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 Chapitre 21 [arrivée à Naralir]

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Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
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MessageSujet: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Mer 4 Avr - 20:54

Chapitre 21


Partie 1

Le lendemain matin, nous nous levâmes de bonne heure, afin de pouvoir franchir le tunnel en tout début d’après-midi, et ainsi, atteindre enfin la ville de Naralir. Mais, il restait encore quelques dizaines de kilomètres à parcourir, autant fallait-il se dépêcher ! Je sentais que Yasalyn était agitée, comme si elle désirait arriver à Naralir le plus vite possible, comme si quelqu’un la poursuivait, ce qui m’étonna. Naid, quant à lui restait silencieux, droit comme un piquet sur son cheval blanc. Leurs attitudes m’étonnaient, ce n’était pas dans leurs habitudes d’être ainsi. De temps en temps, ils se jetaient de discrets coups d’œil. En dehors de cela, le ciel s’était voilé de fins nuages grisâtres qui cachaient légèrement la face rayonnante du Soleil. Enfin, après quelques heures de route, nous aperçûmes une grande porte de pierre sur le flanc de la montagne, dont le sommet enneigé disparaissait dans les nuages tellement il était haut. Puis, nous arrivâmes enfin à l’immense porte. A sa surface étaient gravées des runes qui paraissaient très anciennes.

- Voici enfin la fameuse entrée du tunnel…annonça Naid en passant ses doigts dans les inscriptions.
- Personne ne l’utilise ? demandai-je. Il m’a l’air si désert pour un passage vers une aussi grande ville.
- A vrai dire, il n’y a que très peu d’échanges entre Naralir et les autres villes, me répondit-il. Ne me demande pas pourquoi, je n’en ai aucune idée.
- Il a l’air profond… remarqua Astiran.
- Et il l’est…

Yasalyn remit une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Mais…On ne peut le traverser dans l’obscurité totale ! dit-elle.
- Il y a justement un système spécial…

Naid descendit de son cheval et s’avança dans le souterrain.

- Attendez-moi ici, je reviens tout de suite.

Puis, il disparut dans l’ombre des pierres. Après quelques bonnes minutes d’attente, le tunnel s’éclaira soudainement.

- Venez ! nous lança-t-il.

Tenant son cheval par la bride, moi-même sur le mien, je pénétrai dans le tunnel. A droite, une rivière de flammes éclairait l’intérieur du souterrain.

- Comment cela se peut-il ?
- C’est du pétrole, répondit Naid en remontant sur son cheval. Il y a là un robinet, qui, lorsqu’on l’ouvre, déverse ce pétrole, le tunnel ayant été conçu en pente sur les côtés – a gauche en direction de Naralir, de l’autre côté pour la direction opposée – il coule naturellement dans cette rigole jusqu’à l’autre bout de la galerie. Après, il suffit juste de l’allumer et tout le passage se retrouve éclairé.
- Ce n’est pas bête ça…murmura Astiran. C’est remarquable toutes ces techniques que l’on a été capable de développer.
- On les aurait bien découvert un jour ou l’autre…soupira dédaigneusement Yasalyn qui fixait le haut plafond du tunnel.

Alors, nous continuâmes d’avancer à travers le souterrain. Plus nous continuions, et nous voyions l’entrée du tunnel disparaître dans un petit point de lumière blanche. Il faisait froid à l’intérieur, et il régnait une odeur d’humidité et un silence qui faisait trembler tellement il paraissait solennel. Seuls les sabots des chevaux sur les pavés glissants, dont le bruit se répercutait en écho contre les parois de pierre, se faisaient entendre. Je n’osai souffler mot, comme si parole rimait avec blasphème dans ce lieu ténébreux. Nos ombres agrandies étaient projetées contre le mur opposé à la rigole de feu. Mais, soudain, au bout de trente minutes, nous entendîmes un grand bruit venant de derrière, qui nous parvint en résonance. Les chevaux commencèrent à s’agiter brusquement et Naid s’inquiéta soudainement.

- Que se passe-t-il ? demanda Astiran.

Mon frère ne répondit pas, mais sa peur avait raison lorsque le bruit sourd se fit de plus en plus près.

- Vite ! Faites courir vos chevaux le plus vite possible !! Le tunnel est en train de s’écrouler !

Alors, Nous mîmes nos chevaux au grand galop. Derrière jetant un rapide coup d’œil, je voyais au loin le plafond qui s’écroulait, toutes les pierres qui tombaient, dégageant un telle quantité de poussière. Je me concentrai alors sur le devant. Les chevaux d’Astiran et de Naid galopaient plus vite et commençait à prendre de l’avance. J’entendais les éboulis avancer beaucoup plus vite que nous, et en voyant le tout petit point lumineux qui indiquait la sortie du souterrain, je doutais.

« Je ne dois pas douter…On va y arriver ! »

Déterminée, je me penchai sur mon cheval qui allait le plus vite qu’il pouvait. Mais, soudain, celui-ci trébucha sur une grosse roche qui traînait au sol, il tomba, et sa tête se fracassa contre les pierres. Le choc fut tellement violent qu’il en mort sur le coup, sa tempe trempée de sang frais. Je me retrouvai à terre, sans monture, terrifiée par ce qu’il y avait derrière. Mais, sans que je m’y attende, une main saisit mon poignet et m’entraîna à toute vitesse. Je regardai vers le haut : Yasalyn qui, les dents serrés, une main à la crinière de son cheval l’autre à mon poignet, essayait de me retenir tant bien que mal. Je restai consternée, mais la douleur de mes pieds traînant au sol et le bruit sourd des pierres qui tombaient derrière me ramenèrent à la réalité.

- Tiens bon ! me lança-t-elle, sa voix camouflée dans ce capharnaüm de chutes. Accroches toi bien ! Ne lâche pas surtout !!

Mais je voyais bien qu’elle n’arriverait pas à me tenir longtemps, sa force était limitée. De plus, je ralentissais considérablement le cheval. Mais soudain, le courage et la force m’envahit étrangement, comme si je n’étais plus véritablement moi-même. Mes images devenaient un peu floues et les bruits se feutraient dans mes oreilles, je voyais les lèvres de Yasalyn qui bougeaient mais aucun son ne me parvenaient. J’avais l’impression que le temps avait ralenti. Et soudain, prenant appui sur mes deux pieds, je fis un saut phénoménal, atterrissant à l’arrière du cheval, juste derrière Yasalyn. Tout à coup, une pierre s’abattit juste à côté de nous, faisant sursauter le cheval. Mais je ne fus bizarrement pas surprise, j’étais toujours dans un état second, en quelque sorte, je restais de marbre. Alors, je fermai les paupières. Je sentis comme un lien de conscience se former dans ma tête, des forces qui transféraient sur ce contact, et en même temps, le cheval, par je ne sais quel miracle, s’est mis à galoper de plus en plus rapidement, prenant même une vitesse inatteignable chez n’importe quel cheval. Je repris soudainement mes esprits. Nous allions bientôt atteindre la sortie du tunnel a quelques mètres de nous… Au dernier moment, une énorme roche s’abattit juste derrière nous et le cheval effectua un grand saut vers l’avant. Nous étions sorties de justesse… Ce choc de la pierre dégagea une immense quantité de poussière que l’on ne pouvait rien voir. Mais quand elle retomba, les rayons de Soleil atteignirent mes yeux et j’éternuai. J’arrivai alors à distinguer plusieurs silhouettes.

- Diphtil !

C’était Astiran qui arriva jusqu’à moi, inquiet. Il me prit par les épaules.

- Ca va Diphtil ? me demanda-t-il.
- Oui oui…je suis vivante, parvins-je à dire avec un sourire aux lèvres.

Il y répondit de même manière et me serra dans ses bras.

- J’ai eu si peur pour toi, me dit-il. Je ne te voyais plus, et mon cheval refusait de ralentir.
- Ce n’est pas grave…je suis en vie, c’est déjà ça !

A côté, Yasalyn et Naid me regardaient, intrigués et soulagés. Le cheval, quant à lui, était miraculeusement rescapé. Naid tourna son regard vers le tunnel obstrué de rochers énormes.

- Le tunnel ne pourra pas être utilisé avant pas mal de temps…dit-il. Cela risque d’être gênant.
- C’est secondaire ! lança Yasalyn qui frotta son bras recouvert de poussière. Je préfère perdre une route que ma vie !
- Tu as raison…

Nous nous retournâmes alors, et s’offrait à nos yeux une vision de paradis. Perchés en haut d’une colline, nous pouvions voir une énorme cité qui paraissait prospère, aux bâtiments luxueux. Derrière elle, une mer, dont les vagues s’agitaient contre les plages et les falaises, à la couleur de turquoise dont la ligne d’horizon se fondait au ciel d’un bleu pur et clair. L’air frais et salé de l’océan nous parvenait avec délice, secouant mes cheveux dans le vent. Planant au-dessus, des petits points blancs : des mouettes. C’était la première fois de ma vie que je voyais la mer, et sûrement aussi pour les autres. Se découpait par rapport aux autres bâtiments un immense château qui siégeait au milieu des maisons. C’était merveilleux, on se croyait en plein rêve.

- Naralir…enfin…murmurai-je.
- Nous voici donc arrivés…continua Naid.
- Pas trop tôt ! finit Yasalyn.
- Bon, bah allons-y !

Après avoir remis nos capuches, nous commençâmes à descendre la pente, tenant les chevaux par la bride, ceux-ci étant totalement épuisés par la course infernale qu’il avait fait dans le tunnel. Je sentais le regard questionné de Yasalyn peser sur moi, comme si elle se retenait de m’interroger. Je lui devais ma reconnaissance : elle m’avait sauvé la vie au péril de la sienne. Naid, quant à lui, paraissait fier, mais je n’en savais pas la raison. Au bout de quelques minutes de marche dans l’herbe verte et fraîche, nous vîmes un peu plus loin une masse noire qui avançait vers nous.

- Qu’est ce que c’est ? demandai-je.
- Je ne sais pas…répondit Naid. Aucune idée.

Elle s’approchait de plus en plus, lorsque nous nous rendîmes compte qu’il s’agissait en fait de soldats armés qui se dirigeaient vers nous au pas de course. Mais il était déjà trop tard : ils parvinrent à nous.

- Ne sortez vos armes ! lança un premier, un maigre aux gros bras. En cas de tout signe d’agression, nous vous attaquerons.
- Ah ouais ?! sortit Yasalyn avec un sourire peu chaleureux aux lèvres.

Mais Naid la retint avec son bras.

- De toute façon…vous êtes trop nombreux…constata-t-il. De quoi s’agit-il messieurs ?
- En raison que vous êtes les derniers voyageurs à avoir traversé le tunnel…
- Qui n’existe plus désormais…continua Yasalyn en l’interrompant.

L’homme lui lança un regard noir mais poursuivit sa phrase.

- Nous devons vous emmener au château, ordre du roi.
- Du roi ? demanda Astiran.
- Oui, le roi Théorald d’Aminastir.
- Depuis quand un roi commande-t-il une ville ? demanda Yasalyn.
- Depuis que Naralir a signé son indépendance, il y a de cela dix sept ans à présent, répondit le garde. Suivez-nous.

Je regardais Naid, qui soupira.

- Puisque nous n’avons pas d’autres choix…

Alors, nous nous mîmes en route, encerclés par la garde. Mais je commençai à m’inquiéter.

- Naid…murmurai-je à son attention. Mais…si jamais ils découvrent que nous sommes…
- Pas des humains ? termina-t-il dans un chuchotement. Nous ne pouvons rien faire… nous ne pouvons pas faire autrement. On faut se fier à la suite, à rien d’autre. Mais quoiqu’il en soit, reste surtout à mes côtés.

Je hochai la tête et se rapprochai de lui, sous l’œil d’Astiran qui trahissait une légère jalousie. Je souris à cette idée. Nous approchions de la cité de Naralir petit à petit, et plus nous avancions, plus nous nous rendions compte de l’immensité de la ville. Lorsque nous franchîmes les portes de la ville, les villageois nous regardèrent, étonnés. Ils étaient tous habillés assez bien, aucun n’était débraillé, ou avec des vêtements en lambeaux. Il n’y avait aucun mendiant sur le côté des rues, ni de chiens bâtards errants. Bref, c’était une belle ville aisée et plaisante. Le château, vu de près, paraissait encore plus grandiose, mais il semblait moins luxueux que le temple des Dames de Wüen à Ephyr, car il n’était pas constitué de marbre et d’or, mais seulement de pierres brutes empilées les unes sur les autres. A son entrée siégeaient deux grandes statues, les deux un point sur le cœur, l’autre main tendue en un salut solennel. Un drapeau aux couleurs vives se balançait au rythme du vent tout en haut de la plus haute tour qui semblait toucher le ciel cyan. Nous avancions dans une petite allée entre les jardins qui menait jusqu’à la porte du château. Les soldats nous fîmes entrer. L’intérieur était plus immense encore que celui de l’église de Désegipsien, ce qui me valut un hoquet de surprise. Puis, on nous mena jusqu’à une salle tapissée de pourpre et d’or. Au fond, un homme d’âge mûr aux cheveux bruns, avec une barbe, était assis sur un trône d’or, à sa gauche, une femme aux cheveux blonds qui tombaient jusqu’à sa taille, son regard semblait totalement ailleurs. Il devait sûrement s’agir du roi et de la reine de Naralir. Le soldat s’avança jusqu’au devant du trône et s’agenouilla.

- Ô grand roi Théorald, je vous amène les voyageurs, comme vous me l’avez demandé, sire.
- Bien, bien…répondit-il d’une voix qui se voulait forte. A présent, sortez tous de cette salle, j’aimerai m’entretenir avec eux.
- Bien mon seigneur…dit le garde en s’inclinant.

Puis, il se releva et ordonna aux autres soldats de partir de la pièce, qui lui obéirent. Nous fûmes alors laisser seuls avec le couple royal. L’homme se leva en s’appuyant sur ses bras.

- Ainsi, vous êtes les derniers voyageurs à avoir franchi le tunnel, dit-il. Pouvez-vous clairement m’expliquer ces évènements.
- Le tunnel s’est écroulé, tout simplement, répondit Naid.
- Ne s’agit-il pas du système du pétrole qui aurait explosé ?
- Non, je ne crois pas…

Le roi se gratta le menton en soupirant.

- De toute façon, le tunnel était trop vieux. J’ai bien fait d’entreprendre la construction d’un nouveau souterrain l’année dernière. Les travaux seront finis dans six semaines.

Puis, il leva son regard vers nous.

- Au fait, qui êtes vous ? demanda-t-il. Vous ne semblez pas venir de Naralir, et puis, ce n’est pas habituel de voir des voyageurs qui se cachent dans des capes…

J’eus peur tout à coup, sa voix avait changé de ton, même si cela était à peine perceptible, on le sentait. Je me rapprochai de Naid. Le roi s’avança vers nous à pas lents, sa femme ne bougeait pas, regardant la scène.

- Vous êtes des Neltiads…dit-il.

Un nœud se noua dans ma gorge. Comment avait-il su ? Naid semblait tout aussi surpris que moi, quant à Astiran et Yasalyn, ils ne bougèrent pas.

- Comment pouvez vous certifier cela ? demanda Naid.
- Jour de printemps s’écroulera
Le tunnel se s’obstruera
Deux Neltiads, deux humains à Naralir arriveront
Pour la première fois une déesse nous verrons
Avec ses voyageurs
Reviendra fruit du bonheur


C’était la femme qui venait de parler dans une voix résonnante et profonde, mais, c’est comme si elle semblait ne pas s’être rendue compte de ce qu’elle venait de prononcer, le regard vide. Le roi se tourna vers elle.

- Exact…murmura-t-il. Dévoilez-vous. Faites-nous confiance.
- En quoi pouvons nous vous faire confiance, sur votre respect…demanda Astiran.
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Mer 4 Avr - 20:59

Partie 2

Le roi le regarda.

- Voyez les pupilles de mes yeux…nous dit-il.

C’est la première fois que je voyais cela. Son œil droit était d’un brun profond, mais son œil gauche était aussi indigo que celui de Naid ou que le mien.

- Vous êtes mi-Neltiad, mi-Humain…dit Naid.
- Alors…enlevez vos capuches. Aucun mal ne vous sera fait, nous certifia-t-il.

Lentement, nous retirâmes nos capuches qui recouvraient nos têtes, dévoilant notre visage au roi. Il sourit en constatant que Naid et moi étions bien des Neltiads.

- « Deux Neltiads, deux Humains à Naralir arriveront… » répéta-t-il dans un chuchotement.

Puis, son regard se fixa sur mon front, que je sentis brûler sous son regard. Son sourire s’étira davantage sur ses lèvres.

- « …Pour la première fois une déesse, nous verrons… » termina-t-il.

Il se mit alors à rire, sous nos regards surpris.

- Bienvenue à Naralir mes amis !

Nous clignâmes des yeux, étonnés de sa réaction, de son comportement brusquement changé.

- Comme vous devez le savoir, dit-il, je suis Théorald d’Aminastir, roi de Naralir. Et vous, qui êtes vous ?

Aucun de nous n’osa se lancer.

- Ne jouez pas les timides voyons !
- Euh…je m’appelle Naid, commença mon frère. Et voici ma sœur, Diphtil.

Le roi me regarda de côté.

- Je me doutais que c’était toi…dit-il dans un murmure.
- Et moi, je suis Astiran, continua l’intéressé.
- Bien…bien…

Puis, Théorald se tourna vers Yasalyn, celle-ci le regardait avec des yeux noirs.

- Et qui est cette jeune fille ?
- Je ne vous dirai jamais mon nom…lança-t-elle agressivement.
- Et pourquoi donc ? demanda Théorald, étonné par sa réaction.
- Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment… répondit-elle.

Le roi ouvrit grands les yeux, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.

- Qui t’a appris cette phrase ? demanda-t-il, de plus en plus surpris.
- Je l’ai apprise seule, il y a bien longtemps, mais cela ne vous regarde pas !

Il n’y avait rien à faire, il continua de la fixer dans le fond de ses yeux bleus.

- Tu as dix sept ans, je suppose…

Sur ce coup, ce fut Yasalyn qui s’étonna.

- Comment savez-vous…

- « Avec ses voyageurs
Reviendra fruit du bonheur »


Soudain, ses yeux semblèrent pétiller de bonheur, son sourire était tellement sincère.

- Oui…c’est bien toi.
- Hein ?!
- Yasalyn, c’est cela ?

A ce moment, la jeune fille ne comprenait plus rien.

- Attendez…c’est une blague ! dit-elle. Vous m’avez espionné ? Vous connaissez mon nom, mon âge…quoi d’autre ?!

Le roi soupira, toujours avec ce sourire.

- Tu es…ma fille…
- HEIN ??! QUOI ?! s’écria Yasalyn. MAIS VOUS ETES TIMBRE ?! Je n’ai jamais eu de parents !
- Jamais ? demanda le roi tout en restant calme.
- Je n’en ai en tout cas pas le souvenir…
- A partir de quel âge ne t’es-tu rappelé de tes parents… ?
- J’avais dix ans…mais…POURQUOI JE VOUS RACONTE CA MOI D’ABORD ?!

Théorald sourit.

- Et puis, vous n’avez aucune preuve ! s’écria Yasalyn qui commença à s’énerver.
- Au contraire…répondit-il. Je connais ton nom et ton âge sans que tu me l’aies dit. Et puis…tu as toujours les mêmes yeux que ta mère. Roxane, viens voir…

La femme, qui n’avait pas bougé malgré le fait que sa fille soit de retour, s’approcha lentement, le pan de sa robe bleue glacée traînant sur le carrelage. Yasalyn la regardait avancer, mais, le plus étrange est qu’il lui paraissait de l’avoir déjà vue quelque part. Mais où ? Puis, la reine arriva à elle, et les deux femmes se regardèrent dans le fond des yeux. Comment Yasalyn n’y avait pas pensé… ? C’était exactement ses yeux, son visage…c’était elle en version plus âgée !

- Ce n’est pas possible…murmura-t-elle, refusant d’admettre la vérité.
- Et pourtant si…répondit la reine. Tu es bien notre fille…

A côté, nous regardions la scène avec étonnement. Jamais nous nous attendions à cela, comme tout le monde. Naid semblait totalement abasourdi.

- Viens voir si tu ne nous crois pas…dit le roi.

Alors, il sortit de la salle et nous le suivîmes. Nous arrivâmes, après un long parcours à travers les couloirs du château, devant un mur qui lequel était accroché un immense tableau qui mesurait au moins quatre fois ma taille. Il y était peint une petite fille en belle robe rouge, elle avait un chaton dans ses bras. Ses cheveux blonds étaient ornés de perles pourpres, ses yeux bleus semblaient en même temps doux et malicieux. Et son sourire, si enfantin…si naïf. C’était trop ressemblant que l’on ne pouvait pas dire le contraire : il s’agissait réellement de Yasalyn. Elle-même semblait bouleversée. Elle passa son doigt sur la toile peinte.

- C’est…moi…
- Exact, répondit Théorald, les mains derrière son dos. Tu avais six ans à l’époque.
- Mais…je ne comprends pas…dit Yasalyn. Pourquoi n’ai-je aucun souvenir de vous ? Vous savez ce qu’il s’est produit ?

Le couple royal se regarda entre eux.

- Tu as mystérieusement disparue une nuit…répondit Roxane. Tu avais dix ans, et malgré toutes les recherches, nous ne t’avons jamais retrouvée.
- Pourtant…tu avais notre signe, continua le roi. N’importe qui aurait pu reconnaître en toi la princesse de Naralir.
- Comment ?
- Grâce à ton collier que tu portais…

Nous relevâmes nos regards vers le portrait, la jeune fille portait bien un pendentif.

- La chouette de cristal ! s’exclama Yasalyn.
- Oui, c’est cela…répondit Théorald.

Alors, Yasalyn décrocha le poignard de sa ceinture, et en montra la poignée. Autour était enroulée une chaîne d’or, avec une chouette de cristal dessus, quoiqu’un peu abîmée.

- Tu l’as encore…murmura Roxane.
- Elle m’a toujours porté bonheur et chance lors des combats, répondit Yasalyn.

Ils semblaient tous, même Yasalyn, heureux de s’être retrouvés. Je restais là, attendrie. Mais, soudain, Théorald sembla se souvenir que nous étions présents.

- Quelle est donc la raison de votre venue à Naralir ? nous demanda-t-il. Vous avez dû beaucoup voyager.
- Effectivement, répondit Naid. Cela fait désormais deux semaines entières que nous traversons le Royaume d’Edenor.
- Quel périple ! Et vous comptez rester combien de temps ici ?
- Nous ne savons pas vraiment…répondis-je.
- Vous venez consulter Amalia, c’est cela ? demanda-t-il.
- Euh…oui, dis-je, un peu étonnée qu’il soit au courant.

Yasalyn ouvrit de grands yeux.

- C’était donc pour cela que vous vouliez venir ici ! s’exclama-t-elle. Et vous ne m’avez rien dit !
- Nous jugions bon de ne rien vous révéler…répondis-je.
- Si je récapitule, interrompit Théorald, vous allez rester pas mal de temps à Naralir. Mais savez vous où loger ?
- A vrai dire non…répondit Astiran.
- Que diriez vous si je vous invitais ? continua-t-il.
- Mais…commença Naid.

Mais Théorald l’interrompit immédiatement.

- Des Neltiads à Naralir durant une durée indéterminée, vous prenez quelques risques ! Alors qu’ici, vous êtes en sécurité, et vous serez mes hôtes !
- J’ai l’impression que vous ne nous laissez pas d’autre choix que d’accepter, dis-je en souriant.
- Parfait ! s’exclama-t-il en claquant dans ses mains. Je vais ordonner que l’on vous prépare à chacun une chambre avec des affaires, et ce soir, nous ferons un bon festin !
- Vous êtes sûr que ça ne vous dérange pas ? demandais-je.
- Si je vous le propose, c’est évidemment que non !

Il claqua dans ses mains, et immédiatement, un garde arriva. Après que le roi lui ait donné ses ordres, il repartit en murmurant un : « Bien mon Seigneur… »

- Vos chambres seront prêtes dans quelques instants, et je vous y guiderai, pour que vous vous prépariez avant le repas.
- Merci beaucoup, dit Naid en s’inclinant.
- Ne me remerciez pas ! C’est tout naturel d’accueillir les personnes, surtout telles que vous – il jeta un rapide coup d’œil sur moi – qui ont voyagé avec ma fille…

Il se tourna vers Yasalyn, qui fixait toujours le tableau, fascinée.

.O.O.O.O.O.
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Mer 4 Avr - 21:03

Partie 3

- Voici votre chambre demoiselle… ? demanda le roi.
- Diphtil, répondis-je.
- Bien. Je vous laisse vous préparer.
- Merci.

Ils passèrent chacun devant moi, sauf Astiran qui s’arrêta devant moi.

- Que de choses en une journée ! soupira-t-il. Le tunnel qui nous tombe dessus, notre arrivée à Naralir, et pour finir, découvrir que les parents de Yasalyn ne sont qu’autres que le roi et la reine de cette cité !
- C’est vrai qu’il est difficile de faire mieux ! m’exclamai-je. Mais…je reste intriguée…
- Pourquoi donc ? me demanda-t-il.
- La reine…elle émane une aura étrange, de puissantes ondes magiques…je le sens…ce n’est une humaine comme toutes les autres…
- Des ondes magiques ? Ce seraient donc de ses origines que Yasalyn tirerait ses pouvoirs ?
- Il n’y a pas de doute…répondis-je. Seules certaines personnes dotées d’un pouvoir spécial peuvent faire usage de la magie…

Il s’approcha de moi, posa sa joue sur ma tête et me frotta l’épaule.

- Allez…me dit-il. Ne pense plus à cela. Nous sommes enfin arrivés ! Nous allons pouvoir vivre tranquilles !
- Cela m’étonnerait que ça soit déjà terminé, cette histoire. Mais tu as raison, profitons-en.

Après m’avoir fait un long baiser sur ma joue, il partit. Alors, je rentrai dans ma chambre. Elle était encore plus grande et plus luxueuse que celle dont je disposais à Désegipsien. Il y avait là un grand lit, un balcon au dehors, quelques meubles, dont une armoire, remplie d’une superbe garde-robe luxuriante. Dans la petite pièce juxtaposée siégeait une grande baignoire remplie d’eau chaude, et à son rebord des dizaines de petits flacons. Heureuse, je m’y approchai. Je débouchonnai alors un à un les fioles, sentant leur parfum. Framboise, pomme…tient, vanille ! Il y avait là énormément de choix, mais je ne pouvais pas les mettre tous dans mon eau ! Je penchai plutôt pour celui aux agrumes, que je déversai dans mon bain, se diluant avec douceur. Il sentait merveilleusement bon… Rapidement, je me déshabillai et me plongeai avec délice dans l’eau chaude et prélassante.

.O.O.O.O.O.O.

- Non, je t’en prie…je ne veux pas ! dit Yasalyn qui essayait de partir.
- Si ! Laisse moi venir avec toi ! lui répondit Naid qui la tenait de force par la main.
- Je dois sortir…je dois…

Elle le regarda au plus profond de ses yeux violets.

- Laisse moi venir avec toi…répéta-t-il avec douceur.
- Non…je ne veux qu’il…

Elle se tut en regardant ses pieds.

- C’est du suicide, Naid…

Il sourit en l’entendant prononcer son prénom. Il lui prit alors ses deux mains.

- Je veux te suivre, rester avec toi…continua-t-il.
- C’est trop risqué ! s’exclama-t-elle en essayant de s’enfuir, en tirant ses bras de l’emprise des mains de Naid. Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur !

Alors, il lui caressa sa joue tremblante.

- Depuis quand te fais-tu du souci pour moi ? lui demanda-t-il lentement. Toi qui d’habitude…
- Si les gens sont si méchants, c'est peut-être seulement parce qu'ils souffrent, l’interrompit-elle. Si je t’y en empêche, c’est qu’il y a bien une raison. Je veux pas que tu subisses toutes les souffrances que j’endure moi, ta vie est assez difficile comme ça. Je t’en prie…écoute-moi.
- Mais je veux…
- Laisse tes désirs de côtés et écoute moi pour une fois ! Tu veux sacrifier tout ce que tu as réussi à préserver durant toutes ces années ?! Ca serait du gâchis, inutile…je ne veux plus que tu souffres…surtout par ma faute…

Alors, il la regarda tendrement.

- D’accord…je resterai ici.
- Merci…lui murmura-t-elle.

Discrètement, ils s’échangèrent un rapide baiser qui gêna un peu Naid.

- Fais attention à toi surtout, la conseilla-t-il.
- Oui, ne t’inquiète pas, j’ai l’habitude…
- Même…

Puis, elle lâcha sa main et partit. Mais juste avant d’ouvrir la porte, elle se retourna.

- Naid ! Empêche quiconque de sortir s’il te plait…
- Je le ferai, je te le promets…

Un sourire s’afficha sur les lèvres de la jeune femme qui partit. C’est à ce moment-là que je sortis de ma chambre.

- Que se passe-t-il ? lui demandai-je.
- Rien, rien…soupira-t-il.

Puis, il me regarda de la tête aux pieds, car je m’étais vêtue d’une robe de jade aux broderies d’argent en forme de lierre, celle qui m’était tombée sous la main dès que j’ouvris l’armoire pleine à craquer.

- Tu es absolument ravissante ! me complimenta-t-il.
- Merci, lui répondis-je en rougissant. Tu sais où se déroule le repas ?
- Dans la grande salle de la tour est, me répondit-il. C’est Théorald qui me l’a dit.
- D’accord. On y va !

Après un long périple dans le labyrinthe que constituait le château, nous trouvâmes enfin la salle du festin. Une grande table était installée devant une immense vitre qui donnait sur la mer infinie. Un véritable rêve… Tout le monde était déjà présent, mise à part Yasalyn qui n’était, mystérieusement, pas ici. Mais bizarrement, le roi le savait car il n’y avait que cinq couverts disposés sur la table, comme si son absence était prévue.

- Où est donc Yasalyn ? demandai-je à Naid.
- Je le sais, mais elle m’a fait promettre de ne pas le dire, me répondit-il.

Ces promesses afin de tenir des choses secrètes commençaient à me taper sur les nerfs, mais, il ne pouvait sûrement pas faire autrement. Chacun de nous s’assit donc à table, je me retrouva entre Roxane et Astiran.

-Votre robe vous convient à merveille, déclara le roi Théorald.
- Merci beaucoup, lui dis-je. Il faut dire que la garde robe que vous avez mis à ma disposition est somptueuse.
- Ce n’est rien pour une déesse !
- Au fait…comment avez-vous su que j’étais une déesse ? lui demandai-je. Ce poème, qui racontait tout, d’où sortait-il ?

Il ne répondit pas, je crois plutôt qu’il ne m’avait pas entendu, car les plats arrivèrent.

- De moi…répondit une petite voix à côté de moi.

Je me tournai vers Roxane, qui regardait encore une fois le vide.

- Vous ? lui demandai-je perplexe.
- Je ne peux m’empêcher d’écrire des poèmes dans une espèce d’état second, et ils prédisent l’avenir d’une manière plus ou moins réaliste.
- Vous faites de la divination…
- Pas vraiment, je le fais inconsciemment, continua-t-elle. Seules les lignes de mes vers le permettent, mais je ne peux le faire tout le temps.

On me servit de la viande bien saignante dans mon assiette dorée. Cela faisait longtemps que je n’allais pas aussi bien manger !

- Mais comment avez-vous eu ce don de divination ? lui demandai-je.
- Je l’ai hérité de mon père, me répondit-elle. Il était l’un des plus grands devins qui a pu fouler ce monde. Lui, par contre, pouvait lire l’avenir quand il le désirait, il utilisait le plus souvent l’eidomancie*.
- L’eidomancie* ? lui demandai-je, n’ayant jamais entendu ce terme auparavant.
- Il peut se mettre lui-même ou la personne qui le désire dans une espèce de monde parallèle, un peu celui de ses pensées et de ses rêves. On est plus totalement soi-même, on voit la vie de l’extérieur. L’avenir lui apparaît par symboles et métaphores et jamais directement. Chacun a sa propre vision des choses, reste à décrypter le message de l’avenir…
- C’est une drôle de technique…murmurai-je. C’est lui qui a su la développer ?
- Oui, mais ça a été difficile, car c’est l’une des magies les plus difficiles qu’il puisse exister avec l’apothnescoracie* et chremacoucie*.

J’entendais des termes qui à mes oreilles étaient totalement inconnus, des termes magiques.

- Qu’est ce que c’est la…
- L’apothnescoracie* est le pouvoir de voir et de parler aux morts, me répondit-elle en m’interrompant, car elle connaissait ma question. Don très utile, mais seuls deux ou trois personnes dans ce monde le possèdent. Quant à la chremacoucie*, c’est le fait de pouvoir parler aux objets non vivants, aux arbres, aux animaux. Il y a déjà plus de personnes concernées que pour l’apothnescoracie*, mais il y en a quand même très peu. Lorsqu’elle était jeune, nous avons cru un moment que Yasalyn faisait partie des personnes ayant le don de chremacoucie*, mais elle a disparue avant que nous puissions le confirmer. C’est assez rare, que le sang d’un devin devienne celui d’un chremacoucien*, mais cela peut arriver…

Yasalyn tenait donc bien ses pouvoirs de là…j’avais bien eu raison. Mais elle était également chremacoucienne*, ce qui m’intrigua. Durant le voyage, il ne m’avait rien sembler de tout cela, mis à part qu’elle utilisait de la magie blanche. Elle détenait encore beaucoup de secrets voilés que l’on allait devoir connaître. Mais…il me semblait tout de même, que Naid était au courant de tout cela. J’avais remarqué le fait qu’ils soient plus proches tous les deux, que Yasalyn souriait en la présence de mon frère, et que celui-ci paraissait plus heureux. Tant mieux pour eux, pour lui surtout, je ne désirais que son bonheur.

Le repas se déroula dans de bonnes conditions. Pendant que je discutais avec la reine Roxane, les hommes parlaient entre eux. Bien heureusement, il n’y avait eu que peu d’alcool durant ce repas, je n’avais aucune envie que cela dégénère. Au dehors, la nuit était déjà tombée, et la pleine Lune pointait à l’horizon, juste au-dessus de la mer noire d’encre. C’était si beau… A la fin du festin, le roi se leva.

- Mes amis, déclara-t-il en tonnant de sa forte voix, je crois qu’il est temps d’aller se coucher ! Je vous souhaite à tous une bonne nuit !
- Merci, roi Théorald.

Nous nous levâmes alors et sortîmes de la salle. Astiran me prit par la main.

- Tu veux que je te raccompagne jusqu’à ta chambre ? me demanda-t-il.
Je lui souris sincèrement.
- Avec grand plaisir ! lui répondis-je.

Soudain, quelqu’un me tapota l’épaule, je me retournai. C’était Roxane.

- Oui ? lui demandai-je.
- Pourriez vous venir me voir dans ma chambre demain matin ? me dit-elle. Il y a des choses que j’aimerai vous montrer.
- Oui, si vous le désirez, lui répondis-je.
- Merci.

Puis, elle partit. Naid s’approcha de nous.

- Bon…je vais pouvoir bien dormir cette nuit ! nous dit-il.
- Nous aussi ! répondit Astiran. Enfin arrivés, des chambres tout confort, on peut dormir sur ses deux oreilles.
- C’est vrai cela…

Je déposai une longue bise sur la joue de mon frère, lui souhaitant la bonne nuit.

- Tu sais quand reviendra Yasalyn ? lui demandai-je.
- Elle m’a promis qu’elle serait là demain matin, ne t’en fais pas, me répondit-il.
- Je ne m’inquiète pas, je ne faisais que poser une simple question !

Il sourit et me caressa la joue.

- Allez, bonne nuit à tous les deux.
- Bonne nuit Naid, lui dit Astiran.

Puis, il partit.

- Bon…allons-y.

______________(fin du chapitre 21)______________


* "eidomancie", "apothnescoracie" et "chremacoucie" sont des termes qu'il m'a fallu forger moi-même à partir du grec. Par exemple : la "chiromancie" vient de o cheir : la main (désolée, il y a pas d'écriture grecque sur le forum...) c'est la divination de la main.
Ainsi, "eidomancie" signifie la divination des images (vient de eidos (se prononce é-i-do-s): l'image).
"apothnescoracie" signifie le fait de voir les morts (vient de apothnesko (se prononce a-po-t-ne-s-ko) : mourir, et de orao : voir)
quant à "chremacoucie" ça signifie entendre les choses, les objets (vient de chrematos (se prononce kré-ma-to-s): les choses et de akouo : entendre)

Voilà voilà ! Comme je vous l'ai dit, le chapitre 22 ne sera pas diffusé, car c'est un chapitre interdit (si vous voyez ce que je veux dire ! XD) Donc nous passerons direct au 23 !
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Mer 4 Avr - 21:11

vraiment super!!!vivement la suite!!
a bon??on ne pourra pas voir le chapitre 22???
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Jeu 5 Avr - 11:37

Il se passe quelque chose d'important pour "l'intrigue" de l'histoire, dans le chapitre 22? parce qu'il ne faudrait pas qu'on manque quelque chose qui fera qu'on ne comprendra pas la suite >< (on se demanderait bien pourquoi c'est interdit rouge

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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Jeu 5 Avr - 12:40

Par rapport à l'intrigue, rien d'important ! XD ! Tu sais bien pourquoi c'est interdit, va pas chercher bien loin ! XD ! merci
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Jeu 5 Avr - 17:16

scratch j'ai beau chercher, je vois pas Suspect


je ne pense peut-être pas de la même façon que vous Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Jeu 5 Avr - 20:40

Bah...t'as pas beaucoup d'imagination mon pôvr vieux...c'est ce que tu feras plus tard :DD
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Lun 9 Avr - 18:19

sunny c'est bien gentil tout ca albino

Plus précis, svp? lol!

OK je sors --> []

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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Lun 9 Avr - 19:58

bon...comme c'est mon forum, vous aurez les premières pages du chapitre 22, tant que c'est encore postable XD ! profitez de votre opportunité !
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MessageSujet: Re: Chapitre 21 [arrivée à Naralir]   Mar 28 Aoû - 16:31

[Post de remise en ordres des chapitres.]
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Chapitre 21 [arrivée à Naralir]

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