Chapitre 1
Découverte
Martin descendit les marches quatre à quatre, ses pas pesant faisaient craquer le bois de l’escalier. Lorsqu’il arriva en bas, il croisa Annabelle, sa petite sœur brune, son visage parsemé de taches de rousseurs, une vraie peste âgée seulement de 10 ans, qui mesurait deux têtes de moins que lui. Au courant de la situation présente, elle afficha sur son visage un sourire narquois et moqueur.
« Alors, dit-elle avec un regard vicieux, on vient de se faire passer un savon ? »
Il lui répondit un juron, elle, d’une langue rosée tirée en sa direction. Encore plus en colère, Martin sortit dehors par la porte en verre, qu’il failli briser en la claquant. Il fit quelques pas, s’assit au milieu du jardin, et se calma en écoutant le bruit des oiseaux qui chantaient la fin de l’hiver avec une mélodie accueillante pour le printemps. La situation le rendait quelque peu honteux. Sa mère et lui venaient de se disputer pour une minable histoire, commencée de rien, et qui avait dégénérée. Cela expliquait donc l’irritation de Martin. Du haut de ses quinze ans, qu’il présentait bien, il ne trouvait plus l’utilité d’obéir à ses parents, ni à qui que ce soit d’ailleurs.
Martin était grand et bien bâti. D’un côté, c’était un bon sportif. Son visage était plus fin que son corps athlétique. Celui qui examinait bien son cou, pouvait distinguer une longue cicatrice, celle qu’un camarade de primaire lui avait laissé comme souvenir à l’aide de ciseaux. Par chance, les lames de ceux-ci n’avaient atteint ni la trachée, ni l’œsophage. Il était brun, et ses cheveux, en bataille, suivaient son caractère récalcitrant, car ceux-ci ne se laissaient pas dompter par aucun peigne. Ses yeux étaient d’un bleu profond, et, que si quelqu’un disposait d’une imagination suffisante, il pouvait apercevoir la mer. C’était sûrement grâce à eux qu’il avait charmé Virginie, la fille la plus belle du niveau de 2nde.
Elle était sa petite amie depuis trois mois à présent. Elle était plus grande que les autres filles, mais cela ne l’empêcher pas de disposer d’une finesse et d’une grâce incomparables. Ses longs cheveux châtains, lui tombaient dans son dos avec souplesse, ses yeux verts tels deux sublimes émeraudes incrustées dans chacune de ses pupilles. Celles-ci brillaient avec plein de malice et de complicité. Toujours elle était joyeuse, et son rire clair aurait pu éclaircir le monde le plus sombre et le plus chaotique. Personne ne pouvait ne pas l’aimer, du moins ne pas l’apprécier.
« C’est peut-être un ange, qui sait… » avait supposé Jérôme, l’un des amis de Martin.
En tout, ils formaient une bande de copains, composé donc de Jérôme, qui, mise à part que celui-ci avaient quelques biceps en plus grâce aux heures de sport hebdomadaires, était semblable à Martin en tout point. Ses cheveux étaient légèrement plus clairs que celui-ci, et sa voix était davantage grave. Il était le plus loyal.
De Simon. Étant le plus sage du groupe, c’était souvent lui qui résonnait ses amis sur certains sujets. Il était roux et légèrement plus petit que ses copains. Il lui restait également quelques tâches de rousseur sur son visage légèrement rebondi. On lui accordait d’une grande confiance.
Il y avait aussi Victor, grand mystérieux, qui cachait son fort caractère un peu rebelle, derrière des beaux cheveux, d’un brun ténébreux, qui lui arrivaient aux épaules en mèches pointues, sans gel ni quoi que ce soit. Ses yeux gris le rendaient encore plus énigmatique. Sa grande taille et le fait que l’on ne discernait pas bien son visage le vieillissait de quelques années. Ses résultats scolaires étaient des meilleurs, mais ce n’était pas pour autant qu’il était sage et réfléchi.
Mais le phénomène du groupe restait de loin Kevin. Jamais on n’aurait pu trouver un tel clown ailleurs. Un regard espiègle, passant son temps à faire des idioties, il était le plus jovial du groupe. Par contre, lorsqu’un problème surgissait, sa gravité et son sérieux étonnaient fortement Martin, car c’était le contraire de son caractère. Ses cheveux châtains laissaient paraître des reflets blonds comme du blé. Lui était de taille moyenne.
Ils formaient tous les cinq une bande d’amis que l’on pouvait comparer à une main, car on ne pouvait les séparer. Ils connaissaient les autres du groupe comme leur poche, enfin, façon de dire. Ils se disaient leurs secrets et se racontaient leur vie. Ainsi deux de ses amis avaient des sentiments pour Virginie.
Mais Martin avait un secret qu’en aucun cas il voulait dévoiler aux autres. Cela faisait un mois, environ, que chaque nuit il faisait ce même rêve. Ce rêve, où il était dans une grande salle transparente, où une voix pure, qui se répercutait sur les murs, tel un cuillère que l’on martèle sur un verre en cristal, lui disait des choses qu’il n’arrivait pas bien à entendre.
Il se leva de l’herbe, en s’appuyant sur sa main, et se passa l’autre dans ses cheveux. Il commença à effectuer le tour du jardin, la tête basse vers la pelouse. Soudain, il s’arrêta brusquement, car son regard se fixa sur quelque chose caché dans le gazon. Il se pencha prudemment et prit délicatement cette « chose » dans sa paume. Son cœur se mit à battre très fort dans sa poitrine. C’était une pierre transparente, taillée en rond, aussi grosse qu’une balle de tennis. La lumière qui s’y reflétait sortait sous forme de rayons de couleurs, celles d l’arc-en-ciel. C’était une pure merveille, l’expression était exacte. Comment Martin n’avait pas t-il pu trouver cette pierre auparavant, étant donné la grandeur de celle-ci ? De plus, elle était mise en évidence, alors que jamais il ne l’avait remarqué, depuis les six années qu’il vivait dans cette maison. Quelqu’un l’avait sûrement déposée ici. Mais pourquoi ? Lui était-elle destinée ? Il n’en savait rien du tout. En tout cas, il était ému et extrêmement heureux de sa trouvaille. C’était la première fois de sa vie qu’il découvrait quelque chose d’aussi fabuleux.
Martin continuait d’observer la pierre, lorsque soudain, celle-ci se mit à luire fortement, émettant davantage de rayons colorés. Il était pétrifié par la peur, il tremblait de tous ses membres, ceux-ci obéissaient difficilement aux ordres qu’il leur donnait. Il essaya de lâcher la pierre, en vain… Celle ci était collée à sa main. A part attendre, il ne pouvait rien faire. La lumière devint tellement puissante, que Martin dut se cacher les yeux avec son bras qui lui restait libre, car il était ébloui. Un vent fort se mit à souffler, faisant décoller ses cheveux, et il se sentit emporté. Lorsque tout s’arrêta, Martin lâcha instinctivement la pierre qui tomba sur le sol dans un bruit sourd et résonant. Il rouvrit les yeux, mais tout lui parut flou. C’est après avoir frotté plusieurs fois ses paupières qu’il vit où il était. Il se tenait debout, dans une vaste salle, dont les murs étaient constitués du même matériau que la pierre qu’avait trouvé Martin. C’était la salle qu’il avait vue en rêve. Il se baissa pour ramasser de nouveau la pierre et passa la pièce sous son regard. Il n’y avait âme qui vive à cet endroit, en tout cas, dans cette pièce.
« - Y a-t-il quelqu’un ? » demanda-t-il et sa voix résonna dans le hall, jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse.