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 Chapitre 25 [troisième journée à Ephyr]

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Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
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MessageSujet: Chapitre 25 [troisième journée à Ephyr]   Ven 8 Juin - 19:12

Chapitre 25



Partie 1

Environ cinq heures du matin, enfin, c'était l'heure que je présentais... Malgré mes courtes heures de sommeil, je n'arrivais malheureusement pas à le retrouver, et, dans le lit, je commençais à m'énerver, à me retourner sans cesse. Je détestais rester plantée ainsi. De temps en temps, j'entendais un grognement qui venait du côté d'Astiran : celui-ci devait être sûrement en train de rêver, mais ce qui était sûr, c'est qu'il avait le sommeil profond, car, mes mouvements et soupirs incessants ne l'avaient à aucun moment réveillé. Une véritable marmotte... Tant mieux, d'ailleurs. Lorsque j'entendis les oiseaux qui commençaient à chanter, j'en eus véritablement marre. Alors, je me levai du lit, m'étirai un peu et m'habillai. Puis, je quittai la pièce après un dernier regard tendre destiné à Astiran, qui dormait toujours. Qu'allais-je donc faire à présent...? Naid et Yasalyn étaient certainement en train de dormir profondément tous les deux également, et il faisait encore trop froid et trop noir dehors pour que je puisse aller m'y promener. Alors, je décidai d'aller entreprendre ma petite visite du château, seule. Celui-ci était tellement grand, je n'y connaissais rien dedans. Néanmoins, il restai un véritable dédale ! Au bout de quelques minutes, je perdis rapidement mes repères, mais cela ne signifiait pas que je m'inquiétai, bien au contraire, me perdre dans un labyrinthe aussi grand m'excitait. Je passai vite fait devant le grand tableau représentant Yasalyn étant petite, toujours cette même question concernant le passé de celle-ci dans la tête. C'est au bout d'un gigantesque couloir aux colonnes de marbre que je fus irrésistiblement attirée par une porte de bois immense, des fresques gravées dessus. Lentement, je m'y approchai et posa ma main sur la poignée grosse comme ma tête. Je déglutis, hésitant à l'ouvrir, désirant absolument découvrir le mystère qu'elle cachait. Et si c'était une pièce privée, que l'on m'interdit d'entrer... Prenant une dernière respiration, je me risquai alors à pousser la porte de toutes mes forces, à bout de bras, dans un bruit sourd. Ce que je vis m'ébahit à un tel point que j'eus du mal à reprendre normalement ma respiration.
Devant moi, sur des étages et des étages, une pièce démesurément grande, remplie que de livres, tous rangés dans des bibliothèques qui mesuraient deux fois ma taille. Je n’essayai même pas de m’imaginer le nombre de livres qui étaient présents ici, cela me donna mal à la tête. Je m’avançai lentement dans la salle, pas encore totalement éclairée, l’aube se levai à peine. J’en connais un qui serait devenu fou en venant ici : Astiran adorait lire par-dessus tout. Moi aussi d’ailleurs, la lecture ne me déplaisait pas. Il y avait sûrement ici des livres relatant des légendes ou des histoires fantastiques. Mais, je ne savais pas par où commencer. D’un rapide regard, j’examinai la tranche des livres du premier rayon. Plusieurs d’entre eux, à la tranche bleue marine aux bords dorés, m’attirèrent particulièrement. Il devait faire tous parti d’une même collection de livres, et alignés ainsi, il devait y en avoir une bonne dizaine. Curieuse, je pris le premier d’une main adroite et observa la couverture, avec des symboles bizarres gravés sur le cuir bleu. J’ouvris la première page. Pas de titre. Etrange. Je feuilletai alors, et là, ce fut encore plus surprenant : le livre était parfaitement vierge. Et c’était le cas pour les autres livres identiques. Mais, j’avais une idée du pourquoi. Il existait, dans ce monde, des livres dont l’accès est réservé aux magiciens de haut niveau qui réussissent à faire apparaître les mots sur ces pages. J’en conclus donc que c’étaient des livres très importants, et qu’il valait mieux pas y toucher. Alors, je continuai mon exploration à travers les différents rayonnages de bibliothèques. Quelques fois, je feuilletai un livre qui me tombait sous la main, pour voir de quoi il s’agissait. Je commençai à monter au deuxième étage, voir un peu quel était le genre de livre là haut. Mais, il y avait là une grande table au milieu des rayons de livres, et dessus, un épais bouquin à la couverture rouge et bordé d’or. Il était vraiment beau vu d’extérieur, et il m’intrigua fortement. Petit à petit, je m’approchai et ouvris le livre. Mais, c’était vraiment étrange, il n’y avait pas d’écriture, mais une image d’une pièce sombre, si réaliste que l’on aurait cru qu’on y était. Tout à coup, je vis une silhouette apparaître dans l’image. Une représentation vivante ! C’était un puissant sort que l’on jetait aux livres pour voir des gens à travers leurs pages. Je tremblais lorsque je vis la silhouette se découper : il s’agissait d’une femme à la peau blanche, aux longs cheveux noirs et à la robe également noire de jais aux manches très étendues. Elle portait énormément d’ornements dans ses cheveux, autour de son cou et sur ses bras. Mais, le plus effrayant étaient ses deux yeux rouges comme du sang.

- Diphtil…entendis-je chuchoter.

Je me retournai brusquement, croyant que quelqu’un m’avait appelée, mais il n’y avait personne. Je ne pus m’empêcher alors de trembler.

- Diphtil… se répéta la voix.

Cet appel venait…du livre ! En plus d’être animé, je pouvais écouter la personne ! Ce livre était vraiment trop dangereux ! J’essayai de le refermer mais mes mains refusaient d’obéir. Il n’y avait rien à faire. Mon regard effrayé était fixé sur le livre.

- N’aie pas peur…me dit la femme…notre rencontre est inéluctable, elle arrivera bientôt…
- Qui êtes vous ? parvins-je à dire.

Elle ne répondit pas et commença un autre sujet.

- Je n’ai que peu de temps…prend soin d’Astiran et Naid…prend soin d’eux…
- Comment les connaissez-vous ? Que connaissez-vous ?
- …
- Qui êtes vous ?!

Elle détourna la tête.

- Je m’appelle Yûni…mais ne t’inquiète pas, nous nous verrons bientôt…
- Qui êtes vous vraiment ?! commençai-je à m’énerver.

Elle me répondit par un sourire mystérieux du coin des lèvres. Puis, peu à peu, l’image disparut, la femme aussi. Néanmoins, j’avais toujours peur. Que faisait-elle donc dans ce livre, et était-ce elle où quelqu’un d’autre qui avait jeté ce sortilège sur ces deux livres à présent liés par un contact à la fois visuel et auditif. En tout cas, celui qui avait utilisé l’enchantement devait être un magicien très puissant. Enfin, je parvins à refermer le livre, et je le reposai à la place à laquelle je l’avais trouvé, c'est-à-dire sur la table. A présent, tous ces livres me faisaient un peu peur, mais cela ne m’empêcha pas de continuer ma recherche d’une lecture. Au bout d’une bonne heure de flânerie à travers les différents rayons, un livre m’intéressa particulièrement. Il parlait des légendes sur les dieux, et je me dis que cela me serait peut-être utile, car il me permettrait d’apprendre plus de choses sur mes origines divines et sur le passé. Rapidement, je lus la description de chacun des dieux et de leur élément. Les images construites par les mots les résumaient tellement bien, d’un côté, à présent, je connaissais les dieux car je les fréquentais, étant donné que j’étais moi-même une déesse. Toute la description de Pitrir, le dieu de la terre, je la lus en souriant. Astiran ressemblait tant à son ancêtre divin, avec ces phrases, on aurait limite cru que l’on parlait d’Astiran lui-même, et non pas du dieu. Mais, dans un des nombreux chapitres que comportait le livre, je fus particulièrement intéressé par celui de la « prophétie ». Il parlait de plusieurs paroles des dieux aux hommes, dites il y a fort longtemps, lorsque la guerre entre Neltiads et Humains n’avait pas encore éclaté. Elles annonçaient l’arrivée d’une nouvelle déité sur terre, qui surpasserait les autres, ses frères et sœurs, et peut-être même Dorina, la déesse des dieux. Mais, son arrivée sera synonyme de décadence dans ce monde, car, ça sera elle, cette divinité, qui fera re-régner la paix et l’harmonie sur cette terre. Un poids sembla soudainement peser sur mes épaules. A présent, j’avais une nouvelle « obligation » : arrêter la guerre des peuples. Seule, je savais que je n’y arriverai pas. Mais, je savais qu’Astiran et Naid feraient de leur possible pour m’aider, surtout Astiran, étant donné qu’il possède les pouvoirs de la terre. Franchement, je n’avais aucune idée de comment m’y prendre. Mais, j’avais encore le temps d’y réfléchir, car je n’avais toujours pas l’intégralité de mes pouvoirs divins, ça pouvait encore attendre.
Le chapitre suivant sur le livre parlait d’une légende que je connaissais déjà, c’était l’une des plus célèbres il fallait dire : celle des sœurs de Wuën et du démon. Mais, quelques éléments de l’histoire avaient été modifiés par rapport à ce que m’avait raconté Naid. Le peuple auquel appartenaient les sœurs Wuën, en l’occurrence, les Neltiads, n’avait pas été précisé. A mon avis, les humains ne voulaient pas avouer que c’étaient des Neltiades qui avaient sauvé leur monde du plus puissant démon qui ait pu errer ici. De plus, il n’y avait pas marqué les dons et pouvoirs qui leur avaient attribué. Par contre, il y avait plus de détails sur les combats des dieux et sur le démon en lui-même. J’étais totalement absorbée par cette histoire, et c’est vrai que sans l’intervention des sœurs, je n’osai pas m’imaginer comment serait le monde à présent. Sûrement le chaos total.
Un bruit me tira du livre et j’y sortis la tête. A ce moment, je vis un chat tigré, qui me fixait de ses yeux jaunes. Il semblait vieux, et j’avais surtout une impression de déjà vu, mais je ne savais plus où. Que faisait donc ce chat dans une bibliothèque ? Son regard se voulait comme insistant tellement il me fixait. Alors, je rangeai le livre à sa place et m’approchai doucement du chat. Il marcha lentement vers un petit passage entre les livres, mais, il me regardai toujours avec insistance. Que voulait-il donc ? J’approchai encore, mais je renonçai à cause de la taille du passage. Néanmoins, je sentais que le chat tenait absolument à ce que je le suive. Alors, avec un petit effort, j’arrivai à passer. C’était un passage caché dans un coin, entre deux bibliothèques, invisible à tout œil. Je continuai à avancer en me baissant, c’était tellement étroit ici. Le couloir ne finissait en cul de sac, mais, il semblait y avoir quelque chose au fond. Le chat avait mis sa patte dessus, comme m’ordonnant de la prendre. En regardant d’un peu plus près, je me rendis compte que c’était un livre. Il semblait chargé de passé, et il était très poussiéreux. Personne n’avait dû y toucher depuis plusieurs années, peut-être même dizaines d’années, qu’en sais-je… Je m’agenouillai donc et pris le livre entre mes mains et soufflai dessus, toute la poussière se dégagea d’un coup, je ne pus m’empêcher d’éternuer. Quand je relevai la tête, je remarquai que le chat n’était plus ici, mon éternuement avait certainement dû le faire fuir. La poussière n’était pas encore totalement enlevée sur la couverture verte foncée du livre, d’ailleurs, on pouvait y distinguer la trace de la patte du félin. Lentement, j’ouvris l’épais volume, et les pages me dévoilèrent son secret. Enfin…façon de dire ! Ce n’était qu’un livre de soins aux blessures magiques. Pétrification, malédictions en tout genre et beaucoup d’autres choses. Mais, une page semblait avoir été plus utilisée que les autres, car elle s’ouvrait toujours. Alors, je me résignai à la lire. Elle parlait de l’hypnose et de ses effets secondaires, notamment de violentes fièvres et migraines. Il y avait une drôle de trace sous le traitement, comme le tracé d’un petit doigt sale qui tout en lisant avait parcouru la feuille. Quel mystère renfermait donc ce livre ?

- Diphtil ?! Tu es ici ? entendis-je.

Alarmée, je fermai brusquement le livre, dégageant une quantité considérable de poussière, j’éternuai une seconde fois.

- J’arrive ! lançai-je.

Alors, je reposai le livre où je l’avais trouvé, et sortit du passage. Essayant de frotter ma robe couverte de poussière, je m’avançai jusqu’à la rambarde de la mezzanine et m’y penchai. C’était Naid, l’œil vif et le sourire aux lèvres.

- Naid ! Que viens-tu faire ici ? lui demandai-je surprise, tout en descendant les escaliers.
- Je suis matinal, cela fait même plusieurs heures que je suis debout…me répondit-il naturellement. Et toi donc ? Tu es recouverte sous la poussière !
- Oh…un vieux livre qui est tombé à mes pieds du haut d’une bibliothèque…mentis-je. Cela a produit un énorme nuage de poussière, mais bon…tant pis.
- Je vois…

Il tourna sur lui-même en examinant la pièce.

- Décidemment, cette pièce me fascinera toujours…murmura-t-il.
- Tu connaissais déjà la bibliothèque ? lui demandai-je.
- Oui, bien sûr, j’y suis allé hier matin également, très tôt. A présent, j’ai acquis cette habitude, mais comme on dit, le futur appartient à ceux qui se lèvent tôt.

Je souris.

- Ca, c’est sûr…
- Viens, Diphtil. On va dans la salle principale, les autres se lèveront bientôt à mon avis.
- D’accord.

Je soupirai, un peu déçue de devoir quitter les mystères des livres de cette immense bibliothèque, ce qui était certain, c’est que j’y reviendrai plus tard.
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MessageSujet: Re: Chapitre 25 [troisième journée à Ephyr]   Ven 8 Juin - 19:13

Partie 2



Beaucoup plus tard dans la matinée, nous étions tous sortis au dehors du château. Le roi Théorald désirait, paraîtrait-il, nous montrer quelque chose d’incontournable dans la cité de Naralir. Nous l’avons donc tous suivi avec plaisir. La reine et le prince nous avaient également accompagnés. Mais, nous nous étions cachés dans des capes, les gens ne devaient ni reconnaître des Neltiads, ni la famille royale.

- Je me demande bien où on nous emmène…se dit Astiran.
- Dans le coin pommé du monde ! fit semblant de se lamenter Yasalyn.
- Comme si on n’en avait pas traversé assez…remarqua Naid.
- Vous allez arrêter de vous plaindre ! riais-je. Vous êtes de véritables gamins !
- Peut-être ! s’exclama Astiran d’un ton joyeux.
- Mais pour répondre à ta question, Astiran, je crois avoir mon idée. Si c’est ce que je pense, alors… En tout cas, ça se voit depuis la falaise.
- Tu me dis la mer, je t’y coule Naid ! dit Yasalyn.

Nous continuâmes de marcher à travers la ville. Les gens étaient debout depuis longtemps. D’ailleurs, aujourd’hui, c’était jour de marché. Cela était encore plus impressionnant qu’à Neruda. Mais la cité était beaucoup plus grande, cela s’expliquait donc. Au bout d’une dizaine de minutes plus tard, nous arrivâmes devant un immense bâtiment, dont les deux grandes tours rectangulaires tournées vers l’est, c'est-à-dire vers la mer, touchait presque les nuages. Je sentis une drôle de sensation parcourir mon corps, un frisson que je connaissais bien. Celui que j’avais ressenti la première fois que je suis allée à Désegipsien. Alors, ce bâtiment était… ? Le roi s’avança vers l’imposante porte en bois et frappa violemment son poing contre le bois verni.

- Qui est ce donc ? s’exclama une voix grave. Je croyais avoir prévenu que nous ne recevions pas de visiteurs aujourd’hui.
- Mon brave ami, c’est Théorald qui vient à ta rencontre ! lança le roi d’une voix joviale.
- Ah oui ! Pardonnez-moi ! Je vous ouvre tout de suite !

Après un cliquetis sonore, le gigantesque porte se mit à remuer et s’ouvrit. A l’embrasure, une figure apparut. C’était celle d’un homme assez âgé, le visage un peu ridé, et la tonsure grise de moine sur son crâne dégarni.

- Ah ! Mon cher ami ! s’exclama-t-il en voyant le roi. Cela fait si longtemps que je ne vous ai pas vu ! Cela me rend si heureux !
- Moi aussi, Unau, mais, je préfère que nous fassions nos retrouvailles à l’intérieur, si cela ne te dérange pas.
- Pas le moins du monde, par Pitrir ! Entrez donc !

Le roi pénétra en premier, suivi de sa femme et de son fils. J’entrai à sa suite, et je fus saisi par l’intérieur du bâtiment. Je ne m’étais pas trompée. Il s’agissait bien d’une cathédrale… Les rosaces frappaient à vue d’œil. Elles étaient deux fois plus grandes que celles de l’église de Désegipsien. Sur les vitraux étaient représentées des scènes divines, des légendes, dont certaines que j’avais lu dans le livre que je venais de parcourir. Le plafond était encore plus haut, alors, ayant subitement le vertige, je préférai regarder vers le bas. J’arrivai à voir mon reflet dans les dalles de carrelage de marbre blanc. Sur les côtés, derrière les colonnes et sous les vitraux siégeaient plusieurs statues. Mais ici, il n’y avait personne, pas un rat, pas un bruit, à part nos pas.

- Bienvenue dans la cathédrale de Naralir ! lança le bonhomme tandis que nous retirions nos capuches. Je me présente : Unau de Remathir, principal prêtre de ce merveilleux monument.
- Merveilleux ! C’est bien le mot ! s’exclama Astiran.
- Ce n’est pas assez, je trouve, ajouta le prince Fylip.
- Et qui ai-je l’honneur d’accueillir en ce lieu ? demanda Unau en frappant dans ses mains et nous regardant.
- Je vais te les présenter, dit Théorald.

Il s’approcha de nous et posa sa main sur l’épaule de Naid.

- Voici Naid, déclara-t-il.
- Enchanté de vous connaître, dit le concerné en s’inclinant.
- Heureux de voir un Neltiad parmi nous, répondit sincèrement l’homme.
- Ce jeune homme, c’est Astiran, continua Théorald en désignant Astiran. Quant à cette belle jeune fille, il s’agit de ma fille.

Unau s’approcha de Yasalyn.

- Tu l’as donc enfin retrouvé ! s’exclama-t-il. Cela me rend si heureux ! Tellement de temps que l’on ne s’est pas vus, Yasalyn.
- On se connaît ? demanda Yasalyn, la mine renfrognée.
- Voyons Yasalyn, dit Théorald, lorsque tu es une enfant, c’est Unau qui était chargé de ton éducation. Il s’est tellement occupé de toi durant de nombreuses années que vous étiez inséparables. Désolé mon ami – il se tourna vers Unau – mais elle a perdu une grosse partie de sa mémoire durant son enfance.
- Cela ne fait rien…répondit le prêtre, un reflet de déception dans ses yeux. Mais, qui est donc cette dernière demoiselle si jolie ?

Il me désigna. Théorald vint alors vers moi.

- J’ai gardé le meilleur pour la fin ! déclara-t-il.
- Meilleur ?
- Voici Diphtil, continua-t-il, la cinquième déesse.

Le pauvre homme se mit à pâlir.

- Théorald, ne me…
- Je te dis que c’est la vérité, Unau, dit Théorald. Si tu ne le crois pas, voici une preuve. Diphtil, pourriez vous remonter votre frange, s’il vous plait ?

Je fis alors ce qu’il me demanda, de deux doigts, j’écartai délicatement mes cheveux, laissant apparaître sur mon front le symbole des dieux. Un éclair de surprise et de peur passa dans les yeux noirs du prêtre. Alors, soudainement, il se mit à genoux devant moi. Cela me rappela ma rencontre avec Sarïn.

- Ex…excusez-moi, ma déesse, bégaya-t-il en tremblant, d’avoir pu douter de votre identité. Je suis votre serviteur pour l’éternité, et je vous implore.

Un peu gênée, tous les autres ayant portés leur regard sur moi, je me mis à rougir.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, lui répondis-je. Je vous pardonne. Relevez-vous, votre place n’est pas à mes pieds.

Il se leva alors, un peu chamboulée.

- Votre divine déesse est si clémente…murmura-t-il.
- Calme-toi un peu, Unau, dit Théorald en posant sa main chaleureuse sur l’épaule du prêtre. Fais nous plutôt visiter cette merveille.
- Bien sûr ! Suivez-moi !

Il commença donc à marcher, cela me rappelait la démarche de certaines bêtes animalières, que j’avais découvert dans des livres de biologie, vivant sur les terres froides, en groupe, une sorte d’oiseau qui nage. Le prêtre nous guida jusqu’au devant d’une des statues, je la reconnus, mais, ce n’était pas le même que celle de Désegipsien. C’était une femme qui désignait le ciel de son doigt, l’autre main tenait quelque chose venant de cordelette attachée autour de son cou. Sa coiffure ressemblait à celle de Yasalyn, et son visage semblait toujours joyeux, mais intelligent.

- Tiama…murmura Naid.
- C’est exact, répondit le prêtre. Déesse de l’air, et protectrice des Neltiads. D’après les légendes, c’est la déesse la plus pacifiste, sans compter sa mère, la grande Dorina, bien sûr…
- Et que tient-elle dans sa main, si fermement ? demanda Astiran.
- Personne ne le sait, continua Unau.
- Je le sais…moi, chuchotai-je.

De nouveau, ils se retournèrent tous vers moi. Alors, avec mes mains je cherchai le fil de cuir autour de mon cou et l’enleva. Le pendentif d’ivoire en forme de fleur de lys y était suspendu. C’était Elaeis qui me l’avait donné, mais il avait certainement été transmis sur des dizaines de générations depuis Tiama, et maintenant, il m’était parvenu.

- Voici, dis-je en montrant le pendentif à Unau.

Il n’osa même pas le toucher comme si c’était un sacrilège de commettre ce geste.

- Vous êtes véritablement la déesse…murmura-t-il, il n’y a aucun doute là-dessus.

Puis, nous passâmes devant les autres statues divines, celles de Laifardi, d’Amalia et celle de Pitrir. En comparant le visage de la statue à l’effigie du dieu de la terre et celui d’Astiran, la ressemblance était flagrante, mais, seuls moi et Naid, à présent au courant du secret, le remarquions. Les mêmes courbes du visage, la même formes d’yeux, un nez identique, franchement, on ne pouvait se tromper. Quant à la statue de Dorina, elle siégeait au milieu du chœur, au milieu de la lumière provenant des vitraux.

- Bientôt, ma déesse, dit le prêtre en se tournant vers moi, il faudra édifier une statue à votre effigie.
- Oh ! Ce n’est pas obligatoire, vous savez !
- J’y tiens ! répondit-il.

Je me mis à rougir fortement. Je voyais mal une statue de moi au milieu d’une église, pour tout dire. Nous fixâmes tous la grande statue de la déesse en silence. Puis, Théorald frappa dans ses mains.

- Bon, les enfants, il est temps de rentrer au château, déclara-t-il. Je voulais simplement vous montrer l’intérieur de ce monument si merveilleux.
- Vos visites seront toujours grandement appréciées, mon cher hôte ! dit le prêtre. Passez une bonne journée.

Alors, nous avançâmes vers la porte, mais, la reine se retourna.

- Fylip ? Tu ne nous suis pas ? demanda-t-elle à son fils, resté immobile devant la statue.
- Non, mère…répondit celui-ci. Je…je vais rester ici encore un moment, si cela ne vous dérange pas.
- Si tu le désires…

Puis, nous sortîmes de la cathédrale. Le prêtre Unau, intrigué, s’approcha du prince.

- Comment vous portez-vous, votre majesté ?
- Pas très bien, à vrai dire, mon père… répondit-il en regardant ses pieds.
- Qu’avez-vous donc sur le cœur ? demanda le prêtre.
- Beaucoup trop de choses, à vrai dire. Mais, il n’est pas temps aux confidences, pardonnez-moi mon père…

Il leva son regard vers la statue.

- Oui…pardonnez-moi…



Tranquillement, j’étais allongée sur mon lit. Je profitais de ma dernière après midi avant de partir sous la mer et de découvrir beaucoup de choses qui, certainement, bouleverseraient toute ma vie. Dans ma main, je tenais le pendentif si précieux, et sur la table de chevet, la lettre d’Elaeis gisait. Je l’avais relue des dizaines de fois, pour bien être certaine de suivre toutes les recommandations. Seul la dernière phrase m’intriguait. J’avais beau la relire, je ne la comprenais pas. Puis, j’entendis un rire au dehors. Un sourire s’élargit sur mes lèvres pourpres et je me levais lentement, m’avançant vers la fenêtre qui donnait sur les jardins. Dehors, Astiran et Naid s’amusaient à se combattre tous les deux à l’épée, Naid ayant échangé son bâton par une lame. Même si mon frère avait nettement l’avantage, les progrès chez Astiran se remarquaient. Il se débrouillait très bien, mais contre Naid, il n’avait que peu de chances de gagner. D’abord, il maniait remarquablement bien l’épée, et puis, il esquivait merveilleusement bien également. Comment pouvait-il avoir autant de réflexes ? Presque personne n’en serait autant capable… Qu’est ce que j’étais fière de mon frère. Néanmoins, une de ces paroles de la veille m’avait saisie…

« Mentalement…je suis déjà mort depuis longtemps… »

Que voulait-il donc dire par là ? Cela m’avait fait si peur quand il avait prononcé ces mots. Pourquoi disait-il cela…pourquoi… ? Trop de questions se chamboulaient dans ma tête à son propos. Puis, je me décidai à rejoindre les garçons en bas, alors, je sortis de ma chambre et du château pour aller jusqu’aux jardins. Ils continuaient à se battre en riant, ils semblaient bien s’amuser. Quand ils me virent, ils arrêtèrent leurs épées.

- Diphtil ! s’exclama Astiran. Que viens-tu faire ici ?
- Sûrement mater les beaux hommes que nous sommes ! ajouta Naid en riant.
- C’est à peu près cela ! ris-je, en jouant le jeu.
- Viens donc te tester à l’épée ! dit Astiran. On va voir si tu as autant de force et d’agilité dans tes bras que pour ta langue…euh…oublie ce que j’ai dit !

A vrai dire, je venais de lui lancer le regard le plus noir que je pouvais lui faire, pendant que Naid riait toujours. Puis, Astiran plaça l’épée dans mes mains. Qu’est ce que ça pouvait peser un tel objet ! Mais, je m’y habituai, et réussi à la porter d’une seule main.

- Prête ? me demanda Naid.
- Attends ! Tu es fou ! Je ne vais jamais pouvoir manier un tel engin !
- Ne t’inquiète pas, j’y vais doucement.

Alors, il m’envoya un coup lent, que je réussis à parer.

- Bah, tu vois ! déclara-t-il. Ce n’est pas si difficile !
- Oui, mais bon…ce n’est pas facile non plus ! m’exclamai-je.
- Je vais t’aider, dit Astiran.

Alors, il se mit derrière moi et m’aida à porter l’épée, qui tout à coup me parut beaucoup moins lourde. Puis, il guida mes mains et mes mouvements, qui me parurent tellement plus simples. Puis, plus tard, épuisée et m’étant bien amusée, je décidai de faire une pause. Mais, cela ne semblait pas être l’avis d’Astiran et de Naid, qui, après un regard complice entre eux deux, se jetèrent sur moi et m’assaillirent de chatouilles. Puis, ils me firent tomber dans l’herbe, sans arrêter.

- Arrêtez !! Arrêtez !! criai-je à moitié morte de rire.
- Pas de pitié contre les feignasses !
- Suis pas une feignasse !
- Oh…je n’en suis pas sûr…dit Naid en souriant.
- Hé ! Qu’est qu’il se fasse ici ? demanda une voix au ton assez fort.

Nous relevâmes la tête, et vîmes Yasalyn.

- Tiens Yasalyn ! s’exclama Astiran. Ca faisait longtemps !
- N’est ce pas ? répondit-elle ironiquement.
- Tu viens nous joindre à nous ? demanda Naid.
- Non…merci…

Puis, elle partit, mais je voyais dans ses yeux que ça n’allait pas. Je demandai aux garçons de me lâcher et je m’élançai à sa poursuite. Arrivée jusqu’à elle, je lui attrapai l’épaule.

- Yasalyn ? Ca va ?

Je n’eus pas le temps de dire autre chose, qu’elle chuta du côté d’où j’avais agrippé son épaule, et tomba au sol, évanouie. Apeurée, je criai l’aide d’Astiran et Naid, qui vinrent à mon appel.

- Qu’est ce qu’il s’est passé ? demanda Astiran, tandis que Naid alla s’agenouiller auprès d’elle.
- Je ne sais pas, elle est tombée subitement, répondis-je.
- Son front est brûlant, constata Naid. Elle respire trop rapidement, et son pouls est trop rapide également.
- Maladie sûrement…supposa Astiran.
- Non…je ne crois pas…cela à plutôt l’air d’être l’œuvre d’une magie psychique. Quelqu’un essaie de pénétrer les défenses de son esprit, alors, elle résiste comme elle peut et elle y arrive, mais le corps n’arrive plus à supporter.
- Comment sais-tu cela ? demandai-je. Tu t’y connais en magie ?
- Elle allait parfaitement bien ce matin, une maladie est progressive, je l’aurais su si c’était le cas. Et puis, j’ai quelques connaissances magiques, oui…Astiran, aide-moi à la porter jusqu’à sa chambre.

Alors, ils prirent Yasalyn et allèrent la porter dans sa chambre. Quelqu’un essayait d’affaiblir Yasalyn ? Quelqu’un qui savait très bien se servir de la magie. Quoi qu’il en soit, nous avions un ennemi.
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Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 25 [troisième journée à Ephyr]   Ven 8 Juin - 19:14

Partie 3



Le soir venu, je terminai les derniers préparatifs avant de partir pour la mer. Je relus encore une fois la lettre, vérifia que le collier était bien attaché autour de mon cou et qu’il ne pourrait pas s’enlever lorsque je serais sous l’eau, ça serait alors la plus catastrophe qu’il pourrait arriver. Puis, quelqu’un frappa à ma porte et entra : il s’agissait d’Astiran et de Naid, tous les deux venus.

- Enfin prête ? demanda Astiran.
- Oui, je crois…répondis-je.
- Bon, tant mieux…
- Mais…quelque chose me retient ici, dis-je à voix basse.
- Quoi donc ? me demanda Naid.
- Je ne sais pas…

Astiran me prit par l’épaule.

- Ne t’inquiète pas, me rassura-t-il, cela ne durera que quelques heures tout au plus, j’attendrais ton retour patiemment sur la plage.
- Merci, dis-je en déposant un doux baiser sur ses lèvres.
- Tu n’as besoin de rien d’autre que le pendentif ? demanda Naid.
- Non, je sais où il faut aller, donc, ça devrait aller.
- Parfait, nous pouvons partir.
- Je te souhaite bonne chance grande sœur…

Je penchai la tête de côté en regardant Naid.

- Tu ne nous accompagne pas ? lui demandai-je.
- Non, je vais rester auprès de Yasalyn. Je suis désolé…
- Ce n’est pas grave, lui répondis-je. Veille bien sur elle.
- D’ailleurs, elle te souhaite bonne chance également, ajouta-t-il.
- Tu la remercieras de ma part, répondis-je en souriant.
- Aucun problème.

Astiran m’entoura la taille de ses épais bras.

- Il faut que l’on y aille ma déesse…me murmura-t-il à l’oreille.
- Oui, je sais… à demain Naid.
- A toi aussi, et encore bonne chance.

Puis, nous sortîmes de la chambre, et dans le couloir, j’adressai un dernier signe de la main à mon frère avant de véritablement partir. Il n’y avait personne dans le château sombre, tout le monde était déjà parti se coucher, il était déjà assez tard. Avec Astiran, nous sortîmes dehors, en direction de la plage.

- Tu penses rester combien de temps sous l’eau ? me demanda-t-il.
- Je n’en ai aucune idée, il faut d’abord comme je trouve cette cité sous-marine. Après, je vais devoir beaucoup parler avec Amalia à mon avis, donc, cela risque de prendre quand même quelque temps.
- D’accord, mais, moi, je serais toujours sur la plage, même si tu arrives dans trois jours.
- Je n’exagèrerai jamais à ce point là !
- Bon, tu me rassures…

Je me tournai vers lui.

- Je ne rends pas compte de ma chance…dis-je. Je vais voir des Ondines…
- Oui, profites-en bien…
- Mais d’un autre côté, cela me fait peur, ajoutai-je. Je n’ai aucune idée de comment d’y prendre.
- Ne t’inquiète pas, ça sera naturel, comme toute rencontre, tu sais…
- Et puis…

Je m’arrêtai et le regardai tendrement au fond de ses yeux marrons si fondants. Pour me rassurer, j’attrapai ses mains chaudes que je caressai de mes pouces.

- …Je ne veux pas être séparer de toi, même si ce n’est que quelques heures…
- Pourquoi donc ? me demanda-t-il, attendri.
- J’ai un mauvais pressentiment comme quoi on n’a pas du tout prévu certaines choses importantes…
- Comme quoi ?
- Je n’ai aucune idée…mais j’ai peur…

Alors, il me prit dans ses bras.

- Tu n’as pas à s’inquiéter, tout va bien se passer, me chuchota-t-il à l’oreille.

Puis, nous continuâmes à marcher jusqu’à la plage, aussi déserte que la veille, mais toujours aussi belle et merveilleuse. La lune décroissait petit à petit, cela se remarquait facilement. Le ciel était partiellement recouvert de nuages cette nuit-là, mais aucun n’osait cacher l’astre nocturne. Je regardai la mer avec effroi et attirance. Il fallait à présent que je retrouve le rocher mentionné dans la lettre que m’avais transmis Elæis. Il n’était difficile à trouver, étant donné qu’il s’agissait du seul rocher de la plage de taille convenable. A sa surface étaient gravées des milliers de runes indéchiffrables, et ce n’était pas ce qui m’occupait le plus mes pensées. Alors, je m’accoudai sur le rocher, retournée vers Astiran.

- Bon…soupirai-je. Il va falloir que je me prépare.

Alors, je commençai à me déshabiller lentement, je n’allais tout de même pas plonger dans l’eau avec une robe ! Je n’avais donc pas d’autre choix que de me dévêtir de tous mes vêtements. Je sentais le regard d’Astiran fixé sur mon corps, j’eus soudain l’impression de l’avoir trop perverti durant ces derniers jours, il allait falloir y remédier rapidement avant que cela ne dégénère encore plus ! Je vérifiai pour la dixième fois que le pendentif était toujours là, autour de cou, et qu’il n’y avait aucun risque qu’il se décroche.

- Aller…viens, me dit-il, je vais t’accompagner jusqu’à l’eau.

Il prit délicatement ma main crispée et m’amena vers l’onde de l’océan. Je tremblais en sentant mes pieds s’enfoncer dans le sable humide et froid. Puis, arrivée au commencement de l’infini, je trempai prudemment mon orteil dans l’eau : elle était si glaciale ! Allais-je vraiment devoir y plonger ? Je soupirai, et me jetai dans les bras d’Astiran qui m’y serra fort, à m’en étouffer, mais cela m’importait peu, j’avais besoin de lui, de son réconfort, de son soutien… : je l’aimais tellement…J’eus énormément de mal à devoir quitter l’abri de son corps, je dus me résigner à me retourner vers la mer après un dernier baiser qui venait du plus profond de mon cœur.

- Je t’aime, ma Diphtil, et je suis avec toi…ne l’oublie pas…
- Jamais je ne pourrais l’oublier…jamais…

Puis, j’avançai dans l’eau glaciale, qui à présent m’arrivai à la taille. J’avais tellement envie d’y sortir, mais je devais le faire. Je ne cessai de le regarder en reculant peu à peu, à présent, l’eau touchait ma poitrine. Je jetai un dernier regard au château, visible, car il siégeait tout en haut de la colline, pensant à mon frère. Puis, je fermai les yeux et respirai un grand coup, avant d’y plonger la tête. Je crus soudainement que j’allais mourir de froid, d’un choc thermique. Après hésitation, j’ouvris les yeux dans l’eau salée, mais cela me piqua horriblement, tant pis pour eux… De plus, comme il faisait nuit, j’avançai un peu à l’aveuglette Ayant poussé de mes mains mes longs cheveux rouges qui me gênait un peu, je me mis à nager vers l’horizon. Depuis petite, j’avais acquis l’aptitude de pouvoir rester assez longtemps naturellement sous l’eau, après, c’était au pendentif qu’il fallait faire confiance pour le reste. Alors, je continuai de nager, devinant la présence de poissons et la distance qui me séparait des côtes. Je n’avais presque plus d’air lorsque je calculai les deux cent mètres, alors, je plongeais vers le fond, vers l’obscurité totale. Alors que j’utilisai mes dernières réserves d’air, je sentis une grosse bulle d’air me frôler et monter jusqu’à la surface. Il y avait donc bien quelque chose en bas… Mais, je n’avais plus d’air dans les poumons, alors, priant pour que le pendentif marche, j’inspirai de l’eau. Malheureusement, le pire se produit : je n’arrivai pas à respirer, essayant de recracher l’eau, mais, je n’avais plus d’air à disposition, et la surface était à présent trop lointaine pour moi. Dans un dernier effort, j’essayai de remonter en levant mes bras, mais, je ne respirai plus, je ne voulais pas me noyer, pas aujourd’hui... Mes yeux se mirent à tourner, tout comme mon esprit, et je perdis connaissance, seule au milieu de l’eau de la mer.
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MessageSujet: Re: Chapitre 25 [troisième journée à Ephyr]   Mar 28 Aoû - 16:32

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Chapitre 25 [troisième journée à Ephyr]

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