Partie 4Martin rougit sous la phrase de Séléné. Il allait sûrement devoir danser avec une Daïgora et cela le mettait mal à l’aise à vrai dire. Il se trouvait que Séléné avait raison. Le jeune flûtiste se mit à jouer et plusieurs couples zvaïs se mirent à danser. C’était beau. La danse se produisait dans les airs, grâce à leurs ailes. Narphaï et Eleneï allèrent valser, et Séléné fut invitée par le roi Darneï lui-même, laissant Martin seul, assis sur sa chaise, toujours mal à l’aise. Puis, il sentit une douce main sur son épaule.
- Tu viens danser avec moi ?
Martin se retourna, surpris. C’était Loïsaï, qui ne semblait pas avoir trouvé de cavalier. Martin se leva.
- Bien sûr.
Elle lui sourit, heureuse. Alors, ils se mirent au milieu des tables. Martin prit la main de Loïsaï, celle-ci posant la sienne sur l’épaule du jeune homme. Celui-ci se mit à rougir lorsqu’il posa sa main sur la taille de sa jeune cavalière. Alors, Loïsaï déploya ses ailes, et Martin utilisa son pouvoir de la lévitation. Ils élevèrent lentement au dessus de la plate forme et au milieu de tous les autres zvaïs. Puis, ils commencèrent à valser. Avec un peu de maladresse au début, mais la danse s’améliorait au fil des minutes. Martin ne savait pas trop ce qu’il ressentait en lui. Son regard était plongé dans les yeux bleus de Loïsaï. Il eut l’impression qu’il n’existait plus qu’elle pour lui, le reste lui était inutile et invisible. Chaque seconde lui semblait être une éternité, la vie lui parut si lente tout à coup. Loïsaï le regardait aussi dans les yeux, comme si chacun cherchait dans les pensées de l’autre. Puis, la musique s’arrêta, puis, ils descendirent vers la plate forme.
- Viens je dois te parler, dit Martin.
Il attrapa le poignet de Loïsaï et l’emmena à l’écart.
- Qu’y a-t-il ? demanda-t-elle.
Martin se mit face à elle.
- Je voudrais que tu m’accompagnes en mission.
Elle fronça les sourcils.
- En mission ?
Martin lui raconta tout, les Folways et l’épreuve qu’il avait à accomplir.
- Je comprends à présent…dit-elle en lui souriant. Soit. Je voyagerais à tes côtés jusqu’aux Bouvieuses, je te le promets.
Elle lui prit sa main délicatement. Martin se pinça les lèvres, angoissé de la situation.
- Je dois y aller, dit-il. Je suis fatigué et j’ai besoin de repos. Nous partirons à l’aube, tâche d’être là.
Puis, il s’en alla, laissant Loïsaï seule, adossée contre un arbre en soupirant. Martin avait le cœur qui battait à toute vitesse. Il entra dans son bouleau et ferma bien la porte, veillant que personne ne le suive. Puis, il descendit l’escalier et s’assit sur son lit en joignant ses mains sur ses genoux. Séléné lui avait dit qu’elle viendrait le voir avant de dormir. Elle arriva quelques minutes plus tard.
- J’ai prévenu Narphaï qu’on l’emmenait dans notre périple : il vient avec nous avec grand plaisir. Et pour la daïgora ?
- J’en connais une et je lui ai dit. Elle est d’accord pour venir avec nous.
Séléné le dévisagea en un sourire.
- La jeune zvaï avec qui tu dansais… Loïsaï n’est ce pas ? Tu as eu raison, elle nous sera utile. Elle est forte de magie et de caractère, elle convient à cette épreuve…Sur ce, je te laisses dormir en paix. Demain, je viendrais te réveiller à l’aube. Bonne nuit.
- Bonne nuit Séléné, soupira-t-il.
Elle s’en alla tellement discrètement, que Martin n’entendit même pas le bruit de la porte qui se ferme. Il faisait chaud dans la chambre. Alors, le jeune homme se leva et ouvrit la fenêtre. Il y avait toujours un peu de mouvement dehors. La lune en fin croissant dominait le ciel étoilé. Puis, fatigué, il se coucha. La chanson de Loïsaï tournait dans sa tête comme un écho, et finit par l’endormir telle une berceuse…
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Martin était seul, au milieu d’une immense purée de pois. Tout était silencieux. Le sol était simplement de la terre, sans herbe, sans rien. Puis, des pas se firent entendre. Martin regarda autour de lui. Des silhouettes passaient puis disparaissaient.
- Qui êtes vous ? demanda Martin qui n’avait aucune idée de l’endroit où il était.
Sa voix s’évanouit dans le brouillard. Puis, un cri retentit. Martin, étonné, se mit à courir en direction du cri. Puis, 6 silhouettes se dessinèrent petit à petit, l’une d’entre elle à terre. C’était…
- Virginie ! s’écria Martin.
Autour d’elle 5 hommes encagoulés qui la regardait. Puis, le voyant arriver, ils se tournèrent vers lui. Il vit l’un d’eux sourire.
- Mes amis, nous avons un deuxième concurrent !
Cette voix venait d’un homme qui devait avoir environ 18 ans, pas plus. Les autres se mirent à rire sadiquement.
- Alors ? On ne veut pas voir une fille souffrir ? dit un autre.
- Que lui voulez vous ? demanda Martin les poings serrés.
Les hommes se regardèrent entre eux.
- Rien, c’est bien pour ça que nous la battons !
- Vous êtes des monstres, je vais vous…
Martin s’apprêta à utiliser un pouvoir, lorsqu’un des hommes sauta sur lui très rapidement, les prit les mains et lui attacha les poignets avec une corde derrière son dos. Un autre dit une formule. Tout à coup, Martin ne sentit plus aucun pouvoir en lui. Il avait beau se concentrer, il n’arrivait pas à lancer un des pouvoirs. Le premier homme, qui semblait le chef, dit :
- On fait moins le malin…
Il hocha la tête vers Martin. Un autre homme sortit une potion de sa cape et lui fit avaler de force.
- Dans quelques minutes, tu ne vivras plus, tout comme elle… Tue la.
Puis, le dernier des 5 hommes sortit une épée de son fourreau. Martin la reconnut immédiatement. Cette lame et ce pommeau violacés avec cette pierre rouge.
- La lame de lune…murmura-t-il.
Il entendit Virginie hurler, mais sa tête tournait, il ne réagit pas. Il ne pû rien faire et s’évanouit.
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- Martin ? Martin !! criait une voix.
Martin ouvrait les yeux. Séléné était devant lui et paraissait inquiète. Martin transpirait beaucoup et respirait en saccade, malgré avoir dormi torse nu, qu’il cacha du regard de Séléné avec sa couverture.
- Que m’est il arrivé ?
- J’ai eu peur, dit la femme. Tu tremblait et criait des phrases incompréhensibles. J’étais très inquiète…
- Ce n’était qu’un cauchemar, murmura Martin en regardant le sol.
Martin avait tout de même le cœur qui battait à tout rompre. Séléné avait une lueur d’angoisse dans les yeux en le voyant ainsi.
- Un cauchemar ne se fait pas au hasard, surtout quand notre corps a de telles réactions…dit-elle l’air grave.
- Il me paraissait si réel…
- C’est bien ce qui m’inquiète. Soit, il va se passer cette chose, soit le contraire. Mais oublions pour l’instant…
Elle se retourna.
- Habille toi. Rejoins nous sur la plate forme d’arrivée. J’ai donné rendez vous à Narphaï et à Loïsaï là bas. Dépêche toi donc.
Puis, elle sortit. Martin était toujours assis sur son lit, sa peau pleine de sueur poisseuse. Il se passa une main dans les cheveux en s’étirant. Puis, il alla faire sa toilette puis s’habilla avec ses vêtements de voyage. Après avoir veillé à ne rien avoir oublié, ni son épée, que lui avait offert Narphaï, ni son arc, donné par la reine de la couleur, Fluoriane, lors de sa première épreuve dans le Royaume des Pierres, il sortit de l’arbre-maison. L’aube vue de la cîme des arbres était magnifique. Le soleil donnait un éclairage rosée au ciel clair sans aucun nuage. L’air frais frôlait avec douceur le visage de Martin. Il alla vers la plate forme où l’attendaient les deux zvaïs, Séléné et Edelweiss sur son épaule. Tous semblaient être prêts. A vrai dire, il n’y avait grand-chose de différent de leur tenue habituelle, mise part les armes que Narphaï et Loïsaï portaient à leur ceintures, qui étaient des épées, et le sac de cuir sur le dos de Séléné, qui devait sûrement contenir des provisions pour le trajet.
- Tout le monde est là, c’est parfait, dit Séléné. Descendons d’Aïtora, je vous dirais les détails en bas.
Narphaï, Loïsaï et Edelweiss déployèrent leurs ailes et Séléné et Martin utilisèrent leur pouvoir de la lévitation. Ils atterrirent sur le sol terreux en douceur. Séléné sortit un parchemin du sac, il s’agissait de la carte du Royaume des Pierres.
- Bon… commença Séléné. Nous allons d’abord sortir par le nord est de la forêt de Valamaï.
- Pourquoi ne pas couper ? demanda Martin.
- Avec 2 zvaïs avec nous, je préfère bien éviter Satmate et les hommes. Nous passerons par la forêt de Galimack, puis, nous irons vers l’ouest, seulement lorsque nous serons sortis au nord de la forêt de Galimack. Alors, nous arriverons aux Bouvieuses.
- Il y en a pour combien de temps de voyage ? demanda Loïsaï.
- Approximativement pour la journée entière. Nous arriverons là-bas en soirée, si il ne nous arrive rien…En route.
Ils se mirent donc à marcher, Edelweiss volant au dessus de leurs têtes. Les plantes et végétaux étaient humides, et les toiles d’araignées pendaient, décorées de gouttes de rosée. Les oiseaux chantaient le lever du Soleil, cachés parmi les frondaisons des arbres. Pendant que les deux Zvaïs parlaient ensemble, Séléné et Martin discutait.
- Tu crois que l’on va se faire attaquer par des Gorxs ? demanda martin.
- C’est envisageable…je n’exclue pas cette possibilité. Néanmoins, je n’aimerais pas…
- Moi non plus… Mais nous sommes beaucoup plus fort qu’eux.
- Heureusement, sinon, tu ne me parlerais pas en ce moment.
Ils marchèrent durant deux bonnes heures avant d’arriver à la lisière de la forêt de Valamaï.
- Nous allons devoir marcher un kilomètre entre les deux forêts, dit Séléné. On va essayer d’être discrets. Au pire, Edelweiss nous préviendra nous danger au loin.
Le soleil commençait à dominer un beau ciel bleu et sans nuage. Les 4 compagnons marchaient dans les hautes herbes tout en parlant.
- Les folways sont donc des cousins de nous, les zvaïs ? demanda Loïsaï.
- Oui, de lointains ancêtres vous unissent par le sang, expliqua Martin. Au départ, c’était des Zvaïs qui avaient mystérieusement mutés et qui ont été bannis par les leurs, car on avait peur d’eux.
- J’ai entendu vaguement parler de cette légende, dit Narphaï.
- Ils se sont donc multipliés et sont allés se réfugier dans les Bouvieuses, où ils espéraient être à l’abri.
- Et que font-ils ? demanda Loïsaï de plus en plus curieuse.
- Ils vénèrent les étoiles et le ciel nocturne. Ils savent également concocter des potions.
- Mais, ils ne pratiquent pas la magie comme nous ? demanda Narphaï.
- Non, ils l’ont abandonné, ils n’en trouvaient plus l’utilité…
Loïsaï regarda Martin avec un sourire coquin.
- Et…à quoi ressemblent-ils ces rebelles ?
Martin failli rire en entendant le mot « rebelles » qui ne convenaient pas vraiment aux folways.
- Ils sont plus grands que vous. Ils ont la peau noire et de longs cheveux longs. Comme vous, ils portent des robes, mais noires.
Loïsaï déploya ses ailes.
- Et ils ont gardé leurs ailes ?
- Non, la mutation les en ont privé.
Loïsaï hocha la tête.
- Vivement qu’on les rencontre !
Narphaï soupira.
- Par contre, dit Martin, les folways ont une certaine froideur dans leurs propos, même dans leur caractère en général, donc vous ferez attention à ce que vous dites.
Soudain, Séléné qui marchait un mètre devant eux s’arrêta d’un coup.
- Que se passe-t-il ? demanda Martin.
Séléné regarda l’horizon.
- Ils arrivent…
- Qui ? demanda Narphaï.
- Les Gorxs…
La gorge de Martin se serra.
- Prenez vos armes ! ordonna-t-il aux zvaïs.
Narphaï sortit de son fourreau sa grande épée blanche, et Loïsaï une épée également, mais à la lame turquoise. Martin sortit lui-même la sienne de son fourreau. Narphaï lui fit un clin d’œil en voyant que son ami avait gardé le cadeau qu’il lui avait offert.
- Edelweiss me dit qu’ils sont une bonne vingtaine…Préparez vous à un gros combat…
- Et toi Séléné ? Tu n’as pas d’armes ? demanda Martin.
Elle se retourna vers lui au haussant les épaules.
- Quelle utilité ? Ils sont peu nombreux, ma magie suffira.
Les Gorxs arrivèrent en courant, féroces et horribles dans leur course, leurs haches brandies au dessus de leurs têtes, le son assourdissant des cors accompagnant leurs pas. Séléné leva une main, et un gigantesque souffle de feu en sortit brûlant quelques Gorxs dans la plus grande panique. Puis, Martin, Narphaï et Loïsaï se jetèrent sur eux avec leurs épées. Narphaï courant plus vite que les deux autres, décapita le premier Gorx qui arriva. Martin planta son épée dans le torse d’un autre, pendant que Loïsaï se débrouillait seule de son côté, aidée par la magie de Séléné. Plusieurs fois, des haches frôlèrent la tête de Martin, qui se baissait in extremis. Tout à coup, un grand éclair surgit du ciel, et vint s’abattre sur un Gorx. Martin sourit. Loïsaï avait fait preuve de son pouvoir des éléments, il savait que c’était elle. Mais, en se déconcentrant, son adversaire monstre le jeta à terre, et son épée en touchant le sol fut expédiée quelques mètres plus loin. Le Gorx rie sadiquement et leva sa hache.
- Martin ! entendit-on crier.
Le jeune homme n’arrivait plus à bouger sous la terreur. Une image de Virginie passa devant ses yeux. Puis le Gorx abattit sa hache. Mais il fallut quelques micro-secondes pour que la situation se retourne. Une ombre très rapide s’interposa. C’était un arbre ! La hache s’abattit dans une des branches. Le Gorx, surpris, grogna d’étonnement, c’était trop tard pour lui. Narphaï arriva et le décapita un revers merveilleusement bien manié. Martin savait qu’est que c’était que cet arbre. Celui-ci – l’arbre – se métamorphosa en Loïsaï. Elle avait bien sûr fusionné avec l’élément de la terre. Elle tomba dans les bras de Martin, à demi consciente, avec une grosse blessure à l’épaule. Martin, confus, l’emmena hors du combat, les jambes un peu ankylosées, laissant Narphaï et Séléné s’occuper des derniers rescapés. Il l’allongea par terre. Elle essaya de parler, mais Martin lui mit un doigt sur ses lèvres.
- Ne parle pas, tu te fatiguerais. Je vais te soigner.
Il regarda la grosse plaie qui saignait beaucoup. Elle était profonde, mais Martin se sentait capable de la guérir même si il se vidait de toute son énergie, c’était tant pis pour lui, elle venait tout de même de lui sauver la vie à très peu de temps près. Il utilisa donc son pouvoir de la santé. La blessure se referma toute seule. Puis, quand il eut fini, un peu épuisé, il regarda Loïsaï. Celle-ci avait fermé les yeux, pour éviter la douleur, et respirait rapidement la bouche ouverte. Il lui prit délicatement sa main et la regarda attentivement, comme veillant sur elle, tandis que Séléné et Narphaï avait tué tous les Gorxs.