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 Chapitre 11 : Larmes d'argent

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Ielenna
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MessageSujet: Chapitre 11 : Larmes d'argent   Dim 17 Sep - 19:27

Chapitre 11
Larmes d'argent




« Enfin un vrai temps de printemps ! »

Il était vrai qu’il faisait plutôt bon pour une matinée d’avril. Les oiseaux chantaient de douces mélodies, et le vent caressait l’herbe, recouverte de fines gouttelettes de rosée fraîche. C’est ce qu’aimait Martin, à sa fenêtre, qui respirait par grandes bouffées l’air rafraîchi, ça lui faisait beaucoup de bien. Pour lui, il n’y avait rien de plus merveilleux que la nature sauvage qui l’entourait. Il soupira et prit son sac d’un geste rapide. Lorsqu’il arriva au lycée, Jérôme lui sauta dessus, suivit des autres.

« - C’est horrible Martin ! dit celui-ci.
- C’est terriblement dommage ! ajouta Victor, les mains dans ses poches de jean.
- C’est vraiment dommage ! rajouta Simon.
- C’est…con pour toi ! dit Kevin en haussant les épaules.

Martin fronça les sourcils, il ne comprenait rien.

- Mais enfin ! Que se passe-t-il ?

Ses amis semblèrent gênés, sauf Kevin, qui s’avança vers lui.

- Bah, c’est juste que la « beauté » va s’en aller.
- Pourrais-tu être un peu plus clair, s’il te plait ! dit Martin, qui n’avait toujours pas saisi l’histoire.
- Simplement que Virginie va bientôt déménager.
-
L’esprit si joyeux de Martin s’écroule d’un coup.

- Quoi !? Tu dis « simplement » !!!? cria-t-il en colère.

Il poussa Kevin d’un coup d’épaule rageur et se dirigea vers Virginie, furieux de cette nouvelle.

- Peux-tu m’expliquer la situation ?! cria-il, fulminant.

Elle rougit, embarrassée.

- Tu vois…mes parents ont décidé de déménager…
- Pour quelle raison ? Tu peux me le dire ?

Elle baissa la tête, confuse.

- Je n’en sais rien…avoua-t-elle à voix basse.
- Comme ça ! Hop, on déménage et puis voilà !
- Ce n’est pas de ma faute ! Je ne peux pas les contredire ! s’énerva-t-elle.

Il baissa la tête. Le pouvoir du calme ne suffisait pas à Martin. Son cœur se serra dans sa poitrine. Elle l’avait plongé dans une tristesse, où il avait beau se débattre, il s’enfonçait davantage. Virginie le sentait. Elle lui prit délicatement sa main et plongea le regard de ses yeux vert émeraude dans celui des iris bleus de Martin.

- Ne t’inquiètes pas, murmura-t-elle doucement d’une voix délicate. Il nous reste un peu plus de deux mois.

Il n’arriva pas à répondre, se contentant d’un petit signe de tête. Soudain, il ressentit l’appel du passe partout.

- Euh…je crois que l’on m’appelle, mentit-il.

Il lâcha la main de Virginie, surprise de sa réaction. Se cachant derrière un arbre massif, il se téléporta au Royaume de la pureté. Adiamanta avait l’air beaucoup plus heureuse que la dernière fois, mais Martin n’en connaissait pas la raison.

« - Au fait, dit celle-ci, je ne t’avais pas demandé, comment s’était passé ta rencontre avec les Zvaïs ?
- Très bien, répondit-il sincèrement. J’ai rencontré un jeune Zvaï du nom de Narphaï.
- Ah oui… Narphaï…
- Vous le connaissez ?
- Bien sûr !

Elle fit quelques pas.

- J’ai assisté à sa cérémonie du Motorihaïra, il y a de cela quinze ans à présent. Pour ma récente montée au trône, j’avais effectué une visite dans Aïtora. Narphaï est un grand Zvaï qui aura sûrement de l’avenir.
- Je suis tout à fait d’accord avec vous, Madame.

Adiamanta sourit.

- J’espère qu’un jour, tu auras l’honneur de voir une cérémonie du Motorihaïra.
- Je l’espère aussi.
- Tu verras ainsi tous leurs rites et traditions. C’est très intéressant.

Elle frappa dans ses mains.

- Laissons là les Zvaïs et continuons avec nos épreuves. Une autre t’attend, tu devrais y aller de ce pas !
- D’accord Madame. »
Le passe partout émit de la lumière bleue et emporta Martin vers l’inconnu. Il arriva dans une pièce sombre à cause de la couleur de la pierre. Il passa le bout de ses doigts sur le mur glacial.

« - Je connais cette pierre, c’est du saphir.

Il tourna la tête pou s’intéresser à autre chose. Au centre de la salle était installée une fontaine - d’environ deux mètres de haut – elle aussi, faite de saphir. Elle était assez large et contenait un bon volume d’eau. Celle-ci apparaissait du ciel, de nulle part, pour venir s’écouler dans la fontaine.

- La magie m’étonnera toujours…dit Martin.
- …Et à jamais…continua une voix.

Martin fit le tour de la fontaine. Il n’avait pas vu la femme assise sur le rebord de l’autre côté. Elle était extrêmement fine, même son visage l’était, celui-ci creusé au niveau de ses joues pâles. Ces sourcils étaient à peine visibles. Ses longs cheveux blonds dégringolaient sur son dos, tels une cascade figée. Sa robe bleue, violacée par endroit, était légèrement transparente, faisant un peu ressortir ses formes. Elle portait à son cou un saphir taillé en forme de goutte d’eau.

- Je suppose que vous êtes la reine de ce royaume, dit Martin.
- Tu es perspicace à ce que je vois, dit la femme, avec une pointe d’ironie malicieuse dans sa voix.
- Etes vous la reine de l’eau ?
- Tu as raison et tort à la fois…

Elle se tourna vers la fontaine et plongea sa main dans l’eau.

- L’e au fait parti de mon sentiment…mets ta main dans l’eau.

Martin regarda tour à tour la reine et la fontaine. Puis il remonta sa manche et enfonça sa main dans le flot. L’eau était tiède, on pourrait presque dire chaude.

- Cette eau est formée à partir de larmes, expliqua-t-elle.
- Que voulez dire par-là ?

Elle soupira, mettant ses mains sur ses cuisses.

- Que je suis la reine de la tristesse et de la peine. Je me nomme Séphérite, et je suis la gardienne du saphir.

Martin observa la reine, les sourcils froncés.

- Vous n’avez pas l’air si triste que ça !

Elle sourit, amusée.

- Cela se voit que tu ne m’as jamais vu dans le monde réel quand j’y étais ! Identiquement mon caractère, je m’appelais Madeleine à l’époque, et tout comme le dit l’expression, je ne cessais de pleurer comme une Madeleine !
Martin sourit également.

- Mais éclairez moi un peu sur cette fontaine, je ne comprends pas…dit-il.
- Toutes les larmes versées à cet instant dans les deux mondes s’écoulent dans cette fontaine. Tu ne le vois pas, mais sous cette salle, les larmes vont dans les milliards de canaux différents par un procédé magique, et finissent dans un flacon. Chaque personne vivant dans les mondes en possèdent un. Ainsi, je peux comparer les différentes quantités de larmes.

Une question tournait dans la tête de Martin, mais il avait peur d’être indiscret. Il céda quand même.

- Et quelle est la personne qui a le plus pleurer ?

Séphérite se pinça les lèvres.

- Je ne te le dirais pas, mais c’est quelqu’un que tu connais.
- Je comprends…

A présent, comme il savait que c’était une personne de son entourage, il avait davantage envie de savoir de qui il était question, mais, il n’insista pas. C’était mieux comme cela, car il sentait qu’il allait le regretter sinon.

- Passons à ta prochaine tâche. Tu devras me récupérer une larme de Zvaï.

La joie revint dans l’esprit dans l’esprit de Martin, il allait revoir Narphaï.

- Mais pourquoi me demandez vous ceci ? Les larmes ne coulent-elles pas dans la fontaine ?
- Bien sûr. Mais celles des Zvaïs ont une particularité, elles s’évaporent.
- Elles s’évaporent ? demanda Martin étonné.
- Oui. Après quelques secondes en dehors du corps, elles se dissipent dans l’air. C’est un peu bizarre et ça ne s’explique pas, c’est comme ça.

Elle replongea sa main dans le fond de la fontaine et en sortit un tube, décoré de feuilles de cristal, qui était magnifiques. Il était bouché d’un grossier bouchon de liège.

- Récupères la larme dans ce tube, et surtout bouches le bien, sinon, elle s’évaporera, recommanda Séphérite.

Elle tendit le flacon à Martin, qui le rangea délicatement dans sa poche.

- De plus, la difficulté est dans le fait que les Zvaïs sont difficiles à émouvoir.
- Mais pour récupérer les pierres, je ferais tout !
- Je l’espère bien ! Sinon je ne vois pas la raison de ta venue ici ! »

Le passe partout s’illumina et Martin se téléporta au Royaume des Pierres. Là-bas, c’était la fin de l’après-midi. Il avait atterrit à proximité de la cité d’Aïtora, qu’il atteignit après une dizaine de minutes de marche à travers la forêt. Il se concentra et se mit à léviter afin d’atteindre Aïtora, la ville en hauteur. Il arriva sur la plate forme de bois. Il fallait qu’il trouve Narphaï. Il ne le vit pas dans le bouleau. Mais, heureusement, il le croisa dans la rue des commerces zvaïs. Narphaï était aussi heureux que Martin de le revoir.

« - Ca alors, dit celui-ci, je ne m’attendais pas à te voir ici !
- Et pourtant, je suis là.
- Viens, allons chez moi.

Ils se mirent en route, jusqu’au moment où ils arrivèrent devant un grand marronnier.

- Nous y voici ! s’exclama le Zvaï en désignant l’arbre.

Ils entrèrent et descendirent, tout comme dans le bouleau de Martin, un escalier gravé. La seule différence était que les motifs étaient peints de couleurs pastels qui ajoutaient de la vie à leurs belles formes. Il débouchait dans une salle chaleureuse. La fenêtre était ouverte. Au centre, une grande table de bois, où était installé un vase contenant des roses blanches, entourée de chaises. La pièce était elle-même parfumée de l’odeur agréable des soirs d’été. Au fond de la salle, il y avait un second escalier descendant.

- Assieds toi donc, dit Narphaï.

Martin s’installa sur le grand canapé orange en velours, qui était très confortable.

- C’est super chez toi, approuva Martin.
- Merci, répondit Narphaï qui rougit légèrement.

Il claqua dans ses mains.

- Justement j’ai un présent pour toi.

Il se retourna et ouvrit l’armoire en noyer. Il en sortit une épée dans son fourreau de la blancheur de la neige.

- Tu te souviens, la dernière fois, tu m’avais dit que tu n’avais pas d’épée. Alors, je t’en ai fait forgé une.
Il lui donna le fourreau. Martin la dégaina délicatement. L’épée était de toute beauté. Sa lame grise claire avait des reflets dorés et cuivrés. La poignée était constituée de branches torsadées de métal blanc. Au bout des trois rameaux, il y avait des feuilles d’érables en cuivres, sur une desquelles était incrustée une azurite.

- Elle est magnifique, avoua Martin. Mais en quoi est-elle donc faite ?
- La lame est composée à moitié d’argent, un quart d’or et un quart de cuivre. Les atomes ont tellement été concentrés qu’elle est indestructible. La poignée est en argent blanchi, les feuilles en cuivres. Et j’ai choisi la pierre car elle a la même couleur que tes yeux.
- Merci.
- De plus, celle-ci est magique. C’est une pierre de souvenir.

Martin haussa les sourcils.

- Une pierre de souvenir ?
- Ou de stockage si tu préfères… Tu peux y laisser dedans des souvenirs, des images, que tu pourras sortir à tout moment dans ton esprit. Lors d’un combat, tu peux par exemple, utiliser un souvenir vengeur ou de colère, que tu auras mis dedans à l’avance.
- C’est vrai que c’est utile.

Martin ne pouvait plus détacher son regard de l’épée tellement elle était belle.

- Je…je ne sais pas comment te remercier… dit-il ému du cadeau qu’on venait de lui offrir.
- Tu n’as pas à me remercier, tant qu’elle te sera utile.

Martin rangea, presque déçu de devoir la remettre, l’épée dans son fourreau blanc. Narphaï assit dans le fauteuil en face du canapé.

- Alors, dit-il. Dis moi les raisons de ta venue ici.

Martin lui expliqua alors l’épreuve qu’il devait accomplir. Quand il eut fini, Narphaï se mit à rire.

- Si tu arrives à faire pleurer un Zvaï, je fais le tour du Royaume sur les mains !
- Ce sera inutile de le faire dans les deux cas…
- C’est vrai…avoua Narphaï en arrêtant de rire.

Martin se frotta les mains.

- T’as une idée Narphaï ? demanda-t-il.
- Aucune…

Ils réfléchirent en silence, le regard dans le vide. Des bruits venant de l’escalier les tirèrent de leurs pensées.

- Ah ! s’exclama Narphaï en souriant. Ca doit être elle.

Il se redressa du siège, Martin haussa les sourcils.

- Qui « elle » ? » demanda celui-ci.

Le Zvaï n’eut pas le temps de répondre à sa question. Une jeune et belle Daïgora entra dans la pièce. Elle était absolument ravissante. Sa chevelure ondulée tombait sur son dos nus, qui supportait le poids d’une paire d’ailes blanches. Tout comme Narphaï, son visage était fin et pâle, et ses yeux en amandes étaient bleus azur. Ses grandes oreilles étaient recourbées vers l’avant et elle portait sur les deux fils d’argent torsadés un grenat en forme de cœur, symbole de l’amour, c’était la pierre que lui avait destiné l’eau magique du Motorihaïra. Sa robe blanche tel de la neige était bordée d’un délicat et fin fil pourpre.
Elle émit un petite exclamation d’étonnement en voyant Martin.

« - Ne t’inquiètes pas, lui dit Narphaï, c’est un ami.

Alors, elle sourit, étirant ses belles lèvres couleur d’une rose mauve.

- Martin, dit Narphaï, voici Eleneï, fille de Yaritaï. Eleneï, voici Martin.

Ceci dit, elle croisa ses mains sur ses épaules et s’inclina.

- Logaï az toï monaïto, Martin.

Celui-ci frémit. Il n’avait pas eu l’occasion d’entendre la voix d’une Daïgora. Celle-ci semblait s’écouler telle un filet d’eau, mais était aussi puissante que la foudre qui s’abat sur terre. Il fit la même chose qu’elle. Il essaya ensuite de deviner qui elle était au yeux de Narphaï.

- Ah…euh…oui…bredouilla celui-ci qui voyait que Martin cherchait l’identité de la Zvaï. Eleneï est ma fiancée.

Ses paroles frappèrent Martin qui ouvrit grands les yeux, bouche bée.

- A ton âge ?

Narphaï souleva un sourcil.

- Je veux dire, reprit Martin, tu as l’apparence d’un humain de 18 ans pas de 25.
- Tu as raison, dit Eleneï qui prit la parole avant Narphaï, mais les mariages zvaïs se font dans l’approche des 50 ans, ou 20 années humaines si tu préfères. C’est donc plutôt normal.

Martin, toujours étonné, ne savait pas quoi dire. Son regard, stupéfait, passait de Narphaï à Eleneï, tel lors d’un match de tennis.

- Bah ça alors ! s’exclama-t-il.

Les deux Zvaïs se mirent à rire. Lorsqu’ils eurent fini, Eleneï s’éloigna un peu dans la pièce et Narphaï prit Martin à part.

- Je viens d’avoir une idée pour ta tâche.
- Vas-y ! Dis moi !

Narphaï regarda Eleneï du coin de l’œil, sans s’empêcher de sourire.

- Eleneï est une Zvaï assez sensible et…
- Tu veux dire, qu’elle pourrait être la cible idéale ?
- Exactement, sans trop, non plus, l’attrister. Mais, si tu veux que cela marche, il ne faut pas lui dévoiler qui tu es et ce que tu fais. Sinon, elle se retiendra, c’est sûr.
- J’ai compris…dit Martin. Alors, je me ferais passer pour…

Il réfléchit quelques secondes et s’arrêta sur sa première idée qui lui venait à l’esprit.

- Bah…un peu la vérité…juste un jeune aventurier que tu as rencontré depuis peu.
- On fait comme cela. »

Ils rejoignirent la Daïgora, seule sur le canapé.
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MessageSujet: Re: Chapitre 11 : Larmes d'argent   Dim 17 Sep - 19:28

Le soir, Eleneï leur prépara le repas, la cuisine étant en fait située en bas du deuxième escalier, situé au fond du salon. Les mets divers, installés sur une belle nappe de soie ocre, étaient totalement inconnus à Martin, ni même la boisson, servie dans une carafe de cristal, joliment orné de motifs en cuivres.

« - Ceci est du nectar de fleur de Vaïchamita, lui expliqua Narphaï lorsqu’il lui demanda. On peut comparer cette plante à du gui. C’est une sorte de plante parasite qui pousse seulement à la cime des arbres. Lorsque les graines sont mûres, des fleurs orange, comme le nectar, en éclosent. Je vais t’en faire goûter.

Le Zvaï se saisit de la carafe et versa le liquide vif dans le verre de Martin. Celui-ci le but. Son goût lui parut sucré, mais tout de même légèrement relevé. Il lui sembla, quand il l’avala, que le jus pétillait dans sa gorge.

- Original, conclut Martin en posant son verre sur la table. Mais très bon.

L’entrée était une salade de feuilles de Gaïdera – orme dans le monde réel – écrasée, accompagnée de baies blanches épicées et de bouts de légumes, assaisonnée d’une sauce douce. Eleneï servit ensuite dans l’assiette de chacun un petit poulet rôti entouré de belle fleurs rose vif.
- C’est une caille ? demanda Martin en désignant la volaille du doigt.
- Non, c’est un Eraïfa, répondit Eleneï en s’asseyant sur sa chaise, un oiseau qui survole uniquement nos forêts. Il chante magnifiquement bien, mais sa chair est aussi bonne que son chant !

Martin en coupa un morceau et le dégusta, cela avait un peu le goût d’un poulet au curry. Quand il eut fini, qu’il ne restait que la carcasse, Narphaï lui murmura que les fleurs se mangeaient également. Alors, le jeune homme en prit une qu’il plongea dans sa bouche. Celle-ci fondit sur sa langue, tel du sucre, au contact de sa salive. C’était la première qu’il goûtait une fleur, et il regrettait de ne pas l’avoir fait plus tôt. Mais peut-être que toutes les fleurs n’avaient la même saveur. Puis Eleneï apporta un gâteau aux fruits sylvestres pour le dessert.

- Narphaï ? demanda Martin.
- Oui ?
- Où sont tes parents ?

Eleneï lâcha sa fourchette, le regard terrifié. Narphaï regardait Martin, ne pouvant s’empêcher de froncer le sourcils, ce qui donnait un air beaucoup plus virile. Martin voyait les doigts du Zvaï se serrer sur son poing. Il sentit qu’il n’aurait pas dût poser cette question.

- Ils sont morts, répondit difficilement Narphaï. C’était il y 9 ans de cela… Malgré les conseils des autres Zvaïs, ils sont sortis de la forêt. Malheureusement, ils se sont fait capturer par les Gorxs. Torturés à morts, pour le simple plaisir de ses monstres, ils ont succombés à leurs blessures, et on a retrouvé leurs corps dénués de vie à la lisière des bois, à l’endroit même où ils avaient été enlevés.

Le poing de Narphaï frappa la table tellement fort, que le bout de gâteau sauta de son assiette et s’écrasa lamentablement sur la nappe.

- J’ai alors décidé ce jour là de tuer les Gorxs qui passeraient devant moi, continua-t-il. »

Il reprit son souffle. La pâleur de son visage était passé directement au rouge. Eleneï, fixait son assiette, apeurée par son fiancé. La fin du repas se passa en silence. Puis Martin sortit du marronnier, triste. Dehors, la nuit était tombée depuis pas mal de temps. La lune du Royaume des Pierres, contrairement à celle du monde réel, était bleutée et plus rapprochée. Ses cratères étaient bien visibles. Les étoiles scintillaient dans le ciel de velours bleu marine, affichant de leur belle lueur les constellations, qui étaient les mêmes dans les deux mondes. Les Zvaïs, à présent tous chez eux, avaient allumés sur les arbres de torches bleues qui plaquaient l’ombre des branches sur le sol, tout en bas. Martin entra dans le bouleau, qui était son chez lui. Il descendit les escaliers et arriva dans sa chambre. Il sortit sur le balcon et s’accouda sur la rambarde. Dans un autre arbre plus haut, un jeune Zvaï, pas encore doté de ses ailes, était assis sur une branche, une jambe pendante au dessus du vide, l’autre plié en deux sur le bois. Il jouait sur sa flûte une douce mélodie langoureuse. Une petite larme apparut au coin de l’œil de Martin. Il l’essuya du revers de sa main. Une silhouette blanche transperça le ciel noir. C’était une magnifique chouette blanche. Elle se posa adroitement près de Martin. Celui-ci, attendrit par l’oiseau, le caressa sur son dos. La chouette s’approcha de Martin et frotta sa tête contre le cou du jeune homme. C’était comme si elle voulait le consoler, lui apporter réconfort. Puis, elle s’envola dans la nuit, à la déception de Martin, qui rentra dans sa chambre. Il se déshabilla et se glissa délicatement sous les couvertures soyeuses et légères. Il pensait à Narphaï, à qui, sans le vouloir, il avait fait du mal. Il soupira. Au loin, on entendait le son de la flûte du Zvaï.

Le lendemain matin, Martin fut réveillé par le chant des oiseaux qui logeaient dans la forêt. Il s’assit sur son lit et s’étira. Après s’être habillé et lavé le visage, il sortit du bouleau. Dans le salon du marronnier, Eleneï, seule, assise dans le fauteuil, tenant dans sa main un petit bout de parchemin. Elle était silencieuse, même trop pour Martin. Il s’approcha doucement, essayant de faire le moins de bruit possible. Eleneï, qui l’avait tout de même remarquer, lui tendit brusquement le parchemin, sans un regard, sans un mot, que Martin prit. C’était une lettre de Narphaï.

« Je suis un idiot…comment venger ses parents sans même bouger l’auriculaire ? Hier soir, Martin m’a fait réagir. Je pars donc traquer ces monstres, même en y risquant ma vie. Ne crois sûrement pas que je suis parti sans penser à toi… Je reviendrais, je te le promets…
Je t’aime.
Narphaï »

Un nœud se forma dans la gorge de Martin après avoir lu le message de Narphaï. Son regard se leva du parchemin, qu’il tenait avec ses mains tremblantes. Eleneï le lui arracha.

« - Il se jette dans la mort ! cria-t-elle. Et tout ça, c’est à cause de toi ! Si tu ne lui avais pas demandé hier, il ne serait pas parti !

Elle regardait Martin, furieuse, en reprenant son souffle. Puis, elle se calma.

- Je suis désolée, Martin, murmura-t-elle. Je n’aurais jamais dût m’énerver ainsi. Tu ne pouvais savoir sa réaction, les conséquences de ta question.

Elle baissa la tête.

- Pardonnes moi…
Martin s’accroupit à côté d’elle. Il regarda le visage attristé de Eleneï. Puis, une goutte, tel de l’argent fondu, coula sur la joue de la Daïgora.

« Une larme de Zvaï ! »

Rapidement, Martin attrapa le petit tube qui dépassait de sa poche et en retira le bouchon. Grâce à son pouvoir, il fit léviter la larme jusqu’au flacon, qu’il referma aussitôt. Eleneï n’avait même pas remarquée ce qu’il venait de faire. Après avoir ranger le tube dans sa poche, Martin se leva et dégaina sa nouvelle épée. Il leva en l’air, le reflet de la lumière du jour éclairant le visage abattu de Eleneï.

- Puisque tout ceci est ma faute, c’est moi qui réglerait cette affaire, déclara Martin. J’irais chercher Narphaï, même sous la menace de la mort.

Eleneï, dont une deuxième larme coulait sur son visage, regarda Martin, reconnaissante.

- Oh…merci…Martin…, dit-elle entre deux sanglots.

Un toussotement les fit retourner. Narphaï était adossé à la porte, il paraissait amusé de la situation. Eleneï se leva et lui sauta dans les bras. Martin semblait être un fou héroïque avec son épée toujours en l’air. Il la rangea, lorsque Narphaï s’approcha de lui. Le Zvaï mit ses mains sur les épaules de Martin.

- Ainsi, tu aurais risqué ta vie pour moi ? le questionna-t-il.
- Pour un ami qui a déjà sauvé la mienne, j’en serais parfaitement capable.

Ils restèrent ainsi quelques secondes. Puis le passe partout appela Martin, qui le sortit de sa poche.

- Je dois m’en aller.
- Je vois ça…reviens vite.

Ils se tapèrent dans les mains, comme Martin l’avait apprit à Narphaï. Eleneï embrassa sa joue en glissant tout doucement :

- Je n’oublierais jamais ce que tu aurais voulu faire… »

Puis, Martin se téléporta. Il arriva au Royaume de la peine, devant la fontaine des larmes. Séphérite était toujours assise à son bord.

« - Alors, qu’est ce cette quête a-t-elle donnée ? demanda-t-elle sans détacher son regard de l’eau qui s’écoulait.
- Une larme de Zvaï, comme prévu, répondit Martin en prenant le tube, contenant la goutte d’argent, qui était dans sa poche.

Séphérite le regarda et tendit sa main pour réclamer le précieux flacon. Martin le lui donna.

- Merci, Martin. Cette larme me sera vraiment utile, tu sais ?
Martin était plutôt occupé à examiner la fontaine. Il était vrai que les larmes de Zvaïs n’atteignaient pas le bas de la fontaine. Tout à coup, une larme noire passa devant son regard.

- Hé ! s’exclama-t-il. Qu’est ce que c’était ?

Séphérite le regarda.

- Pardon ?
- Il y avait…une larme…noire ! balbutia Martin.

La reine de la tristesse souleva ses sourcils invisibles.

- C’est sûrement ton imagination. Tu n’as pas dût assez dormir cette nuit. Tu as fait des cauchemars ? C’est ça ? Moi, ça m’arrive souvent aussi.

Martin n’osa rien dire d’autre, il savait qu’elle ne le croirait pas de toute façon.

- Ton épreuve étant terminée, tu vas recevoir la pierre sacrée.

Elle détacha son pendentif taillé en forme de goutte – cette taille s’appelle la taille en poire – qui était un saphir. Elle lui donna qui le mit dans sa poche. Elle lui accorda également la pierre de pouvoir. Martin ressentit l’habituel courant électrique lorsqu’il la toucha

- A présent, tu peux arrêter la tristesse des gens. C’est très utile, tu verras bien.
- Je l’essaierais dès que je pourrais.

Séphérite sourit et son regard se reconcentra sur la fontaine.

- Bonne chance pour la suite, Martin, je ne t’oublierais pas.
- Moi non plus ! »

Puis il fut emporté au Royaume de la pureté. Depuis la dernière fois, Adiamanta lui paraissait une personne normale et sensible. Martin alla remettre la saphir sacrée à sa place. Puis il revint auprès d’Adiamanta.

« - Madame, est-ce que vous avez déjà vu des larmes noires ?

Les yeux de la reine s’ouvrirent bien grands.

- Des larmes noires ?

Martin laissa tomber l’affaire, ça ne servait à rien… et puis, surtout, ça ne tenait pas debout. Il se persuada donc qu’il avait rêvé.

- Il faut à présent que je retourne dans le monde réel, jugea Martin.
- Sage décision, dit-elle un peu ironiquement en souriant. »

Lorsqu’il ré arriva dans le monde réel, il se trouvait au lycée. Virginie, qui venait de lui annoncer son déménagement, l’attendait.

« - Je suis désolé, lui dit-il lorsqu’il retourna auprès d’elle. Je ne sais pas ce qui m’a pris… Mais tu ne peux pas savoir ce que mon cœur endure…
- Si…je le sais… je le ressens aussi, dit-elle.

Puis, peu après, il revint vers ses amis. Victor tapait Kevin.

- Allez ! Vas lui faire tes excuses !
- C’est bon ! C’est bon ! Pas la peine de me frapper tel un gorille victime d’une intoxication alimentaire !

Il s’approcha de Martin.

- Je m’excuse…
- Ce n’est pas grave, je devais le savoir un jour ou l’autre.
- Sages paroles, dit Simon.

Jérôme tapa amicalement l’épaule de Martin.

- Oublions, dit-il, et profitons du moment présent. »
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MessageSujet: Re: Chapitre 11 : Larmes d'argent   Lun 18 Sep - 15:47

super !!!!
*se jète sur le chapitre 12 et s'empresse de le lire*
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ludofloria
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MessageSujet: Re: Chapitre 11 : Larmes d'argent   Mar 28 Aoû - 16:16

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Chapitre 11 : Larmes d'argent

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