Fics à Ielenna

Un forum pour lire et RPG dans mes mondes en délire !
Accueil­Calendrier­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]   Mer 4 Avr - 20:44

Chapitre 20



Dans la salle principale de l’hôpital, il n’y avait que très peu de personnes à cette heure-là de la matinée. J’avais passé la nuit ici, à même le sol, car je ne savais pas si il y avait une chambre qui m’était disponible, mais, en plus, je n’avais pas réussi à trouver le sommeil, juste assez pour dormir une heure ou deux. Ca devait être à cause de mon évanouissement durant toute une journée. Naid, Astiran et Yasalyn avait dû probablement rentrer lorsque je dormais. Ainsi, je déjeunais dans la salle, seule…enfin…presque. La guérisseuse était assise à un bureau à l’autre extrémité de la pièce, triant des papiers en soupirant. Elle non plus n’avait pas dû dormir énormément, étant donné les grands cernes noirs sous ses yeux violets. Pendant que je faisais lentement tourner ma fourchette entre mes deux doigts, je vis Astiran arriver la tête dans les mains. Son visage était également orné de cernes. Il bailla tout en se massant la tempe.

- Quelle cuite…murmura-t-il. A présent, une grosse migraine me vrille l’intérieur de mon crâne.
- C’est ça de trop boire…lui répondis-je en laissant tomber ma fourchette dans mon assiette.
- Et toi ? Tu n’as pas bu ? me demanda-t-il en s’asseyant sur une chaise qu’il installa en face de moi.

Je hochai la tête négativement.

- Non. Je sais que, si j’en avais pris, j’aurais dégénéré, et je ne voulais justement pas que cela se produise.
- Il faudra bien que tu t’amuses un peu avec nous, un jour, me dit-il. Tu restes toujours dans ton coin.
- Oui, je le sais. Mais, pas maintenant. Peut-être à la fin de notre voyage…je ne sais pas encore. On verra bien…

Astiran sourit, puis, dans une grimace de douleur, il se prit la tête dans les mains.

- J’ai l’impression que mon crâne va exploser…grogna-t-il.
- Cela se nomme la gueule de bois, très cher ami…
- Je ne boirais plus autant la prochaine fois, si je dois subir cela !

Il leva lentement la tête, et balaya la salle du regard.

- Naid et Yasalyn ne sont pas encore levés ? me demanda-t-il. Ils sont encore dans leurs chambres ?
- Oui…enfin…je le pense.

Je soupirai, lorsque, justement, Naid pénétra dans la pièce. Contrairement à Astiran, il paraissait en pleine forme.

- Bonjour tout le monde ! s’exclama-t-il.

Il prit une chaise et s’assit à nos côtés.

- Je n’ai jamais été aussi bourré que la veille, continua-t-il. Ca devait être à cause de l’euphorie. Moi qui d’habitude tient très bien l’alcool.
- Il n’empêche que tu as ingurgité un nombre incalculables de chopes et de bouteilles ! lui dis-je en souriant. En plus, tu n’as été saoul qu’après quelques litres entiers !

Astiran soupira.

- Ca ne devait sûrement pas être mon cas. Cela peut s’expliquer, je ne suis pas habitué à l’alcool.
- Moi, on peut dire que j’ai un peu grandi dedans, ajouta Naid. Mais bon…il n’y a pas de quoi en être fier !
- C’est pour cela, qu’hier soir, je n’ai pas voulu embarquer dans votre aventure alcoolique.
- Et tu avais bien raison…gémit Astiran, une main plaquée contre son front.

Je me mis à rire.

- Quand je pense qu’il y a deux minutes, tu me disais qu’il faudrait que j’essaie un jour !
- Bah, ça sera ton problème si tu attrapes, tout comme moi, une migraine monstre !

Puis, je m’approchais discrètement de Naid, tandis qu’Astiran souffrait le martyr sur sa chaise.

- Est-ce que tu te rappelles de la soirée de la veille, à partir du moment où tu étais bourré ? lui glissai-je à l’oreille, le regard grave et sérieux.

Il me dévisagea bizarrement, une lueur de peur dans ses yeux.

- Qu’est ce que j’ai fait ? me demanda-t-il inquiet.
- Bon…déjà, tu n’en as plus le souvenir, c’est une bonne chose.
- Qu’est ce que j’ai fait ? répéta-t-il.
- Quelque chose que tu aurais pû regretter, lui répondis-je de manière énigmatique.

Yasalyn, qui, elle aussi, semblait être victime du phénomène de la gueule de bois, arriva dans la salle.

- En espérant que elle ne s’en souvienne pas, elle…ajoutai-je dans un murmure destiné à Naid.
- Hein ?! dit-il, ne comprenant à moitié ce que j’essayais de lui transmettre.
- Bordel de merde...dit Yasalyn. J’ai putain de mal à la tête !
- Bienvenue au club, grogna Astiran.

+O+O+O+O+


Après que les migraines d’Astiran et de Yasalyn eurent disparues, nous dûmes penser à reprendre la route. Nos sacs, déjà prêts, nous n’avions plus grand-chose à ranger ou remettre en ordre. La guérisseuse nous accompagna jusqu’à la sortie de l’hôpital.

- Je vous souhaite une bonne route à tous, nous dit-elle.
- Merci, répondis-je.
- Et Naid, ajouta-t-elle, il faudra que tu repasses dans quelques temps…
- Oui, oui, s’empressa-t-il de répondre. De toute façon, nous risquons de revenir à Ephyr. Donc, je viendrai te voir, je te le promets.

La femme hocha la tête, satisfaite.

- Merci…lui dit Naid.

Il lui déposa une petite bise sur la joue. Puis, nous nous mîmes en route. Après avoir détaché nos chevaux, nous avançâmes vers la sortie de la ville, lorsque nous entendîmes des pas furtifs et rapides qui nous suivaient.

- Madame la magicienne ! Madame la magicienne !

Nous nous retournâmes et vîmes la fillette de la veille, toute heureuse, une belle fleur mauve à la main. Sachant qu’elle l’appelait elle, Yasalyn s’agenouilla, un tendre sourire sur les lèvres.

- Qu’y a-t-il ? demanda-t-elle.
- Je voulais vous offrir cette fleur, dit-elle en la lui tendant.

Yasalyn la prit par la tige entre son pouce et son index.

- Quelle belle fleur…

Elle l’approcha délicatement de son nez et renifla le doux parfum qu’elle dégageait.

- Elle sent bon en plus…C’est une gueule de loup, je me trompe ?
- Non, c’est vrai, répondit la petite fille.
- Mais ce n’est pas une fleur normale, elle est chargée de magie, n’est ce pas ?

La fillette écarquilla les yeux, impressionnée.

- Comment vous le savez ?
- Je te l’ai dit hier, répondit Yasalyn en lui glissant un clin d’œil.
- Cette fleur ne fanera jamais, dit alors la fille. Elle a été bénite par les Dames de Wüen. Ce sont elles qui me l’ont offerte l’année dernière.

Puis, elle nous regarda tous du haut de sa petite taille.

- Vous partez ?
- Oui, nous devons continuer notre voyage, répondis-je.
- Faîtes attention à vous alors, nous prévint-elle.
- Pourquoi nous dis tu cela ? demanda Astiran.
- Tous les Neltiads, surtout les enfants, qui sont sortis en dehors de la ville ne sont jamais revenus…et…c’est ce qui est arrivé à ma sœur…

Elle baissa la tête, attristée. Yasalyn, troublée, posa sa main sur la joue de la fillette qui la regarda avec peine.

- Je suis désolée… lui murmura-t-elle, le regard compatissant.
- Merci…madame la magicienne…
- Au fait, je ne t’ai toujours pas demandé ton prénom, remarqua Yasalyn.
- Chasasil, répondit-elle.

Yasalyn leva sa main sur le front de la fille, qui ne comprenait pas.

- E sèt sotxun aiethéla…chuchota-t-elle.

Puis, elle releva les yeux vers la fillette.

- Sois heureuse, et que ta vie soit sous le signe du bonheur, ainsi soit-il…

Les yeux de Chasasil pétillèrent de bonheur, mais également de reconnaissance. Elle sauta au cou de Yasalyn, qui sembla étonnée par son geste, mais qui lui rendit néanmoins son étreinte.

- Merci beaucoup…

Je ne pouvais pas ne pas être attendrie par cette scène. Cette fille avait suffi à changer totalement le caractère de Yasalyn, qui se découvrait un instinct maternel et protecteur. C’était tellement touchant, émouvant… Astiran et Naid furent également saisis de tendresse en voyant cela, ça se lisait sur leurs visages aux sourires sincères. Puis, Yasalyn écarta d’elle lentement la fille.

- Allez…nous devons partir à présent…lui dit-elle.

Elle se leva et ajusta la fleur derrière son oreille droite.

- Porte toi bien. On se reverra, ajouta-t-elle dans un clin d’œil.

Chasasil hocha la tête, persuadée que ça serait la vérité. Après un dernier regard, Yasalyn se retourna et nous reprîmes la route. Sans que nous le voyions, la petite fille nous adressa un signe de la main, souhaitant que notre trajet se passerai dans les meilleurs conditions. Enfin, nous arrivâmes à une sortie de terre. Durant quelques instants, je fus éblouie par les rayons du soleil, mais je m’y habituai rapidement. Le tunnel pour Ephyr était en fait bien dissimulé derrière une colline, invisible à tout œil, sauf pour celui qui en connaissait l’existence. Un peu plus loin, une autre ville était visible. Il s’agissait également de la ville d’Ephyr, d’après Naid, mais celle des Humains. Devant nous se dressait une grande chaîne de montagnes aux sommets enneigés. Mais, nous devions probablement pas pouvoir la discerner depuis l’ intérieur de la forêt de Lharm, c’est pour cela que l’on ne s’était pas aperçu de sa présence.

- Naid ? demandai-je. Comment veux-tu franchir ces montagnes en deux journées seulement ? C’est impossible.
- Et pourtant, oui ! me répondit-il. Il y a, à une jour de trajet à partir d’ici, un tunnel à travers la montagne qui mène directement jusqu’à la ville de Naralir.
- Rusé…murmura Astiran. On y aurait pas pensé.
- Alors, en route.

Nous montâmes nos chevaux et commençâmes notre déplacement. Cette journée s’annonçait particulièrement belle, accompagnée d’un ciel coloré un bleu agréable totalement dégagé de ses nuages. Et pour finir, un petit vent léger soufflait en direction du Nord.

- A présent, Diphtil, dis moi ce que tu as vu hier, à l’auberge, me demanda Naid qui tenait absolument à obtenir un réponse de ma part.

Je jetai un rapide et discret coup d’œil à Yasalyn pour vérifier qu’elle ne nous écoutait pas.

- On va dire que tu as passé une tape bien placée à Yasalyn, répondis-je.

Naid me regarda avec de grands yeux inquiets.

- J’ai véritablement fait cela.

Je hochai la tête, alors, il murmura des jurons.

- Et après ? Que s’est-il passé ? me demanda-t-il.
- Elle n’a pas eu de réaction cohérente. Pour la suite, je n’en sais rien, je ne suis pas restée plus longtemps. Mais vu l’état dans lequel vous étiez tous les deux, je crains le pire !
- J’espère que tes craintes ne sont pas vérité…dit-il, embarrassé.

Le soir, lorsque la nuit commença à tomber, nous nous arrêtâmes au pied de la montagne.

- Demain est le grand jour, déclara Astiran en s’étirant après être descendu de son cheval bai. Nous arriverons enfin à destination.
- Enfin…soupirai-je. Au bout de quelques semaines tout de même, pas mécontente. En parlant de demain, il faudrait que je lise les instructions que m’a donné Elaeis.
- Oui, ça serait peut-être pratique ! remarqua Naid.

Alors, je pris mon sac, que j’ouvris et je me saisis du parchemin qui avait longtemps attendu tout au fond. Puis, je le déroulai et commençai à le lire en silence.

« Sache en premier lieu que l’on ne peut pas aller voir les Ondines à tout moment, il te faudra attendre la 3ème nuit après la pleine Lune. Tu tiras ensuite sur la plage nord de Naralir, alors, tu verras un grand rocher à la surface duquel sont gravées des inscriptions indéchirables. Plonge alors dans la mer, mais surtout, garde avec toi le pendentif d’ivoire dont je t’ai fait présent, étant chargé de magie divine, il te permettra de respirer sous l’eau. Nage sur environ deux centaines de mètres et en profondeur, tu apercevras Soul’Aucéan, la ville des Ondines. Pour pouvoir y enter, il te faudra te présenter et montrer le pendentif afin de leur prouver que tu n’es pas n’importe qui. Tu te feras alors emmenée auprès d’Amalia, et tu connaîtras ton destin, auquel je te laisse. Dernière recommandation : ne t’y tarde pas trop… »

Je ne comprenais pas le sens de sa dernière phrase, mais ce n’était pas l’essentiel, tant que je suivais ce conseil.

- Quand se produit la prochaine pleine Lune ? demandai-je.
- Elle apparaîtra demain, me répondit Yasalyn sur un ton neutre, le regard fixer sur le feu qui crépitait.
- Nous tombons dans les temps…murmurai-je. Nous avons de la chance.

Après un bien modeste repas chaud, je commençai à fatiguer, ayant presque passé une nuit blanche la précédente. Astiran également semblait tomber de sommeil à présent. Nous décidâmes donc d’aller nous coucher.

- Et vous ? demandai-je à Naid et Yasalyn, assis tous les deux auprès du feu. Vous vous couchez ?
- Non, pas maintenant, répondit Naid, qui paraissait totalement ailleurs, je n’ai pas encore assez sommeil afin d’aller dormir, je préfère veiller quelques temps…
- Pareil pour moi, ajouta Yasalyn.
- Bon…si vous le voulez, dis-je avec un sourire sur mes lèvres qui ne tint pas longtemps étant donné ma fatigue. Bonne nuit.
- A toi aussi, répondit mon frère sans même bouger.

Puis, je partis m’allonger dans ma couverture. Astiran s’approcha de moi. Tendrement, il me regarda et me caressa la joue.

- Ton épaule va mieux ?
- Oui, à présent, je ne ressens plus aucune douleur.
- Tant mieux alors…

Il me regarda fixement et intensément dans les yeux, à m’en gêner.

- Toi…tu as quelque chose à me dire, lui dis-je avec un sourire.
- Oh non, pas spécialement…
- Pourtant, je me souviens d’une fois où tu m’as répondu la même chose, alors que ce n’était pas vrai…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]   Mer 4 Avr - 20:45

Flash back


Elle commençait à s’affoler, à avoir peur…allait-elle réussir cette fois ? Sans se casser quelque chose ? Oui…même les colombes ont ces questions, surtout celle qui, dans mes mains, s’agitait. J’avais quinze ans à l’époque, et j’étais une époque où le rêve n’était que l’idéal possible pour moi. Il y avait quelques jours de cela, j’avais découvert, dans le jardin du monastère, cette belle et jeune colombe blanche, avec son aile gauche cassée. Prise de pitié, je le lui avais soigneusement bandée et avait pris soin d’elle dans ma chambre. Mais, aujourd’hui, à présent guérie, elle devait reprendre son envol, elle n’était pas confiante. Je l’amenai jusqu’à la fenêtre.

- Allez, envole toi, lui dis-je.

Mais, elle se retourna et me regarda avec des yeux presque attristés. Je me mis alors à rire.

- Ce n’est pas avec ses yeux apitoyés que tu me convaincras ! Il faut que tu prennes ton envol. Personne ne peux rester ici pour toujours… Va vivre ta vie, même si il te faut prendre des risques, sinon, tu ne seras jamais heureuse. Si tu le désires, je vais t’aider.

Je préparai mes mains.

- Attention, prépare toi. 1…2…3 !

Puis, je lançai la colombe vers le haut. Elle déploya ses ailes, puis, contente d’avoir retrouvé son aptitude à voler, elle disparut dans le ciel bleu. Un sourire attendri au bout de mes lèvres, j’observai le petit point blanc à peine visible disparaître au loin, à l’horizon.

- Tu es toujours aussi attentionnée à ce que je constate…

Je me retournai, Astiran était placé à l’embrasure de la porte.

- Tu aurais pû prévenir que tu étais là, lui dis-je sur un ton plaisantin. Tu m’as fait peur !

Il sourit.

- Je peux entrer ? me demanda-t-il.
- Oui, oui, bien sûr.

Alors, il pénétra dans la chambre et ferma la porte sans faire de bruit. Puis, il vint à côté de moi et s’accouda à la fenêtre.

- Elle s’est envolée ? me demanda-t-il en soupirant.
- Oui, enfin. Elle devait sûrement s’inquiéter du vol après son petit accident. Mais, elle a compris…
- Quoi donc ?
- Que, si elle ne prend pas de risques dans sa vie, elle ne connaîtra jamais le bonheur, la fierté d’avoir surmonter les épreuves, bloquée dans un univers absolument neutre où rien ne bouge. C’est très important de comprendre cela, car la majorité se positionnent sur la défensive, et ils n’arrivent jamais à franchir la porte de leurs rêves.
- Justement…

Il s’approcha lentement de moi et me fixa dans les yeux.

- Toi, tu as quelque chose à me dire, constatai-je en le dévisageant curieusement.
- Oh…rien de bien spécial…
- Ne me mens pas s’il te plait…cela se lit dans tes yeux, cela se voit tellement.

Il baissa la tête quelques secondes, comme pour prendre son élan dans sa parole, avant de la relever.

- Et bien…voilà…moi aussi je vais prendre un risque…je…

J’attendis en silence la fin de sa phrase qu’il eut du mal à prononcer.

- Diphtil…je t’aime…

Mon cœur fit un bond soudain et inattendu dans ma poitrine, c’était la chose à laquelle je m’attendais le moins. Et je me sentis tout à coup embarrassée, car je ne savais pas quoi lui répondre.

- Moi aussi, je t’aime énormément, mais…

Je sentais son regard peser sur moi, chaque mot que je prononçais détenait son importance.

- Je ne sais pas…répondis-je.

Un peu honteuse, je baissai la tête. Mais, il posa sa main chaude sur ma joue embrasée.

- Ce n’est pas grave…me dit-il, une pointe de tristesse tout de même présente dans sa voix.

Puis, il quitta la chambre, j’aurai voulu lui attraper la main pour l’en empêcher, mais une pensée me retenait. J’avais sûrement dû lui faire de la peine, j’étais vraiment une pauvre cruche sur ce coup-là… Bouleversée, je m’assis sur le lit, les mains jointes, le regard au dehors. Je fermai les yeux et ne pus m’empêcher de sourire.

« Tant de risques…il sera tellement heureux… »

Fin flash back


Astiran sourit après que j’eus raconté cet évènement passé.

- Oui…je m’en rappellerai toujours de ce jour…me dit-il.
- Cette histoire m’avait bien embêtée…lui avouai-je. Mais à présent, tout va mieux.

Curieusement, je le dévisageai.

- Allez, dis moi ce que tu voulais me dire, insistai-je sur un ton légèrement gamin.

Il soupira.

- Oh…tu sais…ça ne diffère pas du passé.

Je souris, comprenant la signification de sa phrase. Alors, je l’embrassai. Puis, après avoir décollé mes lèvres des siennes, je me serrai contre lui et fermai les yeux. Mise en confiance, je m’endormis rapidement.

°O°O°O°O°O°O°


Resté auprès du feu, Naid remuait nonchalamment les braises avec un bâton. A côté de lui, les bras croisés, Yasalyn restait de marbre, silencieuse, à peine présente. Elle osa tout de même commencer à parler.

- Pourquoi ne lui as-tu pas dit ? demanda-t-elle à mon frère.

Naid la regarda interrogé.

- De quoi parles-tu ?
- Tu sais de quoi je parle…de ton secret…

Il baissa la tête vers le feu.

- Je ne désire en aucun cas qu’elle partage ma souffrance, répondit-il.
- Tu lui caches trop de choses…remarqua-t-elle.
- Toi aussi, objecta-t-il. Tu m’en caches, à moi, à nous…

D’un geste rapide et inattendu, il attrapa la main gauche de Yasalyn, qu’il observa d’un clin d’œil.

- La demi-lune noire au pouce gauche…murmura-t-il. Je le savais bien depuis le début…

Yasalyn sembla surprise, mais en même temps terrorisée.

« Comment cela se peut-il… ? »

- Tu n’es vraiment pas comme tous les autres hommes, je ne m’étais pas trompée dessus non plus, dit-elle.
- Je suis comme toi…Mais je sens également qu’il te manque, tout comme moi, quelque chose…

Elle baissa la tête.

- Oui…trop de choses…trop de souvenirs…
- Des souvenirs ?
- Je ne me rappelle pas de mon passé avant mes dix ans. Je ne sais pas qui étaient mes parents, je me suis retrouvée seule, sans rien. La seule chose qu’il me restait, c’était mon prénom, mais rien d’autre.

Naid resta silencieux, Yasalyn semblait si sincère dans ses paroles qu’il était difficile de ne pas la croire.

- Je suis désolé…dit-il.
- Ce n’est pas grave.

Elle ferma les yeux et se souvint…

Flash back


Marchant sous la pluie, avec des pas mal assurés, la petite fille ne savait où aller, car elle ne connaissait rien. Elle regarda ses fines mains blanches recouvertes de blessures et de coupures. Avec le bout de ses doigts, elle se toucha son visage, ses joues creusées, qu’elle massa, le regard apeuré.

« Qui suis-je ? »

Elle ne se souvenait seulement que de son nom : Yasalyn. Le matin, elle s’était réveillée en plein milieu de la forêt, dans des habits, déchirés en lambeaux, maculés de sang et de boue. A son cou était attaché, au bout d’une chaînette d’argent, un pendentif de cristal et d’or en forme de chouette, un peu cassée : il lui manquait sa queue. Elle le serra fort dans sa petite paume : il était glacial. Quel était donc ce monde ? D’où venait-elle ? Tant de questions pour si peu de choses en tête… Elle ne savait pas, elle ne savait rien. La pluie collait ses cheveux blonds, tels de la paille, à son visage blême. Elle avait soif…faim…Plus elle avançait dans la boue avec ses pieds nus, qui s’y enfonçait dans un bruit gluant, plus elle fatiguait. La pluie tombait de plus belle… Au bout d’une bonne heure de marche silencieuse et humide, elle n’arrivait plus à tenir sur ses jambes blessées, elle tomba à genoux, puis posa ses mains à terre. Puis, quelque chose attira son attention. Le regard étonné, elle approcha sa main gauche de son visage. L’ongle de son pouce gauche était orné d’une belle demi lune, mais ce n’était pas le plus inquiétant : elle était noir d’ébène et luisait telle une hématite. Qu’est que c’était ? Cela voulait signifier quelque chose de spécial ? Pourquoi en avait-elle une ?…Elle n’eut pas la force de penser plus longtemps, elle s’affala dans la glèbe de tout son long, perdant connaissance. Son visage recouvert pas seulement de l’eau tombant du ciel…

Lorsqu’elle reprit ses esprits, elle ne savait toujours pas où elle se trouvait, même si l’endroit différait de la forêt : elle était allongée dans un lit. Assis en face d’elle se trouvait un bonhomme grassouillet, au crâne chauve comme un œuf, tout habillé de blanc. Sur les lèvres un sourire satisfait mais qui laissait transparaître une impression de traîtrise.

- Qui êtes vous ? Où suis-je ? demanda-t-elle en s’appuyant sur ses coudes.
- Tu es à Deségipsien, répondit-il. Je me nomme Sarïn, je suis grand prêtre de cette ville.
- Deségipsien…Sarïn…répéta-t-elle à voix basse.

Elle resta silencieuse en regardant ses mains.

- Et toi ? Qui es tu ? D’où viens-tu ? lui demanda-t-il.
- Je ne me rappelle juste que de mon nom…Yasalyn…

Le prêtre sembla interloqué en entendant son nom, mais il retrouva rapidement son sourire.

- Normalement, dit-il, étant donné qui tu es, je devrais te tuer. Mais…tu pourrais me servir pour d’autres choses, grâce à ta nature…

La fillette l’interrompit.

- Attendez ! Vous savez vraiment qui je suis ?! Comment ?
- Grâce à ton pouce gauche…répondit-il sans bouger.
- Dites moi alors ! Qui suis-je ?! insista-t-elle, à la limite du cri.

@%@%@%@


Ses premiers souvenirs, mais, par précaution, qu’elle décida de ne pas avouer à Naid. Il connaissait sa véritable nature, cela suffisait.

- Tu as donc vécue seule ? demanda Naid. Durant toute ta vie ?
- Oui, j’ai dû me débrouiller par mes propres moyens, car personne ne voulait de moi, et désormais, je vivais dans la peur et la crainte des autres…
- Mais…tu ne connais toujours pas tes origines… ?

Elle baissa la tête.

- Non…mais peu m’importe…ils m’ont abandonnés, et même si je retrouve mes parents, je leur en voudrais pour toujours…

Un silence désagréable s’installa, on n’entendait juste que le faible crépitement du feu, qui mourrait lentement.

- Et toi ? demanda-t-elle. Comment as-tu perdu t…
- C’est une longue histoire…l’interrompit-il.

………

Au bout d’une bonne demi-heure, Naid termina son récit. Yasalyn restait silencieuse, alors, il en profita pour réalimenter le feu, avant de se rasseoir à côté d’elle.

- C’est…horrible…murmura-t-elle, bouleversée par ce qu’elle venait d’entendre. Abominable…comment peut-on vivre après cela ?
- Je me suis dit que la vie n’était pas que malheur, soupira-t-il. Que si l’on connaît les mauvaises facettes, on ne pourra, par la suite, forcement, n’en découvrir que les meilleures. Je ne pouvais me résigner à abandonner à ce point, j’étais encore trop jeune, j’avais encore trop de choses à faire, et en tout premier lieu, retrouver ma sœur…
- Je comprends alors mieux pourquoi tu es si fort à l’intérieur de toi, dit Yasalyn. C’est à cause de ce passé si difficile… Alors que moi, ce n’est pas entièrement à cause de cela… Mais…

Une question lui tourmentait l’esprit, elle ne passa pas par trois chemins, elle la lui posa :

- Pourquoi me fais-tu confiance alors, qu’à présent, tu sais qui je suis véritablement ?
- Parce que je te connais…répondit-il naturellement. Pas elle…mais toi.
- Mais, seulement depuis quelques jours !

Il s’approcha de plus en plus d’elle, elle ne savait pas comment réagir.

- En es-tu certaine ? lui demanda-t-il. N’as-tu donc jamais…
- Rêver ? termina-t-elle. Oui…j’ai trop rêvé…de toi…

Elle ne savait même pas la raison pour laquelle elle venait de prononcer ces mots. Mais, c’était désormais trop tard… Elle vit le visage de Naid s’approcher du sien, elle sentit son nez frôler le sien. Son souffle lui caressait délicatement sa joue et son odeur…elle fit battre davantage son cœur. Ils restèrent ainsi durant quelques secondes, se regardant ainsi l’un l’autre, à quelques millimètres de distance. Puis, elle passa un doigt entre leurs deux visages afin de décaler une de ses mèches de cheveux noirs, afin de mieux observer ses deux yeux violets qui paraissaient si doux et si charmeurs. Puis, ses lèvres se collaient petit à petit aux siennes, elle ferma les yeux. Elle sentit ses mains chaudes lui entourer lentement sa taille dénudée, elle en frémit. Peu à peu, leur baiser se fit de plus en plus appuyé. Cette chaleur ne venait pas seulement du feu… Depuis l’extérieur de cette scène, on ne pouvait discerner que deux silhouettes noires qui s’embrassaient devant un ballet de flammes vives. Mais, soudainement, Naid s’écarta, avec une expression de embarras sur son visage rougi.

- Excuse moi ! dit-il avec précipitation, confus. Je ne voulais pas…je…je suis désolé !

Yasalyn le regarda quelques secondes, un peu étonnée par sa réaction. Gêné, il se leva.

- Je suis fatigué, dit-il, comme si il cherchait une excuse. Je…je vais me coucher.

Puis, sans même lui souhaiter la bonne nuit, il se dirigea vers son sac. Un sourire malicieux apparut sur le visage de la jeune femme, qui le vit s’éloigner, il commença à déballer son sac. Puis, elle s’allongea dans l’herbe fraîche, ses bras croisés derrière sa tête. Elle soupira en regardant le ciel dégagé et étoilé. Dans une grande bouffée, elle inspira l’air pur que lui offrait la nuit. Puis, son regard se dirigea peu à peu vers la Lune blanche, gibbeuse.

« Demain…demain… »

Fermant les paupières, elle s’adonna à quelques rêveries.

« Ouoka orrop suot suorepse iome isuosdirunim sat saidia sanoph… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Oduirami
Membre sacré
Membre sacré


Masculin
Nombre de messages: 48
Age: 16
Livre ou fic préféré: métamorphoe
Localisation: de l'eau, de l'eau et encore de l'eau.....
Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Zar''roc
Date d'inscription: 02/03/2007

MessageSujet: Re: Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]   Dim 6 Mai - 20:44

toujours aussi bien
mais je veux savoir ce que c'est cettede mie lune !!!!!!!!!



rhum encore BRAVO rhum

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ielenna
Gardienne sacrée des Pierres
Gardienne sacrée des Pierres


Féminin
Nombre de messages: 1632
Age: 102
Livre ou fic préféré: Tous...
Localisation: Dans la forêt de Galimack, près de la source
Date d'inscription: 16/09/2006

MessageSujet: Re: Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]   Jeu 17 Mai - 19:25

demie lune ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://royaumedespierres.actifforum.com
Oduirami
Membre sacré
Membre sacré


Masculin
Nombre de messages: 48
Age: 16
Livre ou fic préféré: métamorphoe
Localisation: de l'eau, de l'eau et encore de l'eau.....
Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Zar''roc
Date d'inscription: 02/03/2007

MessageSujet: Re: Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]   Mar 17 Juil - 22:33

oups je crois que j'ai raté des chapitres, je me souviens plus de tout

quel boulay mwa

gris bleu3 bleu2 vert bleu rouge violet marron

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
ludofloria
Ami des bêtes


Masculin
Nombre de messages: 153
Age: 15
Livre ou fic préféré: Lvre : La roue du Temps ; Fic : Le royaume des pierre
Localisation: Toujours derrière un Ordinateurs, et suad je n'y suis pas, dedans :D
Ancien pseudo dans d'autres forums (facultatif): Bah, toujours Ludofloria
Date d'inscription: 18/08/2007

MessageSujet: Re: Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]   Mar 28 Aoû - 16:30

[Post de remise en ordres des chapitres.]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.teamfr.com/aidepourvous
 

Chapitre 20 [Entre Ephyr et Naralir]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fics à Ielenna :: La Fille du Monde :: L'histoire de la Fille du Monde :: L'histoire en elle-même-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet