Voici la fin du chapitre !
Partie 3Il inspira une grande respiration avant de commencer son récit.
- Le début est aussi simple. Cela s’est produit au mois de mars. J’ai, un après midi, découvert un diamant dans mon jardin. Ce diamant était magique, il s’agissait en fait du passe partout, et il m’a emmené jusqu’à Adiamanta, ta mère. Elle m’a expliqué que c’était moi qui avais été choisi dans le rôle d’intermédiaire, par contre, je n’ai pas trop compris pourquoi. Peut-être le saurais-je un jour…mais pas maintenant… Il n’empêche que, depuis ce jour, environ une fois par semaine, je viens au Royaume pour remplir mes épreuves et ainsi reconstituer le tableau sacré dont tu dois certainement connaître l’histoire.
- Oui, dit Virginie je la connais. Et, une question, quels pouvoirs possèdes-tu pour l’instant ?
Martin le compta sur ses doigts.
- Alors…la pureté, le calme, l’amour, le temps, les couleurs, l’apparence, la lévitation, le temps météorologique, le destin, la tristesse, les cinq sens, la santé, la jalousie, le froid, la chaleur, la paix et la peur. Au total, cela fait dix sept pierres, et bientôt dix huit.
Virginie se retourna vers lui.
- Dix sept pierres sur vingt deux ? C’est énorme !
- Oui, soupira Martin.
- Et, en temps que ta petite amie, pourquoi ne me l’as-tu jamais dévoilé la vérité ?
Martin la regarda avec de grands yeux. Même s’il connaissait Virginie extrêmement susceptible, il ne s’attendait pas le moins du monde à cette réaction de sa part.
- Si tu ne connaissais pas ce monde, dit Martin, tu ne m’aurais pas cru…
- Qu’en sais-tu ? répliqua Virginie.
Martin soupira en se passant une main dans ses cheveux en pétard.
- Virginie…cette situation est le fruit du plus grands des hasards. Jamais auparavant je n’aurais cru ce que j’allais devenir. L’idée d’un deuxième monde n’avait pas effleuré mon esprit une seule fois, et à présent, j’en suis le sauveur. Alors, crois-tu, qu’en plus, j’allais savoir que tu étais la fille de celle qui m’a amené ici ?
- Ce n’est pas ce que je voulais dire…pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit ?
- On pourrait retourner la question…objecta Martin.
Virginie se tut d’un coup. Martin n’avait pas tort. Elle était beaucoup trop susceptible, et dessus, s’en voulait à elle-même. Alors, défaite, elle baissa les yeux. La main de Martin lui caressa la joue.
- Allez, Virginie, dit celui-ci, on n’en parle plus, ce n’est pas grave…
La jeune fille hocha la tête.
- Alors, Martin, dit-elle. Racontes moi un peu tes aventures…
Il s’exécuta, relatant ses anciennes épreuves. Cependant, sans mentir, il ne parla pas de Séléné. Il ne dit rien de particulier sur Loïsaï. Mais, si, par son plus grand malheur, Virginie lui posait une question sur elle, soit il serait obliger de tout lui raconter, et donc, avoir un risque de briser sa relation, soit rater son épreuve de la sincérité. Heureusement pour Martin, Virginie n’y fit pas référence.
- Tu es vraiment courageux, conclut-elle lorsque Martin finit son long récit. Déjà d’avoir accepté cette lourde responsabilité, puis, d’avoir ainsi réussi les épreuves que l’on t’a donné à accomplir.
Il haussa les épaules.
- J’ai été un peu obligé, si on peux dire ça ainsi !
Un sourire s’afficha sur son visage.
- Néanmoins, je suis heureux, surtout à présent… Je te retrouve, donc tout va pour le mieux.
- Moi aussi…Je t’aime…
- Je le sais, mon cœur crie également cette phrase.
Un long baiser fut échangé, alors qu’autour d’eux, les oiseaux chantaient une mélodie de paradis. L’endroit n’était pas mieux rêvé pour de l’intimité, surtout à deux. Entre deux ramures de buissons, deux yeux regardaient fixement la scène qui se déroulait là, juste devant. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres. Mais Martin sentit la présence de cette personne, qui suspendit son baiser quelques secondes, le temps d’écouter. Elle avait disparu aussi vite qu’elle était apparue. Puis, le passe partout s’illumina. Martin le sortit de sa poche, sous le regard surpris mais déçue de Virginie, qui espérait avoir un peu plus de temps avec Martin. Ils n’avaient pas trop le choix. Ils durent se téléporter au royaume de la sincérité. Marina était là, accompagnée de sa petite servante qui arrangeait sa robe, mais qui se dépêcha de partir lorsqu’elle vit Martin et Virginie arriver.
- Ne lui en voulez pas, leur dit Marina, elle est extrêmement timide avec les étrangers.
En rajustant son voile, elle s’approcha des deux jeunes gens.
- J’ai assisté, enfin…indirectement à la scène. Aucun mensonge n’a été prononcé entre vous durant ce temps, ce qui me satisfait, et ce qui va vous satisfaire également.
Elle enleva délicatement la pierre bleue qui était incrustée dans son haut et la tendit à Martin.
- Voici pour vous… j’espère qu’elle assurera la réussite de ta grande mission, Martin. Mais je sais qu’il y a plus important pour toi.
Son regard s’arrêta sur Virginie, qui se mit à rougir.
- Quant à la pierre de pouvoir, tu la possèdes déjà en toi, lui dit-elle en clin d’œil. Tu es quelqu’un d’honnête et qui ne ment uniquement pour la bonne cause, et non la guerre et la dispute.
- Vous croyez ça de moi ? demanda Martin.
- C’est ton cœur qui t’influence, mais peut-être que tu ne t’en rend pas compte, en tout cas pas encore. Ca viendra avec le temps, ne t’inquiètes pas pour cela, je sais même que tu ne t’en inquiètes pas. Mais pour l’instant, retourne d’où tu viens, cela t’aidera peut-être à méditer sur toi-même.
Dans une gracieuse révérence, elle ajouta :
- Heureuse de vous avoir rencontré, Martin, et toi également Virginie.
- Nous de même, dirent-ils d’une même voix.
Alors, le passe partout se mit à briller, et il emporta Martin et Virginie au Royaume de la pureté. Ils arrivèrent, pile poil devant Adiamanta. Martin, depuis le récit que Virginie avait fait de sa mère, avait son regard totalement changé envers la femme. C’est vrai, qu’à présent, elle portait sur son visage l’expression d’une mère intentionnée pour sa fille, qui donnait envie de sourire. Néanmoins, il se demanda comment il n’avait pas put remarquer ça auparavant, cela se voyait tant. Dès qu’elle reçut les deux jeunes gens, un sourire heureux s’afficha sur le visage de la femme.
- Je êtes revenus… dit-elle. Avez-vous la pierre ?
Martin mit la main dans sa poche et en sortit la pierre bleue, alors, le regard d’Adiamanta s’illumina.
- Bravo…Virginie, s’il te plait, va mettre la pierre dans le tableau sacré.
Alors, Virginie prit la pierre et s’exécuta, elle s’éloigna. Martin ne comprenait pas pourquoi elle y avait envoyé sa fille à sa place. Adiamanta poussa un long soupir.
- Virginie t’a tout raconté sur moi, je le sais…
Il sentit que toute la joie était parti de son esprit comme sa parole de sa bouche.
- Je ne suis pas si innocente, si pure que tu puisses le penser, Martin.
- Cela m’importe peu madame ! objecta Martin. Vous êtes quelqu’un que j’apprécie énormément, et je me fiche un peu de votre passé, en tout cas, il ne changera l’opinion que j’ai de vous. Vous m’avez guidé dans ce monde qui m’était inconnu, et vous continuez à me supporter. Même si vous avez commis une erreur dans la passé, vous essayez de la réparer, et cela, c’est le plus important.
Il vit des larmes apparaître dans les coins des yeux de la femme.
- Merci Martin, dit-elle émue.
Alors, amicalement, Martin la serra dans ses bras : elle était toute froide. Il l’entendit sangloter sur son épaule, si elle était dans cet état, c’était car elle avait peur du regard de Martin qui pouvait changer après le récit de Virginie, il n’en fut rien. Cela voulait donc dire qu’Adiamanta tenait beaucoup à lui.
- Je m’en veux d’avoir fait ça…dit elle entre deux sanglots.
- Vous n’avez pas…et puis, Virginie est là, moi aussi.
- Merci encore…je ne sais pas ce que je ferai sans toi.
Puis, Virginie arriva, regardant la scène qui s’offrait à ses yeux, interrogée. Martin desserra son étreinte d’Adiamanta et se dirigea vers elle.
- Je vais devoir y aller, Virginie, lui dit-il, mais ne t’inquiètes pas, je reviendrais vite.
- Je ne m’inquiètes pas, j’ai confiance en toi, car je t’aime…
- Moi aussi je t’aime…
Alors, ils échangèrent un doux baiser.
- Et prends soin de ta mère, lui chuchota-t-il à l’oreille.
Virginie hocha la tête. Alors, Martin sortit le passe partout de sa poche et se téléporta dans le monde réel. Il se retrouva chez Jérôme. Alors, il rentra dans la chambre de son ami, qui attendait sur son lit.
- Et bah ! s’exclama celui-ci étonné. Tu es rapide !
- Non, c’était rien…
Jérôme soupira en croisant les bras.
- Alors, tu penses la revoir quand Virginie ?
Un sourire se dessina sur les lèvres de Martin, récemment receveuses d’un baiser.
- Oh…soupira-t-il, bientôt je pense…