

Puis, il partit en direction des jardins. Je rentrai alors dans le château, qui n’avait pas changé. Les gardes ne me regardèrent même pas. Je gravis les escaliers, lorsque j’entendais quelqu’un qui m’appelait derrière moi.

- Diphtil !!

Je me retournai et vis Yasalyn, qui vint jusqu’à moi.

- Tu n’es donc pas morte ? me demanda-t-elle sans ironie.
- Non, soupirai-je, désespérée par sa façon de répondre. Sinon, je serais pas en train de te parler.
- Normal aussi… Alors ? C’était bien ? Les hommes poissons, ils sont comment ?
- Bizarres…avouai-je. Une tout autre civilisation.
- Nous sommes tous bizarres, Diphtil, me dit-elle, et cela, sans exception, c’est justement ce qui forge notre caractère. Il n’y aurait rien de plus ennuyeux si nous étions tous normaux.

Le ton calme et sincère sur lequel avait dit cela m’avait saisie. Cette façon de parler était exactement la même que sa mère, Roxane, avec les mêmes intonations dans les mots, le même ton…

- Tu as raison…comment se sont donc passées ces deux semaines ?
- Bien, bien…me répondit-elle simplement.
- Tu vas mieux ? lui demandai-je.
- Tu crois peut-être que je vais mourir au moindre coup, même si je sais que tu le désires !
- Tu te trompes…je
- Je suis quand même un minimum résistante, non mais ! Je n’ai quand même pas l’air d’avoir passé les soixante ans, je ne suis pas sénile ! On le croit pas, mais je suis forte comme ça !!

Je me mis à rire, elle n’avait pas perdu ce fait de se venter, et cela, sans aucune ironie. Cela me rendait heureuse. Etonnée de me voir ainsi rire, un sourcil levé, elle me demanda :

- Qu’est ce qu’il y a ? Pourquoi tu ris ?
- Je suis contente et rassurée…lui répondis-je.
- Pourquoi ?
- Va savoir.

Puis, je repris mon chemin. Yasalyn ne bougea pas, un peu surprise, je sentis d’ailleurs son regard sur mon dos. Vite, il fallait que je me rende voir Astiran. Il devait sûrement être dans sa chambre à cette heure, au pire…dans un bar. Tant pis, j’irai le chercher, mais, il me manquait tellement sur le coup. Je me mis même jusqu’à courir dans le couloir, et comme ma robe me gênait, je la portais avec mes mains. Les gardes qui me croisèrent me regardèrent étrangement, mais cela m’importait rien. La seule chose qui m’importait, c’était de le revoir, d’entendre sa voix, de supporter son si beau regard, de sentir son corps et le goût de ses lèvres. Autant que je me dépêche ! Enfin, j’arrivai à la porte de sa chambre. La lumière sortant depuis le bas de celle-ci et les légers bruits m’indiquaient sa présence ici. Je ne pus m’empêcher de sourire. Je pris la poignée en main et la tourna.

- Astiran ! Astiran !

Puis, je l’ouvris.

- Astiran ! Je suis revenue ! Je suis…

Je m’interrompis net, la bouche ouverte, et mon sourire disparut soudainement. Devant moi, certes, il y avait bien Astiran, mais il n’était pas seul. Il tenait dans ses bras, fortement serrée dans ses bras… :

- Roxane !! m’exclamai-je sur un autre ton.

La reine était bien là, retournée vers moi, mais, dès qu’elle entendit son nom, il y eut comme un déclic dans ses yeux. Elle se tourna vers Astiran, un peu effrayée, et partit soudainement en fuyant de la chambre. Moi, je regardais toujours Astiran, le bouche ouverte, ne croyant pas ce que je venais de voir.

- Tu…tu…essayai-je de dire.

Lui, ne réagissait pas, tout ce passait tellement vite.

- Diphtil…je…

Je ne lui laissai pas le temps de dire sa phrase, je partis de la chambre, enragée. La tête baissée tel un taureau fulminant, je marchais le plus vite possible. J’avais ma gorge nouée, tellement serrée, que j’avais envie de pleurer.

- Diphtil !! entendis-je derrière moi.

Je percevais les pas rapides derrière moi et une main me prit par l’épaule et me retourna brusquement. A présent, je faisais face à Astiran, je voulais partir. J’avais la tête baissée, aucune envie de le regarder dans les yeux. Mais, de force, doucement, il me souleva le menton. Je me résignai donc à affronter son regard.

- Je…
- Tu es un imbécile…susurrai-je.
- Oui…dit-il.
- Tu l’as embrassé ? demandai-je.
-…oui…
- Ne me dis pas que tu as couché avec elle durant les derniers jours…
- …

Je ne pus alors retenir ma main qui vola jusqu’à sa joue, dans un son de claque puissante. D’ailleurs, il en eut presque la tête retournée. Puis, il me regarda, sans rien faire, ni se toucher la joue.

- Je la méritais celle là, je crois…dit-il calmement.

Je ne répondis pas, la main toujours levée.

- Tu me manquais tellement…continua-t-il. Je croyais que tu étais morte, cela m’a moi-même tuer.
- Mais je ne suis pas morte, je suis là !! criai-je. Tu n’avais donc pas confiance en moi ?!
- L’amour ne fait pas toujours confiance…

J’étais en colère, contre lui, contre moi, contre tout le monde. Puis, remarquant un légère odeur désagréable, je reniflai. Cela provenait d’Astiran.

- Mais…tu sens l’alcool !!
- Oui…pour tout te dire, je suis allé me saouler pour oublier ma douleur, m’avoua-t-il.
- Tu sais très bien que cela ne mène à rien ! Je te l’ai déjà dit ! Surtout que tu ne tiens pas l’alcool.

Il ne répondit pas à son tour.

- On parlera de ça demain, dis-je, énervée. Va te coucher.
- Juste un baiser…me demanda-t-il.

Alors, il me prit dans ses bras, mais c’était horrible ce qu’il empestait l’alcool. De toutes mes forces, j’arrivai à m’enfuir de son étreinte.

- Je ne suis pas d’humeur !! lui criai-je en partant, toujours en fulminant, tête baisée.

A la fin, je me mis à courir dans le couloir, tellement je voulais fuir loin, la tête dans les mains. Enfin arrivée dans ma chambre, j’ouvris la porte : il faisait froid dans cette pièce, laissée vide durant deux semaines entières. Enragée, je claquai la porte, je crus qu’elle allait se fracasser contre le mur. Je ne pris même pas le peine d’allumer une lumière, je me jetai sur le lit. Je m’empoignai le visage, mes ongles s’enfonçant dans ma peau, mon esprit hurlai tellement fort. Mais, mon corps ne suivait pas ce cri de désespoir. Prise de démence, j’oubliais le monde autour de moi. Cette folie dans ma tête était tellement puissante, mais il allait falloir que je ravale tout en moi. Tout à coup, j’entendis des bruits forts à répétitions, des bruits de verre explosés, mais, je n’y faisais pas attention, toujours la tête serrée fort entre mes mains et mes doigts. Cette image resterait à jamais gravée dans mon esprit. Je levai ma tête, devant moi, mon reflet en plusieurs exemplaires dans le miroir qui était brisé. Je ne reconnaissais même plus mon propre visage, tellement défiguré par la colère. Soudain, la vitre explosa violemment, j’essayai par réflexe de me protéger avec ma main, qui se reçut un gros bout de verre. Un grand courant d’air pénétra dans la chambre. Je regardai ma main, séparée en une grande coupure sur sa longueur. Une perle de sang coula lentement à la surface de ma peau, puis chuta sur mon lit, taché à présent de rouge. Une autre perle, une larme, dévala ma joue et tomba juste sur la tâche de sang.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Mer 27 Juin - 0:09

i]Partie 2[/i]


Flash back

C’était l’été, un été particulièrement chaud. Je rêvais dans ma chambre, la fenêtre grande ouverte. A l’époque, je n’avais que douze ans, à peine, je venais juste de les avoir. Je m’ennuyais à en mourir ici, il n’y avait rien à faire. On ne pouvait pas sortir, car Sarïn me l’avait formellement interdit. Je décidai donc d’aller voir Astiran, comment lui s’occupait. Je sortis de la chambre et alla vers celle d’à côté. Astiran en sortait tout juste.

- Tiens ! s’exclama-t-il. Diphtil ! Justement, j’allais te chercher ! J’ai besoin de toi.
- Ca dépend…en quoi je peux t’aider… ? lui demandai-je.
- Va juste dans ma chambre, je t’explique après.

Il tenait dans ses mains une longue ficelle mais très fine. Alors, comme il me le demandait, j’allai dans sa chambre, mais je l’observai. Regardant à droite et à gauche, il fit passer la ficelle dans une fente, très bas placée sur le mur d’en face et prit le bout qui en sortait. Armé de ses deux parties de ficelle, il me rejoignit.

- Je peux savoir ce que tu fais ? insistai-je, curieuse.
- Un piège, tu vas bien voir, me répondit-il en me lançant un clin d’œil. Ca va être marrant, c’est moi qui te le dit.

Il ferma la porte, pas complètement, juste une fente qui permettait de voir le couloir. Puis, tendant les ficelles, il me lança un sourire.

- Tu ne vas quand même pas…commençai-je.

Son sourire était tellement grand, je souris également.

- …t’es méchant sur ce coup là ! m’exclamai-je.
- Ouais, pour une fois !

Il semblait heureux et impatient, content de pouvoir faire une bêtise pour une fois.

- Dis moi s’il arrive, me dit-il.

Alors, je regardai attentivement par la fente, notant chaque mouvement.

- Il n’y a rien pour l’instant…lui dis-je.
- On doit attendre…

Quelques minutes plus tard, je m’exclamai à voix basse :

- Ca y est ! Il est là !

Astiran ne me répondit pas, trop occupé à tirer les ficelles, à s’en meurtrir les mains. Le gros prêtre était là, dans le couloir, occupé à lire un parchemin. Et heureusement, il n’avait pas remarqué le piège qu’on lui tendait. Avançant encore, notre impatience d’enfant était à son summum. Soudain, Sarïn se prit un pied dans la ficelle, qu’Astiran tendait de son possible. Avec le poids du prêtre, il devait vraiment avoir très mal à ses paumes. Alors, on entendit le bruit d’une grosse chute. Je me retins d’éclater de rire avec Astiran en entendant Sarïn jurer.

- Nom des dieux !! Bordel !!

Rapidement, Astiran lâcha l’une des deux ficelles et tira l’autre. Le tout revint tout seul, qu’il cacha dans un coin.

- Vite ! me murmura-t-il. On va s’asseoir sur le lit en faisant semblant de discuter.

J’approuvai d’un hochement de tête rapide, et nous allâmes nous asseoir sur le lit. On entendait toujours le prêtre jurer, en train de se relever. Puis, il ouvrit la porte.

- Astiran ?!! s’exclama-t-il. Est-ce vous qui avez oser… ?!

Il s’interrompit en remarquant ma présence.

- Excusez moi…ma déesse, s’excusa-t-il en s’inclinant. Je…je repars de ce pas. Excusez moi encore pour le dérangement.
- Ce n’est rien…dis-je, phrase que j’avais à présent l’habitude de dire chaque jour durant.

Puis, il ferma la porte en grommelant.

- On l’a eu, le vieux !! s’exclama Astiran, heureux de sa victoire.
- Ouais, mais fais gaffe quand même, le prévins-je. Montre moi ta main…

Il ne voulut pas, alors je la lui pris de force. Sa paume avait une grande coupure sur tout son long, d’où il saignait beaucoup, sûrement dû à la ficelle. Il me regarda, gêné, ne voulant pas que je sois au courant.

- Attends, je vais te soigner, lui dis-je en allant chercher de l’eau et des bandages dans une armoire.
- Ce n’est pas le peine, essaya-t-il de me persuader. Ne t’inquiète pas pour ça…
- Si je m’inquiète justement ! Tu peux pas savoir le nombre de maladie que tu peux attraper à cause d’une blessure infectée !
- Ce n’est qu’une petite coupure de rien du tout, ça cicatrisera rapidement…
- Ce que j’ai dit vaut pour la moindre blessure, même petite. Alors, je vais te soigner, et ne dis rien !

Astiran soupira, sachant qu’il n’arriverait pas à me convaincre, car j’étais l’une des personnes les plus têtues qui pouvaient peupler ce monde. Alors, il se laissa se faire soigner.

Fin flash back

- Diphtil ? Ca va ? demanda une voix inquiète.

C’était Naid qui venait d’entrer en trombe dans la chambre, sûrement alerté par le fracas du verre explosé. Il me regarda, j’étais sur le lit, recroquevillée sur moi-même, la main en sang, en train de pleurer à chaudes larmes. Refermant doucement la porte, il s’approcha lentement de moi et s’assit sur le lit à côté de moi. Il entoura mes épaules de son bras.

- Qu’est ce qui t’arrive…me demanda-t-il d’un ton calme et rassurant, celui d’un frère bienveillant.
- Laisse moi ! criai-je.

Mais il ne bougea pas, même pas son bras qu’il laissa autour de mes épaules. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi j’avais prononcé ces paroles, car sa présence me réconfortait, et je ne voulais surtout pas qu’il parte.

- Qu’est ce qui se passe…répéta-t-il. Pourquoi ta main saigne-t-elle, et pourquoi les vitres sont-elles toutes cassées ?
- Je ne sais pas…sanglotai-je en bougeant la tête, sans cependant la lever vers lui, comme ayant honte de montrer mes larmes.
- Tu ne veux pas me dire ?
- Je ne sais pas…répétai-je de la même manière.

Puis, il se leva et me prit la main non blessée, au bout de mon bras tout mou, sans énergie.

- Viens dans ma chambre, me dit-il. Il va bientôt faire froid ici, et tu risques encore de te couper.

Il me tira du lit et je me levai avec la force du désespoir, je ne redressai pas la tête, me laissant guider par Naid dans le couloir. Il me mena jusqu’à sa chambre, je fus rassurée que on n’eut croisé personne. Puis, mon frère me fit asseoir sur le lit, avant d’aller chercher de quoi soigner la blessure.

- Ce n’est pas la peine…murmurai-je.
- Ne raconte pas de bêtises, me dit-il. Je dois te soigner cette blessure, elle pourrait s’infecter, et je n’ai aucune envie de t’amputer d’une main.
- Ce n’est pas ça…

Il se retourna vers moi et je lui montrais la paume de ma main, celle-ci n’avait plus aucune coupure, juste quelques tâches de sang séché autour de l’ancienne blessure.

- Tu m’épateras toujours, me dit Naid avec un sourire qui ne cachait pas le fait qu’il soit impressionné, reposant alors les bandages à présent inutiles.

Alors, il vint vers moi et s’assit à côté.

- Tu ne veux toujours pas me raconter… ? me demanda-t-il.
- …Je ne préfère pas…sanglotai-je.

Il posa sa main sur la mienne.

- C’est ton choix, et je le respecte entièrement…me répondit-il.

Je ne pus m’empêcher, je sautai dans ses bras et me mit à pleurer de plus belle sur son épaule. Il me prit dans ses bras et me berça.

- Pleure, ça te soulagera, me conseilla-t-il.

C’est ce que je fis, je me mis à verser toutes les larmes de mon corps. Je serrais mon poing, mes ongles s’enfonçant dans ma peau, mais, il me l’attrapa pour m’en empêcher.

- Dors ici cette nuit…me dit-il. Je veillerais sur toi.

Je hochai de la tête.

- On en reparlera demain, lorsque tu iras mieux.

Alors, il m’allongea dans le lit et me recouvrit avec la couverture. Il alla ensuite se chercher une chaise, et l’installa à mes côtés, asseyant dessus. Puis, il se tourna vers moi. Je tendis ma main, réclamant la sienne, comme lorsque j’étais enfant, quand j’avais peur avant de ma coucher et que je demandais la main de ma mère. Alors, dans un sourire, il me l’attrapa avec ses deux mains, et la caressa.

- Dors à présent…me chuchota-t-il. Dors…

Il murmurait d’autres mots, mais que je n’arrivais à entendre tellement j’étais fatiguée. Irrésistiblement, mes paupières mouillées devinrent lourdes, mon corps entier se détendit, je m’endormis. Un sourire au lèvres, Naid me regardait comme si on avait échangé nos places et qu’il était mon aîné. Puis, la porte s’ouvrit : c’était Yasalyn, l’air un peu préoccupée.

- Elle va bien ? demanda-t-elle en me désignant du menton.
- Pas fort niveau mental…comment sais-tu que… ?
- Je sais tout, l’interrompit-elle. A vrai dire, je voulais lui dire quelque chose d’autre tout à l’heure et je l’ai surprise avec Astiran, après qu’elle soit sortie en furie de sa chambre. Et j’ai entendue toute leur conversation. N’empêche, elle met des sacrées gifles !

Soudain, Naid ne fut plus d’humeur à sourire.

- Et donc…que s’est-il produit pour qu’elle soit ainsi, dans cet état ? demanda Naid qui me fixait.
- D’après ce que j’ai compris, commença Yasalyn en installant une seconde chaise, à côté de celle de mon frère, c’est qu’Astiran l’aurait trompé durant son absence, mais je ne sais pas avec qui…

Le poing de Naid se serra. Il était soudainement en colère, contre Astiran surtout, même s’il l’appréciait énormément.

- Comment a-t-il pû faire cela…dit-il à voix basse. Lui…qui aime Diphtil à la folie ! A s’en tuer ! Comment a-t-il pû !!?
- Il paraissait ivre à vue d’œil et par l’odeur, même à plusieurs mètres ! s’exclama Yasalyn. Pas étonnant qu’il saute des filles avec un esprit et un corps totalement saouls !

Naid grogna tout de même, un peu en rogne.

- A ce que je vois, dit Yasalyn en changeant de sujet, tu as réussi à l’endormir…
- J’ai un peu triché il faut dire, avoua Naid, un léger sourire au coin des lèvres.

La tête penchée, un grand sourire éclatant, Yasalyn lui demanda :

- Tu as utilisé la magie… ?
- Oui, la formule que tu m’as appris l’autre jour…
- Tu apprends vite ! constata-t-elle, heureuse.
- J’ai une excellente enseignante…ajouta Naid.

Alors, leurs visages se rapprochèrent et ils s’embrassèrent dans le silence, Naid ne lâchant pas ma main. Ils décollèrent leurs lèvres, mais, ils laissèrent leurs visages très proches. Ils frottèrent leurs nez, avec chacun un sourire un peu timide.

- Tu devrais aller dormir, conseilla Yasalyn à Naid. Tu n’as pas dormi depuis deux jours, tu dois être épuisé.
- C’est vrai, répondit-il. Mais je dois rester veiller auprès de Diphtil.
- Laisse moi le faire à ta place, et file au pieu…

Naid fit un signe de tête.

- Non, hors de question, je reste avec elle. Je lui ai promis, et la quitter alors qu’elle rêve serait horrible. Je dois rester à ses côtés.

Yasalyn sourit, se rendant compte de l’amour qui m’unissait à mon frère. Puis, elle posa sa tête sur l’épaule de son amant.

- Alors, je resterais avec toi cette nuit…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Mer 27 Juin - 0:10

Partie 3



Le lendemain, je commençai à m’éveiller. Ma main tenait toujours quelque chose. J’ouvris les paupières. Naid somnolait, endormi sur sa chaise, mais qui ne voulait pas lâcher ma main. A côté de lui, Yasalyn était là, par contre, elle, était réveillée. Elle me dévisagea.

- Bien dormi ? demanda-t-elle.
- A vrai dire non…répondis-je sincèrement. Mais j’ai pu me reposer, c’est déjà mieux que rien…
- Si tu le penses…dit-elle d’un ton indifférent en détournant la tête.

Je m’assis dans le lit.

- Tu n’as pas dormi ? lui demandai-je.
- J’aime pas dormir…me répondit-elle d’un air bougon.

Alors, je retirai ma main de celle de Naid, après quelques difficultés à y parvenir, car il ne voulait absolument pas la lâcher. Puis, je me levai, remettant ma robe correctement.

- Bon, il faut que j’aille faire des recherches à la bibliothèque, déclarai-je en relevant la tête et rajustant mes cheveux. Je suppose que tu restes ici.
- Ouais…pourquoi tu vas à la bibliothèque ? me demanda-t-elle.
- Pour faire des recherches, je te l’ai dit.
- Je le sais ça ! Suis pas conne ! Mais, des recherches sur quoi ?
- Sur quelque chose…
- Dis tout simplement que ça me regarde pas…me dit-elle en soupirant.
- C’est à peu près ça, pour tout te dire.

Puis, je sortis de la chambre. Il devait être encore tôt, le soleil venait tout juste de se lever à l’horizon. Quelle joie dans mon cœur, lorsque mes bras et mes mains ouvrirent les immenses portes de bibliothèque qui se découvrit à moi. J’y entrai, sachant d’avance que je voulais chercher. Tout d’abord, je me dirigeais vers le rayon relatant des monuments célèbres du monde. Mon but : retrouver l’emplacement des monolithes du temps. Je commençai donc à chercher, en prenant un livre sur les monuments du Royaume d’Edenor, vérifiant à la lettre « M ». Rien. Alors, à la lettre « T » ? Rien non plus. Mise à part si ces monolithes n’étaient pas connus du tout, j’en conclus donc qu’ils ne devaient pas être placés dans le Royaume d’Edenor. Je recherchai également au Royaume de Shindoë. Tout comme pour le Royaume d’Edenor, je ne trouvai rien. Alors, je me saisis d’un des rares livres relatant des monuments de l’Empire Neltiad. Et là, bingo !

Monolithes du temps

Douze pierres, représentant chacune un mois de l’année, formant un cercle qui auraient des pouvoirs de passage temporel avec usage de la magie. Celles-ci se trouvent à la périphérie de la grande ville d’Entygon, dans la plaine d’Ardor. Elles seraient placées depuis des millénaires.


Etonnement, il n’y avait écrit rien d’autre. C’était les mêmes informations que celles que m’avait donné Naid, sauf qu’il avait omni leur lieu. A présent, je le savais. Les monolithes se trouvaient près d’Entygon, la capitale de l’Empire Neltiad. A cet endroit, je ferai un grand sacrifice, un choix dur pour moi. Puis, je me rappelai soudainement d’une des phrases de Naid.

En notre terre, peu avant l’arrivée du soleil, un massacre aura lieu…

En notre terre…ma terre d’origine, donc, l’Empire Neltiad. Peu avant l’arrivée du Soleil…là, j’avais plusieurs interprétations, mais en toute logique, j’en déduis que le massacre aurait lieu à l’aube. Peut-être cela avait-il un rapport avec les monolithes ? Que se serait à ce même lieu, dans cette plaine d’Ardor, que se produirait la bataille…un combat décisif pour tous les peuples. Ainsi, notre prochaine destination était prête, nous allions devoir tout retraverser dans l’autre sens. Néanmoins, nous n’avions pas fait ce trajet pour rien, cela m’avait permis de voir Amalia et connaître mon destin.

Deuxième recherche à effectuer : la Sorcière des Sens, qu’il fallait que j’aille voir également. Espérons qu’elle n’habite pas à l’autre bout du Royaume. J’allai donc chercher dans les livres sur les plus grands magiciens, rubrique apothnescoracie. Elle ne fut pas difficile à trouver, car il n’y avait que trois apothnescoraciens répertoriés. Garvar le Grand, la Sorcière des Sens et Mitrir des Roches. Bref, ce fut facile. D’après ce qu’il y avait écrit, elle serait la plus puissante des trois, car elle a une méthode innovante de lire dans le passé. Elle utiliserai la voix, enfermée dans un bocal, qui révélerait alors par le ton et les différentes pulsions dans la voix tout le passé de la personne. Mais cela ne se lirait pas avec le son, les oreilles, mais avec le nez ! Ils étaient vraiment tordus ces magiciens ! Cette Sorcière aurait déjà atteint les cinq cent ans, et ne serait qu’au quart de sa vie. Bref, une puissante magicienne. Concernant son lieu, elle se serait enfui du Royaume d’Edenor car trop de seigneur la convoitait pour son compte, et désirant un équilibre et une égalité, elle préféra fuir. En temps actuel, elle serait à présent cachée près des montagnes Daneet, dans l’Empire Neltiad. Tant mieux, cela ne nous fera qu’un léger détour sur notre chemin, mise à part si elle était à l’autre bout des montagnes, ce que je n’espérais pas.

Soudain, quelque chose grimpa sur mon épaule. Prise par surprise, je sursautai. Je tournai la tête, c’était le vieux chat tigré, qui me regardait de ses yeux jaunes. Puis, il tourna la tête, fixant un livre dans la bibliothèque. Je suivis attentivement son regard, et tomba sur un autre livre, à la couverture de jade : « Les célèbres artefacts magiques ». Je compris alors tout. J’ouvris alors le livre, le tenant assez près de moi. Jetant un coup d’œil à chaque page, je les tournai, recherchant ce que je désirais trouver. Soudain, le chat posa sa patte sur une page, me regardant dans les yeux. Je lus le titre de la page et examina le dessin de l’objet à côté. Je souris, un indice de plus pour plus tard… Puis, je me tournai vers le chat, le regard toujours fixé sur moi, gardant le livre ouvert.

- Merci le chat, lui dis-je.



Je sortis de la bibliothèque, ayant trouvé tout ce que je voulais chercher. Je ne croisai pas grand monde dans les couloirs, juste quelques gardes qui faisaient leurs tours. Mais, je n’étais pas totalement heureuse. Je savais bien que, durant la journée, j’allais devoir affronter Astiran dans une grande discussion, mais pour le moment, j’aurais préférer traverser mille dangers que de me retrouver face à lui. Je ne savais pas quoi lui dire, plus quoi penser. Etait-ce l’effet de l’alcool ? Ou pour oublier que j’étais parti ? Je ne le savais pas, seul lui pouvait me le dire. J’espérais qu’un jour j’arriverai à lui pardonner cela, car, je voulais oublier, je voulais continuer à l’aimer plus que tout. Que tout redevienne comme avant. Puis, j’entendis des pas rapides derrière moi, qui me sortirent de mes rêveries, et une main me prit l’épaule. Alors, je me retournai, il s’agissait du prince Fylip.

- Bonjour, prince, lui dis-je poliment.
- Bonjour à vous également, Diphtil, me répondit-il. Je n’étais pas au courant de votre retour, et cela emplit mon cœur de joie.
- Merci beaucoup.
- Allons discuter de cela dans ma chambre, voulez vous ? me proposa-t-il.

J’hésitai à peine quelques secondes, puis, je me dis qu’il était bien sympathique de vouloir discuter avec moi, alors, j’acceptai sa proposition. Nous nous rendîmes donc jusqu’à sa chambre, située dans une des tours du château que je n’avais pas encore eu la chance de parcourir. Il me l’ouvrit et me laissa entrer en s’inclinant poliment, en disant :

- Chère Diphtil, bienvenue dans une pièce fort normale !

Je souris.

- Aucune pièce n’est normale, dis-je, elles sont toutes uniques.
- Si vous le pensez…me dit-il en fermant la porte.
- Tutoyez moi s’il vous plait, me demandai-je.
- Alors, fais-en de même, me dit-il en me lançant un clin d’œil complice.

Puis, il m’installa une chaise, sur laquelle je m’assis. Il en prit une autre, la mettant en face de moi.

- Que suis-je bête ! s’exclama-t-il. Je ne t’ai pas proposé à boire ! As-tu soif ?
- Non, merci, ça ira, lui répondis-je.

Alors, il s’installa plus confortablement sur sa chaise, s’appuyant le dos sur le dossier.

- Alors ? Comment s’est donc déroulé cette rencontre avec Amalia ? me demanda-t-il.
- Comment es tu au courant ? m’exclamai-je, étonnée qu’il sache que j’eus été rencontré la reine des Ondines.
- Voyons…ma mère me l’a dit, me répondit-il. Et puis, Amalia est ma tante, sauf si tu ne le savais pas.
- Si, si ! Je le savais.

Soupirant, il croisa les bras.

- Alors ? Comment ça s’est passé ?
- Plutôt bien, répondis-je tout simplement.

Il eut un petit rire nerveux.

- N’aie pas peur, me dit-il. Si tu veux pas m’en parler, dis le moi, je ne vais pas te manger.

Je rougis, il avait deviné que je ne voulais pas en discuter, cela était trop personnel pour moi.

- Et concernant Astiran ? me demanda-t-il.

Mon cœur fit un grand bond dans ma poitrine, je ne comprenais pas bien de quoi il voulait parler.

- As…Astiran ? bégayai-je.

Je vis un sourire se dessiner sur ses lèvres.

- Oui, Astiran. N’est ce pas celui qui t’aime à la folie ? Qui ferait tout pour toi ? A part si je me suis trompé…Mais, comment a-t-il pris ton retard… ?

Un nœud se serra fort dans ma gorge. Je savais pas si je devais lui répondre ou pas, c’était encore trop personnel.

- M…Mal…répondis-je, le mot étant sorti tout seul de ma bouche.
- Pourquoi donc ? me demanda-t-il calmement, d’un air rassurant.

Je me pinçai les lèvres en revoyant dans mon esprit, l’image de Roxane dans les bras d’Astiran. Puis, ces paroles qu’il avait prononcé juste après…je ne pus m’empêcher de verser une larme, la tête baisée. Fylip me regarda, inquiet.

- Ca va Diphtil ? me demanda-t-il.
- Excuse moi…je…je…
- Je n’aurais jamais dû poser cette question, dit-il. Je ne savais pas que tu allais y réagir ainsi.
- Ce n’est pas ta faute…sanglotai-je.

Il y eut un silence, où je fixai mes pieds en sanglotant, et lui, continuait de me regarder avec pitié. Puis, il se mit à genoux devant moi, et m’attrapa les mains. Je levai un peu la tête, pour le voir. Il avait vraiment l’air de compatir ce que je ressentais, même s’il ne le savait pas. Ses grands yeux bleus et verts semblaient si sincères, ils étaient beaux. Tout à coup, c’est comme si un courant électrique parcourait tout mon corps, de la tête aux pieds, jusqu’au bout de chacun de mes doigts.

- Je suis désolé, me murmura-t-il, même si je ne sais pas vraiment ce qu’il t’arrive. Mais quoiqu’il en soit, je ferais de mon possible pour t’aider…

Je reniflai, en souriant légèrement, touchée par ses mots.

- M…merci…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Mer 27 Juin - 0:10

Partie 4



Plus loin, dans le château, Yasalyn se promenait en compagnie de Naid, à présent réveillé. Celui-ci se tenait la tête, énervé.

- Comment j’ai pû m’endormir ?! C’est pas possible !! s’exclama-t-il. Je suis vraiment un bon à rien jusqu’au bout !
- Mais non…ne dis pas ça, lui dit Yasalyn. Tu lui as tenu compagnie, tu as essayé de la consoler, et déjà, c’est énorme.
- Tu te trompes, ce n’est pas assez, rectifia-t-il.

Yasalyn soupira, désespérée par l’entêtement de Naid.

- Ecoute, c’est du passé, ce qui est fait est fait ! dit-elle.
- Oui…bon, d’accord…et toi ? Tu as dormi ? demanda-t-il.
- Non, je n’aime pas dormir…Tu le sais bien, dit-elle avec un sourire carnassier.

Naid sourit, puis, il regarda au loin.

- J’espère quand même que ça ira mieux pour Diphtil et Astiran…ils s’aiment, je le sais. Ca serait si dommage…et encore, ce mot n’est pas assez fort, je trouve…

Yasalyn haussa les épaules.

- Tu as sûrement raison…Mais, nous ne pouvions rien faire pour eux, du moins, pour l’instant. Il faut les laisser se débrouiller…
- Oui, je le sais bien… Mais j’aimerai faire tant…
- Comme tout le monde d’ailleurs…Ecoute moi, il vaut mieux laisser le temps faire ce qu’il en décide.
- Je ne fais pas toujours confiance au temps, je suis plutôt du genre méfiant.

Yasalyn eut un rire nerveux.

- C’est ce que tu dis…dit-elle. Il faut avoir un minimum de confiance en lui, sinon, tu ne peux pas l’avoir en toi.
- C’est bien pour cela que j’ai dit « pas toujours », objecta-t-il.

Soudain, Yasalyn s’arrêta net, les yeux grands ouverts. Voyant qu’elle n’était plus à ses côtés, Naid se retourna. Lorsqu’il la vit ainsi, il se précipita vers elle.

- Yasalyn ! Ca va ?!

Les lèvres de Yasalyn s’entrouvrirent.

- Ce n’est pas pour moi qu’il faudrait t’inquiéter…
- Qu’est ce que tu dis ?

Soudain, elle reprit son regard normal, elle fixa le visage de Naid. Elle semblait anxieuse.

- Vite ! Il faut qu’on aille retrouver ta sœur !!

Sans rien dire de plus, elle se mit à courir, Naid, qui ne comprenait pas, la rattrapa quand même et la freina en lui attrapant le bras.

- Qu’est ce que tu dis ? demanda-t-il, commençant à être inquiet.
- Diphtil est en danger !!



-…et c’est ainsi que j’ai dû réparer toute la maison à l’aide de mon oncle ! finit le prince Fylip.

Je me mis à rire. Son récit m’avait bien remontée le moral. Il venait de me conter des histoires qui lui étaient arrivées lorsqu’il était un enfant, des bêtises et mésaventures.

- Et tu as eu des mésaventures amoureuses lorsque tu étais petit ? lui demandai-je.
- Oh non ! me répondit-il en riant. Je n’ai jamais été amoureux, je n’ai jamais réussi à aimer quelqu’un…

Puis, il s’arrêta de rire peu à peu, je sentais l’atmosphère s’alourdir.

-…jusqu’à aujourd’hui…
- Ah bon ? lui demandai-je curieuse. De qui s’agit-il donc ?

Après un petit rire, il leva sa tête vers moi.

- …Toi…

Ce mot eut le même effet qu'un éclair dans ma pensée qui était jusqu’à présent apaisée. Je n’arrivai pas très bien à comprendre.

- Pour tout te dire Diphtil, je t’aime depuis que je t’ai vu pour la première fois. En fait…j’avais déjà rêvé de toi, la cinquième déesse, si belle que le ciel ne pouvait mériter un tel ange divin. Je t’aime…

Sur le coup, je me sentis extrêmement embarrassée.

- Mais…j’aime déjà quelqu’un…lui dis-je en tremblant.

Je sentais qu’il s’approchait de plus en plus de moi : j’avais peur.

- J’aime Astiran, lui dis-je.
- Pourtant…ne t’a-t-il pas…trompé ? ajouta-t-il, d’un ton plus provocateur.

Mon cœur se serra : il était au courant…mais, comment cela ?! Je sentis encore une fois, ce frissonnement dans mon corps tout entier, qui me fit jusqu’à avoir mal à la tête.

- Je l’aime quand même malgré cela ! m’exclamai-je. Tout le monde fait ses erreurs ! De toute façon, je l’aimerai toujours ! Tu m’entends ?! Toujours ! Je ne pourrais pas t’aimer !
- De force…peut-être.

Il me prit alors par les épaules, qu’il commença à serrer fort. Je sentis la force de son regard, ma tête transpercée comme par une vrille me faisait de plus en plus mal. Soudain, je ne sais pourquoi, une phrase traversa mon esprit… :

« Retour attendu »

- « Eclair inattendu », continuai-je instinctivement.
- Qu’est ce que tu dis ? demanda-t-il en arrêtant ses gestes.

Je me tournai vers lui.

- « Sous ses yeux régiront ordres
Car ira la tentation le mordre
Plusieurs cœurs brisera
A moitié il gagnera
Seule véritable victime je resterai
A cause de lui bonheur s’en irai »


Le poème de Roxane. A présent, tout s’éclairait en moi, j’étais heureuse d’avoir trouvée, mais j’avais peur du présent, de ce qui allait se passer.
- Fylip…tu…commençai-je, tu es un hypnotiseur…

Un grand sourire fourbe apparut sur son visage.

- Tu as bien raison…mais…tu es trop puissante, tu es une déesse…

D’autres choses s’ajoutèrent encore dans mon esprit, s’imbriquant au fur et à mesure.

- C’est à cause de toi ! m’exclamai-je. Tu as hypnotisé ta mère !! Tu l’as fait de force, pour qu’elle aille avec Astiran, alors noyé dans l’alcool ! Tu as brisé mon cœur ! Celui d’Astiran également, mais à d’autres d’ailleurs ! Ou encore, tu as affaibli Yasalyn, pour l’écarter de ton chemin !
- Certes ! Elle constituait pour moi un sérieux obstacle, ça doit être de famille. Elle n’allait pas tarder à tout savoir, alors, j’ai attaqué les défenses de son esprit, et à ce que j’ai vu, c’était facile !
- Tu es un lâche !! Tu t’es servi des autres pour ta propre guise ! Je te croyais noble…puissant…mais tu n’es même pas capable de montrer tes sentiments par toi-même !
- Crois-tu seulement que cela est le plus grand de mes soucis !!? cria-t-il. J’ai vécu dans le malheur, loin de mes parents car je n’avais pas le contrôle de mon pouvoir, ainsi, on m’a éloigné de ma famille !! Je me suis rendu compte que si je ne comptais pas pour les autres, il n’y avait qu’une personne qui serait importante pour moi : moi-même ! A présent, les autres m’importent peu !
- Tu es un monstre !!

Puis, je lui donnai une grande gifle, malgré le fait que je n’avais pas assez d’élan. J’avais touché son nez, qui saignait un peu. Il prit un peu de sang sur son doigt et le lécha.

- Je ne crains rien…dit-il sur un ton totalement différent de tout à l’heure. Et surtout pas toi…Si l’hypnose ne marche pas, je vais devoir utiliser les grands moyens, ça va se payer.

J’étais totalement terrifiée, pétrifiée de peur. Il s’avança vers moi et me prit par les épaules, en me poussant. J’essayai de me défendre du mieux que je pouvais, mais, il était beaucoup trop fort pour moi.

- Arrête !!! Tu es complètement fou !! Lâche moi !!

Brusquement, il décocha son poing dans mon nez que j’entendis craquer, alors, sur le coup de la douleur, je me mis à hurler.

- Ferme la ! s’exclama-t-il avec colère.

Puis, il me poussa violemment, et je tombai sur le lit. Son sourire carnassier me faisait tellement peur que je n’osais même pas crier à l’aide. Mon nez se vidait de son sang, il me faisait mal.

- On va à présent passer aux choses sérieuses…dit-il à voix basse.

Je crus soudain que c’était trop tard, que tout était fini…Mais soudain, la porte s’ouvrit en un grand fracas.

- Laisse la !!

Puis, le prince se prit un puissant coup de poing qui le mit à terre. Je levai la tête.

- Naid !! m’exclamai-je.

Je fus soudainement soulagée, sauvée à temps. Yasalyn arriva elle aussi, et s’approcha vite de moi.

- Viens ici ! me dit-elle en me tendant sa main.

Je la pris et me levai. Naid me regardai, il semblait essoufflé. Puis, il se tourna vers Fylip, furieux, et le souleva par le col.

- T’as osé frapper ma sœur ?! s’écria-t-il.
- Ouais ! s’exclama Fylip.

Et il décocha brusquement son poing dans le ventre de Naid, qui, sur le coup, recula en lâchant prise. Yasalyn me tira la main pour me faire reculer, ça risquait de bastonner dur ! Alors, Naid se saisit de Fylip et le poussa jusqu’à ce qu’il percute violemment le mur d’en face, en bousculant au passage tout le mobilier. Je voyais les deux hommes s’engager en même temps dans un combat de regards.

- Naid ! lui lançai-je. Fais attention ! C’est un hypnotiseur !

Fylip, qui avait dû essayer, déclara :

- Pourtant…ça ne marche pas sur toi !

Naid sourit méchamment.

- Ne faut-il pas regarder dans les deux yeux afin d’hypnotiser ?
- Je comprends à présent…il te manque un œil !

Soudain, la furie de Naid sembla se décupler, et il envoya son poing dans la face dans son adversaire, dont la tête se cogna contre le mur. Mais Fylip était toujours conscient. Il se saisit du vase, installé sur la table de chevet, et le fracassa contre la tête de Naid, qui fut durant quelques secondes un peu sonné. Puis, il recula un peu, préparant ses réflexes et ses poings. Mais sans qu’il s’y attende, le prince fonça vers lui tête baissée, qu’il se prit dans le ventre. La vitre se trouvant derrière lui, ils la brisèrent, et le choc fut tellement grand qu’ils tombèrent tous les deux. Je me mis à hurler de peur pour mon frère, Yasalyn, quant à elle, essaya de l’étouffer. Nous accourûmes à la fenêtre pour voir comment ils avaient atterri, surtout que nous étions en haut d’une tour. Mon frère était peut-être mort sur le coup de la chute ? Non, il ne fallait pas que je m’imagine de telles choses. Nous regardâmes alors par la fenêtre à présent brisée en mille morceaux. Je fus soulagée lorsque je vis que le buisson se trouvant sous la tour avait amortie leur chute. Aucun des deux n’était encore inconscient, et ils continuaient à se battre, à terre.

- Vite ! me dit Yasalyn à moitié affolée. Il faut qu’on aille en bas les arrêter, sinon, ils vont finir par s’entretuer ! Et va chercher Astiran, on a besoin de lui !

C’est vrai qu’il n’était pas là, mais je n’avais pas envie pour l’instant de le voir, de le croiser. Non, il fallait que je le fasse. Je pris mon courage à deux mains et me mis à courir après être sortie de la pièce. Je le cherchai de vue, mais je me dis qu’il devait encore être dans sa chambre, n’ayant rien entendu à tout ce raffut. Vite, j’allais du plus vite que je le pouvais, arrivant à la porte de sa chambre, je frappai.

- Astiran ! C’est Diphtil ! Ouvre moi !

J’entendis des pas accourir vers la porte et l’ouvrir. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine lorsque je le vis. J’avais peur mais en même temps heureuse de le revoir.

- Qu’est ce qui se…

Puis, il remarqua le sang qui coulait de mon nez cassé.

- Diphtil ! Tu saignes ! Comment t’es tu fais ça ?! s’exclama-t-il.
- Pas le moment de poser une telle question ! l’arrêtai-je. Vite ! Il faut que tu viennes ! On doit arrêter les deux de se battre, sinon, ils vont se tuer !
- Les deux ? Se tuer ?
- Oui. Naid et le prince Fylip !

Astiran réfléchit trois secondes.

- Il s’attaque déjà à son beau frère ? demanda-t-il.
- Arrête de dire n’importe quoi et dépêche toi !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Isilia
Intuition magique


Féminin
Nombre de messages: 280
Age: 16
Livre ou fic préféré: La fille du monde \o/
Localisation: héhéhé...
Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Isilia, Myrilia
Date d'inscription: 08/06/2007

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Jeu 5 Juil - 14:28

heeeee... (cri du désespoir...)

je l'ai pas encore lu mais il ne faut pas que je le lise tout de suite parce que ça fait environ 11heures que je suis revenue chez moi (et j'ai dormi environ 10h sur ce 11h là...) donc je peux pas, ça ferait trop maniaque... mais c'est dure!!!! Faut que je me retienne silent


Je l'ai lu! J'ai attendu jusqu'à 3h45 quand même avant de le lire donc je me sens même pas coupable!!

Ouah! c'est vraiment super! La bagarre était très bien décrite je trouve Twisted Evil Alors là tu nous laisse dans un moment trop intriguant pour que ce soit amusant Mad Il manque un oeil à Naid?!?! Hein!? C'est quoi ça? haaaaaaaa je vais virée folle!!!!
Fylip c'est un salo...pauvre Diphtil...

T'es vraiment douée pour le suspense... J'attends la suite avec impatience (houhou, ça rime ^^)

_________________
venez voir mon blog, je suis certaine que vous allez l'aimer!
www.isilia.skyrock.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.isilia.skyrock.com
Picpique
Herbologue


Masculin
Nombre de messages: 603
Age: 16
Livre ou fic préféré: le royaumes des pierres :P, la fille du monde ^^
Date d'inscription: 17/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Lun 9 Juil - 16:17

vraiment supeerrrrrrrrrrrrr!!!!!! cheers cheers ^^
.... argh j'ai hate de lire la suite
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Dim 15 Juil - 10:33

niark ! Reine du suspens ! Suis sadique quand j'y pense (tant mieux ! What a Face ) La suite ne va pas tarder ! ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
ludofloria
Ami des bêtes


Masculin
Nombre de messages: 153
Age: 15
Livre ou fic préféré: Lvre : La roue du Temps ; Fic : Le royaume des pierre
Localisation: Toujours derrière un Ordinateurs, et suad je n'y suis pas, dedans :D
Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Bah, toujours Ludofloria
Date d'inscription: 18/08/2007

MessageSujet: Re: Chapitre 27 [Recherches et découvertes]   Mar 28 Aoû - 16:33

[Post de remise en ordres des chapitres.]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.teamfr.com/aidepourvous
 

Chapitre 27 [Recherches et découvertes]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fics à Ielenna :: La Fille du Monde :: L'histoire de la Fille du Monde :: L'histoire en elle-même-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet