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| | | Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] | |
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Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] Dim 20 Mai - 20:18 | |
| Chapitre 24 Partie 1C’est le chant mélodieux d’un oiseau qui m’éveilla, cette douce matinée de fin de mars. Peu m’importait le fait que l’aube s’était levée depuis longtemps, je voulais profiter du fait que je pouvais me reposer tranquille. Alors, me retournant dans mes couvertures, je soupirai, serrant fort ma tête contre mon oreiller. Soudain, je sentis quelque chose me frôler. Cela ne m’étonna pas le moins du monde, étant donné que je savais ce que c’était. Alors, je me retournai une seconde fois en souriant. - Coucou toi, me dit Astiran, qui me regardait. Puis, il replaça une de mes mèches rebelles de cheveux derrière mon oreille. - Tu as bien dormi ? lui demandai-je. - Ouais, surtout avec la nuit que tu m’as fait passer, ma déesse. Je souris en rougissant. Puis, je passai ma main sur son visage serein. - Tu penses que l’on devrait se lever ? lui demandai-je. Les autres doivent nous attendre. - Les autres attendront bien ! me répondit-il en faisant un geste de la main. Je préfère profiter du fait que je suis avec toi, tu ne trouves pas ? - Tu as sûrement raison…dis-je en l’embrassant. Puis, il me prit dans ses bras et je me serrai contre lui, lorsque quelqu’un frappa à la porte. - Hey ! Astiran ! T’es réveillé ? Nous reconnûmes tout de suite la voix de la personne perturbatrice, alors, nous sourîmes. Astiran se leva à contre cœur, s’habilla vite fait, et alla ouvrir la porte. Devant l’embrasure se tenait Naid. - Excuse-moi, tu dormais ? lui demanda mon frère, qui n’avait pas remarqué ma présence. - Non, ne t’inquiète pas, j’allais justement me lever. Qu’y a-t-il donc ? - Je pourrais te parler ? Astiran me jeta un coup d’œil, d’ailleurs, mon frère n’avait toujours pas vu que j’étais là, dans le lit. - Euh…dit Astiran. Laisse-moi juste le temps de finir de me préparer, et j’arrive. Attends-moi devant la porte s’il te plait. - Merci beaucoup, répondit Naid. Je t’attends. Puis, Astiran referma la porte en soupirant. - Ce n’est pas grave j’espère…lui dis-je. - Je n’en ai pas trop l’impression, me répondit-il en se grattant l’arrière de la tête. Bon, je suis désolé, va donc falloir que je te quitte. - Pas grave, lui dis-je en lui lançant un clin d’œil. Puis, il finit de s’habiller, se passa la main dans ses cheveux. Après cela, il s’approcha de moi. - Tu peux rester ici quelques temps si tu le désires, me dit-il. - Et toi ? Quand penses-tu revenir ? - Je ne sais pas, cela dépendra de ton frère. Puis, il m’embrassa tendrement en me caressant la joue. - Aller…j’y vais. Je t’aime. Alors, il sortit de la chambre après m’avoir jeté un dernier regard amoureux. Je souris, à présent laissée seule dans la pièce. Je savais bien que je n’arriverai pas à me rendormir. Je soupirai, puis, je décidai d’aller voir le dehors par la fenêtre. Lentement, je me levais, avec un drap, que j’enroulai autour de moi. Alors, je m’avançais vers la vitre. Aussitôt je regardai au dehors, que je vis le frère de Yasalyn, qui fixait ma fenêtre, qui me fixait. Sous le coup de la surprise, je reculai. Il m’avait sûrement vu. Ce type me faisait peur parfois. Il semblait fourbe, et je n’arrivais à deviner ses intentions. Désormais, je n’osai plus regarder à la fenêtre, car j’avais peur qu’il y soit encore. Alors, je me dirigeai vers la petite table de chevet. J’y avais déposé ma bague d’opale la veille, et également mon collier d’ivoire, je mis tout de suite précieusement autour de mon cou. Je prenais soin de ses bijoux, c’étaient de beaux présents, mais surtout, ils étaient magiques, d’où leur plus grande valeur. Les faisant tourner entre mes doigts, je restai fascinée. Puis, je revins peu à peu à la réalité. Je m’étirai alors, et laissai tomber le drap sur le sol. Je pris mes habits et commença à m’en revêtir. Après cela, prête, je sortis de la chambre. Je marchai dans le couloir, lorsque j’entendis quelqu’un m’interpeller. Alors, je me retournai. - Yasalyn ? - Excuse-moi pour mon départ de la table hier soir…mais…comment dire… Elle réfléchit. - C’était pour une bonne cause… ! finit-elle. Je souris. C’était la première fois que je l’entendais s’excuser auprès de moi et cela me faisait tellement plaisir. - Merci…lui dis-je. Elle écarquilla les yeux, étonnée. - Pourquoi t’excuses-tu auprès de moi ? lui dis-je. Je ne vais pas en avoir contre toi simplement parce que tu t’es levée de table. Elle sourit. - Tant mieux alors. - Tu as bien dormi ? lui demandai-je. - Ca peut aller, me répondit-elle en regardant le vide. Tu n’aurais pas vu Naid par hasard ? Je fis un signe de la main. - Il est parti discuter avec Astiran. Pourquoi ? - Faudrait que je lui dise quelque chose…dit-elle en baissant la voix, comme une pensée prononcée tout haut. - Tu veux que je lui fasse passer un message ? - Inutile, s’empressa-t-elle de répondre, j’ai des pieds et des yeux, je vais le chercher de moi-même. Alors, je haussai les épaules. - Comme tu veux. Puis, sans rien ajouter d’autre, elle partit. Je la regardai en souriant. C’est vrai qu’elle avait énormément changé, et même, à présent, elle demandait à voir Naid. On n’y aurait pas cru quelques jours auparavant, et pourtant, les miracles existent toujours en ce monde… « Mais bordel ! Ou peut-il bien être ?! » Yasalyn regardait à droite à gauche, limite en haut, mais aucune trace de Naid. Ce n’est pas possible, il ne pouvait pas avoir disparu comme ça ! « Calme-toi, tu vas le trouver rapidement…Si ça se trouve… » Elle n’eut pas le temps de finir sa pensée, lorsqu’elle aperçut les deux hommes qui marchaient un peu plus loin. Alors, elle allongea le pas et accéléra sa marche pour arriver jusqu’à lui. - Je te cherchai partout ! commença-t-elle à s’énerver. Tu aurais pû me prévenir d’où tu étais allé ! - Du calme ! dit Naid en gardant son sang froid, et même un sourire. Je parlais juste avec Astiran. - Salut Yasalyn ! s’exclama Astiran. - Salut…bon, Naid. Il me semble que tu tenais « absolument » à me montrer quelque chose, je me trompe ? Naid regarda Astiran. - Euh…non. C’est vrai, je n’ai pas oublié, mais tu étais à moitié endormie quand je t’ai dit ça. Alors bon… - Ok, ça va, j’ai compris, dit-elle. Je vais poiroter encore un peu… - Mais non ! intervint Astiran. Je te le rends, ton Naid. - Mais…commença Naid. Astiran lui donna une tape amicale sur l’épaule. - Bon d’accord, dit-il. Suis-moi Yasalyn. Alors, il l’attrapa par la main et l’entraîna derrière elle. Ils parcoururent les jardins, entrèrent dans le château. Toujours la main dans la sienne, ils gravirent les escaliers. - Où m’emmènes-tu Naid ? demanda-t-elle. - Dans ma chambre, il faut que je te montre quelque chose, répondit-il. Elle ne dit rien d’autre, et se contenta de continuer de le suivre jusqu’à la chambre. Il ouvrit la porte et rentra à l’intérieur. - Tu vas me dire maintenant ce qui se passe ? Il prit soin de fermer la porte puis se retourna vers elle. - Serais-tu prête à me faire plaisir, juste une chose, très simple…dit-il. - Oui, à priori, enfin…ça dépend quoi ! Alors, il s’avança vers la chaise où était posée un vêtement blanc plié, puis il s’approcha de Yasalyn. - J’aimerai que…tu portes cette robe…pour moi. Yasalyn sembla terrifiée. - Moi ?! Porter une robe ?! s’exclama-t-elle en reculant de deux pas. C’est soulever des montagnes que tu me demandes ! Franchement, tu me vois avec une robe ? - J’aimerai te voir avec, effectivement, dit-il calmement, amusé par sa réaction. Elle regardait l’habit comme si celui-ci était une bête terrifiante, ce qui était rare, comme si l’on pensait que Yasalyn n’avait peur de rien. - Hors de question ! Je ne peux pas ! - S’il te plait…supplia-t-il. - Je n’ai presque jamais porté de robe, je… - …pour moi…pria-t-il. Ses yeux semblaient presque étoilés afin qu’il voie son vœu réalisé. Yasalyn hésitait, un nœud dans la gorge. Néanmoins, elle approcha sa main de la robe sous le regard insistant de Naid. Puis, rageusement, elle s’en saisit. Vainqueur, Naid sourit. - C’est bon, t’as gagné ! dit-elle, mécontente d’avoir cédé. T’es content ? - Très ! répondit-il sincèrement, toujours avec son sourire. Yasalyn grogna et alla se changer. Elle était furieuse, mais tout de même, on pouvait sentir le désir de vouloir faire plaisir à Naid par un geste assez simple, enfin…ça dépendait de qui ! Naid restait assis sur le lit, tournant le dos à la jeune femme pour préserver un peu de son intimité tout de même. Il passa sa main sur la surface du lit. Quelle nuit il avait passé…quelle nuit…En pensant à cela, il se souvenait encore de sa peau contre la sienne, de son odeur… C’est la voix de Yasalyn qui le ramena à la réalité. - Bordel ! Comment ça s’enfile ce truc ?! - A l’endroit, normalement…répondit Naid ironiquement. - Très drôle ! Viens m’aider au lieu de te foutre de moi ! Naid déglutit. Néanmoins, il se leva et se tourna vers Yasalyn, à moitié nue. - Déjà tu étais bien partie, constata-t-il, tu n’as pas enfilé ta jambe dans la manche ! - Bon, t’arrête un peu les remarques débiles, et aide-moi un peu ! Naid hocha la tête et se mit derrière elle. Il réussit à lui mettre sa robe, puis il lui serra les lacets de son corsage. - Punaise ! Ca étouffe ce truc ! - C’est fait exprès normalement. - Comment faire crever sa femme en deux minutes…achetez-lui une robe ! Avec ses doigts, il lui attrapa le menton et le tourna vers lui. Son regard était tellement profond que Yasalyn en tremblait presque. - Tu me crois capable de penser à l’idée de te tuer ? lui lança-t-il dans un murmure. Elle resta silencieuse, et essaya de transmettre sa réponse par le lien invisible entre leurs deux regards. Mais, elle décida de la lui dire également. - Non… Alors, ils s’embrassèrent tendrement. Puis, Naid recule de quelques pas et examina Yasalyn de la tête aux pieds. - Elle te va à merveille cette robe ! s’exclama-t-il. - Bon... bah…tant mieux, s’efforce-t-elle de répondre, pas convaincue. - Mais si, je te promets ! Viens te regarder dans la glace si tu ne me crois pas. En lui tenant la main, il la mena jusqu’au grand miroir, et il la laissa regarder son reflet. C’est vrai que Naid ne mentait pas, même elle le disait. N’y croyant presque pas, elle tourna sur elle en continuant de fixer le miroir. - Bon…d’accord, j’avoue, cette robe me va bien… Naid sourit. - Tu vois, dit-il. Si je te le dis, c’est que c’est vrai. Je ne mens que très rarement. Puis, il lui proposa sa main. - Me feriez vous l’honneur d’aller vous promener en ma compagnie, gente demoiselle ? demanda-t-il avec un ton courtois. - Avec plaisir, dès que t’auras arrêté de parler ce ton débile ! dit-elle en souriant et en lui donnant la main. Alors, il se mit à rire et commença à l’emmener avec lui. Ils marchèrent quelques temps, et même sortirent de la ville. Sans le savoir, ils foulaient le même chemin tracé par deux autres personnes la veille. Ils arrivèrent enfin en haut de la falaise et observèrent la magnifique vue de la mer qui s’offrait à leurs yeux.
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 | Sujet: Re: Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] Dim 20 Mai - 20:28 | |
| Partie 2- C’est beau…dit Naid. - T’as déjà vu la mer auparavant ? demanda Yasalyn. - Oui, il y a très longtemps, répondit-il d’une voix qui semblait être ailleurs. J’avais cru rêver. Mais désormais, je sais que ce n’est plus un rêve, je suis avec toi. - Ca, c’est bien vrai…dit-elle en se serrant contre lui. Le silence entre eux deux se fit, mais la mer chantait toujours. - Ca fait déjà combien de temps que l’on s’est vu pour la première fois… ? demanda Naid. - Si je m’en rappelle bien, cela fait déjà sept années… - Sept ?! Autant que ça ? s’étonna-t-il. Hé bah dis donc… - Et ouais…moi non plus je n’arrive pas à y croire, et pourtant… Naid soupira. L’air de l’océan s’engouffra dans ses cheveux noirs et ténébreux, ainsi que dans ceux de Yasalyn, blonds comme du blé. - C’est tout de même étonnant qu’on le souvienne tous les deux de nos rêves en commun, dit-il. Normalement, on ne se souvient pas longtemps de ses rêves. Et puis, il n’y a jamais personne qui fait le même rêve que nous. Et là, pourtant, cela nous est arrivé. - Je pense exactement la même chose… Puis, après avoir longtemps observer la mer, ils se retournèrent vers le champ de colza fleuri. - Tiens ! Je n’avais pas ça depuis le château…remarqua Naid. Petit à petit, un sourire mystérieux éclaira son visage. - Mais…je crois savoir… - Ah bon ? Il se tourna vers elle. - Un miracle…répondit-il dans un murmure. Alors, il approcha son visage du sien, afin de l’embrasser, mais étrangement, Yasalyn recula. Il la regarda, surpris de cette réaction, mais comme réponse, elle lui sourit. - Si tu le veux, viens me chercher ! s’exclama-t-elle. Puis, lâchant la main de Naid, elle se mit à courir à travers le champ. Le jeune homme sourit alors également. - Coquine ! Tu vas voir ! Il s’élança alors derrière elle, à sa poursuite. Ils avançaient dans le champ, sautant par-dessus les plantes parfois trop hautes. Parfois, Yasalyn se retournait, pour voir où était son assaillant. Il n’était, certes, pas bien loin derrière. - Je vais t’avoir ! dit Naid. Alors, elle se mit à rire, heureuse. Mais c’était qu’elle courrait vite la bougresse ! Mais finalement, il réussit à arriver à sa hauteur, et il l’attrapa par la taille, la faisant tournoyer autour de lui. Dans ses bras, elle ri encore davantage. Puis, il la reposa au sol, doucement, et elle s’arrêta de rire. Alors, il reçut la digne récompense de cette épreuve. Puis, après un long regard tendre, Naid s’assit à terre, au milieu du champ de colza et il tira la main de Yasalyn afin qu’elle la rejoigne au sol, ce qu’elle fit. Lentement, il passa son bras autour de ses fines épaules, et elle attrapa la main qui pendait à son extrémité. Ils regardèrent tous les deux en direction de l’infini bleu qui s’étendait devant eux. - Quand je pense que là-dessous, commença Naid en soupirant, au fond de cette eau, il existe une autre civilisation qui nous est presque inconnue. Des merveilles architecturales, des personnes totalement différentes de nous…Ca donne des frissons dans le dos tout de même ! - Bof…soupira Yasalyn en haussant les épaules. Si tu savais combien de peuples différents il existe en fait. On en compte que quatre principaux, mais, la surface de la terre en est peuplée par des dizaines d’autres. Certains sont plutôt hybrides, d’autres, des animaux fantastiques, et puis, d’autres anthropoïdes qui n’ont pas tant de différences avec nous. Mais…très peu ce montrent à nos yeux, ou tout simplement, sont invisibles pour nous. - Et…tu en connais quelqu’un de ses peuples ? demanda Naid. - Bien sûr. Les hippanthropos, les kakégunés, les ophiandros également… C’est ce que l’on m’a appris, mais je n’en ai jamais vu de ma vie, car chaque race est totalement dispersée dans ce monde. Si cela se trouve, ils peuplent des régions encore inexplorées du monde. Naid fronça les sourcils et se gratta la joue. - Tu m’embrouilles un peu avec ses noms compliqués de peuples ! remarqua-t-il. - Pas ma faute ! s’exclama Yasalyn. Ce sont les noms des peuples, c’est tout ! Et je ne peux rien y faire ! - Mais…tu ne pourrais pas développer ces termes afin que je puisse mieux comprendre… ? La jeune femme soupira. - Les hippanthropos sont des hommes chevaux, expliqua-t-elle. Enfin…plus précisément, un corps de cheval, un torse et une tête d’homme. C’est un peuple uniquement sylvestre, ils incarnent toute la sagesse de la forêt. Ils sont les seuls détenteurs de la magie occulte des feuilles. - La magie des feuilles ? demanda Naid qui commençait à se perdre. - Pour eux, chaque arbre possède son propre pouvoir, donc chaque feuille est capable de le délivrer. Par exemple, il paraîtrait que, pour eux, le chêne est l’arbre du temps, et que détenir une feuille de chêne leur donnerait le pouvoir du temps jusqu’à ce que la feuille se déchire ou se dessèche totalement. - Mais…ça leur donnerait un pouvoir absolu ! Il y a des milliers de feuilles ! - Mais les hippanthropos sont très respectueux envers la nature et modèrent leur cueillette de feuille et n’y ont recours qu’en grande nécessité. - D’accord… Un court silence s’installa, juste le temps qu’ils observent la mer encore une fois. - Et…les autres peuples dont tu m’as parlé ? demanda Naid, qui désirait absolument avoir d’autres informations sur les merveilles du monde. - Les kakégunés forment un peuple…que je n’apprécie pas trop, d’après tout ce que l’on m’a raconté sur elles ! continua-t-elle. Ce sont des jeunes femmes immortelles et dotées de jeunesse éternelle. Elle n’apparaîtrait qu’en hiver, sous forme de silhouettes de glace et fonderait au printemps dans les rivières, attendant l’année prochaine. Mais, c’est un peuple dont les hommes doivent grandement se méfier. Les kakégunés sont de grandes séductrices. Les hommes tombant dans leurs pièges ne sont jamais revenus, mais les femmes elles, ne sont aucunement affectées par leur pitoyable magie ! Heureusement que ces bonhommes de neige n’apparaissent que trois mois par année ! Naid se retint de rire en voyant ainsi parler Yasalyn, comme si elle était jalouse que ces créatures utilisent la magie pour berner les hommes. - Quant aux ophiandros, termina-t-elle, ce sont des hybrides, mi-homme, mi-serpent, errant aux confins des montagnes de l’ouest. Mais, ils sont également très dangereux, car ce sont des hypnotiseurs, poussant les personnes les ayant vues à se tuer. Mais, ils n’hypnotiseraient que lorsqu’on les embête, néanmoins, mieux vaut de pas les rencontrer, c’est plus prudent ! Une autre légende raconterait même que les ophiandros n’hypnotiseraient pas les hommes, mais les pétrifieraient en pierre, carrément, même sans les regarder dans les yeux. Il suffirait qu’ils te voient, et après, tu es foutu… - Méchantes ces bébêtes…murmura Naid. - Ce ne sont pas des bébêtes ! s’exclama Yasalyn. Ils forment tout de même un peuple à part entière, ce n’est pas rien ! - C’était une façon de parler, répondit Naid en souriant. - Bon…tant mieux ! Le silence s’installa encore une fois, jusqu’à ce que Yasalyn parle d’une petite voix. - Naid… ? - Oui ? - Tu ne peux pas me défaire les lacets de mon corsage !? Je vais mourir ! De retour au château, Naid et Yasalyn furent étonnés de retrouver le bâtiment désert. Ils nous cherchèrent, dans les chambres, dans les jardins, et un peu partout, jusqu’au moment où ils croisèrent Astiran. - Bah où étiez vous ?! s’exclama Naid. - Ca fait déjà pas mal de temps que l’on vous cherche ! continua Yasalyn. - Ah, en fait, dit Astiran, nous sommes tous dans la salle rouge, c’est pour cela. - Ils donnent de ses noms à leurs salles, eux…murmura Yasalyn. - Bah, c’est pour nous repérer un minimum dans ce château immense ! La salle rouge est une sorte de salon. Vous nous rejoignez ? - Avec plaisir ! répondit Naid. - Je peux d’abord enlever cette robe d’abord ? demanda Yasalyn. Naid la regarda avec un semblant de regard apitoyé, alors la jeune femme soupira. - Ouais, c’est bon, j’ai compris…Je vais la garder encore un peu… Naid sourit. - Merci, dit-il. - Venez, suivez moi, dit Astiran. C’est ce qu’ils firent, et il les mena jusqu’à une grande salle, discrète dans le château, les murs tapissés de rouge, avec de grandes fenêtres, elles également voilées dans des rideaux rouges, et des coussins pourpres étaient disposés dans toute la salle. Tout le monde était là, dont moi, puis le roi, assis sur son trône, la reine, sur un coussin, et le prince, accoudé contre le rebord de la fenêtre. Nous étions en train d’écouter la reine qui jouait harmonieusement de la harpe, c’était une si belle musique. Mais, elle s’arrêta en voyant les autres arriver. - Ah ! Vous voilà enfin ! s’exclama le roi de sa voix toujours joyeuse. Vous avez fait bonne ballade ? - Oui, répondit Naid, nous sommes allés aux falaises. - C’est merveilleux cet endroit, c’est sûr…répondit Fylip sans détacher son regard du dehors. - Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves…murmura Roxane, les yeux fermés, les doigts toujours sur sa harpe. Le silence se fit et tout le monde la regarda fixement, étonnés par cette phrase un peu hors sujet. Malgré cela, la reine, les paupières closes, restait sereine, on aurait dit une statue, au visage calme et sage. Puis, lentement, elle ouvrit ses yeux bleus vers Yasalyn. - Tu ne dois pas t’en souvenir, dit-elle calmement, mais, étant petite, tu jouais de la harpe, et même plutôt bien… - Moi ?! s’étonna Yasalyn. Jouer de la harpe ? Mais…je ne sais plus ! - Ca te dirait d’essayer ? demanda Roxane. Yasalyn semblait hésiter. - Mais, je ne sais plus comment en jouer ! - Je n’en suis pas sûre, continua la reine en détournant un peu la tête. Tente toujours. Alors, elle se leva et s’éloigna de la harpe, laissant Yasalyn au dépourvu. Elle s’approcha prudemment, mais elle avait tout de même peur. - Mais je vais me planter ! s’exclama-t-elle. - Ce n’est pas grave, dit Théorald. Personne ici n’osera se moquer de toi. - Peut être, mais j’aurai quand même honte ! - Essaie quand même… Pas rassurée, Yasalyn s’approcha encore davantage de la harpe, jusqu’à s’asseoir à côté. Puis, elle frôla les cordes avec ses doigts, et en pinça une, faisant retentir une note pure dans la salle. Soudain, les yeux de Yasalyn semblèrent s’éclairer, comme si cette note avait fait retentir en elle de vieux souvenirs. Une seconde fois, elle repinça la corde, et la note se fit à nouveau entendre. - A présent…je me souviens…murmura-t-elle. Puis, elle passa ses doigts sur les cordes un peu plus vite, une mélodie en sortit. Elle ferma les yeux, et commença à jouer, entamant un morceau, et pas comme une débutante, mais plutôt comme quelqu’un qui en avait déjà pratiqué durant des années. Nous demeurâmes tous un peu étonnés, sauf Roxane, qui, comme sa fille, avait les yeux clos, comme si elle se doutait que cela allait se produire. Durant plusieurs minutes, nous écoutâmes jouer harmonieusement Yasalyn, qui semblait être dans un autre monde, en tout cas, elle n’était plus avec nous, sur terre. Naid et Astiran s’assirent à côté de moi sur des coussins, toujours en fixant Yasalyn, ébahis. - Tu savais qu’elle jouait de la harpe ainsi ? demandai-je à Naid. Mais, il ne me répondit pas, totalement absorbé par l’interprétation musicale de la jeune fille. Il vint même à s’allonger de tout son long sur les cousins, et ferma les yeux, afin de mieux apprécier la musique. Puis, je me tournai vers Astiran, qui tripotait nerveusement le coin d’un des oreillers, le regard vide. Quant au prince Fylip, il regardait toujours par la fenêtre, le coude contre le rebord, la tête posée sur la main. Sur son trône, à moitié somnolent, le roi Théorald, bercé par la mélodie, regardait son doigt qui tournait en rond sur son accoudoir. Et la reine Roxane, elle, était toujours assise, totalement immobile, les paupières toujours closes. Au milieu de ce monde de morts vivants, je me sentais un peu intruse, temps qu’à faire, autant faire comme eux, mais, la musique était tellement belle que je n’arrivai pas à penser à autre chose. Néanmoins, je n’arrivai pas à résister à l’appel des oreillers, et je m’allongeai près de mon frère, puis, tout comme lui, je fermai mes yeux. |
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 | Sujet: Re: Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] Dim 20 Mai - 20:30 | |
| Partie 3Lorsque je rendis compte qu’en fait je dormais et que la harpe ne se faisait plus entendre, je me réveillai en sursaut. Mais, je n’étais plus dans la salle rouge, installée dans mon lit, dans ma chambre. D’ailleurs, il n’y avait personne, ni Astiran, ni Naid, ni personne d’autre. Assise sur mon lit, le front en sueur, je soupirai. Alors, je passai ma main sur mon front afin d’enlever toutes les gouttelettes de sueur qui y perlaient. Je ne savais pas quelle heure il pouvait être, en tout cas, il faisait nuit au dehors. Mince ! J’avais dû rater le dîner ! D’ailleurs, ils devaient sûrement y être ! Rapidement, je me levai du lit, allai me passer un peu d’eau sur la figure pour me rafraîchir. Puis, je pris la brosse et essayai de remettre mes cheveux correctement, car ils étaient tout emmêlés, étant donné que je venais de dormir. Après avoir rangé la brosse dans un des tiroirs de ma table de chevet, je me dirigeai à toute allure vers la porte. Mais à ce même moment, celle-ci s’ouvrit, et je tombais nez à nez avec Naid, une assiette dans les mains. - Hey ! Tu es enfin réveillée ! me dit-il. - Je suis sincèrement désolée ! Je me suis endormie pendant que Yasalyn jouait, elle a dû m’en vouloir ! Et puis, j’ai dû rater l’heure du repas ! - Effectivement…répondit-il. C’est pour cette raison que je t’apporte ceci. Il me montra l’assiette remplie de nourriture et un verre d’eau. - C’est gentil ça…dis-je. Viens, entre. Je lui laissai le passage et fermai la porte derrière lui. Alors, il déposa mon repas et le verre sur la table et s’assit sur le lit. - Qu’est ce que c’est ? lui demandai-je en désignant l’assiette. - Du rôti de veau avec quelques légumes, rien de plus…me répondit-il en haussant les épaules. Je ne savais pas si tu allais avoir faim. - Merci beaucoup ! Mais c’est vrai que je ne suis pas si affamée que ça. Ce que tu m’as apporté me suffira amplement. Il me sourit alors. - Alors…comme ça, tu as réussi à t’endormir avec un si beau morceau…me dit-il. - Je suis vraiment désolée !! Il faudra que j’aille m’excuser auprès de Yasalyn et…commençai-je à m’exciter. - Ne t’inquiète pas pour ça…m’interrompit-il calmement. Elle n’a rien remarqué, je crois. Elle était tellement sous le choc du fait qu’au bout de plusieurs années elle savait encore jouer de la harpe. Moi et Astiran t’avons donc porté jusqu’à ta chambre et t’avons déposé sur le lit. Mais, tu n’avais pas l’air bien… - Ah bon ? demandai-je. Comment ça ? Il fit une petite pause, le temps de soupirer. - Tu transpirais énormément, tu respirais bruyamment et tu bougeais beaucoup. Nous étions inquiets. Je suis resté un instant dans la chambre avec toi, pour te rafraîchir un peu le front, tellement tu étais brûlante. Alors, à ce moment là, tu as commencé à me parler, sans endormie. - Hein ? dis-je de plus en plus étonnée, entre deux fourchettes. - Tu m’as dit que tu t’inquiétais pour moi… En entendant ces mots, je faillis m’étouffer avec un morceau de viande que j’avais avalé de travers. - D’accord…murmurai-je, un peu honteuse. - Mais, ne t’inquiète pas pour ça…tu n’as pas à t’en faire. De toute façon, tu n’as pas trop de soucis à te faire me concernant. - Je n’en sais rien, tu ne me racontes jamais rien… Il resta silencieux, car je ne n’avais pas tort. - Tu as raison, dit-il, je devrai plus me confier à toi. Prenant mon temps, je finis mon assiette, puis, je le regardai. - Ca te dirai d’aller faire un tour dehors ? lui proposai-je. Histoire de passer un peu de temps tous les deux, entre frère et sœur. - J’allais te proposer la même chose…Tu lis dans mes pensées…grande sœur ! Je souris et finis mon verre d’eau d’une rapide gorgée, avant de me lever de ma chaise. Lui également se dégagea du lit et me prit par l’épaule, me menant vers la porte, que l’on ferma à clef. - Ca fait longtemps que nous n’avons pas été seuls tous les deux…dit-il sur le chemin. - C’est vrai ça…mais, où m’emmènes-tu donc ? Alors, il se tourna vers moi. - La plage est un lieu idéal pour les confessions fraternelles, non ? Mes yeux brillèrent, émerveillés. La plage…je n’y étais pas encore allé, mais j’aurai voulu. De plus, lors d’une nuit étoilée, la lune gibbeuse se levant à l’est, horizon de la mer, cela devait sûrement peindre une scène de rêve. Nous continuâmes donc à avancer jusqu’aux abords de la ville, où nous passâmes près du port, les marins quittant leurs navires sur lesquels ils avaient navigués toute la journée. Néanmoins, les endroits n’étaient tout de même très fréquentables. Pour cette raison, Naid avait entouré son bras autour de mes épaules, me serrant contre lui. Naralir la nuit n’était pas la même cité que le jour. Lors de la présence du Soleil s’entreposent commerçants et troubadours, alors que la Lune veillait de jeunes femmes attendant contre le mur qu’un homme vienne les pêcher, ou alors, des hommes mal rasés, louches, souvent ivres. J’avais peur, c’était sûr, mais j’avais confiance en Naid. Heureusement, nous sortîmes de cette partie de la ville et arrivâmes à la plage, totalement déserte. Mon cœur s’emplit d’une soudaine liberté. L’étendue de la mer vers l’infini. Le reflet clair de la lune blanche dans les vagues de cristal. Le sable si fin. Le bruit de l’eau. Rien que moi, Naid et l’imprenable. J’étais si heureuse, quant à mon frère, il ne soufflait mot. Alors, je retirai mes souliers, contente de sentir ce contact entre ma peau et les grains de sable. Longuement, je respirai l’air salé que m’offrait l’eau. Mes cheveux frappant l’air, j’aurai cru voler.  - C’est tellement beau… - Difficile de dire le contraire ! s’exclama Naid en s’avançant dans le sable. - Tu viens ? lui demandai-je d’un air un peu enfantin, comme lorsqu’on jouait étant petit. Mes souliers dans une main, tenant celle de mon frère dans l’autre, je m’élançais vers la mer, assez retirée tout de même. Je prenais plaisir à voir la trace de mes pieds s’inscrire dans le sable. - Hé ! riait Naid. Ne va pas trop vite ! Mais comme réponse, je me mis à rire aussi. Alors, peu à peu, je ralentis mes pas jusqu’à m’arrêter complètement. - On peut s’asseoir, me proposa Naid. Le sable n’est pas mouillé. - Oui, heureusement. Alors, nous nous assîmes sur le sable, dont je m’amusais à faire glisser quelques poignées entre mes doigts. Il était si fin, si doux… Naid se laissa tomber, mais posa ses bras derrière lui. - Quand je pense que l’on a perdu notre virginité à une journée d’écart…soupira-t-il. Très surprise, je lâchai le sable et me retournai vers lui brusquement. - Hein ?! m’exclamai-je, abasourdie. Comment… ? Il m’adressa alors un sourire malicieux et complice. - Je me doutais bien que tu allais avoir cette réaction, dit-il, amusé. J’ai mes sources d’informations… - Attend, attend… Astiran te l’a dit ? Et puis… avec qui tu as… ? Je ne comprends plus rien !!!! Alors, en voyant mon gêne et mon interrogation, il se mit à rire de bon cœur. - Oui, tu as raison, me répondit-il après s’être arrêtée de rire. Astiran m’a tout raconté. Il est devenu mon confident, je suis devenu le sien. A présent, nous nous connaissons bien tous les deux, et nous partageons tout, car nous avons presque le même mode de pensée. Je sais même qui il est véritablement, si tu vois ce que je veux dire... - Ah…d’accord…dis-je, un peu gênée qu’il sache la vie privée que j'entretenais avec Astiran. Mais…toi ? - Moi ? - Bah…tu viens de me dire que tu n’étais plus puceau…alors bon… - Tu veux savoir quand et avec qui, je suppose… Je hochai la tête, mais je n’osai pas le regarder dans les yeux. - Tu es bien ma sœur, dit-il. Toujours aussi timide. Sans qu’il le voie, faisant nuit, je me mis à rougir fortement. - Cela s’est fait hier soir, soupira-t-elle. Mais tu dois bien deviner avec qui, voyons… - Yasalyn ?! demandai-je, un peu étonnée. - D’un côté…je ne vois pas qui d’autre… Je restai bouche bée à ce qu’il venait de me dire. - Pourtant…hier soir, commençai-je. Yasalyn s’est levée de table et est partie. Elle ne devait pas aller bien. - Non, en fait…elle est allée m’attendre dans ma chambre. - Hein ?! - Oui. Et je ne sais pas pourquoi, elle m’a remercié. Tu saurais ? Le regard dans le vide, je me mis à réfléchir silencieusement. Que s’était-il déjà passé durant le repas avant qu’elle ne parte. Puis, un déclic se produit dans ma tête. - Je sais pourquoi…murmurai-je. - Ah bon ? - Ne m’en veux pas, Naid, mais, hier, lors du repas, je lui ai raconté l’épisode des bandits, où tu es parti aller la chercher dans l’une des tentes, au péril de ta vie. Naid, qui ne semblait pas vexé, même plutôt amusé, fit une geste du bras. - Mince alors ! dit-il d’une voix pas crédible. Moi qui voulais garder le secret ! Je souris alors. A cet instant, il me parut plus ouvert, laissant de côté son attitude mystérieuse. - Je te remercie alors, grande sœur. Tu as contribué à mon bonheur, d’un côté… - Non non ! Ce n’est pas vrai ! m’exclamai-je. Je n’ai rien fait ! - Toujours modeste…dit-il dans un murmure. Il leva sa tête vers le ciel de la nuit et les centaines d’étoiles se reflétèrent dans ses yeux violets au regard rêveur. - De toute façon, tu es mon vrai bonheur depuis toujours…me dit-il. Un peu gênée par ce compliment, je cachai ma tête dans mes bras croisés. - Tu as été ma seule raison de vivre. Depuis que j’ai été séparé de toi, ce jour de printemps, je n’ai pensé qu’à une seule chose, une pensée qui m’a grignoté l’esprit peu à peu : te retrouver et t’avoir pour toujours à mes côtés. Peut-être étais-je trop possessif… ? Mais…est ce véritablement un défaut lorsqu’on connaît ton regard, ta gentillesse et ton rire ? Même si j’ai été séparé de toi durant des années trop longues pour moi et pour mon cœur, ton image, ton visage est resté gravé à jamais dans mon esprit, comme le soleil que l’on aurait trop longtemps fixé du regard et dont la silhouette reste imprimée dans la paupière lorsque l’on ferme les yeux. Qu’aurais-je été sans toi, même si tu n’étais pas près de moi… ? Rien sûrement… - Mais…je ne comprends pas. Ta seule raison de vivre ? Il resta un instant silencieux, comme s’il hésitait à m’avouer quelque chose. - Diphtil…commença-t-il, mentalement…je suis déjà mort depuis longtemps… Je le regardai un peu apeurée. - Je ne comprends pas… parvins-je à dire. - Tu as de la chance de ne pas avoir connu la vie neltiade dans un royaume exclusivement humain… Je dirai qu’il n’y a presque aucun avantage, car personne ne nous aime. Je n’arriverai jamais à comprendre pourquoi les humains peuvent ainsi détester leurs semblables, jusqu’à les tuer… Ont-ils peur juste de nous, ou ont-ils simplement peur d’eux-mêmes… ? Alors, ce sont des lâches. J’ai vécu des moments si difficiles que je me demandais pourquoi je vivais. Mais, tu revenais à moi. Je ne suis pas comme ces humains, je ne suis pas lâche et refuse tout abandon. Partir vainqueur accumule les chances de le devenir. J’ai alors essayé de positiver le plus possible, j’ai rencontré quelques neltiads de confiance à Ephyr, mais j’ai été confronté à des ennemis également. Je m’en suis toujours sorti, sinon, à cet instant, je ne serais pas en train de te parler de tout cela… Chance, destin… ? Je ne sais pas, et ne tiens pas à le savoir. Le silence se fit, car la tristesse envahit un instant mon cœur. - Mais Naid…dis-je, ne vaut-il pas mieux vivre libre ? Tu ne peux pas savoir combien j’en ai rêvé, de liberté, de pouvoir rêver en me disant que cela pourrait être possible. Durant des années, j’ai été enfermée dans cette grande église, ce monastère. Mis à part les très rares sorties dans l’enceinte de la ville, je n’ai pas bougé, n’ai jamais voyagé nulle part. Vivre en souffrant, ou ne pas vivre sans souffrir…question bête, mais je me suis véritablement demandée si c’était cela la vie, si l’on ne pouvait pas marcher vers sa vie et son destin. Je n’ai presque pas vu de nouveaux visages, possédait mes connaissances qu’à partir de livres, et non de paroles… - Je suis égoïste…murmura-t-il. Je me tournai lentement vers lui. - Pourquoi dis-tu donc cela ? demandai-je un peu surprise. - Je n’ai pensé qu’à mon malheur, mais je n’ai nullement réfléchi au tien. Pardonne-moi. Je souris. - Je te pardonne, lui répondis-je. - En tout cas, durant ces années, il y en a au moins que tu auras rendu plus qu’heureux. En pensant à Astiran, son image m’apparu dans mon esprit. Je discernai son sourire qui ne l’avait jamais quitter, son rire, omniprésent. - Oui, ça c’est sûr… Mon regard s’étala à la surface de la mer jusqu’à l’horizon que l’on ne pouvait apercevoir. - Quand je pense que demain, je plongerai là, et que dessous, il existe une autre civilisation encore…soupirai-je. - Oui, répondit-il rêveur. Encore d’autres personnes, une ville entière, des merveilles quoi… Puis, lentement, je m’agrippai à son bras. - J’ai tout de même peur…lui avouai-je. Je ne sais pas si je vais réussir… - Tu as peur de te noyer ? me demandai-je. - Non, j’ai confiance à la magie du pendentif d’Elaeis, mais…découvrir une autre civilisation. Je me demande quelle sera leur réaction quand ils me verront débarquer, moi, une Neltiade. - Ne t’inquiète pas, ils se douteront bien que tu n’es pas n’importe qui. Une déesse, tout de même, ça ne passe pas si inaperçu que ça ! Surtout, une aussi belle et charmante que toi ! - Tu ne vas pas t’y mettre aussi ! lançai-je sur un ton à la rigolade. Astiran y est déjà, mais ne va pas le rejoindre ! - Pourquoi pas ? me demanda-t-il, amusé. Alors, je me mis à rire de tout cœur. - Aller…il ne faudrait pas trop que l’on tarde à rentrer au château, dit-il. Les autres risquent de s’inquiéter pour nous. - Tu as raison…répondis-je, un peu déçue, car j’aurai volontiers voulu rester un peu plus en compagnie de mon frère. Il se leva et me tendit sa main afin de m’aider. Puis, remise sur pied, je prononçai un simple mot. - Merci… Un de ses sourcils noirs se leva, étonné. - Pourquoi me remercies-tu ? me demanda-t-il. Mais, pour toute réponse, je me jetai dans ses bras et l’enlaçai fort. - Je n’ai besoin d’aucune raison pour le faire…chuchotai-je dans un murmure à peine perceptible. Alors, il m’entoura de ses bras et me serra également contre lui. Nous ne bougeâmes pas, et si les vagues restaient elles aussi immobiles, un spectateur aurait pu croire que cette scène n’était qu’une vulgaire peinture. Mais, je m’y sentais plus qu’à l’aise, dans ce tableau réel. - Tu m’as tellement manqué…parvins-je à dire difficilement tellement je trouvais le silence appréciable à cet instant. Je t’aime, frèro… - C’est réciproque, soeurette… me répondit-il lentement. |
|  | | Ielenna Gardienne sacrée des Pierres


 Nombre de messages: 1632 Age: 102 Livre ou fic préféré: Tous... Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source Date d'inscription: 16/09/2006
 | Sujet: Re: Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] Dim 20 Mai - 20:45 | |
| Partie 4Puis, nous nous relâchâmes de notre étreinte et commençâmes à partir de la plage, à laquelle je jetai un dernier regard en me disant que, la prochaine que j’y viendrai, ça serait pour me rendre à Soul’Aucéan. Le sable commençait à devenir humide et la lune se levait davantage plus haut dans le ciel de jais aux milles diamants. Nous rejoignîmes alors le port, noir et désert. Enfin…pas totalement… Trois silhouettes se distinguèrent dans un coin sombre d’une ruelle misérable. Ils s’agissaient de trois hommes, apparemment saouls, cela se remarquait rien qu’en voyant les bouteilles de verre vides qu’ils tenaient chacun en main. - Hey ! Vous ! cria-t-il d’une voix grave et caverneuse. Venez voir un peu ! Apeurée et effrayée, je me saisis du bras de Naid et me serra contre lui. Ils s’approchèrent de nous, d’un pas peu assuré, mais, cela se pressentait qu’ils n’étaient pas totalement bourrés, en tout cas pas assez, ce qui me faisait davantage peur. - Vous auriez quelques sous pour des pauvres hommes ? demanda l’un d’entre eux. - Non, nous n’avons rien, répondit Naid d’un ton assuré, limite à la moquerie. Navré mes chers amis. - Tant pis, dit un autre en haussant les épaules. - Mais…continua celui d’à côté, on peut bien se consoler avec ta copine. Elle a l’air mignonne… Alors, il essaya de m’attraper par le bras, mais il n’eut pas le temps de finir son action, car Naid lui décocha un puissant et violent coup de poing dans sa mâchoire, et il en tomba à terre en cassant sa bouteille. - Sache, espèce d’ivrogne, susurra mon frère dans un ton plus agressif, que personne ne puisse faire ça à ma sœur s’il ne désire pas mourir de mes mains. - D’où qu’il cause le morveux ! lança un autre homme, qui commençait à s’énerver. Il nous cherche ? Alors, il essaya de refiler un poing vers la face de Naid, mais qui esquiva et attrapa la main en la retournant fermement. L’homme hurla de douleur, tandis que son compagnon essaya de le frapper avec sa bouteille. - Cours Diphtil ! s’écria Naid. Va vite au château ! Je ne réfléchis pas plus longtemps et pris les jambes à mon cou. Je m’élançais dans une course, lorsque mon bras fut attrapé par le premier homme qui s’était relevé. - Viens par ici ma jolie ! gloussa-t-il. On ne te fera aucun mal. Dans un réflexe, je lui enfonça mes doigts de mes forces dans ses yeux. En criant à cause de la douleur, il finit par relâcher l’emprise sur mon bras et je pus m’enfuir. - Salope ! entendis-je hurler de rage derrière moi. En espérant que Naid allait s’en sortir, mais à vrai, je ne me faisais pas trop de soucis pour lui. Je continuai à courir jusqu’au château, auquel je m’arrêtai entre les deux statues qui symbolisait l’entrée. Mais, préférant rester un minimum prudent, je me dissimulai derrière l’un d’elles, on ne savait jamais, l’un des ivrognes avait bien pu me suivre de loin. Au bout d’une dizaine de minutes plus tard, je vis une silhouette s’approcher. Un instant, je crus qu’un homme m’avait véritablement suivi, mais, je reconnus finalement la personne. - Naid ! m’écriai-je en accourant jusqu’à lui. Je crus vois apparaître un sourire rassuré sur son visage, mais, subitement, celui-ci s’évanouit tout de suite. - Ne t’inquiète pas, je ne suis pas blessé, me dit-il. Mais, ce n’était pas totalement vrai, car, il avait le long de la joue une grande estafilade qui saignait assez. - Qu’est ce qui t’est donc arrivé ? m’exclamai-je, soucieuse. - Ce n’est rien. L’un des hommes a essayé de me donner un coup avec sa bouteille cassée, il a eu ma joue, mais rien de plus. Lui s’est retrouvé avec une côte cassée, au moins… Je souris. Naid était tellement protecteur envers moi, et cela me faisait tellement plaisir. Peut-être avais-je eu peur, qu’au bout de ces années, il aurait été plus distant avec moi, mais ce n’était pas le cas. - Viens, je vais te soigner ça dans ma chambre, lui dis-je. - Pas la peine… - Si je te dis ! insistai-je avec fermeté. Il grogna et me suivit jusqu’à ma chambre. Arrivée devant la porte, je me rendis compte qu’un petit parchemin fermé par un ruban était suspendu à la poignée par une ficelle. - Qu’est ce que c’est ? demandai-je pour moi-même. Je fis passer la ficelle autour de la poignée et défit le ruban qui maintenait le parchemin fermé. Ensuite, je le lus, un sourire sur les lèvres, j’avais reconnu l’écriture de l’auteur. « Mon cœur, A ce je constate, tu sembles être absente, et comme Naid n’est plus là non plus, j’en ai conclu que tu étais partie te promener avec lui pour discuter un peu. Si tu le désires, lorsque tu reviendras, tu pourras venir me rejoindre dans ma chambre sans aucun problème. Je t’aime Astiran » - Ce n’est pas grave j’espère… ? demanda Naid. - Non non, pas du tout ! répondis-je précipitamment. - Bon, tant mieux alors. - Viens, entre. Dans la chambre, je lui demandai de s’asseoir sur le lit, pendant que j’allumai la bougie et que j’allai chercher du coton, rangé dans un de mes tiroirs. Si je savais parfaitement contrôler mes pouvoirs, j’aurais de pas avoir recours à tout ça, malheureusement, ce n’était pas le cas. Après donc avoir pris un coton imbibé d’un peu d’alcool, je m’assis à côté de Naid. - C’est tout de même une belle coupure que tu as là ! remarquai-je en passant le coton sur la plaie. - Ce n’est rien, j’ai connu pire, répondit Naid dans une grimace, car l’alcool le piquait fortement, surtout que la plaie ne paraissait pas seulement superficielle. - Désolée si ça pique, mais je n’ai pas d’autre choix… - Pas grave. Je continuai de nettoyer sa blessure avec le coton, tout en me plongeant dans ses yeux violets. Mais, à ma surprise, il préféra détourner son regard. - Ca me rappelle, lorsque tu étais petit et que tu te blessais, lui dis-je avec un peu de nostalgie. Alors, je te soignais, et l’alcool te faisait tellement mal que tu hurlais et me supplier d’arrêter, sinon, tu allais te tuer. Cela m’a toujours amusé de te voir ainsi, toi qui n’aimais que je voie souffrir et faire le fragile. Tu désirais toujours me prouver que tu étais le plus fort. - Je voulais te mériter, me répondit-il avec un air amusé, que je sois digne de toi. Car, tu ne peux pas savoir ce que c’est comme chance de t’avoir pour grande sœur, Diphtil… - Et toi alors…Tu ne peux pas savoir ce que c’est comme chance de t’avoir comme petit frère, Naid, répétai-je. Alors, j’enlevai le coton de la surface de sa joue rougie, coupée par cette estafilade. Naid me souriait, puis, il me prit dans ses bras tendrement. - Je t’aime soeurette…je ne sais pas combien de fois je te le répéterai si je dois te dire mes pensées qui résonnent dans ma tête. Puis, il se leva du lit. - Je vais me coucher, il est tard, et se battre le soir, ce n’est pas de tout repos ! Bonne nuit. En se penchant, il déposa une bise sur ma joue. - Merci, Naid. - C’est toi que je devrais remercier. Il s’avança jusqu’à la porte, l’ouvrit, mais juste avant de la refermer, il en profita pour dire encore quelque chose. - Au fait, tu souhaiteras « bonne nuit » à Astiran de ma part, mais, à mon avis, ça ne sera pas difficile pour lui de bien dormir et de faire de très beaux rêves durant son sommeil, je me trompe ? Je rougis, et il me lança un clin d’œil complice avant de partir. Durant quelques instants, je restai pensive, assise sur mon lit, le regard dans le vide, les mains jointes sur mes cuisses. Sur le coup, je me crus lâche, très lâche. Je pensai que, durant ces années de séparation, je n’ai même pas pensé à m’échapper et de partir à sa recherche. Mais, comme si mon frère était encore présent à côté de moi, j’entendis sa voix dans mon esprit, et ce qu’il aurait dit exactement si je lui avais dévoilé cette pensée : « Mais, pense, Diphtil, que si tu étais partie, on ne se serait jamais retrouver, en tout cas, ça aurait été très difficile. Puis, tu aurais été en danger, la vie n’est pas de tout repos pour un Neltiad dans la nature, surtout lorsqu’il s’agit d’une Neltiade. Tu serais partie à ma recherche, on n’en serait pas là aujourd’hui, tout est mieux ainsi, tu ne trouves pas ? » Je souris. C’était vraiment une parole que mon frère aurait été parfaitement capable de prononcer. Mais, je pensai à un autre, qui devait commencer à s’impatienter. Cela m’élargit davantage le sourire déjà dessiné sur mes lèvres. Alors, je me levai de mon lit, et après avoir soigneusement rangé le coton à son emplacement, je quittai la chambre, en prenant soin de la fermer à clef. Puis, je me dirigeai lentement vers la chambre d’Astiran : celle-ci était ouverte. Il faisait le noir total, mais, comme je savais qu’Astiran était déjà dans le lit, je connaissais particulièrement la désagréable chose qu’est d’avoir à côté de soi une source de lumière lorsqu’on y est plus habitué. Alors, dans le noir, je me déshabillai lentement, ce n’était pas si facile que ça à vrai dire. Puis, je m’approchai du côté du lit où Astiran était présent, et me penchai, lui déposant un tendre baiser sur ses lèvres chaudes. - Tu es enfin là…me murmura-t-il. Je t’attendais… - Désolée pour le retard, chuchotai-je. - Hum…Je te pardonne qu’à une seule condition. Je laissai échapper un rire à la limite du silence. - Laquelle ? demandai-je à voix basse. - Viens à côté de moi… |
|  | | ludofloria Ami des bêtes

 Nombre de messages: 153 Age: 15 Livre ou fic préféré: Lvre : La roue du Temps ; Fic : Le royaume des pierre Localisation: Toujours derrière un Ordinateurs, et suad je n'y suis pas, dedans :D Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Bah, toujours Ludofloria Date d'inscription: 18/08/2007
 | Sujet: Re: Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] Mar 28 Aoû - 16:32 | |
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|  | | | | Chapitre 24 [deuxième journée à Ephyr] | |
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